HOTES
▼iolent à Charies-Towi», que deux bouteilles d^eui chaude qa^v penoone avait mises eu se coucbant dans son lit, se trouwèami feidues le lendemain au matin, et que Tean n*élait plus qoe deux botceaox solides de glace. Une jatte d'eau, dans laquelle était imeangiâlk ' Tirante, fut gelée jusqu^au fond dans une cuisine où il y avait du fisa. Pçnque tous les orangers et les oliviers fiirent détruits. Descrifit. of •cmlb Carolina, London, 1761, in^^
Note I.V, page 217.
Nous trouvons un exemple remarquable de cette fertilité dans h Guiane hollandaise, pays fort plat, et si bas que, pendant les saisons pluvieuses, il est ordinairement couvert de près de deux pieds d*ei&. Gela rend le sol si riche, qu^il y a sur la surface, à douze pouces de profondeur, une couche d*engrais excellent, qu'on transporte pour cet usage à la Barbade. On a fiût successivement trente coupes de causes à sucre sur les bords de l'Essequibo, tandis qu^on n'en lait jamais phis de deux dans les lies des Indes-Occidentales. Les colons se servent de plusieurs moyens pour diminuer cette excessive fertilité du sol. fiaocroît, Nat. Hist. of Guiana, pag. 10, etc.
Note LVI, page 254.
Nous avons vu dans une note précédente qu'on trouvait le tapir dus les deux continents. Les Mexicains possédaient deux espèces debceufe sauvages (bos americanus et bos moschatus) qui erraient par troupeaux dans les plaines voisines de la rivière du nord, et qu'ils n'avaient point essayé de réduire à l'état de domesticité. Ils auraient pu tirer également parti des brebis sauvages de la Californie {carneros cimarrones) et des chèvres des mofilagnes de Monterey (berrendos). Ils possédaient aussi de nombreuses variétés de chiens. Les Cumanches, tribu des provinces septentrionales, se sellaient des cjbiens mexicains pour le transpor des tentes, comme plusieurs peuples de la Sibérie. Les Péruviens de Sausa (Xauxa) et Huanca mangeaient leurs chiens (Runalco), et te Aztèques vendaient au marché la chair du chien muet (tec/itc/it), qu'os châtrait pour l'engraisser. Baron de Humboldt, Essai polit, sur la nouv. Esp., t. II, p. 377, 423 ; t. III, p. 223. Tab. de la natur., 1. 1, p. 124-127. Lorenzaiio, p. 103. Gomara, dans la Relation du voyage de Coronado au pays de Quivera. Le chien du Canada est toutà&it semblable à celui d'Europe. (D. !.. R.)
Note tVTT, page iS*.
Ce doute n'existe plus aujourd'hui, et il n'existait même pas à l'époque où Roberlson a fait paraître la dernière édition de son histoire
ET ÉCLAmaSSEMENTS. * i1\
d'Amérique. Il est certain en éfl^t que l'Asie est sépara au-nofâ-est de i'Ainérique par le détroit de Berlîlng, qui n'a pas plus de quinze lieues de large. La reoonnaissamîe de ee détroit, 'découvert en 17ÎS par Vitus Berhing, navigateur danois, et traversé de nouveau en 1741 par le noéme navigateur, a été achevée en ITS'S, par îe capitaine anglais Gook. (D. L. R.)
Note LV.1II, page i35. • : ,
'Il parait que c'est sans une évidence sufiisante que M. Huiler a*sujp^ • posé que ce cap avait été doublé : tome I , ;page % , etc. L'Académie impériale de Saint-Pétersbourg semblé appuyer ce sentiment par la manière dont Tschukotskmi-îkoss se trouve placé sur ses cartes. Mais je suis convaincu , d'après une autorité ilacontestable, que jamais au^cun vaisseau russe n'a fait le tqiir de ce cap; et comme le pays des Tschutki ne dépend pas de l'émigré de Russie , on ne le connaît qu^ très-imparfaitement.- •
Ni»le LIX, page 237.
Si c'était ici le lieu d'entrer dans une longue et épineuse recherche de géographie , nous pounions faire plusieurs observations curieuses en comparant les relations des deui voyages des Russes et' les cartes de leurs navigations respectives. Une remarque nous servira pour tous les deux; on ne peut regarder ^omme absolument exacte. la position qii'ils donnent aux différents lieux qu'ils ont visités. Le^ temps était si nébuleux qu'Hs ne virent que raren>erU Ife soleil ou les étoiles, et la position des îles et des continents supposés fut déterminée par le seul calcul et non par des observations. Berhing et Tschirikow allèrent beaucoup plus loin vers l'est que Krenitzin. Lé pays décou^ vert par Berhing , et qu'il regarda comme faisant partie du continent de r Amérique , est situé au deux cent trente-sixième degré de longitude^ en comptant du preinier méridien à l'îltf de Fer, et au cinquante-huitième degré vingt-huit minutes de l§ititude. Tschirikoiô,
toucha à la même côte au deux cent qûan
gitude et au cinquante-sixième de latitù
faut que lé premier se soit avancé à se
lowska , d^où il mit à la voile , et le dei
Mais il paraît, par la carte du voyage de
pas au delà du deux cent quatre- vlngtièm
à trente-deux degrés de Petropavlowskâ.
rikow , tous les deux en allant et en rêve
ment leur route au sud de la chaîne d'île
3t en observant les montagnes et le terrain inégal des caps qu'ils
^oy9Àent au nord ils pensèrent que c^étaient des promoatoifes de
quelque ptrtie du continent de T Amérique, qui, à ce qu^ils s^imagl^ lièrent, s^étendait' jusqu'au cinquante-sixième degré de latitude au sud. C*est ainsi qu^on les trouve placés dans la carte publiée par Muller, et sur une carte dessinée à la*main par un contre-matppe do navire de Berhing , et qui m'a été communiquée par M.' le professeur Robison. Mais, en 17iB9, Krenitzin, après aw)ir hiverné dans me d*Alaca, s'avança si fort au nord en revenant, q.ue sa route se trouva couper par le milieu ce qu'ils avaient supposé devoir être un coritir nent,'et qu'il reconnut n'être qu'une mer ouverte; et il vit que ce qu^on avait pris pour des caps du continent n'étaient que des Iles de roche. 11 est à présumer que les pays découverts^ en 1741 à l'est, n'appaitiennent pas au continent de l'Amérique, et ne sont qu'une continuation de cette chaîne d'tles. Le froid extrême qui pendant l'été règne dans toutes ces lies nous pprte à conjecturer qu'elles ne son: dans le voisinage d'aucun continent. Le nombre des volcans qui existent dans ces régions du globe est extraordinaire.* Il y en a plusieurs au Kamtschatka , et il n'y a pas une des lies , grandes ou petites , que les Russes ont visitées , où l'on n'en trouve. Plusieurs de ces volcans ^ont encore allumés , et toutes les montagnes conservent des marques de leurs anciennes éruptions. Si .je voulais admettre les conjectures qu'on a avancées en parlant de la population de l'Amérique^ je pourrais supposer que cette partie de la terre «ayant «ouffert de violentes secousses par des tremblements de terre et des volcans, Tistiunequi peut-être a wy autrefois l'Asie à l'Amérique a été brisé et transformé par le choc en uA groupe d'Iles.
