‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 52 sur 175 · LIVRE HUITIÈME. I · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME. I

vinces dont ils sont chargés , les heureux effets de cette nouvelle combinaison doivent être très sensibles. Plusieurs districts de l'Amérique , faibles et languissants , comme le sont ordinairement les provinces placées aux extrémités d'un empire trop vaste, reprendront de la vigueur et de l'activité dès qu'ils seront à la portée du pouvoir , et en état de se ressentir de son influence encourageante.

Tels ont été les progrès des règlements de la Tentatives

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maison de Bourbon , depuis qu elle est parvenue au mer i'a<imi

troue d'Espagne. C'est ainsi que ses vues se sont nistration inprogressivement étendues relativement au commerce et au gouvernement des colonies américaines. Son attention ne s'est pas bornée aux parties les plus éloiguées de son empire ; elle n'a pas négligé ce qui était encore plus important, la réforme des erreurs et des vices de l'administration intérieure en Europe. Instruite des causes auxquelles on devait attribuer la décadence de l'ancienne prospérité de l'Espagne , elle s'est particulièrement appliquée à ranimer l'esprit d'industrie parmi ses sujets, à mettre les manufactures en état, soit par leur étendue, soit par leur perfection, de subvenir de leur propre fonds aux besoins de l'Amérique, afin d'exclure les étrangers d'un commerce dont ils s'étaient rendus maîtres au préjudice du royaume. Elle s'est efforcée de parvenir à ce but par différents édils publiés depuis la paix d'Utrecht. Elle a accordé des

primes pour l'encouragement de quelques branches d'industrie; elle a diminué les droits sur d'autres; elle a prohibé ou chargé d'impôts les articles des manufactures étrangères qui pouvaient entrer en concurrence avec celles de ses sujets; elle a institué des sociétés pour la perfection du commerce et de l'agriculture; elle a répandu des colonies de cultivateurs sur quelques parties de l'Espagne en friche , et divisé entre eux de vastes portions de terre; en un mot, elle a eu recours à tous les moyens que peuvent suggérer d'un côté la prudence et la sagesse , et de l'autre la jalousie , pour ranimer l'industrie dans ses états , et mettre obstacle à celle des autres nations. Il n'est pas de mon ressort d'entrer dans les détails de ce nouveau plan, ni d'en discuter les avantages et les inconvénients. C'est l'effort le plus difficile de la législation, c'est l'entreprise la plus douteuse de la politique, que de tenter de ranimer l'esprit d'industrie lorsqu'il est déchu, ou de l'introduire lorsqu'il n'existe pas. Les nations déjà en possession d'un commerce étendu entrent en concurrence avec tant d'avantage , soit par les grands capitaux de leurs négociants, soit par l'adresse de leurs manufacturiers, soit enfin par l'habileté que leur donne l'habitude des affaires, que l'état qui tend à la rivalité ou à la supériorité doit s'attendre à beaucoup de difficultés et se résoudre à des progrès très lents. Si l'on compare les pro-

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