‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 156 sur 175 · RÉGION DU STID-EST · texte numérisé non relu

RÉGION DU STID-EST

Intendance

d' Oaxaca.

Merida.

Suivant un autre tableau que nous devons également à M. le baron de Humboldt ( Essai politique sur la Nouvelle-Espagne , t. II, pag. 82.), on divisait également la Nouvelle-Espagne en:

1 ° Provinces soumises au vice-roi de la Nouvelle-Espagne,

\yant 59,103 lieues carrées et 5,477,900 âmes.

savoir*:

Les dix intendances de

Mexico,

Puebla,

Vera-Cruz,

Oaxaca,

Merida,

Valladolid,

Guadalaxara,

Zacatecas,

Guanaxuato,

San-Luis de Potosi (sans y comprendre Cohahuila et Texas),

Et les deux Californies.

2° Provinces soumises au commandant général des provinces internes, ayant

59,375 lieues carrées,

3a6 NOTES

avec 359,200 habitants,

savoir :

Les deux intendances de Durango, Sonora et la province de Mexico, Cohahuila et Texas.

Tonte la Nouvelle-Espagne avait 118,478 lieues carrées avec 5,837,100 habitants. (D. L. R.)

Note ix, page 19.

« On a généralement, en Europe , dit M. le baron de Humboldt [Essai politique sur la Nouvelle-Espagne , V, pag. 28 et suiv.), des idées très exagérées du pouvoir et de la richesse des vice-rois de l'Amérique espagnole : ce pouvoir et cette richesse n'existent que lorsque le chef qui gouverne est soutenu par un parti à la cour, et lorsque , sacrifiant son honneur à une avarice sordide, il abuse des prérogatives qui lui sont accordées par la loi. Les appointements des vice-rois de la Nouvelle-Grenade et de Buenos-Ayres ne sont que de 40,000 piastres par an : les vice-rois du Pérou et de la Nouvelle-Espagne en ont 60,000. A Mexico un vice-roi se trouve entouré de familles dont les revenus sont trois ou quatre fois plus considérables que les siens : sa maison est montée comme celle du roi d'Espagne; il ne peut sortir de son palais sans être précédé de ses gardes à cheval ; il est servi par des

ET ÉCLAIRCISSEMENTS. '5'2rJ

pages, et dans la ville de Mexico, il ne lui est permis de dîner qu'avec sa femme et ses enfants. Ce raffinement d'étiquette devient une cause d'épargne, et un vice-roi qui veut sortir de son isolement et jouir de la société, doit se fixer pour quelque temps à la campagne , soit à San-Augustin de Las-Cuevas , soit à Chapoltepec , soit à Tambaya. Quelques vice-rois de la Nouvelle -Espagne ont eu une augmentation d'appointements ; au lieu de 60,000 piastres , le chevalier de Croix, don Antonio Buccarelli et le marquis de Branciforte ont eu une rente annuelle de 80,000 piastres ; mais cette faveur de la cour ne s'est pas étendue aux successeurs des trois vice-rois que nous venons de nommer.

« Un chef qui , renonçant à toute délicatesse de sentiments , est venu en Amérique pour enrichir sa famille, trouve des moyens pour parvenir à son but, en favorisant les particuliers les plus riches du pays dans la distribution des places, dans la répartition du mercure , dans des privilèges accordés en temps de guerre pour faire un commerce libre avec les colonies des puissances neutres. Depuis quelques années (M. de Humboldt est revenu en Europe dans l'année 1 804), le ministère de Madrid a cru profitable de nommer jusqu'aux plus petites places dans les colonies : cependant la recommandation du vice-roi est restée d'une grande importance pour celui qui sollicite, surtout s'il s'agit d'une charge militaire, ou d'un titre de noblesse {titulo de Castilla), dont les Espagnols américains sont généralement plus avides que les Espagnols

européens. Un vice-roi, il est vrai, n'a pas le droit de faire des règlements de commerce , mais il peut interpréter les ordres de la cour ; il peut ouvrir un port aux neutres , en informant le roi des circonstances urgentes qui l'ont déterminé à cette démarche ; il peut protester contre un ordre réitéré, accumuler des mémoires et des informes ; et s'il est riche, adroit et soutenu en Amérique par un assesseur courageux, à Madrid par des amis puissants, il peut gouverner arbitrairement sans craindre la residencia, c'est-à-dire le compte que l'on fait rendre de son administration à tout chef qui a occupé une place dans les colonies.

