‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 159 sur 175 · PIASTRES · texte numérisé non relu

PIASTRES

Or

i,348,5oo,ooo

des colonies portug.

Id. espagnoles .

855,5oo,ooo 493,000,000

4,358,2oo,ooo

(1) La piastre est évaluée par M. de Humboldt à 5 f. 25 c. Essai politique sur la Nouv.-Esp.,l. I, p. 44 1 de la deuxième édit. in-8.

D'après cette évaluation , qui n'est qu'approximative , la masse d'argent qu'ont fourni les Cordillères de l'Amérique depuis trois siècles , est d'un poids de 1 17,864,210 kilogrammes. Elle formerait une sphère solide d'un diamètre de 27,8 mètres ou de 85 ^§ pieds de Paris.

Suivant sir John Byerley , Introduction au Mexique en 1823, par Bulloch ; le Mexique exporte annuellement pour une valeur de 5,300,000 de francs en or, et pour 1 13, 000, 000 de francs en argent monnayé ou en lingots. Dans les années qui ont ouvert le dix-neuvième siècle, d'après des calculs officiels, le produit moyen des mines a été de 22,170,000 de piastres, et en ajoutant la taxe perçue par l'Espagne , de 25,000,000 de piastres.

Les plus abondantes des trois mille mines exploitées dans le Mexique , sont situées dans les provinces de Guanaxuato, Zacatecas et Gatorce. Dans la première de ces provinces, la fameuse mine Valenciana rapportait , avant la révolution , à son propriétaire , environ 2,750,000 francs par an. ( D. L. R. )

Note xxxv, page 68.

Lorsqu'on découvrit les mines de Potosi, en 1545 , les filons étaient si près de la surface qu'on en tirait facilement le minerai , et si riches qu'on l'affinait sans beaucoup de peine et à peu de frais , principalement par l'action du feu. Cette méthode d'affiner par la simple fusion continua jusqu'à l'année 1574, où l'on découvrit l'usage du mercure pour affiner l'argent

ET ÉCLAIRCISSEMENTS. 35g

aussi bien que l'or. Gomme on exploite ces mines depuis deux siècles sans interruption , les filons se trouvent aujourd'hui à une telle profondeur, que les dépenses pour en tirer le minerai sont devenues beaucoup plus considérables. D'ailleurs, ce qui arrive dans la plupart des autres mines, en opposition avec la richesse des filons a diminué à mesure qu'on a fouillé plus profondément , et même à un tel point qu'on est étonné de ce que les Espagnols persistent à les exploiter. On a découvert successivement d'autres riches mines ; mais en générai la valeur du minerai a diminué considérablement ; tandis que la dépense de l'extraction a augmenté ; de sorte que la cour d'Espagne a réduit , en 1736 , le droit du quint pour le roi à un dixième.

Tout le vif-argent dont on se sert dans le Pérou est tiré de la fameuse mine de Guancavelica, découverte en 1563i. La couronne s'est réservé la propriété de cette mine, et les personnes qui achetaient ce vif-argent en payaient non-seulement la valeur, mais encore un quint comme un droit dû au roi. Mais en 1 67 1 on abolit ce droit sur le vif-argent , à cause de

(i) En i566, un Portugais, nommé Henrique Garces , vit dans les mains d'un Indien une pierre rouge que ce peuple appelait llimpi , et dont il se servait pour se peindre le visage avant de partir pour la guerre. C'est ce qui conduisit à la découverte des mines de vif-argent de Guancavelica. Art. de vèrif. les dates, t. X, pag. 421 , Amérique, rédigée par M. Warden. M. de Humboldt, Essai polit, sur la Nouv. Esp., t. IV, pag. 42 1 , dit qu'on attribue généralement la découverte de cette mine à l'Indien Gonzalez aben Copa ou Navin Copa.

36o NOTES

l'augmentation de la dépense qu'exige aujourd'hui l'exploitation des mines. Ulloa , Enlretenimienlos , 12-15, Voyage, A, pag. 505-523. Les lecteurs qui désireront apprendre la manière dont les Espagnols procèdent dans la fouille de leurs mines et l'affinage du minerai, en trouveront une description exacte dans Acosla, lib. YV,cap. 1-13. Ils trouveront aussi des détails sur les améliorations récentes des Espagnols dans l'art métallurgique , dans Gamboa, Commentar. Ordenanza de minas cap. 22.

En conséquence de l'abolition du quint, et de quelques diminutions faites postérieurement sur le prix du vif-argent , opérations que l'augmentation toujours croissante des dépendes pour la fouille des mines avait rendues nécessaires , le vif-argent qui se vendait autrefois quatre-vingt pesos le quintal , se donne aujourd'hui par le roi à soixante pesos. Gampomanes, Educ. popul., II, pag. 132, Noie. Le droit sur l'or est réduit à un vingtième ou cinq pour cent.

Note xxxvi, page 69.

