HOTM
des plantes, quMls ne se procurent qu'avec beaucoup'de peine, en errant de tous côtés pour les chercher. Ils tuent quelquefois un peu de gibier ou prennent du poisson, mais en si petite qus^tité, ^ue la fiûm les oblige à manger des araignées, des œufs de fourmi, dès vers, des lézards, des serpents, et une espèce de terre onctueuse ; je suis même persuadé que s^il se trouvait dans ce pays quelques pierres, ils les avaleraient. Us gardent les arêtes de poisspn et de serpent qu'Us réduisent en poudre pour les manger. La seule saison pendant laquelle ils ne souffrent point de la famine est celle où mûrit un- certain Omit qu'ils nomment tunaSj et une espèce de poire priekly appelée par eux opuntia, d'une couleur .jaune, ayant un goût insipide. Ils sont quelquefois ol^ligés de voyager fort loin du lieu de leur résidence habituelle pour s'en procurer. » Naufhigios, cap. 18, pa^. 20, ai, 22. C de Vaca r.emarque dans un autre endroit qu'ils sont souvent réduits à passerdeux ou trois jours sans manger. Gap. 24, pag. 27.
Note LXXVIII, page 283.
M. Feipnin a donné une description exacte des deux espèces de manioc, avec des détails sur la manière de les cultiver, et il y a joint quelques expériences qu'il a faites pour se convaincre des qualités vénéneuses du suc extrait de l'espèce qu'il appelle cassave amère^ ceanne parmi les Espagnols sous le nom de yucchhrava. Descript. de Sorinam, t. I, p. 66.
Note LXXIX, page 285.
On trouve le bananier en Asie et en Afrique aussi bien qu'en Amérique. Oviedo prétend que ce n'est point une plante indigène du Nouveau-Monde, mais qu'elle a été portée à l'Espagnole eri 1616 par le P. TKomas de Berlanga, qui Tavait prise aux îles Canaries où les boutures originaires en avaient été apportées des Indes-Orientales. Oviedo, lib. VIII, cap. 1 . Cependant l'opinion d'Acosta et d'autres natunOistes, qui le regardent comme une plantç de l'Amérique, paraît mieux fondée. Acosta, Hist. nat., 1. IV, p. 21. Elle était cultivée par des tribus sauvages de l'Amérique qui avaient peu de communication avec les Espagnols, et qui étaient privées de cette intelligence qui porta l'homme à imiter des nations étrangères ce qui peut lui être utile. Gmml., lU, p. 186. Wafer's Voyage, p. 87.
Note LXXX, page 285.
n est surprenant qu^Aoosta, Fun des écrivains las plus exacts et les plus instruits sur les afikires d'Amérique, affirme qne le m^, quoique cultivé sur le continent, n^était pas'conmi dans les Iles, où Ton ne
mangeait que du pain de cassave. Hisi. nat., lib. IV, cap. 16. Mais P. Martyr, dans le premier livre de sa première Décade, qu'il écrivit en 1 493, après que Colomb fut revenu de son premier voyage» cite expressément le maïs comme une plante cultivée par les insulaires, et dont ils faisaient du pain : p. 7. Gomara assure aussi qu'ils connaissaient la 'culture du maïs,.Hist. gêner., chap. 28. Ôviedo décrit le mais sans dire que ce fût une plante qui n'était pas naturelle à l'Espagnole. Uh.. Vil, cap. i.
Note LXXXI, page ÎW.
« Avftnt l'arrivée deà Espagnols, les Chiliens opniiaissaient l'art d'extraire l'or et l'argent du minerai^ en le Élisant fondre dans des pots, à l'aide d'un courant d'air.
« Leurs instruments tranchants étaient ùtks d'une espèce de bronze natif qu'on rencontre dans le pays. C'est un mélange naturel de cuivre, de zinc et d'antimdne, appelé ccmpùml par les Espagnols.
« On croit qu'ils ignoraient 4'art de fondre le fer. Ils se servcaient néanmoins de ce métal pour armer leurs flèches ; mais on présume qu'ils employaient à tet effet du fer natif ou météorique, dont on a découvert une masse considérable dans la province de Santiago-del- Estero, au nord de celle de Cordova. » (D. L. R.)
Note LXXX1I, page 390.
La Nouvelle-EoUande, pays qu'on ne connaissait autrefois que de nom, mais qui depuis peu a été visitée par des observateurs intelligents, est située dans une région du gtobe où l'on doit jouir d'un climat très-heureux, puisqu'elle s'étetid depu» le dixième jusqu'au trexte^ huitième degré de latitude méd<fionale. Sa surfoce carrée est plus grande que celle de toute l'Europe *. Le peuple qui en habite les différentes parties parait ne former qu't^ seule race. U est évideoiment moins
. ^ L'étendae de la NouTella-HoUfliuit est oMnas emnidérable que celle de. l'Europe, malgré l'assertion .contraire de Rbbertson. •
Suivant M. de Freycinet, Voyages aux Terres iLustrales,
Lieue* carrée» de a5 aa degré.
l'Europe a une superficie de .' 501,875
la Nouvelle-UoUande de 384)^7^
Milles carr^ de 60 au degré
A. Balbi donne à l'Europe (bornée an Don) une sup. de 2,787,000
et à la Nouvelle-Hoiiande a,2o5,2bo
Û. Brué évalue la superficie de cette dernière partie du monde à 383,5oo iieues carrées de 25 au dejré, qui équivalente 2,208,960 milles carrés de 60 au degré. La surface de la Noavelk-HoUaiide et celle de i'fioiPûpe soBt 4onc à peu près dans le rapport de 3 à 4, ou plutôt de 3 à 3 3/4- (D. L. R;)
divilisé que la plupart des Américains, et a fait moins de progrès dans les arts de la vie. On n'aperçoit pas la moiDdi-e U-ace de culture dans toute cette vaste étendue de terre. Les habitants sont en si petit nombre que le pays paraît presque désert. Leurs tribus sont beaucoup moins considérables que celles de TAmérique. Us ne vivent, pour ainsi dire, que de poisson; ils n'ont point de .demeure fixe, mais ils erçeni de côté et d'autre pour chercher leur nourriture; Les deux, sexes vont entièrement nus. Leurs habitations, !eurs ustensiles, etc., sont plus simples et plus grossiers que ceux des Américains. Voyage, etc., pai Hawkeswoith, t. III, p. i04, etc., in-4». La Nouvelle-Hollande est peut-être lé pays où Ton trouve l'homme dans l'état de la plus grande ignorance, et où il nous offre le plus triste ex'emple de sa condition et de ses moyens dans cet état de nature brute. Si, dans la suite, de nouveaux voyageurs y font des recherches plus exactes, la compai-aisoii des mœurs de ses habitants avec celles des Américains ne pourra manquer de former un article intéressant et instructif pour l'histoire de l'espèce humaine.
Note LXXXIII, page 2«0.
Le p. Gabriel Marest, que les affaires de sa imssion obligèrent de s.^ rendre de Cascaskias, village des Illinois, à Michillimakinac, c'esi-îidire à plus de trois cents lieues de là, nous donne de ce pays la description suivante : « Nous avons marché pendant douze jours sans i-encontrer une seule âme. Tantôt nous nous trouvions dans des piïiiries à perte de vue, coupées de ruisseaux et de rivières, sans trouver aucun sentier qui nous guidât ; tantôt il fallait nous ouvrir un passage à travers des forêts épaisses, au milieu de broussailles remplies de ronces et d'épines; d'autres fois nous avionis à passer des marais pleim de fange, où nous enfoncions quelquefois jusqu'à la ceintui'e. Apivs avoir bien fatigué pendant le jour, il nous fallait prendre le repos delà nuit sur l'herbe ou sur quelques feuillages, exposés au vent, à la liluie et aux injures de l'air, w Lett, édif., p. 860, 361. Le Dr. Brickell, dans une course qu'il fit en 1730, de la Caroline septentrionale vers les montagnes, marcha quinze jours sans rencontrer une seule créature humaine. Nat. Hist. of North Carolina, p. 389. Diego de Ordas, qui voulut former un établissement dans l'Amérique méridionale en 1532, parcourut de même ce pays pendant quinze jours sans y trouver un seul habitant. Herrera, decad. V, lib. I, cap. 11.
Note LXXXIV, page 290.