11 est singulier que , dans le môme temps que les Russes cher' chaient à faire des découvertes au nord-ouest de l'Amérique, les Espagnols étaient occupés du même projet dans une autre partie de ce continent. En 1769, deux petits navires partirent de.Lorette en Califonùe, pour découvrir les c.ête*s du pays qui est au nord de cette péninsule. Os ne passèrent pas le port de Monte-Rey, situé au trente-sixième degré de latitude ; mais dans plusieurs autres expéditions faites du poil de Saint-Blâs dans la Nouvelle-Galice , Içs Espagnols s'avancèrent jusqu'au cinquante-huitième'degré de latitude. Gazeta de Madrid , àes Ifr mars et l\ mai 1776. Mais comme les journaux de ces voyages n'omit pas encore été publiés, je ne puis -comparer les progrès qu'ils , ont faits avec ceux des Russes, ni faire voir à^quçl point les navigateur des deux nations se sont approchés les uns des autres. Il faut espérer qne le ministre éclairé qui est aujourd'hui à la tête des affaires d'Es- • pagne en Amérique ne privera' pas le public de ^s instructions.
Kote LX, page S41. .
M. le baron de Humboldt ue.partàg&pas à ce sujet ropinion de Robertson. » Le problème de la première population de l'Amérique , dit ce savant ( In^r. aux Vues des Cordillères et Monuments des i)euples indigènes de T Amérique , p. 20 et suiv. ) , n'est pas plus du ressort de l'histoire que les questions sur Tocigine des plantes et des animaux et sur la distribution des gernve» organiques ne sont du ressort de l'histoire naturelle. L'histoire , en remontant aux époques les plus reculées;* nous montre presque toutes les parties du globe occupées par des. hommes qui se croient aborigènes, parce qu'ils ignorent leur filiation. Au milieu d'une multitude de peuples qui se sont succédé et mêlés les uns aux autres , il est impossible de reconnaître avec exactitude, la première base de la population , cette couche primitive au delà de laquelle commence le domaine des traditions cosmogoniques.
(( Les nations de l'Amérique, à l'exception de celles qui avoisinent le cprcle. polaire, forment une seule race caractérisée parla conformation du crâne, parla couleur de la peau, par l'extrême rareté de la barbe, et par dés oheveux plats et lisses. La race américaine a des rapports très-sensibles avec celle des peuples mongols qui renferme les descendants des Hiong-nu, connus jadis sous le nom âe Huns, les Kalkas; lesKahnuks et les3urattes. Des obscfl'vations récentes ont* ipême prouvé que non*seulement les habitants . d'Unalaska, mais aussi plusieurs peuplades de l'Amérique méridionale indiquent , par des caractères ostéologiques de la tête , un passage de la race améritîaine à la race mongole. Lorsqu'on amu mieux étudié les hommes brun^ de l'Afrique, et cet essaim de peuples qui habitenjt l'intérieur et le nord-est de l'Asie, et que des voyageurs systématiques désignent vaguement sous le nom de Tartares et de Tschoudes, les races caucasienne , mongole , américaine , malaye et nègre paraîtront moins isolées, et l'on ipeconnattra dans cette grande famille du genre . humain un seul type . organique modifié par des circonstances qui nous resteront peut-être à jamais inconnues... Des recherches Taites avex un soin extrême, et d'après une méthode que l'on ne suivait pas jadis dans l'étude des étymologies, ont prouvé qu'il y a un petit nombre de mots communs aux langues des deux continents. Dans quati*e-vingtr-trois langues américaines examinées par MM. Barton et Water, on en a reconnu environ soixante et dix dont les racines semblent .être les mêmes ; et il est ikcile de se convaincre que cette analogie n'est pas accidentelle, qu'elle ne repose pas simplement sur l'Harmonie imitative , ou sur cette égalité dé confomiation dans les organes, qui rend presque identiques les première sons articulés par
474 ' jmu
les enfiuits. Sur cent soixante et dU mots qui ont du xapport entre eux , il y en a trois cinquièmes qui> rappellent le mantchou , le tungouse, le mongol et le samoyède, et deux cinquièmes qui rappellent les langues celtique et bchoude. Te basque, le copte et le congo. Ces mots ont été trouvés en comparant la totalité des langues américaines avec la totalité des langues de TAncien-Monde ; car nous u connaissons' jusq^'iei aucun idiome de l'Amérique 'qui, plus que les autres, semble se lier à un des groupes nombreux de langues asiatiques , africaines ou européennes. Ce 'que quelques savants, d'après des théories abstraites, ont avancé sur la prétendue pauvreté ((e toutes les Jangues américaines et sur Teitrême imperfection de leur systèoe numérique, est aussi hasardé que les assertions sur la i^lesâeetb stupidité de l'espèce humaine dans le nouveau continent , sur le bpetissement de la nature vivante et sur- la dégénération des maxm qui ont été portés d'un hémisphère à l'autre... Si les langues né ptt»vent que faiblement l'ancienne cqmmunication entre les deux monJes, cette communication se manifeste d'une manière indubitable dans te cosmogoniés, les monuments, les hiéroglyphes et les institutions (te peuples de l'Amérique et de l'Asie... »
Le lecteur trouvera la preuve des assertions de M. de HumboW» dans l'ouvrage d'où nous avons extrait cettQ note. (D. L. R.)
Neto LIEI, page S49. .