« Jusqu'ici aucune espèce de quinquina (cinchona), pas même du groupe qui a les étamines plus longues que la corolle, et qui forme le genre exostema, n'a été reconnue dans la partie équinoxiale de la Nouvelle- Espagne. 11 est probable cependant que cette découverte précieuse sera faite un jour sur la pente des Cordillères, où abondent les fougères en arbre, et où commence la région des véritables quinquina fébrifuges à étamines très courtes , et à corolles velues : »

Essai polit, sur la Nouv. Esp., £.11, pag. 371. Deuxième édition.

On peut consulter pour plus de détails la Géographie des plantes, p. 61-66, et un mémoire de M. le baron de Humboldt, publié en allemand, et contenant des observations physiques sur les diverses espèces de cinchonaqui croissent dans les deux continents [Mêm, de la Société d Histoire naturelle de Berlin, 1 807 , nos 1 et 2); ce mémoire a été traduit et enrichi de notes très instructives par M. Lambert. Voy. Illustration of the genus cinchoa, 1821 , pag. 2-59 , et Humboldt, Relationhistoriq. , t.\ , pag. 367. (D. L. R.)

Note xxxvn, page 72.

Il y a plusieurs preuves frappantes de l'état florissant où l'industrie était en Espagne au commencement du seizième siècle. L'Espagne possédait un nombre considérable de villes , qui toutes étaient peuplées fort au-delà de la proportion commune des autres parties de l'Europe : j'en ai expliqué la cause dans l'Histoire de Charles-Quint , t. I , pag. 213 , de la traduct. in-S°. Partout où les villes sont peuplées, l'espèce d'industrie qui leur est particulière y augmente , et les ouvriers et fabricants y abondent. L'impulsion que le commerce de l'Amérique donne à leur activité peut être clairement prouvée par un seul fait. En 1545 , tandis que l'Espagne continuait à fournir ses colonies, avec sa propre industrie , on commanda aux manufactures une si grande quantité de travail qu on ne crut pas qu'elles pussent Tache-

ver en moins de dix ans. Campomanes,/>tf£\ 406. Une demande si considérable doit avoir donné un grand mouvement à l'industrie et avoir fait faire des efforts considérables. Nous apprenons qu'au commencement du règne de Philippe II , Séville seule , où le commerce avec l'Amérique était concentré , n'occupait pas moins de 16 mille métiers d'étoffes de soie et de laine, et que plus de cent trente mille ouvriers y travaillaient à ces manufactures. Campomanes,lI,jP. 472. Mais l'influence des causes que je détaillerai plus bas fut si rapide qu'avant la fin du règne de Philippe III , le nombre des métiers de Séville était réduit à quatre cents. Ustariz, cap. 7.

Depuis la publication de la première édition de cette histoire, j'ai eu la satisfaction de voir mes idées sur les relations commerciales de l'Espagne avec ses colonies, confirmées et éclaircies par D. Bernardo Ward, membre de la junte de commerce de Madrid, dans son Projecto economico, part. II, y. 1. « Sous les règnes de Charles V et de Philippe II , dit cet écrivain , les manufactures d'Espagne et celles des Pays-Bas sujets à sa nomination , étaient dans l'état le plus florissant, tandis que les manufactures de France et d'Angleterre étaient encore dans l'enfance. La république des Provinces-Unies n'existait pas encore. L'Espagne était la seule des puissances de l'Europe qui possédât dans le Nouveau-Monde des colonies de quelque importance ; elle pouvait alimenter les établissements qu'elle y avait formés avec les productions de son propre sol, avec les produits manufacturés par les mains de ses propres artisans, et tout ce qu'elle recc-

vait en retour de ses envois appartenait à elle seule. L'exclusion des produits des manufactures étrangères était alors convenable , parce qu'elle pouvait rendre cette exclusion efficace. L'Espagne pouvait, à cette époque, imposer des droits considérables sur les marchandises exportées en Amérique ou qui en étaient importées , et elle avait là faculté de mettre toutes les restrictions qu'elle jugeait convenables à un commerce qui était tout entier dans ses mains. Mais lorsque le temps et des révolutions successives eurent modifié cet état de choses , lorsque les manufactures d'Espagne eurent commencé à décliner, les maximes qu'elle avait adoptées dans l'origine et les règles qu'elle avait d'abord suivies auraient dû être appropriées à son changement de situation. Ce qui était sage à une époque est devenu absurde à une autre.»

Note xxxvm, page 8a.