« On a vu des vice-rois qui, sûrs de leur impunité, ont extorqué, en peu d'années, près de huit millions de livres tournois : on en a vu aussi , et l'on se plaît à le répéter, qui, loin d'augmenter leur fortune par des moyens illicites , ont déployé un désintéressement noble et généreux. C'est parmi ces derniers que les Mexicains citeront long-temps avec reconnaissance le comte de Revillagigedo et lé chevalier d'Asanza, deux hommes d'état également recommandables par leurs vertus privées et publiques , et dont l'administration aurait été plus bienfaisante encore, si leur position extérieure leur avait permis de poursuivre librement la carrière qu'ils s'étaient tracée. »

Note x, page 20.

Ces audiences* sont établies dans les endroits suivants : à Santo-Domingo , dans l'île Espagnola; à

ET ÉCLAlllClSSlîMEJyTS. S'iÇ)

Mexico , dans la Nouvelle-Espagne ; à Lima , dans le Pérou; à Panama, dans la Terre-Ferme; à Saint-Jacques, dans le Guatimala; à Guadalaxara, dans la Nouvelle-Galice; à Santafé, dans le nouveau royaume de Grenade; à la Plata, dans la province de Los-Charcas ; à Saint-François de Quito ; à Saint-Jacques, dans le Chili; àBuenos-Ayres. Plusieurs grandes provinces dépendent de chacune de ces audiences; quelquesunes même sont si éloignées des villes où ces cours résident, qu'elles n'en peuvent tirer que peu d'avantage. Les auteurs espagnols comptent douze de ces cours d'audience, parce qu'ils y comprennent celle de Manille dans les Philippines,

Note xi, page 28.

Vu la distance qui sépare le Pérou et le Chili de l'Espagne, et la difficulté qu'il y a de transporter par l'isthme de Panama des effets d'une charge aussi considérable que le vin et l'huile , les Espagnols de ces provinces ont obtenu la permission d'y planter des vignes et des oliviers. Mais il leur est rigoureusement défendu de faire passer du vin et de l'huile à Panama, à Guatimala, ou dans toute autre province à portée d'en recevoir de l'Espagne: Recap. Ub. I, tit. XVIII, L 15-18,

Note xii, page 3o.

Ce calcul a été fait par Benzoni, en 1550, cinquante-huit ans après la découverte de l'Amérique . Hist. novi orbis , lîb. III, cap. 21. Mais comme Ben-

33o NOTES

zoni a écrit avec un sentiment de mécontentement qui le portait à déprimer en tout les Espagnols, il se peut que son calcul ait été trop faible.

Note xin, page 32.

Je n'ai que des notions imparfaites sur le partage et la transmission des biens dans les colonies espagnoles. Les auteurs espagnols ne s'expliquent pas clairement sur ce sujet, et peut-être même n'ont-ils pas assez considéré les effets de leurs lois et de leurs institutions. Solorzano, De jure ind. vol. II, lib. II, /. 16, explique en quelque sorte l'introduction du droit de Mayorasgo, et parle de quelques-uns de ses effets. Villa-Segnor en remarque une conséquence singulière. Il fait observer que dans quelques-unes des situations les plus favorables de Mexico , une grande partie du terrain n'est pas occupée, ou est couverte par les ruines des maisons qu'on y avait bâties autrefois. Il ajoute que ce terrain étant possédé par droit de Mayorasgo , et ne pouvant pas être aliéné, ces ruines deviennent éternelles. Teatr. Amer. vol. I, pag. 34.

Note xiv, page 54«

« Parmi les cinquante vice-rois qui ont gouverné le Mexique, depuis l'année 1536 jusqu'en 1808, il n'y en a eu qu'un seul né en Amérique, le Péruvien don Juan de Acufia, marquis de Casa-Fuerte (1722-1734), homme désintéressé et bon administrateur. Quelques-uns de mes lecteurs apprendront peut-être aussi

avec intérêt qu'un descendant de Christophe Colomb et un descendant du roi Montczuma ont été vice-rois de la Nouvelle-Espagne. Don Pedro Nuno Colon, duc de Veraguas, fit son entrée à Mexico en 1673, et mourut six jours après. Le vice-roi don Joseph Sarmiento Valladares , comte de Montezuma , gouverna depuis 1697 jusqu'en 1701. » Essai polit. surlaNouv. Esp. t. Il, pag. 191. (D. L. R.)