Le défaut de barbe et k peau unie des Américains ne sont point ut des caractères des habitants du Nouveau-Monde. Les sauvages à Nootka ont des barbes longues et touffues (Cook...) ; une partie de^ sauvages de la nouvelle CaUfornie en est aussi pourvue^ quoiquidus les mômes tribus d'autres individus- n'en aient pas (La Pérouse...)hé& Ottomâques des bords de l'Orénoque ont beaucoup de barbe, selon Gumilla. Les Monopagses , tribu du Brésil ,. avaient aussi beaucoup de barbe, Galeno (Viage ^\ Estrecho de Magellanes» p. 331) nous apprend que parmi les Patagons» il y a plusieurs vieillards ^ ont dé la barbe, quoique courte et peu touffue, a Presque tous ki Indiens , dans les environs de Mexico> portent de petites moustacbtf que des voyageurs ont retrouvées chez les enfants de la côte Hu norf* ouest de l'Amérique. » Essai polit, sur la Nouv. Esp. Il parait qu*fl moins la plus grande partie des tribus qui n'ont pas cet ornement oi^ turel, n'en sont privées que parce qu'elles ont coutume de se Tam^ cher ; et qu'en général les Indiens qui habitent la zone torrid© de Tir xnérique; méridionale en ont généralement un peu, et qu'elle auf» mente lorsqu'ils se rasent. Quand bien même , ce qui n'est pas i^ Américains n'auraient pas eu de barbe, on n'aurait pas pu ea 60>^
dure, ainsi que le feit Robertson, que ce défaut semble* indiquer un genre de ftiiblesse occasionnée par un vice de constitution ; car. les nègres du Congo et les Caraïbes, deux races d'hommes éminemment robustes, souvent de stature colossale, eu sont dépourvus. (D. L. R.)
. . Note LXII, page 249.
Peu de voyageurs ont eu autafet d'occasions que don Antoine Ulloa d'observer les habitants des différentes contrées de T Amérique. Dans un ouvrage qu'il a publié dernièrement, il décrit de la manière suivante les traits caractéristiques de cette race d'hommes ; « Un front trè^-petit , couvert de cheveux aux deux extrémités -Jusque vers le mili^ des sourcils ; de petits yeux , un nez mince , effilé et recourbé vers la lèvre supérieure ; le visage large , les oreilles grandes; les cheveux très*noii's, lisses et rudes; les membres bien tournés ; le pied petit ; le corps d'une proportion exacte ; la pefeii unie et sans jpoil, excepté dans la vieillesse, où il leur vient un peu de barbe, mais jamais aux joues. » Noticias Americanas, etc., pag. 307. M. le chevalier Pinto, qui pendant plusieurs années a résidé dans une partie de l'Amérique où Ulloa n'a jamais été, donne l'esquisse suivante de l'aspect général dés Indiens de ces contrées. « Ils sont tous d'une couleur de cuivre avec quelque différence dans les teintes, non pas en proportion de leur distance de l'équateur, mais selon le degré d'élévation du sol qu'ils habitent. Ceux qui vivent sur fes hauteurs sont plus blancs que ceux qui pccupent les terrains bas et marécageux de la côte. Leur visage est rond et plus éloigné peut-être de la forme ovale que celui d'aucun autre peuple. Leur front est: petit, l'extrémité de leurs oreilles fort éloignée du visage, leui-s lèvres épaisses, leur nez camus, les yeux noirs ou' couleur de châ-^ taigne, petits, mais distinguant les objets à une grande distance. Leurs cheveux sont toujours épai^, lisses , et sans la moindre apparence de frisure, ils n'ont de poils sur aucune partie du corps, excepté à la tête. Au premier aspect ^ un habitant de l'Amérique méridionale parait un être doux et tranquille ; mais, en l'examinant de plus près, on trouve • dans sa figure quelque thpse de sauvage, de méfiant et de sombre. » ( Manmcrii entre les mains de l'auteur, ) Ces deux portraits , faits par des mains plus habiles quef celles du commun des voyageurs, ont une grande ressemblance* entre eux.
Note LXIII, page 249.
Il y a des exemples étonnants de l'agilité. soutenue des Américains à la course. Adair rapporte les aventures d'un guerrier de Chikkasah,
quiy.en un jour et demi et deux nuits, fit trob cents milles comptés, au traters des bois et des montagnes. Hist. of Amer. Indians, 396.
Soie LXIV, paçe 251.
« Beaucoup de personnes, dit J. Heckewelder (Hist. mœurs et coutumes des nations indiennes qui habitaient la Pensyl^anîe et les états Toisios^ croient, diaprés le travail qu*elles voient foire aux femmes indiennes, qu^elles soâten quelque sorte traitées en esclaTes. n est vrai que leurs travaux sont pénibles, si on les compare à la tâche imposa aux femmes chez \ei nations civilisées; mais fi Ton considère les fatigues que nécessite la vie sauvage, on trouvera quMls ne sont que li juste portion qui leur en revient. En conséquence, elles s* y soumettent volontairement et de bon cœur, d'autant qu'elles ne sont pas obligées de vivre avec leurs maris. plus longtemps qu'il ne leur convient (les Indiens ne se mariant pas ainsi que nous pour la vie). D'après cela, on ne peut i)as supposer qu'elles se soumettraient à être injustemeoi surchargées d'un travail qui ne serait pas également partagé. . . Lorsque deux époux sont nouvellement un^s, le mari, sans rien dire de son intention, fait tous ses efforts pour plaire à sa femme et pour la convaincre, par des preuves réitérées de son adresse et de son talent, qu'elle sera heureuse avec lui et qu'elle ne manquera de rien tant qu'ils vivront ensemble... L'ouvrage des femmes n'est ni fktigant, ni diflBcile: elles sont bien capables de le faire, et c'est toujours avec gaîté qu'elles l'entreprennent... La fatigue qu'éprouvent les femmes n'eist nullement à comparer à celle de leurs maris; leurs travaux les plus durs et les plus difficiles ne sont que périodiques et de courte durée, tandis que ceux des hommes sont constants et très-fatigants. Si un homme joignait à son travail une ()artie de cejui de sa femme, il ne pourrait y résister... L'Indien aime à voir sa femme bien habillée... Plus un mah a d'attention pour. sa femme, plus il est estimé... S'il vient à une femme malade ou. enceinte la fantaisie de manger telle ou telle chose, . lô mari, quelque difficile qu'il soit de l'obtenir, partira sur-le-champ pour se la prpcurec. En 1763, continue Heckewelder, j'eus occasion de connaître combien les Indiens aimept à satisfaire les désirs de leurs femmes. Il y avait une grande famine, et une Indienne malade témoigna la plus grande envie de manger du mdis. Son mari ayant appris qu'un petit marchand établi à Sandusky en avait encore un peu, partit à cheval pour se rendre à cet endroit, éloigné de plus de cent milles, et revint avec autant de maïs qu'il en pouvait tenir dans son chapeau. D avait donné son cheval en échange; il fut par conséquent obligé ôt faire la route à pied, rapportant la selle sur le dos. » Le mari aitw beaucoup ses enfants, et la femme a toujours quelque anecdote amu-
santé de l.un ou de l'autre à lui raconter, sortaut s'il s*est absenté quelque temps...
