‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 148 sur 175 · LIVRE DIXIÈME. 2q · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME. 2q

territoire qui s'étend le long des bords de la rivière de Connecticut, à partir de la rivière Pequod. Les Pequods étaient une nation redoutable qui pouvait mettre en campagne mille guerriers aussi courageux qu'il en fût dans le Nouveau-Monde. Ils prévirent non-seulement que la destruction des nations indiennes serait la conséquence de la faculté laissée aux Anglais de se répandre sur le continent de l'Amérique; mais encore que ce malbeur serait inévitable si on ne concertait pas des mesures promptes pour le prévenir. Dans cette conviction, ils s'adressèrent aux Naragansets, les pressant d'oublier pour un moment les anciennes inimitiés des deux nations, et de se réunir à eux pour chasser un ennemi commun qui les menaçait également d'une entière destruction. Ils leur représentèrent que, lorsque ces étrangers débarquèrent pour la première fois, on n'avait pas pu soupçonner le véritable objet de leur visite , et qu'on n'avait pris aucune précaution pour arrêter leurs progrès ; mais qu'en envoyant , comme ils faisaient, trois colonies en trois différents quartiers et dans une seule année, leur intention était manifeste , et que les peuples de l'Amérique seraient réduits à la nécessité d'abandonner leur terre natale à d'injustes usurpateurs.

Mais les Naragansets et les Pequods, comme la plupart des tribus de l'Amérique voisines les unes des autres, étaient rivaux, et il existait entre eux

une inimitié héréditaire et implacable. La vengeance est la passion favorite des sauvages; et, pour la satisfaire , il n'y a point d'avantages même présents qu'ils ne sacrifient, et point de conséquence fâcheuse dans l'avenir qui puisse les arrêter. Guerre avec Les Naragansets, au lieu d'écouter les sages propoes equo s. sj tjons je leurs voisins , firent connaître au gouverneur de la baie de Massachusets les intentions hostiles des Pequods; et, prompts à saisir une occasion si favorable de tirer vengeance de leurs anciens ennemis, ils s'allièrent avec les Anglais contre eux. Les Pequods, plus exaspérés que découragés par l'imprudence et la trahison de leurs compatriotes, se mirent en campagne , et firent la guerre aux Anglais à la manière accoutumée des Américains ; ils surprenaient ceux qui s'écartaient, et leur enlevaient la chevelure; ils pillèrent et brûlèrent les habitations les plus avancées dans le pays ; ils attaquèrent sans succès le fort Say-Brook, quoique la garnison n'en fût que de vingt hommes; et lorsque les Anglais commencèrent à agir offensivement , ils se retirèrent dans les marais qu'ils croyaient inaccessibles. Les différentes colonies convinrent qu'elles se réuniraient contre l'ennemi commun, et que chacune fournirait son contingent en hommes à raison de sa force et de sa population. Les troupes de Connecticut , la colonie la plus exposée , furent bientôt assemblées. La marche de celles de Massachusets,

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