‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 109 sur 175 · LIVRE NEUVIEME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIEME

lui parut non-seulement une usurpation de sou

droit de juger et de punir ses propres officiers,

mais un acte de révolte ouverte contre son autorité.

Sans daigner même admettre en sa présence les

deux députés, ni entendre rien de leur accusation

contre Harvey , le roi renvoya le gouverneur à son II est ren-

poste, en renouvelant tous ses pouvoirs. Mais quoi- ro; J \ta

que Charles eût pris cette mesure vigoureuse , bli dans son

comme nécessaire au maintien de son autorité, etSouverne~

; ment.

pour manifester son mécontentement à des sujets 4039 qui avaient osé l'insulter ainsi, il semble avoir été si convaincu de la légitimité des plaintes des colons et des torts de celui qui en était l'objet, que, peu de temps après , il destitua le gouverneur qui leur était devenu si justement odieux, et lui donna pour successeur sir William Berkeley, homme bien supérieur à Harvey, par son rang et par ses talens? et distingué surtout par toutes les vertus qui pouvaient le rendre agréable au peuple, et auxquelles son prédécesseur était totalement étranger1.

La colonie demeura près de quarante ans, sauf Berkeley quelques courts intervalles, sous sa douce et pru- nomme S°u~

1 7 L verneur. Sa

dente administration, à laquelle il faut attribuer en douce et sage grande partie sa prospérité et ses progrès. Il faut administrapourtant convenir qu'elle fut redevable au roi luimême de la réforme de sa constitution et de sa police, réforme qui lui donna bientôt un nouvel as- (1) Beverley's Hist. of Virg., p. 5o. Chalmer's Annals, I, 118, etc.

peet, et anima toutes ses opérations d'un nouvel esprit. Quoique la teneur de la commission de sir William Berkeley fût la même que celle de son prédécesseur, il avait reçu en même temps des instructions, munies du grand sceau, par lesquelles il était autorisé à déclarer que dans toutes leurs affaires, Nouveaux ^ant civiles qu'ecclésiastiques, les colons seraient

privilèges ac- / î 1 1 • 1? a i v /

cordés par gouvernes selon les lois d Angleterre , et a émettre Charles. des ordres pour la convocation d'assemblées du peuple qui se choisirait des représentants, lesquels, conjointement avec le gouverneur et le conseil, formeraient une assemblée générale, revêtue de la suprême autorité législative dans la colonie. Il fut chargé aussi, par le roi , d'établir des cours de justice, dans lesquelles toutes les questions, soit civiles, soit criminelles, seraient décidées selon les formes de la procédure judiciaire établies dans la métropole.

Moiïfs qui II n'est pas aisé de découvrir quels motifs por-

paraissentl'a- . \ . i> -ii 1 .• / . . i /

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