‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 157 sur 175 · IV · texte numérisé non relu

IV

3/j2 NOTES

lieux si stériles et si éloignés des habitations ordinaires des Indiens, que la nécessité d'y avoir des ouvriers a obligé les rois d'Espagne de contrevenir plusieurs fois à leurs propres règlements , et de permettre au\ vice-rois de forcer les peuples des provinces les plus éloignées de se rendre à ces mines. Escalona Gazophil. Pcrub. lib. 1, cap. 16. On doit cependant leur rendre la justice de dire qu'ils ont toujours été attentifs à adoucir cette oppression autant qu'il leur a été possible en enjoignant aux vice-rois d'employer toute espèce de moyens pour engager les Indiens à s'établir près des mines. Id. ibid.

Note xxv, page 4$.

Le clergé mexicain, dit M. de Humboldt, Essai polit, sur laNouv.-Espag. , t. W,pag. 3 1 et suiv. , moins nombreux qu'on ne le croit en Europe , n'est composé que de dix mille personnes, dont près de la moitié sont des réguliers qui portent le froc. En y comprenant les frères lais ou servants , les sœurs converses ( legos , donados y criados de los couvertes ), tous ceux qui ne sont point destinés aux ordres sacrés , on peut évaluer le clergé de treize à quatorze mille individus.

. Le revenu des huit évêques mexicains dont nous présentons le tableau suivant, monte à la somme totale de 2,695,000 francs.

Piastres fortes.

Rentes de l'archevêque de Mexico 130,000

évèque de la Puebla 110,000

ET ÉCLAIRCISSEMENTS. 3/p

Rentes de lYvèque de Valladolid 100,000

Guadalaxara 90,000

Durango 35,000

Monterey 30,000

Yucatan "20,000

Oaxaca 18,000

Sonora 6,000

Les biens-fonds du clergé mexicain ( bienes raices ) ne montent pas à douze ou quinze millions de francs; mais ce même clergé possède d'immenses richesses en capitaux hypothéqués sur les propriétés des particuliers. Le total de ces capitaux ( Capitales de capellanias y obras pias , fondos dotales de comunidades religiosas), monte à la somme de quarante-quatre millions et demi de piastres fortes 233,625,000 francs.

Suivant le mémoire lu en janvier 1826 aux deux chambres des Etats-Unis mexicains, par le secrétaire d'état pour la justice et les affaires ecclésiastiques , la confédération mexicaine a neuf évêchés et un archevêché , celui de Mexico ; le clergé compte actuellement 3,473 individus ; on se plaint du manque de prêtres. Le Mexique a cinq ordres de religieux , qui possèdent cent cinquante - un couvents , desservent quarante cures et cent une missions , et comptent dix-neuf cent soixante-dix-neuf individus. Tous les couvents ensemble jouissent d'un revenu de 337,373 piastres, ce qui suppose un capital de moins de sept millions, d'où le ministre conclut que les couvents ne possèdent pas les richesses que leur attribuentles Européens. La conduite privée du clergé

est modérée el exemplaire , et sa piété est sincère et tolérante. Dépositaire tle l'argent du peuple et de ses épargnes , il a entre les mains plus de vingt millions de piastres , qu'il a remis avec la plus scrupuleuse fidélité. On trouvera aussi des détails curieux sur le clergé américain dans le Voyage dans la Colombie , parM.Mollien. (D.L. R.)

Note xxvi, page 5i.

Torquemada , après avoir fait une longue énumération qui paraît assez exacte , conclut par dire qu'il y a quatre cents couvents dans la Nouvelle-Espagne : Mon. Ind. lib. XIX, cap. 32. En 1745, il y avait dans la seule ville de Mexico cinquante-cinq couvents : Villa-Segnor, Theatro Amer. I, pag. 34. Ulloa en a compté quarante dans Lima ; et en parlant de ceux de filles, il dit qu'on pourrait en peupler une petite ville , tant le nombre des personnes enfermées est considérable. Voy.t.A^p. 429. Philippe III, dans une lettre adressée en 1620 au vice-roi du Pérou, remarque que le nombre des couvents à Lima était si grand qu'ils occupaient plus de terrain que le reste de la ville. Solorz. lib. III, cap. 23, n° 57; lib. III, cap. 16. Torquemada, lib. XV, cap. 3. Le premier couvent fut fondé dans la Nouvelle-Espagne en 1525 , quatre ans seulement après la conquête. Torquem. lib. XV, cap. 10.