Je suis fort porté à croire que la. communauté de biens et la jouissance commune des vivres ne sont connues que des peuples chasseurs les plus sauvages, et que l'idée du droit exclusif de propriété sur les
fruits de la terre naît chez une nation au moment où elle connaît quelque espèce d'agricullure ou d'industrie réglée. Les détails que j'ai reçus sur Pétat de la propriété chez les Indiens de différentes parties de r Amérique me confirment dans cette opinion. « L'idée des naturels du Brésil touchant «la propriété, est que si quelqu'un a cultivé un champ , lui seul doit jouir de son produit, sans qu'un autre y puisse prétendre. Tout cequ'un irfdivjdu ou une fômille prend à la chasse ou à la pèche appartient de droit à cet individu ou à cette ikmille, sans qu'on soit obligé d'en faire part à qui que ce soit, excepté aux caciques ou à quelque parent malade. Siquelqli'un du village entre dans leurs cabanes, il peut s'y asseoir et manger sans en demander la permission; mais ce n'est qu'une conséquence de leur principe général d'hospitalité ; car je ne me suis jamais aperçu qu'ils partageassent la récolte de leurs champs ou le produit de leur chasse, ce qu'on aurait pu regarder comme le résultat de quelque idée de communauté de biens. Ils sont au contraire si attachés à ce qu'ils regardent comme leur bien propre, qu'il serait très-dangereux de vouloir les en priver. Je n'ai jamais vn ni entendu parler d'aucune nation indienne (Je l'Amérique méridionale, parmi laquelle cette communauté de biens qu'on vante tant sot( connue. Ce qui coûta le plus aux Jésuites à faire goûter aux Indiens du Paraguay, fut la jouissance commune des biens, qu'ils introduisirent dans leurs missions, et qui était contraire aux idées antérieures des Indiens. Ils connaissaient les droits d'une propriété privée et exclusive, et ne se soumirent qu'avec répugnance à des lois qui •y étaient opposées. » Manuscrit de M. le chevalier de Pinto, entre *les mains de l'auteur. « La possession actuelle, dit un missionnaire qui pendant plusieurs arinée^ a résidé parmi les Indiens des cinq nations, donne un droit sur un terrain; mais lorsque le possesseur le quitte, uii autre a le môme droit de s'en rendre maître qu'avait eu celui qui vient dé le quitter. Cette loi ou cette coutume ne regarde pas seulement le terrain sur lequel est bâtie une maison, mais encore un champ cultivé. Si quelqu'un a préparé une pièce de terre pour y bâtir ou planter, . jiersonne n'a le droit de le troubler, et moins encore de lui enlever le fruit de ses travaux, à moins qu'il né renonce lui-même à sa possession; mais je n'ai jamais entendu parler d'un acte formel de cession d'un Indien à un autre dans leur état naturel. Les limites de chaque canton sont marquées; c'est-à-dire qu'il leur est permis de chasser jusqu'à telle rivière d'un côté et telle montagne de l'autrie. Cet espace • est occupé et cultivé par des individus et par leurs familles, qui jouissent en particulier du fhiit dé leur travail et du produit de leur chasse, sans qu'il soit permis à la communauté d'y prétendre, n Manuscrit de M. Gideon Hawley, entre les mains de Tauteur.
Rote LXXXV, page JM.
Celte différence entre le caractère des Américains et celui des nègres est si frappante, qu'il est passé en proverbe dans, les îles françaises, « que regarder un sauvage de travers, c'est le battre ; le battre, c'est le tuel"; battre un nègre, c'est le nourrir. » Dutertre, t. U, p. 490.
Note LXXXVt, page K98.
La description de l'état politique du peuple de Ginaloa ressemble parfaitement à celui des habitants de l'Amérique septentrionale, fils n'onl ni lois ni souverains pour punir les crimes, dit un missionnairp qui a vécu longtemps pacmi eux : ils n'ont aussi aucune espèce d'aotorité ou de gouvernement politique qui les contienne dans de certaines bornes. Us reconnaissent à la vérité des caciques quf sont les chefs des fauiilles ou des villa^ ; mais leur autorité se borne à les commander pendant la guerre ou lorsqu'ils font quelques expéditions contre leins ennemis. Cette autorité des caciques n'est pas héréditaire, et ils ne la doivent qu'à leur valeur pendant la guerre, ou au pouvoir et au noo)bre de leurs parents et de leurs amis. Quelquefois même ils obtiennes cette prééminence par leur éloquence à faire valoir leuns propres exploits. » Ribas, Hist. de los triunf., etc„ p. 11. L'état des Cbiquitos dans l'Amérique méridionale est à peu près le même. « Ils n'ont aucune forme régulière du gouvernement ou de société civile; mais sur les objets d'intérêt public ils écoutent les conseils de leurs vieillards, qu'ils suivent ordinairement. La dignité de cacique n'est pas héréditaire, et n'est accordée qu'au mérite comme une récompense de U valeur qu'on a montrée à la guerre. Il ne règne parmi eux qu'une espèce d'union imparfaite. Leur société ressemblée une république sans chef, où chacun est le maître de sa personne, et peut, sur le moindre dégoût, se séparer de ceux avec qui il paraissait le plus lié. » ReUc historîcal de los Chiquitos, por P. Juan Patr. Fernandez, p. 34, 13- Ainsi, il paraît que les nations qui sont dans un même état de société, quoique habitant des climats fort différents, ont les mêmes institutioDS civiles et la même forme de gouvernement.
Note LXXXVIf, page Z(SS.
« J'ai coiiou des Indiens, dit un auteur fort instruit de leun mœure, qui pour se venger ont fait mille milles à tiuvers des forêts impénétrables, des. montagnes et des marais de roseaux, exposés à toutes les intempéries de l'air, à la faim et à la soif. Leur désir de vengeance est si violent qu'il fait mépriser tous ces dangers, pourvu qu'ils aient le bonheur d'enlever la chevelure du meurtrier ou d'un
ET ÉCLAUCISSEMENTS. 495
ennemi, afin d'apaiser les ombres irritées de leurs parents massacrés.)» Adair, Hist; of Amer. Indians, p. 1 50 .
Note LXXXVin, page 505.
Les exploits que Piskaret, chef des Algonquias^ a esécurtés pour la plupart seul ou avec un ou deux de ses compagnons, tiennent une place distinguée dans Thistoire de la fameuse guerre contre les Algonquins et les Iroquois. De la Potherie, tom.l,*pag. aSiT, etc. Golden, .ffîstyOf Eve nations» p. 125. - *
• Note LXXXIX, page SQ5.
La vie d'un chef qui échoue dans une expédition est souvent en danger, et il est loujours dégradé du rang qu*il avait obtenu par ses exploits antérieurs. Addir, pag. 388. . ,
Note XG, page 505.
Comme les idées des peuples 4e T Amérique septentrionale sur la (nanière de fkire. la guerre sont généralement connues, j'ai fondé prince paiement mes observations sur les témoignages des .auteurs qui en ont ; parlé. Mais on retrouve les mêmes maximes chez d'autres nations du Nouveau-Monde. Un missionnaire judicieux adonné une description des opérations guerrières du peuple du grand Chaco dans l'Amérique méridionale, et ces opérations ressemblent parfaitement à celles des Iroquois.c< Presque tous ces Indieps sonJ; anthropophages et n'ont d'autre occupation que la guerre et le pillagç. Us se sont rendus formidables aux Espagnols par leur acharnement dans le combat , et pins encore par les stratagèmes qu'ils emploient pour les surprendre. S'ils ont entrepris de piller une habitation, il n'y a rien quUls ne tentent pour tenir dans une fkusse sécurité ou pour écarter ceux qui peuvent la défendre. Ils cherchent pendant une année entière le moment dé fondre sur eux sans s'exppses; ils ont sans cesse des espions en campagne ,qui .ne marchent gue la nuit , se traînant s'il le ftiut sur les coudes» qu'ils ont toujours couverts de caluA. C'est ee qui a fait croire à quelques Espagnols que , paf des secrets magique», ils pcenaieni la forme de quelque animal pour observei* ce qui se passait chez leurs ennemis. Lorsque eux-mâmês ils sont surpris, le désespoir les rend si furieux qu'il n'y^ point d'Espagnol qui voulât les combattre à armes égales. On a vu des fenin^s ^Hàm teuc vie bien, ehec aux soJdats les vmm aimés. Rel^km Chorogfaphica ctel Gran Ghae& dt ^. Lmwh», pag. 79. Hist génér. de9 voyages^» Oom. XIV, pag. 7&«
' JigitizecTby
496 J^OTES
Note XCI, page 306. '
Lery, qui a été témoin cwîiilaire d'une bataille entre leis Topinambous, tribu du Brésil, et une autre nation puissante avec laquelle ils étaient en guerre, nous a donné un tableau frappanè du courage et de la férocité de ces peuples. « Ego cum Gallo altepo, dit-il, paulô curiosius, magno nostro periculo (si enim ab hostibus capti auf lesi fuissemus, devorationi fuissemus devoti), barbares nostros in militiam euntes comilari volui. Hi, numéro 4,000 capita, cum hostibus adlitlus decertârunt, tantâ ferocitate, ut vel rabidos et furiosos quosque superarent. Cùm primum hostes' conspexêre, in iDagnos atque editos ululatus perruperunt.Haec gens adeô fera est et truculenta, ut taniisper dum virium vel tantillùm restât , continué dimicent , fugamque nunquam capessant. Quod ànaturâillisinditum esse reor. Testorintenea me, qui non semel, tum peditum tum equitum copias ingénies in aciem instructas h\c conspexi, tantâ nunquam voluptate videndis peditum légionibus armis fulgentibus, quanta tum pugnantibus istis percussum fuisse. » Lery, Hist navigat. in Brasil. ap de Bry, tom. lU, pag. 207, 208, 209.