Note xv , page 34-

Il n' y a aucune loi qui exclue les créoles des charges ,. tant civiles qu'ecclésiastiques; il y a au contraire plusieurs Ccdulas qui recommandent de donner indistinctement des places de confiance aux personnes nées en Espagne et en Amérique. Betancourt y Figueroa Derecho , etc. pag 5,6. Malgré ces ordres répétés, on accorde dans presque tous les cas la préférence aux personnes nées en Espagne. L'auteur que nous venons de citer en donne une preuve remarquable. Depuis la découverte de l'Amérique jusqu'en 1637, on a nommé trois cent soixante-neuf évêques ou archevêques pour les différents diocèses de ce pays, et de ce grand nombre il n'y en a eu que douze qui fussent créoles, pag. 40. Cette prédilection pour les Européens paraît toujours exister. Par une ordonnance royale rendue en 1776, le chapitre de la cathédrale de Mexico a été invité à désigner des ecclésiastiques européens d'un mérite et d'une habileté reconnus x afin que le roi puisse les nommer aux bénéfices vacants, Manuscrit en la possession de l'auteur.

Note xvi, page 38.

« La population mexicaine est composée des mêmes éléments que ceux qu'offrent les autres colonies espagnoles. On y distingue sept races : 1° les individus nés en Europe vulgairement appelés Gachupines , ou Chapetones ; 2° les Espagnols créoles, ou les blancs de race européenne nés en Amérique ; 3° les métis (inestizos), descendants de blancs et d'Indiens; 4° les mulâtres; 5° les Zambos , descendants de Nègres et d'Indiens ; 6° les Indiens mêmes , ou la race cuivrée des indigènes , qui paraissent former en général les deux cinquièmes de la population du Mexique ; et 7° les nègres africains. En faisant abstraction des subdivisions, il en résulte quatre castes : les blancs compris sous la dénomination générale d'Espagnols : les Nègres , les Indiens , et les hommes de race mixte mélangés d'Européens, d'Africains, d'Indiens, descendants de blancs et de nègres américains et de Malais ; car c'est par la communication fréquente qui existe entre Acapulco et les Philippines que plusieurs individus d'origine asiatique , soit Chinois, soit Malais, se sont établis dans la Nouvelle- Espagne. » ( Essai polit, sur la Nouv. Esp. , t. I , pag. 367.)

« Les castes qui naissent du mélange des races pures les unes avec les autres, constituent au Mexique une masse presque aussi considérable que les indigènes. On peut évaluer le total des individus à sang mêlé à près de 2,400,000. Par un raffinement

de vanité, les habitants des colonies ont enrichi leur langue, en désignant les nuances les plus fines des couleurs qui naissent de la dégénération de la couleur primitive. 11 sera d'autant plus utile de faire connaître ces dénominations * , que plusieurs voyageurs les ont confondues, et que cette confusion cause de l'embarras à la lecture des ouvrages espagnols qui traitent des possessions américaines.

« Le fils d'un blanc (créole ou Européen) et d'une indigène à teint cuivré, est appelé Meslizo. Sa couleur est presque d'un blanc parfait ; sa peau est d'une transparence particulière. Le peu de barbe, la petitesse des mains et des pieds , et une certaine obliquité des yeux , annoncent plus souvent le mélange indien que la nature des cheveux. Si une métisse épouse un blanc, la seconde génération qui en résulte ne diffère presque plus de la race européenne. Très peu de nègres ayant été introduits dans la Nouvelle- Espagne , les métis composent vraisemblablement les sept huitièmes de la totalité des castes. Ils sont généralement réputés d'un caractère beaucoup plus doux que les mulâtres (inulattos), fils de blancs et de négresses, qui se distinguent par la violence de leurs passions , et par une singulière volubilité de langue. Les descendants de nègres et d'indiennes portent, à Mexico, à Lima et même à la Havane , le nom bizarre de Ckino, (Chinois). Sur la cote de Caraccas, et comme il paraît par les lois , à la Nouvelle-Espagne même ,

