‹ Histoire de l'Amérique (volume 4)Chapitre 70 sur 174 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

homme qu'elle respectait. Elle fit dire à Pérès de se WQi rendre sur-le-champ au bourg de Santa-Fé , où la cour s'était établie pendant le siège de Grenade , pour conférer avec lui sur ce sujet important. Le premier effet de cette entrevue fut une invitation obligeante à Colomb de revenir à la cour ? et un présent d'une petite somme pour les dépenses de son voyage. On se flattait alors que la guerre avec les Maures serait bientôt heureusement terminée par la prise de Grenade, et que la nation allait être en état de s'engager dans de nouvelles entreprises. Cette circonstance , jointe aux marques de bonté que la reine venait de donner à Colomb ? encouragea ses amis à se montrer avec plus de confiance et à favoriser son projet plus ouvertement. Les principaux de ses protecteurs étaient Alonzo de Quintanilla, contrôleur des finances de Castille, et Louis Santangel, receveur des revenus ecclésiastiques en Aragon. Leur zèle à seconder cette grande entreprise mérite à leur nom une place honorable dans l'histoire. Ils firent connaître Colomb à plusieurs personnes de haut rang qu'ils intéressèrent vivement en sa faveur.

Mais il n'était pas aisé de persuader Ferdinand, il est de Sa froide et défiante prudence le portait encore à ll0UV 'V

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regarder le projet comme extravagant et chimérique; et, pour rendre inutile le zèle des partisans de Colomb , il employa dans cette nouvelle négociation quelquesunes des personnes qui avaient déjà prononcé contre

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M91 lui. Au grand étonnemcnt de ces juges prévenus, Colomb parut devant eux avec la même confiance et aussi peu disposé à se relâcher en rien de ses premières demandes. Il proposait d'armer une petite flotte sous son commandement, et réclamait le titre de vice-roi perpétuel et héréditaire de toutes les mers et de toutes les terres qu'il découvrirait, avec le dixième des profits qu'elles rapporteraient , en propriété pour lui et ses descendants. En même temps il offrait d'avancer le huitième de la dépense de l'armement, a condition qu'il aurait une portion proportionnelle dans les bénéfices de l'entreprise. Si elle échouait, il ne demandait aucune récompense ni aucun émolument. Au lieu d'envisager cette conduite comme une forte preuve de la conviction où il était de la vérité de son système et d'admirer la magnanimité qui , après tant de délais et de refus , lui faisait soutenir ses demandes à la même hauteur, les personnes qui traitaient avec Colomb se mirent à calculer mesquinement les frais de l'expédition et la valeur de la récompense. La dépense, quelque modérée qu'elle fût, était, disaient-ils, trop considérable pour l'état des finances du royaume. Les honneurs et les émoluments que demandait Colomb étaient exorbitants, même quand il tiendrait tout ce qu'il promettait ; et sises espérances étaient trompées, de si magnifiques dons faits a un aventurier paraîtraient inconsidérés et ridicules. Sous ces dehors imposants de prudence

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