Note XCn, page 507. .
Les Américains, ainsi que d'autres peuples barbai-es, coupaient autrefois la tête aux ennemis qu'ils tuaient à la guerre, pour la rapporter en trophée ; mais comme ces ^ôtes les incommodaient beaucoup dans leur retraite, Qu'ils font toujours avec précipitation et qvrelquefois jusqu'à une grande distance, ils se sont contentés ensuite d'enlever la chevelure av£C la peau du crâne. Quoique cette coutume soit plus en usage dans l'Amérique septentrionale, elle ne laisse pas d'être connue des peuples méridionaux. P. Lozano, pag. 79.
Note Xail, page 511.
Les paroles de la chanson de guerre semblent dictées par ce même esprit féroce de vengeance, « Je vais en guerre venger la mort de mes ' frères : je tuerai, j'exterminerai, je saccagerai, je brûlerai mes ennemis ; j'emmènerai des esclaves, je mangerai leur cœur. Je fei-ai sécher leur chair, je boirai leur sang, j'apporterai leur chevelure, et je me servirai de leurs crânes pour en faire des tasses. » Nouv. Voyage aiu Indes-Occidentales, par M. Bossu, in-12, tom. 1, pag. 115, note.
Des personnes dignes de confiance m*ont assuré que depuis que le nombre des Indiens a considérablement diminué, ils ne mettent presque plus aucun de leui"s prisonniers à mort, parce qu'ils regardent comme une politique plus sage de leur accorder la vie et de les
El ÉCLAIRCISSEMENTS. 497
adopter. Ces scènes terribles dont j'ai parlé arrivent aujourd'hui si rarement que^ des missionnaires et des négociants qui ont demeuré longtemps parmi les Indiens n'en ont jamais vu.
• Note XCIV, page 511.
Tous les voyageurs qui ont visité l^s peuples les moins civiUsés de l'Amérique s'accordent sur ce fait, qui .se trouve confirmé par deux exemples remarquables. Lors de l'expédition de Narvaez dans la Floride , en 1528, les Espagnols furent réduits, pour conserver leur propre vie, à manger ceux de leurs compagnons qui mouraient; ce qui parut si révoltant aux Indiens, accoutumés à ne manger que leurs prisonniers, qu'ils ne regardèrent plus les Espagnols qu'avec horreur et indignation. Torquemjida,Monarch. ind.,tom. II, pag. 584. Naufragios de Alv. Nunès Cabeça de Vaca, cap. 14, p.. 15. Quoique les Mexicains dévorassent avec avi^^ pendant le siège de Mexico les Espagnols et les Tlascalans qu'ils faisaient prisonniers, la famine la plus cruelle ne put les engage/ à manger 'les corps morts de leurs compatriotes. Bern. |Diaz del Gastillo, Conq. de la Nuev. Espana, pag. 156.
Note XCV, page 512.
On trouve plusieurs exemples singulière de la manière dont les peuples du Brésil traitent les prisonniers, dans une relation de Stadius, officier allemand au service des Portugais, publiée en 1R56. Il fut fait prisonnier pair les Topinambous , qui le tinrent pendant neuf ans en captivité. Il fut souvent le témoin de ces fêtes horribles qu'il décrit, et il était lui-même destiné à subir le sort cruel des autres pri^ sonniers ; mais il sauva sa vie par des efforts extiaordinaires de coui-age et d'adresse. De Bry, tom. III, pag. 44, etc. De Lery, qui accompagna Villégagnon dans son expédition au Brésil, en 1556, et qui demeura longtemps dans ce pays, se trouve d'accord avec Stadius sur toutes les circonstances iniportantes. 11 fut souvent Je témoin oculaire de la manière dont les peuples du Brésil traitaient leurs prison-, niers. De Bry, tom. III, paç. 310. Un auteur portugais en rapporte plusieurs particularités remai-quables, que Stadius et de Lery ont passées sous silence. Pureh. Piigr., tom. IV, pag. 1294, etc.
Note XCVI. page 515.
Quoique i*aie suivi, touchant cette a|éitliie\des Américains, l'opinion qui parait être la plus raisonnable et ({ui se trouve appuyée par rautorilé de^ auteurs les plus respectables , il y a cependant des écrivains d'un mérite reconnu qui ont donné des théories fort différentes sur ce sujet. Don Antonio de Ulloa, dans un Voyage qui a paru depuis
peu, prétend que la contexture de la peau et la constitution physique des Américains les rendent moins sensibles à la douleur que le reste des hommes. Tl en fournit plusieurs preuves dans la tranquillité a^ec laquelle ils supportent les plus cruelles opérations de chirurgie, etc. Noticias Ameiicanas, pag. ai 3, 314. Des chirurgien» ont fait les même^ observations dans le Brésil «Un Indien, disent-ils, ne se plaint 'jamais de la douleur, et souffre l'amputation d'un bras ou d'one jambe sans, pousser le moindre soupii*. » Manuscrit entre les mains de l'auteur. •
Note XCVÎf, page 51«.
Cette idée est naturelle à tout peuple grossier. Dans les premieo temps de la république , c'était une maxime parmi les Romains qu'un prisonnier, <; tùm decessisse videtur cùm captus est. » Digest lib. XLIX , (it. 15 , cap. 18. Dans la suite, lorsque le progrès du luxe les eut rendus plus indulgents sur cet article, ils furent obligés d'employer deux fictions de jurisprudence pour assurer la propriété et pour pamettre le retour d'un prisonnier, l'une par la loi Corfielia , et l'autre par le Jus poêtlimimi. Heineccii Elem. Juris c^v. sec. ord. Pand., t. U, p. 294. Les mêmes idées se trouvent chez les.nègres. Jamais on n'y a reçu la rançon d'un prisonnier. Dèsqu^un individu est pris à la guerre, il est regardé comme un homme mort, et il l'est en effet pour sa patnc et pour sa famille. Voyage du chevalier de Marctkais, tome I, page 369.
Note XCVIII, page 517.
Les naturels du Chili, les plus braves et les plus fiers de tons les peuples américains, sont les seuls exceptés de cette observation. Us combattent leurs ennemis en pleine campagne ; leurs troupes s'avancent et attaquent non-seulement avec courage , mais en conservant un ordre régulier. Quoique plusieurs des tribus de. l'Amérique septentrionale aient changé leurs arcs et leurs flèches pour des armes à feu d'Europe, ils suivent toujours leur ancienne manière de faire I» guene et ne s'écartent point de leur système particulier; mais les opératioBs militaires des peuples du Chili ressemblant beaucoup à celles des nations guerrières de l'Europe et de l'Asie. Ovallè's Relacion ofOiill Churchill's Coll.,tom. III, pag. 71. Lozano, Hial. del Parag., tom. I, pag. 144, 145.
Note XCIX, page 519.
Herrera nous en a donné un exemple singulier. Dans le Yucatan
les hommes sont si soigneux de leur parure, qu'ils portent partout des
miroirs qui Sans doute sont faits de pierre comme ceux des Mexicains,
decad. IV, lib. lU, cap. 8), et dans lesqilelsils aiment beaucoup à se
regarder ; mais les femmes n'en font jamais usage. Decad. IV, lib. X,. cap. 3. Il remarque que parmi les Panches , peuple féroce du nouveau royaume de Grenade, il n'y avait que les guerriers distingués à qui il fût permis de percer leurs lèvres et d'y porter des pierres vertes ou d'orner leur tête de plumes. J)ecad, VII , lib. IX , cap. 4. Quoique le royaume du Pérou fût très-civilisé , il y avait des provinces où la condition des femmes était peu améliorée. Elles étaient chargées du soin de la culture et des travaux domestiques. Il ne leur était pas permis de . porter des bracelets ou d'autres ornements dont les hommes se paraient avec complaisance. Zarate , Hist. de Peru , 1. 1 , p. 15 , 16.
Note C, page 320.
J'ai* hasardé d'appeler cette méthode d^oi^dre et dû peindre iBurs cor^ VhabiUement des Américains ; ce qui s'accorde même avec leur propre idiome. Ils ne sortent jamais de leurs maisons s'ils ne sont oints depuis les pieds jusqn'4 la tê'te , et ils s'excusent de sortir en disant qu'ils ne peuvent point paraître parce qu'iis sont nus. Gumi- Ila » Hist. de rOrénoque , t. I , p. 191.
Note CI, page ^i.