Jamais on n'ouvre aucune balle de marchandises , et jamais on n'examine aucune caisse d'argent ; on reçoit les unes et les autres sur la déclaration verbale des personnes à qui ces effets appartiennent , et on ne trouve qu'un seul exemple de fraude pendant un long période que ce commerce s'est fait avec cette noble confiance. Tout l'argent monnoyé , porté du Pérou à Porto-Bello en 1654, se trouva altéré et mêlé d'une cinquième partie de mauvais métal. Les négociants Espagnols, avec leur intégrité ordinaire, supportèrent la perte entière , et indemnisèrent les étrangers qui les employaient, On dé couvrit la fraude ,

et le trésorier des finances du Pérou , qui en était l'auteur, fut brûlé publiquement : B. Ulloa, Rétablis, desmanufact. , etc. I. 2 >pag. 102.

Note xxxix, page 86.

On trouve plusieurs preuves remarquables de la rareté de l'argent en Espagne. De toutes les sommes immenses qu'on y a importées de l'Amérique , objet dont nous aurons occasion de parler dans la suite , Moncada assure qu'en 1619 il ne restait pas en Espagne au-delà de deux cents millions de pesos, la moitié en argent monnayé, le reste en vaisselle et en bijoux : Restaur. de Espana, dise. 8, cap. 1. Ustariz qui publia son excellent ouvrage en 1724 , prétend qu'il ne restait pas alors pour cent millions de monnaie , de vaisselle, et de bijoux : Théor. , etc., chap. %. Gampomanes , d'après une remontrance de l'université de Tolède à Philippe III , fait observer comme une preuve certaine de la rareté de l'argent , que les personnes qui prêtaient de l'argent recevaient pour intérêt un tiers de la somme qu'ils avançaient. Educ. popul. I , pag. ,417.

Note xl, page 90.

Ce récit de la manière dont les facteurs de la compagnie de la mer du sud faisaient leur commerce à la foire de Porto-Bello , qui leur fut ouverte par l'Assiento, a été tiré de don Dion. Alcedo y Herrera , président de la cour d'audience de Quito et gouverneur de la province ; c'était un homme si rcs-

pec table par sa probité et par son discernement, que son témoignage mérite une pleine et entière confiance sur tous les points; mais il a encore plus de poids relativement au sujet qui nous occupe , parce qu'il a été témoin oculaire des faits qu'il rapporte , et qu'il fut souvent employé à découvrir et à constater les fraudes dont il parle. Il est cependant probable que comme sa représentation a été rédigée au commencement de la guerre qui se déclara entre la Grande-Bretagne et l'Espagne en 1739 , elle est peutêtre exagérée en quelques points. Le détail qu'il donne des faits est curieux, et se trouve même en quelque sorte confirmé par des auteurs anglais , qui conviennent qu'il se commettait beaucoup de fraudes dans l'expédition du vaisseau annuel, et que le commerce de contrebande de la Jamaïque et des autres colonies anglaises était devenu très considérable. Mais on peut observer à l'honneur de la nation anglaise, que ces opératious frauduleuses ne doivent pas être regardées comme des faits de la compagnie , mais comme une pratique déshonorante de ses facteurs et de ses agents. La compagnie elle-mêm,; souffrit une perte considérable par le commerce de l'Assiento , tandis que plusieurs de ses employés firent une fortune immense. Anderson, Chron. deduct. \\,pag. 388.

Note xli, page 92.

Charles V avait accordé aux Flamands le contrat d' ' Assienlo, c'est-à-dire, le privilège exclusif de fournir aux colonies espagnoles de l' Amérique une certaine

quantité de nègres de l'Afrique , à des conditions avantageuses; les Espagnols le reprirent en 1532. Philippe II le donna , en 1580 , aux Génois ; il passa de là entre les mains d'une compagnie qui y gagna prodigieusement. A son avènement au trône d'Espagne, Philippe V, désirant favoriser les Français, concéda ce commerce pendant douze ans à la compagnie française de Guinée , par le traité du 27 août

Cette faveur avait excité la jalousie des Anglais, et par le traité des préliminaires de Londres, signé entre la France et l'Angleterre, le 8 octobre 1711 , il fut convenu que les Anglais auraient le contrat d'Assiento sur le même pied que les Français l'avaient eu. Enfin , par l'article 12 de la paix d'Utreeht ( 13 juillet 1713), le roi d'Espagne accorda à la Grande- Bretagne et à la compagnie anglaise de la traite des nègres, à l'exclusion tant des sujets espagnols que de tous autres, le droit d'introduire des nègres dans les différentes parties de l'Amérique espagnole , vulgairement appelé el Pacto de el Assiento de negros , pour en jouir pendant trente ans, à dater du 1er mai 1713 , sous les mêmes conditions que les Français en avaient joui ou pu jouir.

La compagnie eut en outre la permission d'exporter des marchandises ou des métaux pour la valeur des nègres qu'elle vendait dans les colonies, et il lui fut abandonné un district commode sur le fleuve de la Plata , pour y déposer ses nègres, jusqu'à ce qu'ils fussent vendus, et pour y mettre à l'abri ses bâtiments,

Le nombre de nègres à importer annuellement fut fixé à 4,800, et les droits d'entrée à 33 un tiers pièces de huit, ou 100 livres tournois par tête.