Robertson*s*étend fort longuement sur la triste condtiitm des femmes chez les sauvages de TAmérique. Les relations d'Beckewelder, du père Gharlevoix et de quelques autres Yjavageure nous prouvent qu'il existe de nombreuses exceptions. Quoi qu'il en soit, et en.suppasant même eette triste condition, celle des ftmmes chez les sauvages des autres parties du monde, en Afrique, dans les Indes, à Ceylan, etc., est-elle . plus heureuse? £t alors pourquoi montrer tant d'étonnement eh par- * iant des Américaines. (D. L. É.)
Note LXV. page 255.
M. Godin le jeune, qui pendant quinze ans a résidé parmi les' Indiens du Pérou et de Quito, et pendant vingt ans dans la colonie française de Cayenne, où il y a un commerce suivi* avec les GaHbis et d'autres peuplades de TOrénoque, observeque la vigueur de la constitution des Américains est. exactement en raison de leur habita.de au travail. Les Indiens des climats chauds, tels'que ceux des côtes de la mer da Sud, de la rivière des Amazones et de celle de i'Orénoqut, ne peuvent pas être comparés pour la force à ceux des régions froides ; « cependant, dit-il, il part tous les jouirs des chaloupes de Para, établissement portugais sur la rivière des Amazones, pour remonter la rivière malgré la rapidité de son cours ; ces chaloupes, avec les mêmes rameurs, se rendent à San-Pablo, qui est à huit cents lieues au delà. On ne trouvera aucun équipage de blancs, ni même de nègres^ en étstt de résister à une pareille fatigue, comme les Portugais en ont fait l'expérience ; cependant, c'est ce qu'on voit foire tous les jpurs aux Indiens, parce -qu'ils y. sont habitués depuis leur enfiaince. » (Manuscrit entre les mains de Vauteur,) . .
^ote LXVI, page 357.
La question de savoir d'où provient la couleur noire" des nègres a beaucoup occupé les savants : elle n'est pas encore résolue, et ne le sera peut-être jamais. Ce qui parait néanmoins généralement admis aujourd'hui, c'est que le plus ou moins de force des rayons du soleil ne brunit pas graduellement la peau de Khomme jusqu'au point de la faire devenir tout-à-fait noii^ sous la zone torride ; que par conséquent l'action puissante de la chaleur n'est point la cause unique de celte singulière variété de l'espèce humaine, ainsi que le croyait Roberison. On' peut consulter, pour plus de développements, l'Histoire du genre humain, par M. Virey, l'article Homme du même savant, dans le Dictionnaire des Sciences médicales, l'Histoire naturelle des races hu-
maioes du oocd-os^ dg rEurofe* de TAsie t)Qréale ei orieiïtale» ^de TAfrique australe, par M. DeSmoulins, etc., etc. (D. L. R.)
Note LXVlf , page 257.
Do Antoine Ullo^^ qui a parcouru une grande partie du* Pércm et du Chili, le royaume.de la Nouvelle-Grenade et plusieurs aotw&'^^rOYiBGes qui bordent le golfe du Mexique, pendant les dix années qu*ii a travaillé avec les mathématiciens français, et qui eut ensuite cu^ca^oo de voir les habitants de T Amérique septenb:k)nale, dit : « Qtiaiid.oB a vu un seul Amérieain , on peut dire qu'où les a tous vus , tant ils m ressemblent par le teint et par la figure.» Notic. Americanas, p. 308 ^ Un observateur plus ancien, Pedro de Cieça de Léon, un des conquérants du Pérou *, qui a traversé aussi plusieurs provinces de l'Amérique, assure que ces peuples, hommes et femmes, paraissent être tous enÊmts d'un même père et d'une même mère, malgré le nombre infini de peuplades ou de nations, et la diversité des climats qu'ils habitent. Chronica del Peru, part. I, cap. 19. On ne peut pas douter qu'il n'y ait une certaine combinaison de traits et un certain air particulier qui Cprment ce qu'on peut appeler une figure européenne ou asiatique. Il doit donc y en avoir une aussi qu'on peut nommer figure américaine et qui doit être propre à la race entière. Ce caractère général peut frapper les voyageurs au premier coup-d'œil, tandis que les nuances qui distinguent les peuples de différentes régions échappent à leurs observations. Mais lorsque des personnes qui ont isilongtenaps résidé parmi les Américains attestent toutes cette ressemblance de figure dans les différents climats, nous pouvons en conclure qu'elle est plus remarquable que celle d'aucune autre race d'hommes. Voyex aussi Oarcia, Orig. de los Indios, p. 54, 242. Torquemada, Mooarch, ïnd., II, 571.
Noté LXVm, page 358.
M. Le chevalier Pinto dit qu'on lui a assuré que dans les parties intérieures du Brésil on trouve quelques individus qui ressemblent aux Qlaffards du Darien, mais que la race ne s'en propage point et que leurs enfknts sont semblables aux autres Américains. Cette espèce d^ommes est cependant peu connue. {Manuscrit entre les mains de Vatitenr,)
< Cette citation est à peu près exacte; cependant D. ÂnL de Ulloa {NoU amer, entreten. 17, $ 3 ) ne parle pas de la ressemblance de la figure, mais de FoisemUe, de la contexture des parties 'du corps {côntextum), et il ajoute qulls diffèrent bçaneoup quant à la stature et à la corpulence. (D^ L. R:) * *
* Cieça de Léon termina sa chronique (hi Bévoa en v55o; la pr6mièrc>||Kslîi a seule été imprimée à Sévill^ ei^ i5l53. ^* L.B:.)
ET £GLÀlIU*iSS£M£NTS. 479
Note IXIX, page 261.