On trouve dans la province de Cinaloa, sur ïe golfe de Californie, des peuples qui paraissent vivre dans un état de société , quoiqu'on puisse les compter parmi les nations les plus grossières de l'Amérique. Ils ne cultivent ni ne sèment jamais ; ils n'ont même aucune habitation. Ceux de l'intérieur du pays ne vivent que de la chasse, et ceux des côtes, que de la pêche; les uns et les autres suppléent au reste par les profiuctions spontanées de la terre, telles que des fruits, des plantes, des racines de diôérentes esj>èces. Comme ils n'ont aucun abri pendant les temps pluvieux , ils rassemblent des roseaux ou des herbes fortes qu'ils lient par un bout et qu'ils ouvrent de l'autre pour leur servir d'espèce de capuchon , qui , semblable àxin auvent Reçoit la pluie et les en garantit pendant plusieurs heures. Dans les temps chauds, ils se forment avec dès branches d'arbres un abri contre les rayons brûlants du soleil. Pour se préserver du. frpid , ils font de grands feux autour desquels ils dorment en plein air. Historia de los Iriunfos de Nuestra Santa-Fé entre gentes las mas barbaras , etc. , por P. Ad. Perez de Ribas, pag. 7, etc.
Note cil, page SIS.
Ces maisons ressemblent à des granges. « Nous en avons mesuré qui avaient cent cinquante pas de long sur vingt pas de large , et où plus de cent personnes habitent ensemble. » Wilson's Account of Guiana
Purch. Pilgr., vol. IV, pag. 1263; ibid., 1291. «Les maisons des Indiens , dit M. Barrère, ont Pair d'une extrême pauvreté , et sont une
image parfaite des premiers temps Toutes ces cases ou huttes, qui
sont ordinairement bâties sur une hauteur ou au bord de quelque rivière, pêle-mêle et sans aucun ordre, forment un aspect des plus tristes et des plus désagréables.. On n'y voit rien que de hideux et de sauvage. Le paysage n'a rien de riant. Le silence même .qui règne dans * tous ces endroits , et qui n'est interrompu quelquefois que par le bruit désagréable des oiseaux ou des bêtes fauves, n'est capable d'inspirer que de la frayeur. » Nouv. Relat. dé la France équin. , pag. i 46, 147.
Noie cm, page 585.
On trouve dans l'Amérique méridionale des peuples qui ont l'art de lancer des flèches à une grande distance et avec une force extraordinaire, sans se servir d'arcs. «Ils font usage d'une sarbacane , pu le moyen de laquelle ils soufflent une*fièchê à plus de cent vingt pas. Cet instrument est Êiit d'un roseau naturel et creux , long de neuf à dix pieds ,' de la grosseur d'un poqce; et pour que la flèche puisse atteindre à un si grand éioignement , à cause de sa grande légèreté, ils en enveloppent le gros bout' de coton mm filé, qui la fait entrer avec un peu de difficulté dans la sarbacane, ce qui, coniprimant l'air, la fait sortir avec une i-apidité surprenante , sans quoi il ne serait pas possible de la faire traverser un si giand espace. Ces petites flèches sont toujours empoisonnées. » Fermin , Descript. de Surinam , 1. 1 , p. 55. Bancroft's Hist. of Guiana, pag. 281, etc. Les peuples des Indes orientales font un grand usage de cette sarbacane.
Note CIV, page 525.
Je pourrais en produire plusieurs exemples, mais je me borneiui à en cji^r un seul pris chez les Esquimaux. « Leurs arcs sont d'une construction fort* ingénieuse , dit M- Eilis ; ils sont ordinairement composés de trois moVceaux Ae bois qu'ils savent joindre, très-proprement et avec beaucoup d'exactitude. C'est du sapin ou du mélèse, que les Anglais nomment en ce pays genévrier, qu'ils emploient communément pour cet usage; et comme ces bois ne sont ni forts ni élastiques, ils suppléent à l'un et à l'autre en renforçant leur arc par derrière avec une espèce de bande faite de nerfs ou tendons de leurs bètcs fauves. Ils ont soin de mettre souvent leurs arcs dans l'eau , ce qui faisant rétrécir les cordes leur donne, par là plus d'élasticité et les fait porter plus loin qu'ils ne* feraient autrement. Comme ils sont habitués à cet exercice depuis leur jeunesse , ils tirent avec une dextérité inponcevable. » Voyage tq Hu4son's Bïiy, p. 138.
ET ÉCi^AlRClSSËMENTS. 504
Note CV, page 524.
Le besoin est le giuiid mobile qui excite et guide l'homme dans les inventions nouvelles. Il y a cependant une illégalité si grande dans les progrès des découvertes , et quelques nations ont si fort devancé les autres , quoique dans dés circonstances presque semblables, qu'il faut attribuer cette différence à quelque événement de leur histoire ou à quelque cause particulière de leur situation physique que nous ignorons. Les habitants de Tile d'Otaîtii découverte depuis peu dans la mèr du Sud ^ surpassent de beaucoup la plupart des Américains dans la connaissance des arts d'industrie : cependant ils ignoratent la méthode de faire bouiUir Peau , et n'avaient aucun vase dans lequel ils pussent la contenir et la soumettre à l'action du feu : ils, ne concevaient pas plus qu'on pût l'échauffer que la rendre jsolide. Voyages autour du monde, rédigés par llawkesworth , tom.II,pag, 13Î, , 155,in-4°.
Noie GVI, page «24.
Une de ces chaloupes , qui pouvait contenir neuf hommes, ne pesait que soixante livres. Gosuol, Relat. des voyages de la Virginie, Rec» i de voy. au nord, t. V, p. 403.
Note CVIl;* page. 326. ' .
Ulloa nous en donne une preuve remarquable. «Dans leurs fk" briques de tapis, de rideaux et de couvertures de lit, et autres semblables ' étoffes, toute leur industrie consiste à prendre chaque fill' un après l'autre, à les compter chaque fois et à y llsiire ensuite passer la trame ; de sorte que pour fabriquer uije pièce de quelqu'une de ces étoffes , ils emploient jusqu'à deux ans ou même davantage. » Voyage au Pé- > rou , 1. 1 , p. 336. Bancroft donne la mêmQ description des naturels de * I la Guiane , p. 255. Suivant Adair, les Indiens de l'Amérique septen- I trionale n'ont pas plus d'esprit ni de dextérité, page 422. L'une des ! planches qu'on trouve dans Purchas, t. III, p. 1106, des peintures des Mexicains , me Ml croire que ce peuple ne possédait pas «ne mé- 1 thode plus parfaite ni plus prompte de tisser. L^invention d'un métier I était au-dessus de la portée de l'esprit des Américains les plus civilisés. Ils sont si lents dans tous leurs ouvrages , qu»'un de Jeurs ouvriers demeure plus de deux mois à ikire avec son couteau une pipe à fumer. Ibid.,pag. 423.
Note CVIII, page 527.
Le P. Lafitau , dans ses Mœurs des Sauvages, emploie .trois cent ' quaranle-sept fastidieu.ses pages fn-4° pour le seul article de la religion.
Xole CIX, paçe S39.
J*ai renvoyé le lecteur à différents auteurs qui ont parlé des peuple les moins civilisés de TAmérique. Leur témoignage est unifoirme. Celui du P. Rîbas touchant le peuple de Cinaloa s^accorde avec tous les autres: « Pendant plusieurs années , ditp-il , que je résidai parmi ces peuples, je ftis très -attentif à observer si Ton devait les regarder comme idolâtres , et je puis assurer avec vérité que , quoiqu^on troim chez quelques-uns des. traces dMdolàtrie, les autres n^ont pas la moindre connaissance de Dieu ni même de quelque fausse divinité «et qu*ils ne rendent aucun hommage formel à TÉtre suprême qui goaveme le monde. Ils ne peuvent se former aucune idée de la providence d'un Créateur de qui ils doivent attendre dans la vie fliture la récompense de leurs vertus et la punition de leurs crimes. Ils ne s'assemblent jamais en public pour exercer aucun acte de religion. » Ribas , Trionfos , eto. , pag. 16.
Note GX, page SS9.
Le peuple du Brésil était si effrayé du tonnerre, qui est fréquent eî tenrible dans ce {Miys ainsi que dans d'autres parties de la zone torride, que c'était non*8ea4ement pour eux un objet de culte religieux, mais que le mot le plus expressif de leur langue pour désigner la Divinité était celui de toupan, dont ils se servent .aussi pour désigner le tonnerre. Piso de Medec. Brasil. , pag: 8. Nieuhoff, Ghurch. collect., tom.ll, pag. 13a.
Note CXI, page 885.
Suivant lé rapport de Mt. Dumont, témoin oculaire des funérailles di grand chef des Natcbes, il parait que les sentiments de- ceux qui se sacrifiaient à cette occasion ét^ûent fort différents. Il y en avait qui briguaient cet honneur avec ardeur ; d'autres cherchaient à évites len sort, et pluneurs même conservaient la vie en se sauvant dans tes bois. Les braaiines donnent aux femmes qu'oïl doit brûler avec les corps de leurs maris une liqueur enivrante qui les rend insensibles ao sort qui les attend ; les Natchez obligent de même leurs victimes d'avater phisieuis morceaux de tabac; ce cpii produit un semblable effet. Mén. de la Louisiane^ 1 1, p*. 237 .
