LIVRE CINQUIEME. ll\ty
Il délibérait encore , et n'osait fixer son choix lors- *.5*8 qu'Amador de Lares , trésorier du roi à Cuba , et Andrès de Duero , son propre secrétaire , les deux personnes en qui il avait le plus de confiance, furent encouragés , par son irrésolution même , à lui proposer un sujet auquel on n'avait pas encore pensé; ils appuyèrent leur recommandation avec tant d'adresse et de persévérance , que , malheureusement pour Velasquez et fort heureusement pour leur patrie, ils parvinrent à le déterminer '.
L'homme qu'ils lui proposèrent était Fernand
• t oA v ,,. . .n Cortez pour
Cortez \ Il était ne, en 1 485, a Medelhn, petite ville ja commande l'Estramadure, d'une famille noble , mais peu derriche. Il avait été destiné d'abord à l'étude des lois , carrière qu'on croyait propre à le conduire à la fortune, et il fut envoyé à Salamanque, ou il acquit quelque instruction. Mais il se dégoûta bientôt de la vie académiqne , qui ne convenait pas à son génie ardent et inquiet, et se retira à Medellin , où il s'adonna tout entier à la chasse et aux exercices militaires. Il se montra si impétueux, si dissipé, si violent que, pour satisfaire l'inclination qui le portait au métier de la guerre, son père consentit à
(r) B. Diaz, cliap. 19. Goinara, Cron. cap. 7. Herrera, Decad. //, Vib. III, cap. 1 r.
(2) Il avait d'abord offert le commandement à Balthazar Bermudez, natif comme lui deCuellar, mais celui-ci le refusa; il s'adressa ensuite à Antonio Velasquez Borrego et à Bernardino Velasquez, ses parens, ci ce 11e fui que plus tard qu'on lui présenta F. Cortez. (D. L. R.)
2 5o HISTOIRE DE l' AMÉRIQUE.
1518 l'envoyer hors de sa patrie, en qualité de volontaire, dans quelqu'une des armées espagnoles. Cette nation avait alors deux théâtres sur lesquels les jeunes gens qui cherchaient à se distinguer pouvaient déployer leur valeur : l'un était l'Italie , où commandait Gonsalve de Cordoue ; l'autre était le Nouveau-Monde. Cortez choisit le premier ; mais une maladie l'empêcha de s'embarquer avec un corps de troupes qu'on envoyait à Naples. Ce contretemps lui fit tourner ses vues du coté de l'Amérique , où il était d'ailleurs attiré par l'espérance d'être protégé par Ovando , gouverneur de l'île Espagnole , et son parent '. A son arrivée à Santo-Domingo, en i5o4? ^ fut accueilli comme il s'y était attendu, et le gouverneur l'employa dans plusieurs places honorables et lucratives; mais c'était peu pour son ambition. En i5ii il obtint la permission d'accompagner Diego Velasquez dans son expédition de Cuba. Il s'y distingua tellement que, malgré quelques disputes violentes avec ce chef, occasionnées par des causes trop peu importantes pour que nous en occupions nos lecteurs, il obtint à la fin ses bonnes grâces et une ample concession de terres et d'Indiens ; sorte de récompense qu'on accordait ordinairement aux aventuriers du Nouveau-Monde 2.
(i) Voyez la note 96.
(v.) (ioinaixi, Cioji. cap. 1, u, 3.