L'auteur des recherches philosophiques, etc., t. I, p. 281, III, 181, etc., a rassemblé et constaté avec beaucoup d'exactitude les lérooignages de plusieurs voyageurs touchant les Patagons. Depuis la publication de cet ouvrage, plusieurs navigateurs ont visité leâ terres magellaniques, et diffèrent beaucoup, ainsi que leurfe prédécesseurs, dans les relations qu'ils ont données des habitants de ce pays. Suivant le Commodore Byron et son équipage, qui passèrent le détroit en 1761, la grandeur ordinan-e des Patagons est de. huit pieds anglais; plusieurs même sont beaucoup plus grands. Phil. transact., vol. LYIÏ, p. 78. Les capitaines Wallis etC^eref, qui les ont réellement mesurés en 176^, disent qu'ils ont six pieds et jusqu'à six pieds cinq et sept pouces. Phil. transact., vol. LX, p. 22. Ces derniers paraissent cependant avoir été le même peuple dont on a si fort exagéré lagrandeur en 1764, puisque 'plusieurs avaient encore des colliers et de la flanelle rouge de la même espèce que celle qu'on avait mise à bord du vaisseau du capitaine Walïis ; ' d'où il conclut bien naturellement qu'ils. avaient reçu ces présents de M. Byron. Voyages rédigés par Hawkesworth, 1. 1. M. de BougainvHle les mesura de nouveau en 1767, et son rapport s'approche beaucoup de celui du capitaine Wallis. Voyages, t. I, p. 242. Aux témoignages que je viens de citer, j'en ajouterai encore un autre d'un grand poids. En 1762, don Bernardo Iba^ez d'Echavarri accompagna le martjtjis de Valdelirios à Buénos-Ayres, où il résida pendant plusieurs années. G^est un auteur judicieux, et qui, parmi ses compatriotes, passe pour ne s'être pas écarté de la vérité. En parlant des contrées qui se trouvent à l'extrémité méridionale de l'Amérique, il dit : « Par quels Indiens sont-elles habitées? Ce n'est certainement pas par les fabuleux Patagons, qui, à ce qu'on prétend, occupent ce district. Plusieurs témoins oculaires qui ont vécu et commercé a-vec ces Indiens m'en ont donné une description exacte. Ils sont de la même taille que les Espagnols; je n'en ai jamais vu qui eût plus de deux vares et deux on trois pouces; » c'est-à-dire environ 80 ou 81,332 pouces anglais ^^ si M. Echavarri a calculé d'après la vare de Madrid; ce qui s'accorde beaucoup avec la mesure donné'e par le capitaine Wallis. Reynô Jesuilico, p. 238^ M. Falkner, qui a demeuré pendant quarante ans comme missionnaire dans les parties méridionales de l'Amérique, dit : « Les « Patagons ou Pii^/c/ies sont un peuple d'une grande taille; mais je « n'ai jamais entendu parler de cette race de géants dont quelques « voyageurs ont fkit mention, quoique j'aie vu des individus des difféc( rentes peuplades des Indiens méridionaux. » Introduct. p. 2d,
* Environ 6 pieds 4 pouces de France. (D. L, R.)
Note LXX, page 260.
. « Les Patagons *, dit M. P. Lesson, ont été regardés par un grand nombre de voyageurs cçmme fonnant une race remarquable par sa haute stelure et à laquelle le nom de géants convenait parfaitement bien. D*autres , au contraire , ont traité de chimériques les récits de ceux qui mentionnent cette grande taille , et affirment n^avoir vu sur les bords «du détroit de Magellan que des peuples n'ayant point de ■proportions autres que celles de la plupart des Européens. Dans une telle divergence d'opinions , il serait peut-être difficile de présenter un résultat positif, si les faits ne se trouvaient point aujourd'hui nettement* et clairement exprimés par des hommes estimables et judicieux. « L'intelligence répugne toujours à admettre l'existence d'une race privilégiée qui serait ainsi en opposition avec l'organisation humaine. Le vulgaire, ami du merveilleux , a , dans tous les temps , aimé à se fidre illusion, et créé dans son imagination des géants d'une force prodigieuse dont la poésie et puis la mythologie se sont emparées. C'est ainsi que la fable nous a conservé le souvenir des Lestrigons, des Cyclopes , de ce Polyplième qui peignait sa tîhevelure avec un râteau, des Titans, qui voulurent escalader le ciel, eic, etc. On conçoit que lorsque des aventuriers hardis , qui les premiers s'élancèrent dans les pamges nouveaux des terres m'agellaniques ou de la mer du Sud, publièrent leurs récits, on dut éprouver une vive surprise des nouveautés qu'ils racontaient , non sans les entremêler de mensonges. Leur peinture des Patagons vivant sur les bords du détroit fameux ouvert à l'extrémité sud de l'Amérique dut paraître surtout extraordinaire ; et lorsque de nouveaux voyageurs vinrent, après les précédents , démentir les faits qu'ils avaient avancés , nier la grande taille des Patagons , l'opinion flotta incertain^ entre les diverses narrations, et adopta, suivant l'ordinaire et sans faire de concessions, telle ou telle manière de voir. Combien d'auteurs ont ti*aité de mensonge avéré ce que d'autres regardaient comme une vérité palpable et reconnue! On ne peut cependant se dispenser d'admettre comme un lait positif que des peuplades, remarquables par leur grandç taille, habitent temporairement les bords du détroit de Magellan, et que parfois des tribus plus misérables et de stature moyenne s'y présentent à leur tour et viennent ainsi donner aux Européens qui s'y rencontrent dans ces circonstances une idée opposée à la croyance commune sur les Patagons. On ne peut se dissimuler toutefois que beaucoup d'écrits présentent de rexagoratioa dans la stature -de ces peuples, qu'on a
» Le moc cspngiiol Patatjon ou Paton signifie pied larije, pied plat, grand pied' (P.L,R.) . '^
ET ÉCLAIRCISSEMENTS. r 481
portée jusqu'à 8 et 10 pieds anglais; aussi est-il pluis convenable de se. fier aux rapports des navigateurs modernes, plus amis delà vérité , qui la réduisent à des proportions plus voisines des nôtres et qui nous .montrent la tribu dfes Patagons comme une race conservée pure^ (louée d'un physique, imposant, plein de force et de vigueur. Dans l'état actuel de nos connaissances à l'égard de ces peuples, il est sans doute plus simple de classer les diverses opinions émises sur eux.