Pendant les vingt-cinq premières années, les Assientistes obtinrent la faculté de transporter dans les colonies espagnoles tel nombre de nègres au-delà des 4,800 qu'ils jugeraient à propos, en ne payant pour l'excédant que la moitié des droits.

Un quart dans les bénéfices de ce trafic fut réservé à chacun des rois d'Espagne et d'Angleterre , et plusieurs autres avantages furent stipulés en faveur de la compagnie , qui obtint en outre , par un article additionnel , la faculté d'envoyer chaque année un vaisseau de 500 tonneaux , pour négocier aux Indes , en réservant au roi non-seulement son quart du bénéfice , mais aussi cinq pour cent sur les trois autres quarts.

Ainsi que le dit Robertson, les Anglais abusèrent de cette permission pour s'emparer d'une grande partie du commerce du pays. L'avidité des négociants anglais, d'un coté, et la jalousie des Espagnols de l'autre , ne tardèrent pas à allumer la guerre entre leurs "gouvernements. Des violences furent exercées , tant par les armateurs anglais quepar les gardes-côtes que l'Espagne avait établis pour s'opposer à la contrebande.

Il serait trop long d'entrer dans des détails sur les négociations et les traités qui furent faits à ce sujet ? jusqu'à la rupture de 1740 , qui suspendit tous les privilèges des Anglais , et postérieurement. Nous nous

bornerons à dire que, par l'article 1er du traité signé à Madrid, le 5 octobre 1750, la Grande-Bretagne céda à l'Espagne son droit à la jouissance de l'Assiento des nègres et du vaisseau annuel , pendant les quatre années stipulées par l'article 1 6 du traité d'Aixla-Chapelle , moyennant une somme de 100,000 liv. sterling, que l'Espagne promit de payer à la compagnie anglaise qui exerçait ce commerce.

Les Espagnols cherchèrent depuis à pourvoir euxmêmes leur colonies de nègres , et ce fut dans cette vue, et pour faciliter ce commerce , que la cour d'Espagne se fit céder en 1778 par le Portugal , les îles d' Annobon et de Fernando-Po, sur la cote deGuinée, en Afrique. (D. L. R. )

Note xLit, page 97.

Il y a plusieurs faits curieux concernant l'institution , les progrès et l'influence de cette compagnie , qui sont peu connus des lecteurs anglais. Quoique la province de Venezuela ou Garaccas occupe une étendue de quatre cents milles le long de la cote et qu'elle soit une des plus fertiles de l'Amérique , elle fut si négligée par les Espagnols, que, pendant les vingt années qui précédèrent l'établissement de la compagnie , il ne partit que cinq vaisseaux d'Espagne pour cette province; et depuis 1706 jusqu'à 1722 , c'est-àdire , pendant seize ans, il n'arriva pas un seul vaisseau de Caraccas en Espagne Noticiasde la Realcompagnia de Caraceas, pag. 28. Pendant tout ce temps l'Espagne a dû être obligée d'acheter de l'étranger la

ET ÉCLAIRCISSEMENTS. 36g

grande quantité de cacao qu'elle consomme. Avant rétablissement de la compagnie , Caraccas n'envoyait en Espagne ni tabac ni cuirs. Idem,pag. 1 17. Mais depuis que la compagnie a commencé ses opérations, en 1 7 3 1 , l'importation du cacao en Espagne a augmenté d'une manière incroyable. Pendant les trente années qui ont suivi 1701, le nombre des fanègues de cacao (de cent dix livres chacune) qu'on a importées de Caraccas montaient à six cents quarante-trois mille deux cent quinze , tandis qu'il en est entré , pendant les dix-huit années qui ont suivi 1731, huit cent soixante-neuf mille deux cent quarante-sept allègues; et si nous supposons que l'on continue d'en importer dans la même proportion pendant les douze fannées qui restent pour faire les trente , le nombre ira à un million quatre cent quarante -huit mille sept cent quarante-six fanègues ; ce qui fait une augmentation de huit cent cinq mille cinq cent trenteune fanègues. Idem, pag. 448. Pendant les huit années qui ont suivi 1756 , la compagnie a importé en Espagne quatre vingt-huit mille quatre cent quatrevingt-deux arohes (chacun de vingt-cinq livres) de tabac, et cent soixante-dix-sept mille trois cent cinquante-quatre cuirs. Idem ,161. Depuis la publication des Noticias de la compagnia en 1765, son commerce paraît avoir été en augmentant. Pendant les cinq années qui ont suivi 1769, elle a importé cent soixante-dix-neuf mille cinquante-six fanègues de cacao en Espagne , trente-six mille deux cent huit arobes de tabac, soixante-quinze mille quatre

