XV| PREFACE
Les deux volumes que je publie aujourd'hui con uennentun récit delà découverte du Nouveau-Monde et des progrès que les armes et les colonies espagnoles y ont faits. Cette partie de l'histoire d'Amérique en est non-seulement la plus brillante ; elle est encore tellement détachée du reste, qu'elle forme par elle-même un tout parfait, remarquable par l'unité du sujet. Comme les principes et les maximes des Espagnols , dans la formation de leurs colonies, principes qui ont été adoptés en quelque sorte par toutes les nations de l'Europe, sont développés dans cette partie de mon ouvrage , elle servira d'introduction à l'histoire des autres établissements européens en Amérique, et elle répandra sur cet objet intéressant des connaissances que peut-être on ne trouvera pas moins importantes que curieuses.
En décrivant les exploits et les institutions des Espagnols dans le Nouveau-Monde, je me suis écarté plus d'une fois des relations des auteurs qui m'ont précédé , et j'ai souvent rapporté des faits qu'ils paraissent avoir ignorés. Je dois au public d'indiquer les sources d'où j'ai tiré les informations qui m auto risent ou à placer les événements dans un jour nouveau ou à former quelque opinion nouvelle sur leurs causes et leurs effets. Je m acquitte de ce devoir d'autant plus volontiers, qu'il me fournit l'occasion de témoigner ma reconnaissance à des bienfaiteurs qui mont honoré de leur appui et de leurs secours dans mes recherches,
Comme c'était de 1 Espagne que je devais attendre
PRÉFACE. XVlj
les éclaircissements les plus essentiels , à l'égard de cette première partie de mon ouvrage , j'ai regardé comme une circonstance heureuse pour moi de voir nommer à l'ambassade de Madrid Mylord Grantham ; j'avais l'honneur d'être connu personnellement de lui, et je devais tout espérer de son caractère naturellement généreux et obligeant.
Quand je m'adressai à lui , l'accueil que j'en reçus ne me laissa pas douter qu'il ne fît toutes les démarches convenables pour me procurer ce que je désirais ; et en effet je suis persuadé que le succès de mes recherches en Espagne doit être attribué principalement à l'intérêt que ce seigneur a paru y prendre.
Mais quand je ne devrais à lord Grantham que d'avoir engagé M. Waddilove , chapelain de son ambassade , à se charger de la conduite de mes explorations littéraires en Espagne , je lui aurais toujours une très grande obligation. Cet ecclésiastique a continué de faire des recherches pour moi , pendant cinq ans, avec une activité , une persévérance et une connaissance de la matière qui ne m'ont pas moins étonné que satisfait. Il m'a procuré la plus grande partie des livres espagnols que j'ai consultés; et, comme dans ce nombre il y en a plusieurs qui ont été imprimés au commencement du seizième siècle , et qui sont devenus très rares , la seule occupation de les recueillir doit lui avoir coûté beaucoup de temps et de peines. C'est à ses soins et à son amitié que je suis redevable des copies de plusieurs mai. b