« Magellan , dont le nom est attaché au fameux détroit qu'il découvrit», est le premier navig'ateur qui mentionne la haute taille des Patagons. La mesure approximative qu'il indique est à peu près de 6 pieds et demi *. La Barbinais a emprunté unô tradition des Péruviens, consignée dans l'Histoire du Pérou de l'Indien Garcilaso et dans les œuvres de Torquemada , qui rapporte « que les Péruviens , en descendant des montagnes, après un déluge , trouvèrent, les plaines
. occupées par une race de géants dont les mœurs étaient féroces. » Turner, enfin (1610) , dit avoir vu une race de géants sur les bords de la rivière de la Plata, et décrivit même les os qu'il pensait leur avoir appartenu. En 1592, Cavendish porta à 14 palmes de hauteur deux Patagons qu'il mesura. Le menteur Sarmiento (1579), qui voyait partout des châteaux et des colonnades , ne balance pas à dire que le Patagon qu'ils prirent était géant entre les autres géants. Hawkins dit de ces peuples que- leur haute taille les fait appeler géants par plusieurs voyageurs. Pigafetta (1519) donne à ceux du port Saint- Julien 8 palmes ou 7 pieds. Kntvet (1592) donne 15 ou 16 palmes
*aux géants du for.t Désiré ; et enchérissant encore sur ses. prédécesseurs, SebalddeWert (1598) accorde jusqu'4 10 ou 11 pieds de haut à ceux qu'il vit dans W Baie-Verte. Olivier dé Nort (1598) trouva au port Désiré des hommes de grande stature, ayant le regard terrible, nommés Tiremenen , et hauts de 11 ou 12 pieds. Jacques Lemaire et Guillaume Schouten (1615) parlent des ossements de Patagons qu'ils déteri'èrent , dont les dimensions leur prouvèrent que ces hommes avaient 10 ou 11 pieds de haut.
«Byron (1764), qui communiqua* avec les Patagons, dont le nombre était de plus de cinq cents, les peint comme des hommes doi^t les plus petits n'avaient pas «moins de huit pieds anglais*, et parmi lesquels il y en avait de beaucoup plus grands. Waîlis (1 767) , dans la baie d'Elisabeth , vit deux troupes de naturels couverts de peaux de veau marin et exhalant une horribje puanteur. Ils étaient
' « Cet homme était si grandi, dit Pigafetta en pariant d'un Patagon, que notre télé louchait à peine à sa ceiâture. » Fennelm uomo de statura de gigaute... Qfiesto ' era Uinto grande che li davamo alla cintura, (D. L. B.)
• 1.6 pied anglais est de 1 1 pouces 3' ligues de France. (D. h. R,)
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4S2 , . NOTBS
-•d'une .tailla beaucoup plus petite que ceux qu*on avait vus précédemment, et le plus grand d'entre eux n'avait pas plus de 5 pieds 6 pouces *.
(f Coôk, daos son premier voyage (1769) , décrit ainsi les natu»ls qu'il trouva à la baie de Bon-Succès : « Ils sont gros et mal foits : leur stature est de 5 pieds 9 ou 10 pouces. » M. de La Giraudaîs, commandant la flûte l'Étoile (1766) , dit que le moindre de ceux qu'il aperçut avait 5 pieds 7 pouces ; et M. Duclos-Guyot, capitaine de la frégate l'Aigle^ en rencontra de beaucoup plus grands. Forster, en parlant desPatagons, s'exprime ainsi , page 25 : « C'est un étrange pbéno« mène, de voir toute une nation conserver une stature d'une grandeur si remarquable , tandis qu'au sud du détroit de Magellan, sur la terre de Feu , on rencontre une race abâtardie et dégénérée , qui paraîtrait descetodre de la tribu des Huilliches, décrite par M. Falkner (Descript. of Patagoniâ). »
« L'expédition de Malaspina au détroit de Magellan a donné sur ce ' sujet des détails positifs qui nous paraissent complètement concluants. On trouva que la taille moyenne des Patagons est de 6 pieds et demi, et que les plus grands avaient 7 pieds 1 pouce *. De telles observations fcu'XIX® siècle sont décisives, et d'ailleurs elles sont confirmées par celles de M. Gauthier, capitaine fl'un navire baleinier français, qui vi-* fiita dernièrement ces contrées.
tf Cependant si on rencontre, dans Pernetty, Frezier, le père Feuillée, et dans les .auteurs que nous avons cités, des témoignages auèsi unanimes, on trouve également des contradicteurs, tels que Wood, Narboroùgh (1670). Les Patagons du havre Saint- Julien 'sont d^une taille médiocre, mais bien faits, dit ce navigateur. De Gennes (1696) s'exprime ainsi : Ce sont ces Patagons (Port-Famine), que quelques auteurs nous disent avoir 8 ou 10 pieds de haut : le plus élevé d'en^ eux n'a pas 6 pieds." De nos jours (1825) le marin anglais Wedell tourne en ridicule les rapports des précédents voyageurs qui représentent ce pays comme étant habité par une race de géants. Il dit que,
* Wallis dit textuellement que les plus grands Pat.igon8 qu*il vie avaient 6 pieds 7 pouces anglais de haur (environ 6 pieds a pouces de France), un plus grand
. nombre 6 piedi; 5 ponces et 6 pieds 6 pouces ; mais la majorité d'entre eux de 5 pifds K) pouces à 6 pieds anglaif» (D. L. R.)
• w Les naturels, que Magellan^ a «ans aucun motif appelés Patagotas, furent mesurés par nous scrupuleusement, dit l'auteur de la Relacion del ultimo viage al Estrecho de Magallanes dr la fregata de S M. Santa Maria de la Cabeza en toc afios de iyZ6 y 1786. Madrid 1788. Nous trouvâmes que les plus grands n'avaient pas plus de 7 pieds i pouce i quart, mesure de Burgos, ou 6 pieds 2 pouces 6 lignes de France (le pied de Burgos est d'environ 10 pouces 5 lignes i tiers de France), et que leur taille moyenne était de 6 pieds et i3mi à 7 pieds. » (D. L. R.)
ET ÉGLAiaClSf^MENTS. 4d3
d'après le& tenseigiMments qu'il se procura , leur taille' ne diffère point de celle des habitants de la terre de Feu , qui est de 5 pieds 5 pouces à 6 pieds au plus.'
« Tels sont les renseignemeats les plus authentiques cyi'on.ait aujourd'hui pour aborder une question intéressante en elle-même , et qui pendant longtemps a été Tobjet de Tavide curiosité des gens instruits. On ne peut nier que véritablement des peuples de grande taille ne vivent à certaines époques dans les vastes pampas du détroit de Alagellan. On ne peut se dispenser d'admettre, d'un autre côté, que des peuplades de taille moyenne n'y habitent également y' et que, toiv à tour prises l'une pour l'autre , elles n'aient été la source des discordances qu'on trouve dans les récits dont nous avons rapporté la substance.