(i) Sobre el clima de Lima, por el cloctor U nantie, ç . 48 , ouvrage imprimé au Pérou même, l'année 1806.

on les appelle aussi Zambos. Aujourd'hui cette dernière dénomination est principalement restreinte aux descendants d'un nègre et d'une mulâtresse , ou d'un nègre et d'une china. On distingue de ces zambos communs, les zambos prietos, qui naissent d'un nègre et d'une zamba. Du mélange d'un blanc avec une mulâtresse provient la caste des quarterons. Lorsqu'une quarteronne épouse un Européen ou un créole, son fils porte le nom de Quinteron. Une nouvelle alliance avec la race blanche fait tellement perdre le reste de couleur, que l'enfant d'un blanc et d'une quinteronne est blanc aussi. Les castes de sang indien ou africain conservent l'odeur qui est propre à la transpiration cutanée de ces deux races primitives. Les Indiens péruviens qui-, au milieu de la nuit, distinguent les différentes races par la finesse de leur odorat, ont formé trois mots pour l'odeur de l'Européen , de l'indigène américain et du nègre : ils appellent la première Pczuna, la seconde Posco1, et la troisième Grajo. D'ailleurs les mélanges dans lesquels la couleur des enfants devient plus foncée que n'était celle de leur mère , s'appellent Salta-Atras , ou sauts en arrière. » [Essai politiq. sur la Nouv. Sfpagne, t. \\,pag. 48-51.) ' (D.L. R.)

Note xvn, page (\o.

Quelque modéré que puisse paraître ce tribut, l'indigence des Indiens est si grande dans plusieurs provinces de l'Amérique, que le recouvrement en

( i ) Mot ancien de la langue quichua

est excessivement oppressif, Pegna, Itiner. por Parochos de IndioSy pag. 192.

Note xviii, page 40.

Les Indiens du Mexique sont divisés en Indiens tributaires et en Indiens nobles ou caciques. Ceux-ci, d'après les lois espagnoles, doivent participer aux privilèges de la noblesse de Castille ; mais dans leur situation actuelle cet avantage n'est qu'illusoire. Ils exercent la magistrature dans les villages indiens , et ce sont eux qui lèvent la capitation : loin de protéger les indigènes tributaires, les nobles, qui offrent la même grossièreté de mœurs et le même manque de civilisation que le bas peuple indien , abusent le plus souvent de leur influence et de leur autorité pour les tourmenter et les pressurer. Depuis le dix-huitième siècle le sort des indigènes a commencé à devenir plus heureux : c'est surtout le roi Charles III, qui, par des mesures aussi sages qu'énergiques , est devenu le bienfaiteur des indigènes ; il a aboli les encomiendaSj il a défendu les repartimientos , par lesquels les corregidors se constituaient arbitrairement les créanciers , et par conséquent les maîtres du travail des natifs, en les pourvoyant, à des prix exagérés , de chevaux, de mulets et de vêtements. L'établissement des intendances, que l'on doit au ministère du comte de Galvez, est devenu une époque pour le bien-être des Indiens. Les petites vexations auxquelles le cultivateur était sans cesse exposé de la pari

des magistrats subalternes espagnols et indiens, ont singulièrement diminué sous la surveillauce active des intendants ; les indigènes commencent à jouir des avantages que les lois, généralement douces et humaines, leur ont accordés, mais dont ils ont été privés dans des siècles de barbarie et d'oppression.

Le Mexique est le pays de l'inégalité de fortune; elle existe non-seulement parmi la caste des blancs , on la découvre même parmi les indigènes; néanmoins, considérés en masse les Indiens mexicains présentent le tableau d'une grande misère.