d^O NOTES

cent quatre-vingt-seize cuirs , et deux cent vingtun mille quatre cent trente-deux pesos en espèces. Campomanes , Wypag. 162. Ce dernier article est une preuve de l'accroissement des richesses de la colonie. Elle reçoit de l'argent du Mexique en retour du cacao qu'elle fournit à cette province, et cet argent est envoyé en Espagne ou employé à acheter des marchandises d'Europe. Outre cela , on a la preuve la plus évidente que cette province donne le double du cacao qu'elle produisait en 1731. La quantité des bestiaux y est plus que triplée, et le nombre des habitants a considérablement augmenté. Les revenus del'évêque , qui ne consistent qu'en dîmes, sont augmentés de huit jusqu'à vingt mille pesos. Noticias, p. 69. L'augmentation de la quantité de cacao importé en Espagne en a fait baisser le prix de quatre-vingts à quaante pesos la fanègue. Idem, pag. 61. Depuis la publication de la première édition de cet ouvrage, j'ai appris que la Guyane comprenant toutes les provinces considérables situées sur les rives del'Orénoque, les îles de la Trinité 'et de la Marguerite, ont été ajoutées aux pays avec lesquels la compagnie de Caraccas avait la liberté de commercer par sa première charte. Rêalcédula du 19 novembre 1776. Mais j'ai appris également que l'établissement de cette compagnie n'a pas été suivi de tous les effets avantageux

(i) Les Anglais s'emparèrent le 18 février 1797 de l'île de la Trinité , et cette importante possession, qui était à cette époque l'entrepôt et la clef du commerce de l'Amérique méridionale , leur fut définitivement cédée par le traité d'Amiens. (27 mars 1802.) (D. L. R.)

ET ÉCLAJRCISSIfMENTS. ^<J \

que je lui avais attribués. Plusieurs de ses opérations portent l'empreinte de l'esprit illibéral et oppressif de monopole. Pour expliquer ceci , il faudrait entrer dans des détails trop minutieux , qui sortiraient du cadre de cet ouvrage.

Note xliii, page io4-

Cet essai qu'a fait l'Espagne d'ouvrir un commerce libre avec quelques-unes de ses colonies a produit des effets si remarquables, que cet objet mérite quelques éclaircissements. Les villes auxquelles on a accordé cette liberté sont, pour la province d'Andalousie, Cadix et Séville ; pour celles de Valence et de Murcie , Alicante et Carthagène ; Barcelone pour la Catalogne et l' Aragon ; Santander pour la Castille ; la Corogne pour la Galice , et Gijon pour les Asturies. Append. II, a la Educ. popul. , pag. 41. Ce sont là les ports du principal commerce de leurs districts respectifs, ou ceux qui sont situés le plus commodément pour l'exportation de leurs productions respectives. Les faits suivants nous donneront une idée des progrès du commerce dans les établissements qui ont joui de ces nouveaux règlements. Avant la liberté du commerce , les droits qu'on percevait à la douane de la Havane allaient à cent quatre mille deux cent huit pesos par an. Pendant les cinq années qui ont précédé 1774, ils montèrent, année commune, à trois cent huit mille pesos. Dans le Yucatan les droits sont augmentés de huit mille pesos à quinze mille; à l'Espagnole (Saint-Domingue) de deux mille

372 JVOTES

cinq cents à cinq mille six cents ; à Porto-Rico de mille deux cents à sept mille six cents. En 1774, le total des marchandises importées de Cuba en Espagne fut évalué à un million cinq cent mille pesos. Educ. popul., I,pag. 450, etc.

Note xliv , page io5.

Don Joseph Galvez , dont parle Robertson , était né en octobre 1729 à Velez-Malaga. Les talents qu'il déploya dans la profession d'avocat, que son père avait aussi exercée , le firent connaître du marquis de Duras , ambassadeur de France à Madrid , et plus tard du marquis de Grimaldi, ministre de Charles III. 11 fut successivement membre du conseil des Indes ( 1764 ) , chargé d'une mission délicate au Mexique , où il resta, de 1771 à 1774, président du conseil des Indes (1774), ministre de ce département (1 775) et marquis de la Sonora , titre qu'il tient du vallon de ce nom, où il avait fondé une colonie. Il réunit les deux emplois de président et de ministre des Indes; et, quoique d'une complexion forte, il mourut par l'excès du travail auquel il se livrait, au mois de décembre 1786. (D. L. R. )

Note xlv, page 111.