« On sait, en effet, que la terre de Feu, la terre des États, sont peuplées par des hordeà misérables , et déjà rabougries .par l'inclémence du climat. Tous les navigateurs peignent les Pécherais comme de dégoûtantes créature?. D'une autre part, les Espagnols ont écrit* que les tiibus nombreuses qui sont éparses dans la partie australe de l'Amérique variaient à l'infini , et que parmi des races de forte taille , on trouve parfois des tribus de stature médiocre et ordinaire, et les naufragés du Wagger , de l'escadre d'Anson , qui traversèrent toute celte étendue de terrain , s'accordent sur cepoint. Mais ces tribus, errantes à la manière des Tartares , changeant de place et de lieu avec leurs familles, suivant que les pâturages s'épuisent dans les lieui qu'elles fréquentent, se ^ont souvent transportées à de grandes distances ; et on ne peut douter que les Patagons eux-mêmes ne soient dans ce cas, et qu'ils ne parcourent ces immenses déserts, suivant les époques et les saisons. Plusieurs auteurs disent que les EoniUcheSy qui habitent ^lepuis l'Archipel de Chonos jusqu'au golfe de Pennas, étendent leurs courses jusque vers l'entrée du détroit. Il en est de même des Puelches ou Montagnards , dont quelques-uns ont jusqu*à 7 pieds de haut, et que Falkner croit être#ceu3^ que plusieurs des voyageurs mentionnent dan3 les havres de Saint- Julien ou de Port-Famine. Les TehuelSf tribu des précédents, et qui habitent entre la CJomarca déserte et les Andes, hauts de 6 pieds communément, et souvent de T, habitués au cheval, qu'ils manient avec adresse, seraient également les Patagons, montés sur des chevaux des navigateurs modernes. Au dire du même missionnaire, les peuples ne seraient donc paâ confinés à ce qu'on appelle habituellement Patagonie, qui comprend le sud de l'Amérique, à partir du 46« degré de latitude?
a Sans adopter aveuglément la haute stature accordée aux Patagoi» par les vieux écrivains ^ on ne peut aujourd'hui , sans un scepticisme
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nop exclusif, ne pas croire à Texistence d'une race d'hommes ror bustes i de 'grande stature, qui sans être des géants n'en sont pas moins très-supérieui's aux Européens par la taille. Ces^ tribus , placées sous un «ciel tempéré ou même froid, ne sont point, comme les habitants du pôle nord, rabougries par un climat rigoureux ; on a même . remarqué que les 40 à 50 parallèles étaient les plus propices pour conserver aux hommes le développement de leur stature , que compriment et rapetissent les latitudes plus élevées, etc., etc., etc. »
*M. Lesson termine sa notice par des considérations et des rappi*ochements qu'i] serait trop long de rapporter ici. (D. L. R.)
^oie LXXI, pstge 264.
Antoine Sanchez Ribeiro , savjant et ingénieux médecin*, a publié en 1765 une dissertation par laquelle il chercbe à prouver que cette maladie n'a pas été apportée de.r Amérique., mais qu'elle a pris naissance en Europe, où elle a été la suite d'une maladie épidémique et maligne. Si je Voulais entrer ici dans une discussion sur ce sujet, dont je iVaurais pas parlé s'il n'avaifpas été intimement hé avec mes recherf'hes, il ne serait pas difficile de faire voir quelques méprises dans les faits sur lesquels ce médecin se fonde,- et quelques erreurs dans les conséquences qu'il en tire* La communication rapide de ce mal, de l'Espagne sur toute l'Europe , paraît ressembler plutôt au progrès d'une épidémie qu'à une maladie transmise par contagion. On en a parlé pour la première fois en 1493 , et avant l'année 1497 ce mal s'était déclaré dans presque toutes les contrées de l'Europe avec des sympfômes si alarmants, qu'on jugea nécessaire d'interposer Paulorité civile [)ôur • en arrêter le progrès. Depuis la publication de cet ouvrage , on m'a communiqué une seconde édition de la dissertation du docteur Sanchez. Elle renferme plusieurs faits nouveaux à l'appui de so.nopinion, qu'il défend par des arguments si plausibles , qu'elle me semble mériter de fixer l'attention et les recherches des plus habiles médecins '. • . . /
> L^ question de savoir si la syphilis était endémique dans le Nouveau-Monde, et si elle a été apportée d'Amérique, a été traitée avec beàucoup'de développement, par l'abbé G|avigero, dans la neuvième disseiTtation qui se trouve à là suite de s» iitoria antica del Messico. Ce savant ecclésiastique rapporte dans la première section l'opinion des principaux médecins sur l'orij^ine de la syphilis. Il établit, dans Idsecondeetdans la troisième, que cette maladie a pu être introduite en Europe par des communications avec d'autres parties de l'ancien continent, et qu'elle a même pu se développer en Europe sans contagion. Il termine sa dissertaticm en disant qu'il est impossible d'aftirmer si la syphilis est née en Europe ou en Araériqoe; mais que dans cet état d'incertitude, îl*se range à l'opinion de Sydenliam, qui la fait venir de la Guinée ou de quelque autre contrée de l'Afrique équinoxiale.
M^r les docteurs Cuilciier et Bard ont discuté la même ouestion «dans Tarticlo
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Note 'lXXII, page 267. •
Le peuple d'Otahiti ri^a point de terme pouf signifier un plus grand nombre que celui de deux cents, qui Suffit pour ses calculs. Relation des voyages, etc., par Hawkésworth , ' traduc^ franc, in-4*», Paris, 1774, tome 11, p. 502. * .
Note LXXIIf, page 272.
Comme la peinture que j'ai faite des nations sauvages diffère beaucoup de celle que nous en ont donnée des auteurs* très-estimables, il ist peut-être nécessaire de produire ici quelques-unes des autorités »ur lesquelles j*ai fondé ma description. Jamais les mœurs des sauvages n'ont été décrites par des personnes plus en état de les observer avec discernement que par les philosophes employés en 1735 parla France et l'Espagne pour déterminer la figure de la terre. M. Bouguer, clou Antonio Ûlloa et don George Juan ont vécu longtemps parmi les nations les moins civilisées du Pérou.. M. de La Condamiue a eu nonseulement aussi cette occasion de les observer, mais en descendant le Maragnon il a été à' portée de voir les différentes peuplades qui habitent sur les bords de cette rivière dans son long cours au travers du continent de l'Amérique méridionale.
Il y a un rapport frappant entre les descriptions qu'ils nous^)nt données du caractère des Américains, a Ils sont tous d'une paresse extrême, dit Bouguer ; ils passeront des journéBS entières dans la même place, assis sur leurs talons sans remuer ni sans rien dire.. «On ri^ peut
SYPHII4IS du Dictionnaire des sciences médicales. Ces savants médecins ne se prononcent pas entre les différentes opinions émises avant eux, et ils terminent leur * article en disant : ' ■ .'