Les Indiens sont exempts de tout impôt indirect; ils ne paient point d'alcavala* : la loi leur accorde pleine liberté pour la vente de leurs productions, quoique le conseil suprême de Mexico (Junta superior de Real Hacienda) ait essayé de temps à autre, et surtout depuis cinq ou six ans, de le leur faire payer ; mais ils sont sujets à l'impôt direct des tributs (tributos). Cet impôt est une véritable capitation que paient les Indiens mâles depuis l'âge de dix ans jusqu'à celui de cinquante. Le tribut n'est pas le même dans toutes les provinces de la Nouvelie-Espagne ; il a été diminué depuis deux cents ans. En 1601, l'Indien payait par an trente-deux réaux de plata de tribut, et quatre réaux de servicio real, en tout environ vingt- trois francs. On le réduisit peu à peu dans quelques intendances

(i) Impôt indirect qui se paye à l'entrée et non à la sorlie des marchandises; il élail à Carthagène des Indes, de 2 pour 100, à Guaya quil de 3 , à la Vera-Cruz et à Caraccas de 4 , à Lima de (> pour 100. ( Essai polit, sur la Nouv.-Esp., t. IV. p. 43 1. )

à quinze, et même à cinq francs1. Dans l'évêché de Mechoacan et dans la plus grande partie du Mexique, la capitation monte aujourd'hui à onze francs. En outre, les Indiens paient , comme un droit de paroisse (derechos parroquales), dix francs pour le baptême, vingt francs pour le certificat de mariage , et trente-deux francs pour l'enterrement. Il faut ajouter à ces soixante-deux francs que l'Église lève comme un impôt sur chaque individu indien , vingt-cinq à trente francs pour des offrandes que Ton appelle volontaires, et que l'on désigne par les noms de cargos de co/radias, responsos y mis sas para sacar animas 2.

Leslndiensse trouvent encore aujourd'hui, comme ils l'étaient d'après la législation d'Isabelle et de Charles-Quint, à perpétuité sous la tutelle des blancs ; et tout acte signé par un natif de la race cuivrée, toute obligation que ce natif contracte au-dessus de la valeur de quinze francs , sont nuls et comme non avenus, (Essai polit, sur la Nouv. Esp., t. I, pag. 422-433.) Nous renvoyons le lecteur qui désirerait avoir plus de détails à l'ouvrage même de M. de Humboldt, qui contient l'extrait d'un mémoire fort intéressant que l'évêque et le chapitre de Mechoacan présentèrent au roi d'Espagne en 1799, et qui respire, suivant

(i) Compendib de la Hisloria de la Real Hacienda de ISueva- Espagiia , ouvrage manuscrit que don Joacquin Maniau présenta , en 1793 , au ministre secrétaire d'état , don Diego de Gardoqui , et dont on conserve une copie dans les archives de la vice-royauté.

(2) Frais de confrérie , répons et messes que l'Indien fait dire pour tirer des âmes du purgatoire.

M. de Humboldt , les vues les plus sages et les idées les plus libérales. (D. L. R.)

Note xix, page 41 •

Dans la Nouvelle-Espagne on accorda les incomienf&tf pour trois et quelquefois pour quatre générations, à raison du mérite extraordinaire et des services des premiers conquérants, et du faible revenu qu'on tirait des terres avant la découverte des mines de Zacatecas: Recop, lib. VI, tit. 2, cap. 14, etc.

Note xx, page 42.

D. Ant. Ulloa prétend que le travail des mines n'est pas nuisible, et en apporte pour preuve que plusieurs métis ou Indiens qui n'appartiennent à aucun repartimiento se louent volontairement pour exploiter les mines, et que plusieurs Indiens continuent de plein gré ce travail , lorsque le temps prescrit pour leur service est fini. Entreten. pag. 265. Mais son opinion sur la salubrité de ce travail est contraire à l'expérience de tous les siècles. Partout où les hommes seront séduits par un salaire considérable , ils s'engageront à toute espèce de travail, quelque fatigant ou dangereux qu'il puisse être. Don Hem. Carillo Altemirano rapporte un fait curieux qui est incompatible avec l'opinion d'Ulloa. « Partout où l'on exploite des « mines, dit-il, le nombre d'Indiens diminue; mais « dans la province de Campêche, où il n'y a point de « mines , le nombre des Indiens a augmenté de plus « d'un tiers depuis la conquête de l'Amérique, quoi-

et éclaircissements. 339

« que le sol et le climat ne soient pas aussi bons qu'au « Pérou et au Mexique . » Golbert, Collée t. Dans un autre mémoire présenté à Philippe III, en 1609, le capitaine Juan Gonzales d'Acevedo dit que, dans tous les districts du Pérou où Ton forçait les Indiens de travailler aux mines, le nombre en était réduit à la moitié , et dans quelques endroits au tiers de celui qu'on en comptait sous la vice-royauté de don François de Tolède en 1581. Colbert, Collect. Voyez la note suivante.