On en trouve une preuve remarquable dans les deux traités de don Pedro Rodrigue Campomanes, fiscal du conseil royal suprême (charge à peu près égale en dignité et en pouvoir à celle de procureur-gé-

néral en Angleterre), et directeur de l'académie royale d'histoire ; l'un intitulé : Discurso sobre elfomento de la industriel popular; l'autre : Discurso sobre la educacion popular de los artesanos y sufomento ; le premier publié en 1774 , et le second en 1775. Presque tous les points de quelque importance touchant la police intérieure, les impôts , l'agriculture, les manufactures, le commerce domestique et étranger, sont discutés dans ces ouvrages : il y a peu d'auteurs , même parmi les nations les plus versées dans le commerce , qui aient poussé si loin leurs recherches , avec une connaissance aussi approfondie de ces différents objets , et avec un plus parfait mépris pour les préjugés nationaux et populaires, ou qui aient uni plus heureusement le calme des recherches philosophiques avec le zèle ardent d'un citoyen animé par l'amour du bien public. Ces deux ouvrages sontfort estimés des Espagnols; ce qui est une preuve évidente du progrès de leurs lumières , puisqu'ils sont en état de goûter un auteur qui s'exprime avec tant d'élévation et de liberté.

Note xlvi, page 1 16.

Le galion employé à ce commerce , au lieu de six cents tonneaux auxquels il est limité par la \oi(Recop , lib. XLV, /. 15 ), est ordinairement de douze cents à deux mille tonneaux de port. Le vaisseau d'Acapulco , pris par lord Anson , au lieu de cinq cent mille pezos que porte la loi , avait à bord un million trois cent treize mille huit cent quarante-trois pezos , iv. 24

sans compter l'argent non monnoyé, montant à quarante-trois mille six cent onze pezos de plus. Ânsons Voyage , pag. 384.

Note xlvii, page 119.

Le prix de la bulle^varie suivant le rang des personnes. Celles d'un ordre inférieur, telles que les domestiques ou les esclaves, paient deux réaux de Plate, ou environ vingt sous de France; d'autres Espagnols paient huit réaux, et ceux qui occupent des charges publiques ou qui possèdent des encomiendas , sont taxés à seize "réaux. Solorz. De jure Ind. vol. II, lib. III, c. 25. Suivant Ghilton , négociant anglais qui a résidé long-temps dans les établissements espagnols, la bulle de la Croisade se vendit plus cher en 1750, puisque le plus bas prix était alors de quatre réaux. Hakluyt, III, p. 461. Ce prix paraît avoir varié en différents temps. Le droitlevé pour la bulle par la dernière prédication se verra par la table suivante, qui donnera quelque idée du nombre proportionnel des différentes classes de citoyens dans la Nouvelle - Espagne et^ dans le Pérou.

On donna pour la Nouvelle-Espagne :

Bulles à 10 pezos par tête 4

à 2 pezos 22,G01

àlpezo 164,220

à 2 réaux 2,462,500

Pour le Pérou , à 1 6 pczos 4 J réaux . 3

à 3 pezos 3 réaux. . . 14,202

à 1 pezo 5 ~ réaux. . . 78,822

à 4 réaux 410,325

à 3 réaux 668,601

1,171,953 Note xlviii, page 119.

Robertson a raison en partie dans ce qu'il dit ici ; mais si nous considérons les circonstances et les événements, la politique de l'Espagne paraît très raisonnable; la distance où elle se trouvait de ses colonies , leur étendue et leur richesse , le petit nombre d'Espagnols établis en Amérique comparé à celui des naturels , qui supportaient impatiemment le joug appesanti sur eux, tout cela n'était que trop propre à enflammer et à favoriser la cupidité de certaines nations de l'Europe , surtout des Anglais.

Presque tous les voyageurs des autres nations qui ont trouvé le moyen de pénétrer dans les colonies espagnoles , ont procuré à l'Europe des renseignemens qui ont produit quelquefois des effets funestes à la métropole. La relation de Gage, par exemple, fournit des lumières sur les richesses des possessions espagnoles et sur leur état de faiblesse , et c'est en la lisant que les Anglais conçurent l'idée de tenter contre ces pays des expéditions qui leur promettaient un succès facile. Cette relation les détermina à attaquer la Vera-Cruz et la Havane, et fut en définitive la cause première de la perte de la Jamaïque en 1654.

3^6 NOTIiS

En 1695 , M. de Gennes, commandant une escadre française , reçut la mission de se rendre sur les cotes du Pérou pour faire soulever les naturels contre les Espagnols.

Qui ne connaît pas les déprédations atroces des flibustiers contre les colonies espagnoles, déprédations auxquelles on pourrait peut-être comparer les expéditions de Drake, faites à une époque où l'Angleterre n'était pas en guerre ouverte avec l'Espagne?

Les Portugais ne laissaient pas pénétrer davantage les étrangers dans leurs colonies , et les Hollandais n'étaient pas moins jaloux de leurs possessions en Asie.

