LIVRE PREMIER
Les hommes ne sont parvenus à découvrir et à La terre se
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peupler les dirrerentes parties de la terre que par ment des progrès extrêmement lents. Il s'écoula plusieurs siècles avant qu'ils pussent s'éloigner des heureuses et fertiles régions où ils avaient été d'abord placés par le Créateur. On connaît l'occasion de leur première dispersion générale; mais nous ignorons le cours de leurs émigrations et le temps où ils prirent possession des différentes contrées qu'ils habitent aujourd'hui. Ni l'histoire, ni la tradition ne nous ont laissé, sur ces temps reculés, assez de lumières pour nous mettre en état de suivre avec quelque certitude les procédés du genre humain dans l'enfance des sociétés.
Nous pouvons conjecturer cependant que les pre - Premières
. v , , , n émigrations
mieres émigrations des hommes se tirent toutes par par terre terre. L'Océan , qui partout environne la terre hai. i
bitable, et les différens bras de mer qui séparent une région de l'autre, quoique destinés à faciliter la communication entre les pays éloignés, semblent d'abord n'avoir été formés que pour arrêter la marche de l'homme et pour marquer les limites de cette portion du globe où la nature l'avait renfermé. Nous devons croire que ce ne fut qu'après un long espace de temps que les hommes tentèrent de franchir cette formidable barrière, et acquirent assez d'habileté et d'audace pour se livrer à la merci des vents et des vagues, et pour quitter leur pays natal, dans la vue d'aller chercher des régions lointaines et inconnues. Premiers La navigation et la construction des vaisseaux sont
essais de na- . . j ,r . ■. , , ,
vieatioo "es arts sl délicats et si compliques, qu on a eu besoin de l'industrie et de l'expérience de plusieurs siècles pour leur donner quelque degré de perfection. Du radeau ou du canot, qui le premier servit à un sauvage pour passer la rivière qui l'arrêtait dans sa chasse, j usqu'à la construction d'un vaisseau capable de transporter avec sûreté un grand nombre d'hommes ensemble à une cote éloignée , le progrès de l'industrie est prodigieux. Il a fallu faire bien des efforts, tenter bien des expériences, employer beaucoup de travail et d'adresse pour venir à bout de cette grande et difficile entreprise. L'état d'imperfection ou se trouve la navigation chez les peuples qui ne sont pas encore complètement civilisés justifie l'idée que nous donnons ici de ses progrès, et prouve clairement que dans
meive