Note xxi, page l\i.

Dans le royaume de la Nouvelle-Espagne, du moins depuis 30 ou 40 ans, le travail des mines est un travail libre; il n'y existe pas de trace de mâa, quoiqu'un auteur justement célèbre, Robertson, ait avancé le contraire. Nulle part le bas peuple ne jouit plus parfaitement du fruit de ses fatigues que dans les mines du Mexique ; aucune loi ne force l'Indien de choisir ce genre de travail, ou de préférer telle exploitation à telle autre : mécontent du propriétaire d'une mine, l'Indien l'abandonne pour offrir son industrie à un autre qui paie plus régulièrement ou en argent comptant. Ces faits exacts et consolants sont peu connus en Europe. Le nombre des personnes employées dans les travaux souterrains, et divisées en plusieurs classes (Barenadores 7 fàeneros, tenateros, barateros), n'excède pas, dans tout le royaume de la Nouvelle-Espagne, de 28 à 30,000. Par conséquent > il n'y a que 7^ de toute la population qui soit immédiatement

occupé de l'exploitation des richesses métalliques.

En général, la mortalité parmi les mineurs du Mexique n'est pas beaucoup plus grande que celle que l'on observe parmi les autres classes du peuple. Baron de Humboldt, Essai polit, sur la Nom. Esp., t.l,pag. 360-361.

L'inspection de la fameuse mine Valenciana et de toutes celles qui sont répandues dans le Mexique dément l'assertion des historiens qui ont prétendu que la mort règne dans toutes les carrières de l'Amérique.

Si les mines du Pérou et de la Nouvelle-Grenade, dit Bulloch, sont situées dans des lieux malsains, etc. , rien de semblable n'arrive au Mexique.... Là le mineur, à une élévation de six à sept mille pieds audessus de l'Océan , jouit des douceurs d'un climat tempéré ; une végétation toujours vigoureuse et fraîche environne l'ouverture de la mine ; l'ouvrier trouve près du lieu de son travail une nourriture abondante et saine ; sa santé n'est jamais altérée, et sa force égale celle de tous les autres habitants du plateau du Mexique.

Les poétiques descriptions de Raynal , de Paw et de Robertson ont créé à cet égard une opinion tellement générale, que nous avons cru bien mériter du lecteur en le rassurant sur le sort des mineurs du Mexique. (D. L. R.)

Note xxii, page [\i.

Comme un travail de cette espèce ne peut être prescrit avec une exactitude précise, la tâche qu'on

impose aux Indiens paraît être en général fort arbitraire ; et de même que le service exigé par les seigneurs féodaux de leurs vassaux , in vineâ, vrato aut messe , elle est extrêmement incommode et souvent gratuitement tyrannique : Pegna Itiner. par Parochos de Indios. Voyez la note précédente.

Note xxiii, page t\5.

L'espèce de service connu au Pérou sous le nom de Mita est appelé Tanda dans la Nouvelle-Espagne , où il n'a lieu que pour une semaine de suite. Personne n'est obligé de servir à une plus grande distance que celle de vingt-quatre milles de son habitation. Cette règle est moins oppressive pour les Indiens que celle qui est établie au Pérou. Mémoire de Hern. Carillo Altamirano, Colbert, Collect. Voyez la note 21.

Note xxiv, page 45.

C'est des lois mêmes qu'on peut en déduire les plus fortes preuves. La multitude et la variété des règlements pour prévenir les abus est ce qui peut nous donner une idée de leur nombre. Quoique les lois aient sagement réglé qu'aucun Indien ne sera tenu de servir dans les mines à plus de trente milles de distance de son habitation, nous apprenons cependant, par un mémoire présenté au roi par D. Hernan Carillo Altamirano , que les Indiens du Pérou sont souvent obligés de travailler aux mines à cent, cent cinquante , et jusqu'à deux cents lieues de leurs habitations. Collect. de Colbert. Plusieurs mines sont situées dans des

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