Note CXIÏ, page 540.
Ils sent ûrès-Uceneieux en plusieurs occasions, surtout dans les danses instituées pour le rétablissement de la santé de quelque personne malade. De La Podierie, Hist., etc. t. II, p. 42. Charlevoix, Hist. de la Nouvelle-France, t. III, p. 319. Mais leurs danses sont ordinairemeht telles que je les ai décrites.
• Noce CXIIÏ, page 541.
• Les OthomaqtteSy qui habitent les bords de rOrénoque, emploient
pour ce même effet une poudre faite de grains Û^yuapa et de coquilles
de certains gros colimaçons calcinées au feu et pulvérisées. Les effets
i en sont si violents, quand on là prend par le nez, qu'elleinspire plu-
I tôt la fureur que Tivresse. Hist. de TOrénoque, par Gumilla, t. 1,
Note CXIV, page 545.
i Quoique cette observation soit vraie à regard de la plupart des na- ! lions méridionales, il y en a cependant quelques-unes où Tintempé- I rance des femmes n'est pas moins excessive* que celle des hommes Bancroft'sNat. Hist. ofGuiana, p. 275!
, Note CXV, page 547.
On trouve de ces circonstances contradictoires et inexplicables dans les auteurs les plus judicieux qui ont parlé des mœurs des Américains. • Le P. Gharlevoix, qve la controverse qui existait entre son ordre et , celui des Franciscains sur Tesprit q| les connaissances des peuples de j TAmérique septentrionale intéressait à exposer leurs qualités morales , et intellectuelles dans le jour le plus favorable, assure qu'ils sont con- , tinuellement occupés à négocier avec legrs voisins, et qu'ils font paraître dans leurs négociations autant d'habileté que de noblesse de. sentiments. Il ajoute cependant « qu'il y va de tout pour un plénipotentiaire d'çmployer tout ce qu'il a d'écrit et d'éloquence ; car si les propositions ne sont pas agréées, il faut qu'il se tkOnne bien sur ses gardes. U n'est pas rare qu'un coup de hache soit l'unique réponse qu'on lui ûisse.. U n'est pas même hors de danger quand il a évité la première surprise ; il doit s'attendre à être poursuivi, et à êtfe brûlé s'il est pris. » Hist. de la Noiiv.-France, t. III, p. 251. Ce que nous
lapportons (livre Y, p an 1519) relativement à la manière dont
les Tlascalans traitèrent les ambassadeurs de Zempoalla vient à l'appui du fait cité par Gharlevoix. Des hommes capables de pareils actes de violence paraissent ignorer les premiers principes sur lesquels est fondé le commerce réciproque entre les nations, et au lieu des négociations perpétuelles dont parle Gharlevoix, il p&ratt impossible qu'il y ait même la moindre communication entre ces peuples.
Note CXVI, page 548.
C'est une remarque que ikit Tacite en parlant des Germains : Gaudent muneribus, sed^nec data imputant, nec acceptis obligantur. » De c. 21. Un auteur qui s'est trouvé à portée d'observer le
principe qui porte les Sauvages à ne montrer aucune reconnaissaniv des dons qu*ils ont reçus, et à n'attendre aucun retour de ceux qu'il* ont ftiits, explique ainsi leur idée à ce sujet : « Si vous m'^çi donn^ ceci, disent-ils, c'est que vous ji'en aviez pas besoin vous-même; quaAt à moi, je ne donne jamais ce que je crois pouvoir nrêtre nk^saire. )) Mém. sur les Galibis. Hist. des plantes de la Guiane française. par M. AuMet, t. Il, p. 110. i
Noie CXVII, pajjc 358.
And. Bemaldès, contemporain et ami de Colomb, a cité quelques exemples du courage des Caraïbes, qui ne sont mentionnés ni parFer^ dinand Colomb, ni par les autres' historiens de ce temps, dont les ouvrages ont été publiés. Un canot caraïbe où il y avait quatre homm, deux femmes et un enfant, se trouva un jour^ sans quMls le sussent. au milieu de la flotte de Colomb, lorsqu'à son voyage il passait enin* leurs île>s. Ils restèrent d'abord dans un étonnement stupide à la vue d'un pareil spectacle, et ne sortirent presque pas delà même place pendant plus d'une tieure. Une barque espagnole, armée de vingt-cin'I hommes, s'avança vers eux et la' flotte même les entoura î)eu à peu jusqu'à leur couper toute communication avec la côte. « Lorsqu'il' s'aperçurent, dit l'historien, qu'il leur était impossible de s'échapi^r ils saisirent leurs armes avec un courage intrépide, et commencèreni l'attaque. Je dis avec un courage intrépide, parce qu'ils n'étaient qu'^» petit nombre, et qu'ils voyaient une grande multitude prête à les assaillir. Ils blessèrent plusieurs Espagnols, quoique ceux-ci eussent desbouclieR et d'autres armes défensives. Lore même que le canot eut^haviré.cf ne fut qu'avec beaucoup de peine et de danger qu'on en prit quelquesuns, parce qu'ils ne cessaient de se défendre et de faire usage de leufi ares avec beaucoup d*adresse, quoique nageant en pleine mer. » Hist de D. F*ern. y Ysab. manusc., cap. 119.
Note CXVIII, page -558.
On peut former Une conjecture fort probable sur la cause qui distingue le caractère des Caraïbes d'avec celui des habitants des plus gmndes îles. Il parait clairement que les premiers sont d'une racepa^ ticulière. Leur langue est totalement diff'érente de celle de leurs voisins habitant des grandes îles. Il y a même parmi eux une iradiw» qui porte que leui*s ancêtres sont originairement venus de quelqtf partie du grand continent, et qu'après avoir conquis et exterminé te anciens habitants c^^s îles, ils ont pris possession de leurs terres et de leurs femmes. Rochefort, p. 384. Du Tertre, p. 860. C'est pourceli qu'ils s'appellent eux-mêmes Banarée^ qui signifie un tiomine veii
d'au delà de la mer. Labat, t. VI, p. 131. Les Caraïbes ont même encore deux langues différentes, dont Tune est particulière aux hommes et l'autre aux femmes. Du Tertre, p. 361 . La langue des hommes n'a rien de commun a^ec celle qu'on parle dans les grandes îles, mais l'idiome des femmes y ressemble beaucoup (Labat, p. 129): ce qui confirme fortement la tradition dont j'ai parlé. Les Caraïbes eux-mêmes pensent qu'ils sont une «colonie ôe GalihiSj nation puissante de la Guiane dans l'Amérique méridionale. Du Tertre, p. 861. Bochefort, p. 848. Mais comme leurs mœurs féroces ont plus de rapport avec celles des nations qui habitent le nord du continent qu'avec celles des peuples de l'Anjérique méridionale, que d'ailleurs leur langue a quelque analogie avec celle qu'on parle dans la Floride, il est à croire qu'ils descendent plutôt des premiers que des autres. Labat, p. 128, etc. Herrem, decad. I, lib. IX, cap. 4. Dans leurs guerres, ils conservent encore l'ancien usage de détruire tous les mâles et de ne laisser la vie qu^aux personnes de l'autre sexe, pour leur servir d'esclaves ou de femmes.
Norc CXIX, page 360.
La connaissance de tout ce qui s'est passé à la conquête de la Non-* velle-Espagne nous vient de sources plus authentiques et plus originales que celles qui nous ont transmis les autres événements de l'histoire de l'Amérique; et parmi ces monuments, il n'y eh a pas de plus précieux et de plus anciens que les lettres adressées par Cortez à l'empereur CharleM}uint. Comme Cortez se rendit bientôt indépendant de Velasquez, il était obligé d'envoyer à la cour de Madrid un détail de ses opérations qui pût lui mérfter Papprobation- de son souverain.