Suivant Gil Gonzalès Davila, toute la hiérarchie de l'église d'Amérique , dans tous les établissements espagnols, consistait, en 164 9, en un patriarche, six

E T ÉCL AI H C I S S 1 : M E i\ I s . 3 /| 5

archevêques, trente-deux évêques, trois cent quarante-six chanoines, deux abbés, cinq chapelains du roi et huit cent quarante couvents. Theatro ecclcsiaslico de las Ind. occid. v. I, pref. Lorsque les Jésuites furent expulsés de tous les domaines de l'Espagne, ils possédaient dans la province de la Nouvelle-Espagne trente collèges, maisons professes ou résidences; seize dans celle de Quito ; treize dans le nouveau royaume de Grenade ; dix-sept dans le Pérou ; dixhuit dans le Chili ; dix-huit dans le Paraguay; en tout cent douze. Collecion gênerai de providencia lias ta acqui tomadas sobre estranamento,etc. de la compagnia , Pari. I,pag. 19. Le nombre des Jésuites qu'il y avait dans toutes ces maisons montait à deux mille deux cent quarante - cinq : Manuscrit entre les, mains de l'auteur..

En 1644, la ville de Mexico présenta une requête au roi, pour le prier de défendre qu'on y fondât de nouveaux couvents, et de mettre des bornes aux revenus de ceux qui s'y trouvaient déjà établis ; vu que sans cela les maisons religieuses acquerraient en peu de temps la propriété de tout le pays. Elle demandait aussi qu'on mît des restrictions au pouvoir des évêques de conférer les ordres , parce qu'il y avait alors dans la Nouvelle - Espagne plus de six mille ecclésiastiques sans bénéfice : idem, pag. 16. H faut certainement que ces abus aient été énormes, puis-; que la superstition des Espagnols Américains en était blessée au point de leur dicter des représentations pour les faire abolir.

3l\G NOTES

Note xxvii, page 54-

Je ne me serais pas hasardé à faire la peinture des mœurs du clergé espagnol, sur le seul témoignage des auteurs protestants, parce qu'on peut les soupçonner de prévention et d'exagération. Gage en particulier, qui, plus qu'aucun autre protestant, a eu l'occasion de connaître l'état intérieur de l'Amérique espagnole, dépeint la corruption de l'église à laquelle il avait renoncé avec toute l'aigreur d'un nouveau converti ; de sorte que je dois me méfier de son témoignage, quoiqu'il rapporte quelques faits très curieux et très frappants. Mais Benzoni parle de la débauche des ecclésiastiques en Amérique, très peu de temps après qu'ils y furent établis : Hist. lib. II, cap, 19, 20. M. Frezier, observateur intelligent et très zélé pour sa religion, dépeint les mœurs corrompues des ecclésiastiques espagnols dans le Pérou, particulièrement des moines réguliers, avec des couleurs plus fortes que celles que j'ai employées : Voy. p. 51, 215, etc. M. Le Gentil confirme ce rapport: Voy. tont. \,p. 34. Corréal s'accorde avec ces deux voyageurs, et y ajoute plusieurs circonstances singulières : Voy. t. I, pag. 61, 155, 161. J'ai de bonnes raisons pour croire que les mœurs du clergé régulier sont encore extrêmement licencieuses, surtout dans le Pérou. Acosta lui-même avoue que la grande corruption des mœurs a été une suite de la permission accordée aux moines de renoncer à la retraite et à la discipline de leur couvent, et de s'introduire de nou~

ET ECXAIRCiôSJSMENTS. 3/[7

veau dans le monde en se chargeant du soin de desservir les paroissesdes Indiens: Deproc. Ind. salute, l. IV, cap» 13, etc. Il parle surtout des vices que j'ai remarqués, et pense que les tentations en sont si redoutables, qu'il penche vers l'opinion de ceux qui croient que le clergé régulier ne doit pas être chargé du soin des paroisses : lib.V , cap. 20. Les défenseurs mêmes des réguliers conviennent qu'il y a plusieurs grands abus parmi les moines de différents ordres lorsqu'on les affranchit de la discipline monastique; et l'on peut croire par la manière dont ils les défendent, qu'on ne les a pas accusés tout-à-fait sans raison. Dans les colonies françaises l'état du clergé régulier est à peu près le même que dans les établissements espagnols,, et il en est résulté les mêmes conséquences. M. Biet, supérieur des prêtres séculiers à Cayenne, a recherché avec autant de piété que de candeur les causes de cette corruption , qu'il impute principalement à l'exemption dont jouissent les réguliers de la juridiction et des censures de leurs diocésains, aux tentations auxquelles ils sont exposés, et au commerce auquel ils se livrent. Il est singulier que les auteurs qui ont censuré la licence des moines réguliers espagnols avec la plus grande sévérité, concourent tous à défendre la conduite des Jésuites. Formés à une discipline plus parfaite que celle des autres ordres monastiques, ou animés par l'intérêt de conserver l'honneur de la société qui était si cher à chaque membre, les Jésuites, tant du Mexique que du Pérou, ont toujours conservé une régularité de mœurs irréprochable»