Quant au silence mystérieux que les Espagnols auraient observé sur l'état intérieur de leurs colonies, ne pourrait-on pas le justifier, en disant que ce silence leur était commun avec les autres nations de l'Europe qui possédaient des colonies; mais le reproche que leur fait à ce sujet Robertson est-il bien fondé? 11 paraît permis d'en douter, quand on considère la quantité vraiment étonnante d'histoires, de relations, de voyages, etc., que les Espagnols ont publiés, surtout pendant le seizième et le dix-septième siècles, et même dans le siècle dernier. Le Théâtre mexicain du pèreVilla-Senor, Mexico, 1746, 2 vol. in-f°, le voyage deD. Antonio delllloa, etc., dans lequel il décrit minutieusement toutes les possessions espagnoles dans l'Amérique méridionale, prouvent le contraire de ce que Robertson a avancé. D'ailleurs n'est-ce pas dans des ouvrages espagnols que Robertson a puisé

presque tout ce qu'il dit sur les colonies espagnoles?

Quant au silence que l'Espagne gardait sur les revenus qu'elle tirait de ses colonies , nous nous bornerons à faire observer qu'il en était de même de tous les autres gouvernements de l'Europe , non-seulement sur leurs propres colonies, mais encore sur leurs propres états européens , l'Angleterre exceptée.

Si les ouvrages publiés par les Espagnols ne sont ni plus exacts , ni plus précis , faut-il en accuser exclusivement une politique soupçonneuse et timide? Cela est plus que douteux , si l'on a égard à l'état extrême d'imperfection où se trouvaient alors, chez toutes les nations de l'Europe, les sciences morales et politiques, qui aujourd'hui y jettent un si grand éclat.

Connaît-on bien, même aujourd'hui, l'état des revenus, et des dettes de la compagnie anglaise des Indes orientales, qui gouverne despotiquement un pays d'une étendue si prodigieuse ? (D. L. R. )

Note xlix, page 1 19.

Villa -Senor, à qui nous devons la connaissance de ce fait , mérite la plus grande confiance sur ce point, parce qu'il était receveur-général d'un des plus considérables départements des revenus du roi, et qu'il était par conséquent à portée d'être bien informé. Jusqu'à présent on n'a pas donné en anglais de détail aussi exact des revenus de l'Espagne dans aucune partie de l'Amérique ; et les particularités en pourront paraître intéressantes et curieuses à quelques lecteurs.

De la bulle de la Croisade, publiée tous

les deux ans , il provient un revenu annuel pezos.

de 150,000

Du droit sur l'argent 700,000

Du droit sur l'or 60,000

De la taxe sur les cartes . 70,000

De la taxe sur le pulque, boisson dont les

Indiens font usage 161,000

De la taxe sur le papier timbré .... 41,000

De la taxe sur la glace 15,522

De la taxe sur le cuir 2,500

De la taxe sur la poudre à canon . . . 7 1,550

De la taxe sur le sel . . . . 32,000

De la taxe sur le cuivre de Mechoacan . 1 ,000

De la taxe sur T alun 6,500

De la taxe sur \ejuego de los Gallos . . 21,100

Delà moitié des annates ecclésiastiques . 49,000

Du neuvième du roi sur les évêchés, etc. 68,800

Du tribut des Indiens 650,000

De Yalcavala, ou du droit sur la vente des

effets 721,875

De Yalmajorifasgo (douane). . . » . . 373,333

De la monnaie 357,500

Total 3,552,680

Cette somme revient à environ 18,431,122 liv. tournois ; et si nous ajoutons ce qui provient de la vente de cinq mille quintaux de vif-argent importé des mines d' Almaden , * pour le compte du roi , et ce

(1) Almaden est un bourg d'Espagne, dans la province de l'a Manche , célèbre par sa mine de mercure , la plus ancienne qu'on connaisse , dit Guillaume Bowles. Dicc. geog. del Dr Minano. (D. L. R. )

qui revient de Xaveria et de quelques autres taxes, dont Villa -Senor n'a pas parlé, on peut évaluer le tout à près de vingt- trois millions. Théâtr. Mex. vol. /, pag. 38. Suivant Villa-Senor, le produit total des mines du Mexique monte , année commune , à 8 millions de pezos en argent , et à cinq mille neuf cent douze marcs d'or. Ibid. pag. 44. On a parlé dans le cours de cette histoire de plusieurs branches du revenu; quelques-unes de celles dont on n'a pas eu occasion de faire mention demandent un détail particulier. Le droit des dîmes dans le Nouveau-Monde a été accordé à la couronne d'Espagne par une bulle d'Alexandre Yï. Charles-Quint en régla la répartition de la manière suivante. Un quart est accordé à l'évêque du diocèse , un autre quart au doyen , au chapitre et aux autres officiers de la cathédrale. La moitié qui reste est divisée en neuf parties égales , dont deux , sous la dénomination de Los dos Novenos reaies y sont payées à la couronne et font une branche du revenu du roi. Les sept autres parties sont destinées au maintien du clergé de la paroisse , à la construction et à l'entretien des églises et autres usages pieux. Recop. lib. I ,tit. 16, /. 23, etc. Avendano, Thesaur. indic. vol. I , pag. 184.

Valcavala est un droit levé en forme d'accise sur la vente des effets. En Espagne il monte à dix pour cent, et en Amérique à quatre pour cent. Solorzano, Polit. Indiana, lib. VI , cap. 8. Avendano , vol. I } pag. 186.