Sa première dépêche n'a jamais été rendue publique ^ Elle fut écrite à la Yera-Cruz le 16 juillet 1519 : comme je pensais qu'elle n'avait pu parvenir à l'empereur qu'après son arrivée en Allemagne, et qu'il partit pour aller y recevoir la couronne impériale au commencement de l'année 1 520, je fi» toutes les recherches possibles pour trouver une copie de cette lettre en Espagne et en Allemagne, maia inutilement. Cette perte ne peut cependant pas être d'une grande conséquence, parce que la lettre, écrite immédiatement .après l'arrivée de Cortez" dans la Nouvelle-Espagne, ne devait contenir rien de trèsimportant. En cherchant cette première lettre de Cortez, on découvrit dans la Bibliothèque impériale de Vienne la copie d'une autre dépê-
■ M. M. F. de Kavarrefe a découvert cette pVcmiëre lettre de Cortez et plusieurs feutres fort curieuses du même conquérant ; elles seront imprimées dans la Collection des Voyages et Découvertes des Espagnols, depuis la fin du qninrième siècle,, ctC| dont ce savant a déjà pttblié d«ux volumes, (D. L. B-)
che, que Corte. avait écrite de la Vera-Gruz à Tempereur. Ten . donné quelques extraits à la fin ^«^ «^^^ ^f^^ J,^S dét)êehe, datée du 80 octobre 1520, fut publiée à Sévdle en 15 2 troisième et la quatrième parurent peu de temps après qu on les e^ reçues. En 1538 on en imprima en Allemagne une traducuon latine Ramusio leur donna ensuite une plus grande publicité en les rnsérn dans son précieux recueil. Ces lettres contiennent une histoii^ eiaOe et précis;^ de rexpédition de Cortez, avec plusieurs particularités iii^re^fltes touchant les mœurs et les coutumes des Mexicains ; elle^ fon honneur àCortez. La style en est simple et clair; ^^f^r^^'^f^'l^'l' le plus grand intérêt à présenter ses opérations sous lé jour le plus 6yontble, il est à croire qu'il a exagéré ses victoires, diminué ses pert^ et pallié les actes de rigueur et de violence auxquels il a pu se por^. L'ouYi-age qui suit celui de Cortez est la Cronica de la Nuevarfcp^na, por Francisco Lopez de Gomara , imprhné en 1552. Le méntt historique de Gomara est très-distingué; sa manière de narrer j claire facile, toujours agréable et souvent même élégante ; mais il ^ • quelqueJbis inexact et crédule. Comme il était chapelain parucuher de Cortez après son retour de la Nouvelle-Espagne, et qu'il composaaib doute cet ouvrage, par Tordre de ce capitaine, il es| positif qu a a cherché à exagérer le mérite de son hé.ros, et à cacher ou du momsi voiler les actions qui auraient pu nuire à sa gloire. Herrera 1 accj^ de ce défeut dans une .occasion (decad. U, lib. UI, cap. 2), et ce nfei pas la seule où sa partialité parait manifestement. Cependant il aecrii avec tant de liberté sur plusieurs mesures prises par la cour d'Es^| que les exemplaires d« son Histoire dès Indes et de sa Chronique furent retirés par un décret du conseil des Indes ; ou les regarda même longtemps en Espagae comme des livres prohibés, et ce n'est que depoB peu qu'on a accordé la permission de lespubUer. Pinelo, BibliotU.,
pag. 589.
La. Chronique de Gomara engagea Bernai Diajs del Castillo à composer son mêtona verdadera de la eonqwsta de la NwvorEspm^ Compagnon de Cortez dans toutes ses batailles, il avait été de toutes les expéditions de la Nouvelle-Espagne, et s'ét^t trouvé danstoutft les. occasions périlleuses. Lorsqu'il vit que ni lui-même, m la plupai' de ses compagnons n'avaient été cités par Gomara, mais que rhoaneu de leure exploits était at^bué à Cortez sevii, ce brave vétéran P" avec indignatioh la plume et composa son Histoire véridique. EUe contient un récit minutieux, prolixe et confus de toutes les opéraUcitô « Cortez , dans un style aussi dur et aussi bas qu'on peu! l'attendre d la soldat non lettré. Mais conmie il parle de faits dont il a été tém6me| Bouvent un des principaux acteurs, sa narration pwte tous Iw (»^'
ET ECLAIRCISSEMENTS. SaT
tères de la vérité; elle est d'ailleurs écrite avec tant de naïveté, avec des détails si intéressants, avec une vanité- si amusante, mais si pardonnable dans un vieux soldat qui (comme il s'en vante lui-même) p'est trouvé à cent dix-iieuf batailles, que son livre est un des plus curieux qu'on puisse lire dans quelque langue que ce soit.
Pet. Martyr ab Angléria ^ a fait le récit de . l'expédition dé Cortez, dans un traité De Insulis nuper inventis, qu'il a joint à ses Décades De rébus oceanicis et novo orbe ; mais il n'y parle que de ce qui arriva immédiatement après son premier débarquement. Cet ouvrage, qui est court et superficiel, paraît contenir des relations données par Cortez même, dans ses premières lettres, embellies de plusieurs particularités communiquées à, l'auteur par les officiers chargés des dépêchés de Cortez. • .
Mais le livre où les historiens modernes ont puisé le plus de foits touchant la conquête de la Nouvelle-Espagne, c'est l'Historla de la conquista de Mexico, por D. Antonio de Solis, publié pour la première fois en 1684. Je ne connais point d'auteur que sa gloire littéraire ait plus élevé au-dessus de son mérite réel. Solis est regardé par ses compatriotes comme un des écrivains les plus purs dans la langue castillane ; et s'il est permis à un étranger de hasarder son opinion sur une matière dont les Espagnols seuls doivent être juges, j'ose dire qu'il a droit de prétendre à ce titre. Mais quoique son langage soit correct, sa. diction n'est rien moins que claire. Ses phrases trop soignées ont souvent de la roideur et quelquefois de l'enflure ; les figures dont il se sert sont communes ou impropres, et ses réflexions superficielles. On pourrait cependant lui pardonner aisément ces défauts, si d'ailleurs il n'était pas dépourvu de toutes les- grandes qualités nécessaires à un historien. Privé de cette patience industrieuse qui conduit à la connaissance du vrai, et dé l'impartialité qui pèse tout avec une attentfon réfléchie, il n'a cherché qu'à établir son système favori en faisant de Cortez un héros parftiit,-*exempt de tout défaut et doué de toutes les vertus : ce qut l'a, rendu moins atteptif à découvrir la vérité qu'à rap^ porter tout ce qui pouvait contribuer à embellir son sujet, toutes ses discussions critiques sont captieuses et fondées sur des faits con trouvés. Quoiqu'il cite quelquefois les dépêches de Cortez, il parait ne les avoir pas consultées, et quoiqu'il critique souvent Gomara, il n'en préfète pas moins son autorité, la plus suspecte de toutes, à celle des autres historiens contemporains.
Mais de tous les auteurs espagnols, Herrera est celui qui nous a donné le récit le plus exact ' et le plus circonstancié de la conquête
I Sod véritable nom est Pietro Maf^^tire d'Anghiera. (D. L. R.)
* Ro>ert8on porte ailleurs un jugement différent sur Herrera, lortiqu'il dit que
du Mexique et des autres événements de rAmérique. L'attention avec laquelle il a consulté non-seulement les livres, mais les papiers originaux et les actes publics qui pouvaient jeter quelque lumière sur l'objet de ses recherches, surtout Timpartialité et la candeur qu'il a roistt dans ses jugements, rendent ses Décades fort précieuses, et doivent les faire ranger parmi les collections historiques les plus judicieuses et les plus utiles. On pourrait même à juste titre le placer parmi les meilleurs historiens de sa nation, sans Fordre chronologique trop scrupuleux qu'il a voulu observer dans les événeçoents du Nouveau-Monde; ce qui rend son ouvrage si diffus, si obscur et si décousu, que ce n'est qu'au moyen d'un travail pénible qu'on parvient à rassembler les diverses circonstances d'un fait. Au reste, il indique les sources où il a puisé pour composer son recueil. Decad. VI, lib. III, cap. 19 ^
* Note CXX, page 563.
Cortez se proposait de suivre Ovando, lorsqu'il partit pour son gouvernement en 1502; mais il fut retenu par un accident. Comme il cherchait pendant une nuit fort obscure à entrer par la fenêtre dans la chambre à coucher d'une dame avec qui il avait une intrigue, uu vieux mur sur lequel il était monté s'écroula, et Cortez fut si grièvement blessé qu'il lui fut impossible de faire le voyage. Goraara, Cronica de' la Nueva-Espana, cap. !.•
Noie CXXI, pjioe 363.
Cortez avait deux mille pesos entre les mains d'Andrez de Duero, ei en avait emprunté quatre mille. Ces deux sommés réunies font envin» trente-sept mille livres tournois ; mais la oherté des denrées en Amérique .y rendait cette sommé fort. modique. Herrei-a, decad. II, lib. 111, cap. 2 ; B. Diaz, cap. 20.
Note CXXH, page 367.
Les noms de ces braves ofiiciei's dont il sera souvent iiarlé dans ceue histoire, sont Juan Velasquez de Léon, Alonso-Hernandez Puertocarreroj Francisco de Montejo, Chvistoval de Olid, Juan de Escalante, Francisco de Salceda, Juan de Escobar, Ginez de Nortez. Cortez ciiinmandait en personne le vaisseau amiral. Franciso de Orozco, officier formé dans les guerres d'Italie, avait le commandement de l'artillerie. . Le premier pilote était d'une habileté éprouvée^, et se nommait Anto. de Alaminos*. . . •
cet historien s'attache à pallier le« actions barbares de 8e« compatriotes. (D. L. R , ' On pourrait joindre à cette nomenclature plusieurs autres ouvrages, notaminait
la Storiaantica del Messico de l'abhd Clavigcro. (,D. L. R.) • Herrera (decad. Il, lib< VI. p, gS.) donne les noms de ces capitaines dans fordie
ET ÉCLAlftClSSEMliNfS. 509
Noiô CXXIIl, page 368.