Frezier, pag. 223. Le Gentil, lom. \,pag. 34. On doit rendre la même justice aux évêques et à la plupart des ecclésiastiques en dignité. Frez., ibid.

On m'a donné communication d'un volume de la gazette de Mexico pour les années 1728, 1729 et 1730, et il me fournit une confirmation frappante de ce que j'ai avancé relativement à l'esprit de superstition illibérale qui domine dans l'Amérique espagnole. On peut juger d'après les papiers-nouvelles d'une nation des sujets qui attirent plus particulièrement son attention et qui lui paraissent les plus intéressants. La gazette de Mexico est remplie presque entièrement de récits de cérémonies religieuses , de descriptions de processions, de consécrations d'églises, de canonisations de saints, de fêtes, d'auto-dafé, etc. Les affaires civiles et commerciales, et même les événements politiques de l'Europe n'occupent qu'un très petit espace dans ce journal destiné à faire connaître tout ce qui est important. D'après les titres des nouveaux livres qui y sont régulièrement insérés, il paraît que les deux tiers de ces ouvrages sont des traités de théologie scolastique ou de dévotion moT nacale.

Note xxviii, page 55.

Solorzano, après avoir parlé de la morale corrompue de quelques membres du clergé régulier, avec cette sage réserve qui convenait à un laïque espagnol sur un sujet si délicat , se déclare ouvertement et avec beaucoup de fermeté contre l'usage de confier

le soin des paroisses à des moines. Il cite plusieurs auteurs espagnols respectables , tant théologiens que jurisconsultes , dont le témoignage sert à confirmer son opinion : De jure ind. 2, lib. III, cap. 16. On trouve dans la collection des mémoires de Colbert une preuve frappante de l'alarme occasionée par le projet du prince d'Esquilache pour exclure les prêtres réguliers des cures paroissiales. Les ordres monastiques firent présenter au roi par leurs procureurs plusieurs mémoires auxquels on répondit au nom du clergé séculier. On aperçoit que les deux partis ont mis beaucoup d'aigreur et d'animosité dans cette dispute.

Note xxix, page 58.

A l'appui de ce que dit ici Robertson, nous croyons devoir citer un passage de la relation du voyage fait au Mexique par M. Bulloch, où il parle de l'impression que fit sur les Espagnols et sur les indigènes la vue de la divinité horrible et colossale dont nous avons donné la description dans la note 44, p. 456 du t. II , d'après le même voyageur.

« Pendant tout le temps qu'elle fut exposée, la cour de l'université était encombrée de peuple , chacun exprimant la colère et le mépris le plus décidé. Mais il n'en était pas tout-à-fait de même parmi les Indiens : j'observai attentivement leur visage , pas un sourire ne s'y montra ; ils ne prononçaient pas un seul mot ; ils étaient tout silence et attention. En réponse à une plaisanterie d'un des étudiants, un vieil Indien dit :

35o NOTES

« Il est vrai , nous avons trois dieux espagnols très bons ; mais on aurait pu nous permettre de conserver quelques-uns de ceux de nos ancêtres ! » On m'a assuré même que des couronnes et des guirlandes de fleurs avaient été placées sur la statue par des naturels qui s'étaient furtivement approchés d'elle le soir dans ce dessein ; ce qui prouverait que malgré les efforts constants du clergé espagnol pendant trois cents ans , il reste encore quelque teinte de superstitions païennes parmi les descendants des habitants primitifs. » ( D. L. R. )

Note xxx, page 60.