Valmajorifasgo, ou le droit qu'on paie en Amé-

38o NOTES

rique sur les marchandises importées ou exportées , peut monter , année commune , à quinze pour cent. Recop. lib. VIII, lit. 14. ley. 1. Avendano, vol. I, pag. 188.

Uaveria , ou la taxe payée pour le convoi des vaisseaux qui se rendent en Amérique ou qui en partent, fut imposée pour la première fois lorsque le chevalier François Drake remplit le Nouveau-Monde de terreur par son expédition dans la mer du Sud. Elle monte à deux pour cent sur la valeur des marchandises. Avendano, vol. I, pag. 189. Recop. lib. IX, fit. 9,%. 43-44.

Je n'ai pu me procurer un détail exact des différentes branches de revenus dans le Pérou, postérieur à 1614. Suivant un manuscrit curieux concernant l'état de cette vice-royauté dans tous ses départemens, présenté au marquis de Montes Claros , par François Lopez Caravantes , receveur-général du tribunal de Lima , il paraît que le revenu public , autant que je puis estimer la valeur de l'argent dont Caravantes s'est servi pour arrêter ses comp- Ducats. tes, montait à 2,372,768

Dépenses du gouvernement 1,242,992

Revenunet. . . 1,129,776

Le total en livres tournois 13,124,317

Dépenses du gouvernement 6,875,280

Revenunet. . . 6,249,037

Mais il paraît qu'on a omis plusieurs articles dans ce compte , tels que les droits sur le papier timbré , sur les cuirs, sur les annates, etc. de sorte qu'on peut regarder le revenu du Pérou comme égal à celui du Mexique.

En faisant le calcul des dépenses du gouvernement de la Nouvelle -Espagne , je puis prendre pour modèle celui du Pérou , où la charge annuelle de l'administration excède la moitié du revenu ; il n'y a pas lieu de croire qu'elle soit moins considérable dans la Nouvelle-Espagne.

Je me suis procuré un état du revenu total que l'Espagne tire de l'Amérique et des îles Philippines, qui est de plus fraîche date qu'aucun des autres états, comme le lecteur le verra par les deux derniers articles.

Alcavalas (accise) et aduanas ( droit de

douane), etc 2,500,000

Droit sur l'or et l'argent 3,000,000

Bulle de la Croisade 1,000,000

Tribut des Indiens 2,000,000

La vente du vif-argent 300,000

Papier exporté pour le compte du roi et vendu dans les magasins royaux. . . . 300,000 Papier timbré, tabacs et autres petits

droits 1,000,000

Droit de monnoyage,à raison d'un réal de plate pour chaque marc 300,000

Report. . . 10,400,000 Du commerce d'Acapulco, et du cabotage de province en province 500,000

La traite des Nègres 200,000

Du commerce du mathê , ou h-erbe du Paraguay, dont les jésuites avaient autrefois^ lej monopole 500,000

Des autres revenus appartenant autrefois à cette société 400,000

Total. . . 12,000,000

Total en livres tournois 60,750,000

Déduction faite de la moitié pour les dépenses de l'administration, il reste en revenu libre et net 30,375,000

Note l, page 120.

Un auteur qui a long-temps suivi les spéculations du commerce a calculé que les seules mines de la Nouvelle-Espagne rapportent tous les ans au roi pour son quint environ quarante-cinq millions de livres tournois. \Harris, Collect. qf voyages , vol. II, pag. 164. Suivant ce calcul, le produit total des mines doit être d'environ deux cent vingt-cinq millions tournois, somme si exorbitante et si peu conforme aux différents détails qu'on a de l'importation annuelle de l'Amérique , que les rapports sur lesquels ce calcul est fondé doivent être évidemment erronés. Suivant Campomanes , on peut évaluer le produit total des mines de l'Amérique à trente millions de pezos , qui, à quatre shillings et demi, feraient 7,425,000 liv. st. dont le quint du roi , s'il était exactement payé , fe-

rait 1,485,000 liv. sterl. Mais il faut déduire de cette somme les dépenses de l'administration , qui sont très considérables , comme il le paraît par la note précédente. Educ. popul. vol. II , pag. 131 , note .

Note li, page 120.

Suivant M. de Humboldt, Essai pol. sur la Nou.~ Esp.,t. V,pag. 3, le revenu de la Nouvelle-Espagne peut être évalué à vingt millions de piastres , dont six millions sont envoyés en Europe , au trésor du roi.

Le même écrivain compare ensuite le produit des différentes branches d'impôts indiquées dans l'ouvrage statistique de Villa-Senor , publié à Mexico en 1746, avec le produit des mêmes impôts en 1 803 , dans un tableau que nous croyons utile de donner ici.

Tableau comparatif du revenu de la Nouvelle- Espagne :

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