Les Espagnols ne perdirent dans ces différents combats que deux hommes, mais il y en eut un giund nombre de blessés. Quoiqu'il ne fût pas nécessaire de recourir à une cause surnaturelle pour repndre compte de leurs victoires éclatantes et des pertes peu considérables quMls fôisaient, les historiens espagnols n'ont pas manqué de les at* tiibuer à saint Jacques, leur patron, qui combattait, disent-ils, à la tête de leurs troupes, et dont le courage décidait du destin des batailles. Gomara est le premier qui ait parlé de cette apparition. On ne peut que • s'amuser de rembarras de B. t)iaz dèl Gastillo, flottant entr» la crédulité qui lui fail ajouter foi à ce miracle, et sa véracité naturelle, qui ne lui perinet pas de l'affirmer. « J'avoue, dit-il, que nous devons tous nos exploits et toutes nos victoires à notre Seigneur J.-C, et qu'à cette bataille le nombre des Indiens était si supérieur à celui des Espagnols, que si chacun d'eux eû*t seulement jeté une pçignée de terre, ils nous auraient tous enterrés si la miséricorde de Dieu ne nous eût pas protégés. Il se peut que la personne que Gomara dit être apparue sur un cheval giis pommelé ait été monseigneur l'apôtre saint Jacques ou monseigneur saint Pierre, «t qu'il ne m'ait pas été permis de le voir, parce que j'étais un trop grand pécheur. Je me souviens d'avoir vu Francisco de Môrla, monté sur un pareil cheval; mais un misérable mortel comme moi ne méritait p?5 sans doute de voir un de ces saints apôtres. Il se peut que Dieu ail voulu que les choses se soient passées comme Gomai;^ le dit; mais avant d'avoir lu sa Chronique, je n'avais' jamais entendu dire par aucun des conquérants de l'Inde que rien de pareil fût arrivé. » Gap. 34. ■
Note CXXIV, page 575.
Plusieurs historiens espagnols rapportent ce fait, comme s'ils voulaient fiiire croire que les Indiens chargés de ces présents les avaient apportés de la capitale dans un aussi court espace de temps que les courriers en avaient mis à faire leur voyage^ Cela n^est pas croyable, et Gomara rapporte une circonstance qui prouve qu'il ne s'est rien passé d'extraordinaire dans cette occasion. Ce riche présent qui avait été préparé pour Grijalva, lorsqu'il débaçqiia au même endroit, quelques mois auparavant, se trouvait tout prêt, lorsque Montézuma envoya des ordres pour le donnor. Gomara, Cron. , cap. 27, pag. 28.
Suivant E, Diaz del Gastillo, le plat d'argent.qui représentait la lune valait seul plus de yingl mille pesos, ce qui fait environ cent vingt-cinq ïniiie livres tournois.
suivant : Aloàso Hernandez Puertocarrero« Âlonfto Davila, Diego tie tDrdàs, Francisco de Uontejo, Francisco de Morla; Francisco de Snucedo, Juan de Escalante^ Juan VeiasqueïdeLiëon, Cbristoval de Olid et l'udro de Alvarado. (D. L. R.)
Note CXXV, page ^77.
Ge commerce particulier était directement contraire aux insmietions de Velasquez, qui portaient que tout le produit d*un comnerce quelcencfue serait versé dans lé caisse commune. Mai» il parait que les soldats avaieiil chacun une pacotille de bagatelles propr^ à ub petit trafic avec les Indiens, et que Ck)rtez, pour gagner leur amitié, eoeourageait cet échange clandestin. B. Dia^^ cap. 41.
NotftC^VI, page SSS. ;
Gom^e^a a publié un catalogue des différents articles qui composaient ce présent. Cron. cap. 49. P. Martyr ab Angleria, qui les vil après qu'ks furent arrivés en Espagne, et qui patutt les avoir examinés awc une grande attention, en donne une description dltaillée qui esttrès; curieuse, çarce qu*elle offre une idée des progrès que les Mexicains avaient faits dans les différents arts de luxe. De Insolis nuper ioTentë liber, pag. 854, etc.
Note GXXVII, page 589.
Gomme les anciens habitants des pays qui ont reçu après la conquête le nofti de Nouvelle-Espagne manquaient d^animaux domestiques, ils avaient été obligés d*y suppléer pour le transport des fkrdeanx qui ne se faisait pas par eau. Une classe nombreiise dMndividas appelés Tlamama ou Tlameme était élevée dès l'enfence pour le métier de portefaix, et ils le continuaient toute leur vie. Us portaient de soixante à quatre-vingts livres pesant, faisaient ordinairement quinze milles par jour, et souvent ils entreprenaient avec cette charge sur le dos des courses-de deux à trois cents milles, aiyant fréquemment à voyager sur des montagnes escarpées. Le çpton, le mais et les autres marchandises dont ils étaient chargés, étaient placés sur leur dos dans des pel* lacalli, espèce de paniers ou de grosses caisses faits avec unees^ particulière de roseau, et couverts avec du cuir qui garantissait suffisanHnent les marchandises contre la pluie et le soleil. Ces caisses ou paniers que les Espagnols nomment petcicas^ sùnt encore en «sage dans le Biexique. Voyez Clftvigero, Stor. ant. del Messico, liv. VUI. sect: %Li et M. le baron de Hu^boldt, Essai polit, sur la Nouv.-Espagne, tom. III, pag. 224. ' (D. L. B.)
Note CXXVirî, page 590.
Il n*y a rien de plus douteux dans Thistoire de la. conquête de TAmérique que le détail de ces armées innombrables que les Espagnols ont eu à combattre. Comme la guerre qu'ils soutinrent contre lesTlascalans fut une des plus 'difficiles , quoique de peu de durée, le récit
des forces de ce peuple mérite de fixer notre attention. Nous devons à trois auteurs les seules informations authentiques qvie nous en ayons. Cortôz, dans sa seconde lettre à. l'empereur, datée de Segura de la Frontera, le 30 octobre 1520 , dit que les troupes tlàscalanes se montaient, dans la première bataille, à six mille hommas, dans la seconde à cent mille, et dans la troisième à cent cinquante mille. Relat. ap. Ramus., tome lll, page 228. Bernai Diaz del Castillo, qui fut témoin oculaire , et qui se trouva engagé dans toutes les actions de cette guerre, assure que leur nombre se montait, à la première bataille, à trois mille, page 43 ; à la seconde , à six mille , ibid, ; à la troisième ^ à cinquante mille, page 45. Gomara, qui fut le chapelain de Gortez après son retour en Espagne, et qui publia sa Chronique en 1552, adopte le calcul de Gortez , excepté pour la seconde bataille , où il prétend qu'il y avait quatre-vingt mille Tlascalans: page 49. G'étail manifestement l'intérêt de Gortez de présenter sous un jo.ur fevorable el ses dangers et ses exploits; car il n'y avait que des services extraor» dinaires qui pussent feiire oublier l'irrégularité de sa conduite en s'arrogeant un pouvoir indépendant. Bernai t)iaz, quoique tort Qprté À faire valoir ses prouesses et celles de ses compagnons, n'avait pas le même intérêt à les eiagérer, et il est probable que le récit qu'il fait du nombre des Indiens approche plus de la vérité. On ne peut assembler une armée de cent cinquante mille hommes sans de grands Jjréparatifs et sans des provisions pour leur subsistance , dont les soins auraient exigé plus de prévoyance qu'on n'en peut supposer aux Américains. La culture ne semble pas avoir été assez considérable à Tlascala pour fournir des vivres à une si grande armée. Quoique cette province fût beaucoup mieux cultivée que les autres parties de la Nouvelie-lspagne, car on l'appelait le pays au pain, les Espagnols furent réduits, pendant leur marche , à ne subsister que de tunas , espèce de fruit qui croît sans culture dans les champs. Herrera, decad. II, lib. VI, cap. 5, page 182.
Note CXXIX, page ITOS.
On dit que ces malheureuses victimes étaient des personnes de considération 41 n'est pas probable qu'on ait employé cinquante personne» pour servir d'espions. On avait pris et renvoyé tant de prisonniers, et les Tlascalans avaient fait passer tant de messagers dans les quartiei-s des Espagnols, qu'il n'y avait aucune raison de hasarder la vie d'un si grand nombre de personnes , pour prendre des informations sur la situation et l'état de leur camp. La manière barbare avec laquelle Gortez a traité un pçuple qui ignorait les lois de la guerre établies parmi les nations policées a paru si révoltante aux historiens espagnols pos» lérieurs, qu'ils ont diminué le nombre de ceux qu'il a si cruellement
u I . NOTES
punis. Herrera dit quMl fit couper les mains à sept, et les pouces rfuelques autres. Decad. il, lib- II, cap. 8. Solis prétend qu^on coup les mains à quatorze ou quinze, et les pouces au {-este, lib. II, cap 20. Mais Gortez kii-même , Relat., p. 228 , B, et Gomara diaprés lui cap. 48 , affirment que les cinquaojte eurent les mains coupées ^
Note CXXX, page 595.