On excluait originairement de la prêtrise et des ordres religieux non -seulement les Indiens , mais encore les Métis ou enfants d'un Espagnol et d'une Indienne. Mais par une loi promulguée le 28 septembre 1588, Philippe II enjoignit aux prélats de l'Amérique de conférer les ordres aux Métis nés d'un mariage légitime auxquels ils trouveraient les qualités requises, et de leur permettre de faire leurs vœux dans un couvent où ils auront fait un noviciat convenable : Recop. tit. I, lib. 7, t. 7. Il paraît qu'on a eu quelque égard à cette loi dans la Nouvelle-Espagne ; mais elle n'a eu aucun effet dans le Pérou. Sur des représentations faites à ce sujet à Charles II , en 1697, il rendit un nouvel édit pour en ordonner l'exécution, et pour manifester sa volonté que tousses sujets, tant Indiens que Métis et Espagnols , jouissent des mêmes privilèges. Il parait que l'aversion des Espagnols d'Ame-

rique pour la race indienne s'est opposée à l'exécution de cette ordonnance , car, en 1725, Philippe V crut devoir renouveler l'injonction d'une manière plus précise. Mais les Espagnols du Pérou ont une haine et un mépris si insurmontables pour les Indiens, que le, roi régnant a été obligé de donner une nouvelle force aux anciens édits par une loi publiée le 24 septembre 1774 : Real cedala. Manuscrit entre les mains de V auteur.

Note xxxi, page 6o.

Les témoignages qu'on pourrait invoquer et les arguments qu'on pourrait faire valoir pour prouver que les Américains ne sont pas dépourvus des qualités de l'esprit, sont si nombreux, suivant Clavigero, Stor. antic. de l Messie. Dissertation V, section II, qu'on en remplirait un gros volume. Nous nous bornerons à un petit nombre.

Zummaraga, premier évêque de Mexico, prélat qui jouissait de l'estime des rois catholiques par son savoir, sa vie irréprochable , dans la lettre qu'il écrivait, en 1531, au chapitre général des franciscains assemblé à Tolosa, s'exprime ainsi en parlant des Américains : « Ils ont de la tempérance et du génie, surtout pour la peinture , et ils ne sont pas dépourvus des talents de l'esprit. »

Las Casas, premier évêque de Chiapa, qui avait résidé plusieurs années avec eux et qui les connaissait bien, fait encore un plus grand éloge de leurs qualités mentales dans un mémoire qu'il présenta au roi

Philippe IJ , et dans sa réfutation du docteur wSepulveda.

Garces, premier évèque de Tlascala, homme instruit et qui méritait la haute considération dont il jouissait auprès d'Ant. de Nebrija, le restaurateur des lettres en Espagne , vante leur caractère , leurs dispositions et leur génie, qu'il élève en quelque sorte au-dessus de celui de ses propres compatriotes , dans une lettre latine qu'il écrivit , en 1536 , au pape Paul III , et dont Clavigero cite des extraits.

Palafox , évêque d' Angelopoli , Acosta , dans son Histoire naturelle et morale des Indes , professent la même opinion à l'égard des Américains.

Christophe Colomb déclare que les habitants des îles qu'il venait de découvrir montraient un grand désir de s'instruire qui les portait à demander les causes et les effets des différentes choses.

Les missionnaires dont parle Robertson étaient des ignorants qui n'avaient pas eu le courage ou la patience d'étudier le caractère etla disposition des Américains, et qui ne s'étaient pas assez dépouillés des préjugés de leur enfance.

Dans un court passage, Robertson a renfermé une foule d'erreurs; nous ne relèverons que les quatre suivantes. Cet écrivain avance :

1° Qu'un concile de Lima a exclu les Indiens du sacrement de l'Eucharistie à cause de la faiblesse de leur esprit ;

2° Que le pape Paul 111 a déclaré les Indiens des créatures raisonnables :

3° Que très peu d'Indiens possèdent une portion suffisante d'intelligence pour approcher de la Sainte fable ;

4° Qu'aucun Indien n'est jamais ordonné prêtre.

Il est vrai qu'une assemblée tenue à Lima en 1 5 52 , et qui reçut la qualification de primum concilium Limœ, quoique ce ne fût pas un concile, et qu'elle n'en ait jamais eu l'autorité, ordonna que l'Eucharistie ne serait pas administrée aux Américains jusqu'àce qu'ils fussent parfaitement instruits et convaincus des choses de la foi, parce que ce sacrement est la nourriture de ceux qui ont atteint la perfection , et non parce que l'on considérait les Américains comme faibles d'entendement. Cela est incontestable d'après le premier concile provincial appelé vulgairement le second, tenu à Lima en 1567, qui ordonna aux prêtres d'administrer ce sacrement à tous les Indiens qui se croiraient disposés à le recevoir. Cet ordre, et d'autres qui furent donnés postérieurement, rencontrèrent des résistances, qui prouvent plutôt l'obstination de quelques ecclésiastiques que le défaut de capacité des Américains.