Les chevaux étaient ce qui causait le plus grand étonnerarent à tou$ les peuples de la Nouvelle-Espagne. Ils crurent d'abord que le cheni et le cavalier, semblables aux centaures des anciens, ne faisaient qu'un seul monstre d'une forme horrible, et comme ils croyaient que les chevaux prenaient la même nourriture que les tiomroes , ils leur portaient à manger de la viande et du pain. Même lorsqu'ils s^aperçureol de leur erreur, ils s'imaginèrent que ces animaux dévoraient les hommes pendant la bataille, et que , quand iU hennissaient , c'était pour demander leur proie. L'intérêt des Espagnols n'était pas de lesdéut)mper sur ce sujet. Herrei-a, decad. II, Ub. VI, cap. 11.
Note GXXXI, page 599.
Suivant Baithélemi de Las Casas, il n'y avait aucune raison de fm ce massacre, et ce ne fut qu'un acte de pure cruauté, commis principalement pour frapper de terreur les peuples de la Nouvelle-Espagne Relac. de la Destrucc, page 17, etc. Mais le zèle de Las Casas le porte souvent à exagérer.. D'un autre côté, Bern. Diaz (cap. 83) afihrme que les premiers missionnaires envoyés par l'empereur dans la Nouvelfe- Espagne firent une enquête judiciaire sur cet événement, et qu'après I avoif interrogé les prêtres et les chefs de Cholula, ils trouvèrent qu'il
I y ayçkit réellement eu une consph'ation contre les Espagnols , et que le
I récit envoyé par Oortez était exactement vrai. Son but, à cette époque,
et surtout son intérêt le portaient à gagner la bienveillance de Montézuma; il n'est donc pas probable qu'il eût pns une détermination qa l tendait si visiblement à aliéner l'esprit de ce souveraid , s'il ne l'avail
pas jugée nécessaire à sa propre conservation. Mais il est vrai aussi qti* les Espagnols qui sei'vaient en Amérique avaient un tel mépris pourlai naturels du pays, et les croyaient si peu dignes du droit commun à totij [ les hommes, que Corlez a pu regarder les Cholulans comme coupable^
sur la preuve la moins certaine. La sévérité du châtiment était (Tail* leurs excessive et atroce.
' Clavigero dit que Teuch, fun des trois princifiaux Chempoalians qui se tro» vaieut auprè» de Gortez, lui manifesta ses soupçons sur le but des eQvoy<^ Tbscs^ lan»; qu'on les. força par des menaces à révéler l*objet de leur missioa, qui éoitM connaître la force et la disposition du cainp afin de l'attaquer avec phû d aT*B»H la nuit suivante. (D. L. R.)
Note CXXXII, page 400.
Cette description est prise presque littéralemeiit de Bernai Diaz del Castillo, trop peu instruit dans Tart d'écrire pour avoir pu embellir son récit. Il rapporte dans un style simple et grossie^ ce que lui-même et ses compagnons pensèrent à cette occasion : « Qu'on ne s'étonne pas, dit-il , si j'écris de cette manière ce qui s'est passé alors, car. on doit considérer que c'est une chose que de rapporter, et uiie autre : d^avoir vu des choses qui n'ont jamais été vues ht entendues, ni dites I>ar les hommes. i> Cap. 86, pag. 64, B.
! Noie CXXXIU, page 409,
B. Diaz del Castillo nous donne une idée des fatigues et des souffrances qu'ils éprouvèrent à cette occasion et dans plusieurs autres. Pendant les neuf mois qu'ils restèrent à Mexico, tous, sans aucune distinction entre les offîciers et les soldats, dormirent tout ^rmés avec leurs cottes de maille et leurs gorgêrettes. Ils étaient couchés par terre sur des nattes ou de la paille, et tous, étaient obligés de se tenir prêts, comme s'ils avaient été de garde. Ce qui me devint si ikmiliêr, ajoutet-il^c^i'aujourd'hui même, quoique fort avancé en âge, je dors toujours avéb mes habits , et jamais dans un lit. Lorsque je visite mon encontiendaj ie fais porter, par égard pour mon rang, un Ut avec mes bagages ; mais je n'en fais jamais usage, parce que je dors tout habillé, et que je me promène souvent la nuit en plein air pour voir les étoiles, suivant mon ancienne habitude. » Cap. 108,
Noie CXXXIV, page 411.
Cortez lui-même, dans sa seconde lettre à l'empereur» n'expHquc point les motife qui le portèrent à condamner Qualpopoca aux flammes et à foire mettre Montézyma aux fers. Ramus., III, 236. B. Diaz passe sous silence les raisons de ce premier Êtit, et la seule cause qu'il donne (lu dernier, c'est qu'on voulait prévenir tout obstacle à l'exécution de la sentence prononcée contre Qualpopoca : cap. 95, pag. 75. Mais puisque Montézuma était le prisonnier de Cortez et entièrement en son pouvoir^ l'insulte faite à ce monarque ne pouvait servir (|u'à l'irriter sans nécessité. Gomara suppose que Cortez n'avait point d'autre objet que d'occuper Montézuma de ses propres malheijtrs, afin qu'il donnât moins d'attention à ce qui arrivait à Qualpopoca: Gron. 89. Herrera est du même sentiment (decad. Il, lib. VIII, cap. 9). Mais ce moyen de faire supporter une offense à un homme en lui fkisant de nouveaux outrages semble fort étrange. Solis croit que Cortez ne voulait qu'intimider Montézuma, afin qu'il ne fit aucun effort pour faire
délivrer les victimes; mais ce monarque était si soumis, -et il avaiia lâchement remis les prisonniers à Cortea, qu'il n*y avait à crainès aucune eppoaitiqn de sa part. Si Ton n'adopte p|ts la manière d« j'ai cherché h expliquer la conduite de Cortez à cette occasion, je m qu'on doit la regarder comme un de ces actes de pure barbarie erd'ofpression, qu'on rffe trouve que trop fréquemment dans l'histoire àfe (Conquête de l'Amérique.
Note CXXXV, page 414.
Solis, lib.IV, cap 3, prétend que ce fut Montézuma Ipi-mèoeifii fit la proposition de rendre hommage au roi d'Espagne, afin d'engager les Espagnols à quitter ses états. Il dépeint sa conduite en ceffi ocèasion, comme fondée sur la plus profonde politique, et suivie a« tant d'adressp que Gortez lui-même y fut trompé ; mais on ne trwe rien dans les historiens contemporains, tel^ que Cortez, DiazetGoiiiaj'a, qMÎ puisse justifier cette assertion. Jamais Montézuma n'anj» tré en d'autres occasions cet art et cette politique. La douleur doni fut pénétré en se soumettai^l à cet acte d'humiliation était natureUe,5 • l'on suppose qu*|l a été involonuire. Mais, suivant Solis, elle aura: ét^ contradictoire et incompatible avec son projet de pomper les Esp^nols. ' •
Note CXXXVI, paçe 416.
Les Espagnols , malgré leur industrie et leur pouvoir , ne pam point trouver d'or dans plusieurs provinces. Dans d'autres ils ne s procurèreiTt que quelques bagatelles de peu de valeur. Montézuma ss* sura Cortez que le présent qu'il o^it au roi de Castille, après li avoir rendu hommage, comprenait toutes les richesses amassées pr son père, et qu'il avait déjà doniié aux Espagnols le reste de son or et de ses h^oxxi. B. Diaz, cap. 104. Gomara dit que tout Pargent qa'» recueillit montait àeinq cents marcs (Gron. eap. 9S); ee ^ui s'accoié . avec le récit de Cortez, que le quint de Targent pour le roi fut de oo; maîTSt Relat. 289, B. Dé sorte que la somme total% de l'aiget ne monta qu'à quatre mille onces, à raison de huit otfees par min; ce qui fait voir que la proportion de Pargent airec l'or a été fbrt p^
Note CXXXVII, page 417.
Solis, lih. IV.xap. 1, met en question la vérité de cef)Eùt,parb seule raison qu*U était inqompatibfe avec la prudence qui distingnail^ caractère de dortez. Mais il aurait dû se rappeler Pimpétuosité deior zèle à Tlascàla, qui n'avait pas été moins imprudent. Il dît que celae^ démontré par le témoignage de B. Diaz del Gastillo, de GoniaraetA
Herrera. Tous s'accordent ea effçt à rapporter cette démarche inconsidérée de Cortez, et ils ont eu raison de» le faire, puisque Cortez luimême en parle dans sa seconde lettre à l'empereur, et qu'il p' "** même s'en glorifier. Cortez, Relat. Ramus., III, 140. Ce qui est un preuves, sans nombre que Solis a cpnsulté avec peu de soin les U de Cortez à Charles-Quint, qui cçpenjlant sont les sources les plus thentiquès où Ton doive puiser d% lumières sur ses opérations.