La bulle de Paul III est une réponse à la lettre déjà citée que lui avait adressée, en 1536, Garces, premier évêque de Tlascala, pour l'apitoyer sur le sort des Américains, et pour lui rendre compte des vexations auxquelles ils étaient exposés. Le but évident de cette bulle, que Clavigero donne in extenso, n'est pas de déclarer que les habitants du Nouveau-Monde sont des hommes, mais qu'ils en ont tous les privilèges, et de condamner leurs oppresseurs.

Quant à la troisième erreur de Robertson, il est positif et notoire que dans toute l'étendue de la Nouvelle-Espagne les Indiens aussi bien que les Espagnols étaient tenus de communier à Pâques, et que l'on n'exceptait de cette obligation que les habitants des contrées les plus reculées qui étaient admis à la Sainte-Table, ou qui en étaient exclus, selon que les missionnaires les en jugeaient ou dignes ou indignes. Clavigero prouve la quatrième erreur de Robertson, en disant que quoique le premier concile provincial tenu à Mexico, en 1555, eut défendu d'ordonner prêtres des Indiens, non à cause de leur incapacité, mais parce que la bassesse de leur condition eût pu jeter de la défaveur sur l'état ecclésiastique, néanmoins le troisième concile provincial assemblé en 1 585, qui a été le plus célèbre de tous, et dont les décisions sont encore aujourd'hui en vigueur, permit qu'ils reçussent la prêtrise, pourvu qu'on procédât à leur égard avec une grande circonspection. Il est bon d'observer que les décrets de chaque concile sont applicables, quant aux conditions nécessaires, aux Indiens et aux mulâtres nés ou descendus d'un père Européen et d'une mère Africaine, et vice versa; or personne ne doute de l'aptitude des mulâtres à apprendre toutes les sciences. Torquemada, qui a écrit son histoire dans les premières années du siècle dernier (1720), dit qu'on n'admettait pas d'abord les Indiens dans les ordres à cause de leur violent penchant à l'ivrognerie; mais il déclare que, de son temps, il y avait des prêtres de cette nation extrêmement sobres

et d'une conduite exemplaire ; de sorte qu'il y a au moins cent soixante-dix ans que les Indiens sont ordonnés pour la prêtrise. Depuis cette époque jusqu'à nos jours , le nombre des prêtres américains a été considérable dans la Nouvelle-Espagne, où ils ont fourni plusieurs centaines de recteurs, de chanoines et de docteurs, et même, dit-on, un prélat fort instruit. (D. L. R.)

Note xxxu, page 62.

Long -temps avant l'arrivée des Espagnols, dit M. de Humboldt, Essai polit, sur la Nouv .-Esp . , l. III, p. 299, les indigènes du Mexique, comme ceux du Pérou, connaissaient l'usage de plusieurs métaux : ils ne se Contentaient pas de ceux qui, à l'état natif, se trouvent à la surface du sol, surtout dans le lit des fleuves et dans les ravins creusés par les torrents ; ils se livraient aussi à des travaux souterrains pour exploiter des filons , ils savaient creuser des galeries, percer des puits de communication et d'airage ; ils avaient des instruments propres à entailler la roche. Cortez nous apprend, dans la relation historique de son expédition, qu'au grand marché de Tenochtitlan on voyait vendre de l'or, de l'argent, du cuivre, du plomb et de l'étain, etc., etc. (D. L. R. )

Note xxxiii , page 65.

Ustariz , calculateur exact et circonspect , paraît admettre que la quantité d'argent qui ne paie point de droit peut être évaluée à cette somme. wSuivant

Herrera, il n'y avait pas plus du tiers de l'argent venant de Potosi qui payât le quint du roi : Decad. Si lib. II, cap. 15. Solorzano dit aussi que la quantité d'argent qui circule en fraude est beaucoup plus grande que celle qui est monnayée légalement après avoir payé le quint. De ind. jure, vol. II, lib.\yp. 84.

Note xxxvin, page 34-

M. le baron de Humboldt a discuté, dans son Essai polit, sur laNouv. Esp.,t. IV, p. 226 et suiv., la question de savoir quelle est la quantité d'or et d'argent qui a reflué du nouveau continent dans l'ancien, depuis l'année 1492 jusqu'à nos jours. Les détails infiniment curieux dans lesquels ce savant distingué est entré doivent être lus dans l'ouvrage même : nous nous bornerons à en extraire ici des résultats.

La masse des métaux précieux que l'Amérique Es* pagnole a fournis à l'Europe, et qui a été enregistrée, est d'après :

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