» Nous xapporlons ces opinions sans jl^s discuter, sans les' adopter, mais seulement pour présenter tous les qaotîfs d'incertitude qui ont lieu sur ce poinU »
Les mêmes docteurs avaieiit déjà discuté dans le même article deux autres questions qui se rattachent à la première, celle de savoir si la syphilis existait avant la fin du seizième siècle, et si elle avait paru spontanément à cette époque, et ils conoluentquc l'une et l'autre de ces suppositions peuvent être également admises et rejetées, parce qu'il y a de fortes raisons pour et d'aussi fortes raisons contre.
Nous croyons devoir ajouter que Jean de Carbondala, chirurgien célèbre, né à S.mthia, en Piémont, a composé, vers la fin du treizième siècle, un traité intitulé : Do Operatione manuuli, conservé par Marc ^e Vergasco,son élève et^on coinpaiiiotc, traité qui est resté manuscrit, et que l'Tiuteur parle de la maladie vénérienne' ilans le chapitre JCLII, et surtout dans le chapitre XLVIII du premier livre, De pusiulis albis ut milium et rubeis et fissuris^'et corruptionibus qùac fiunt in virgâ et circa prepuciuro pi-opter coytum cum feda vel meretrice. Dans ce chapitre, il ^o fait point mention du mercure et de ses préparations; cependant il les connaissait puisqu'il h'cn sorviit pour le traitement de la gale. (D. L R.}
assez dire combien ils montrent d'indifférence pour les richesses el même pour toutes leurs commodités... On ne sait souvent quelle espèce de motif leur propo^r lorsqu'on veut en exiger quelque service... On leur offre inutilement quelques pièces d'argent ; ils répondent qu'ils n'ont pas faim. » Voyages au Pérou, iti-4o,'Paris, 1749, p. 102.
Si on les regarde cofnme des. hommes, les bornes de leur intelligence semblent incompatibles avec l'excellence de rame, et leur imbécillité est si visible, qu'à peine en certains cas peut-on se ^re d^eux une autre idée que celle qu'on a des bêtes. Rien n'altère la tranquillité de leur âme, également insensible aux revers et aux prospérités. Quoique à demi nus, ils sont aussi contents que le roi le plus somptueux dans ses habillements. Les .'richesses n'ont pas le moindre attcait pour eux, et l'autorité et les dignités où ils peuvent prétendre leur paraissent si peu des (^ets d'ambition, qu'un Indien recevraayec la même indifférence l'emploi d'alcade et celui de bourreau, si m ki ôte l'un pour lui donner l'autre. Rien ne peut les émouvoir ni les foire changer ; l'intérêt u*a aucun pouvoir sur eux, et souvent ils reftiseot de rendre un petit service j quoique sûrs de recevoir une grosse récompense. La crainte ne feit aucun effet sur eux ; le respect n'en prodyit pas davantage ; disposition d'aotairt plus singulière qu*on ne pent la changer par aucun moyen : on ne peut ni les tirer de cette indifférence qui est à l'épreuve des efforts des hommes les plus habiles, m les faire renoncer à cette grossière ignorance ni à cette négligence insouciante qui déconcertent la prudence de ceux qui s'occupent de leur bien-être. Voyage dé Ulloa, tom. I, p. 335, 35^. Il cite des tniis extraordinaires de ces dispositions singulières, p. 336, 347. «L'insen* sibilité, dit M. de La Condamine, fait la base du caractère des Amén- ^ cains. Je laisse à décider si on la doit honorer du nom à'^apathie^ ou l'avilir par celui de stupidité. Elle naît sans doute du petit nombre de leurs idées, qui ne s'étend pas au delà de leurs besoins. Gloutons jusqu'à la voracité quand ils ont de quoi la sallsfkire ; sobres quand la nécessité les y oblige, jusqu'à, se passer de tout sans paraître rien désirer ; pusillanimes et poltrons à l'excès si l'ivresse ne les transporte pas;. ennemis .du travail; indifférents à tous motifs de gloire» d'honneur et de reconnaissance; uniquement occupés de l'objet présent, et toujours déterminés par lui, sans inquiétude pour l'avenir ; incapables de prévoyance et de réûexion : se livrant, quand rien ne les gène, à une joie puérile, qu'ils manifestent par des sauts et des éclats de rire immodérés, sans objet et sans dessein ; ils passent leur vie sans penser, et ils vieillissent sans sortir de l'enfance dont ils conservent tous les défauts. Si ces reproches ne regardaient que les Indiens de quelques provinces du Pérou, auxquels il ne manque que le nom d'cs-
ET ÉGLAJRCIgSEMENTS. 487
clayes, cm (lourraii crcHre que cette espèce d'.abrutisseroent nait de la servile dépendance où ils vivent, Texemple des Grecs modernes prouvant assez combien Tesclavage est propre à dégrader les hommes; mais les Indiens des missions et les sauvages qui jouissent de leur liberté» élant pour le moins aussi bornés, pour ne pas dire aussi stupides que les autres, on ne peut voir sans humiliation combien Thomme abandodné à la simple nature, privé d'éducation et de société* difière peu de la bête. » Relation abrégée d'un voyage, etc., pag. 52, 53. M. de Chanvalon, observateur intelligent et philosophe, qui se ^rendit à la Martinique en 1751, et qui y résida pendant six ans, a fait des Caraïbes le portiait suivant : « Ce n'est pas la couleur rougeâtre de leur teint, ce ne sont pas leurs traits différents des nôtres, qui mettent une si grande différence entre eux et nous ; c'est leur excessive simplicité ; £e sont les bornes de leur conception. Leur raison n'est pas plus éclairée ni plus prévoyante que l'instinct' d&s bêtes. Celle des gens de la campagne les plus grossiers^ celle même des nègres élevés dans Içs parties de l'A&ique les plus éloignées du commerce, laisse entrevoir quelquefois 'une intelligence encore enveloppée, mais capable d'accroissement. Celle [dés Caraïbes ne parait presque pas en être susceptible. Si la saine philosophie et la religion ne nous prêtaient pas leurs lumières» si l'on se décidait par les premières impulsions de l'esprit, on serait porté d'abord à croire que ces peuples n'appartiennent pas k la même espèce humaine que nous. Leurs yeux stupides sont le vrai miroir de leur âme ; elle parait sans fonctions ; leur indolence est extrême. Jamais de soucis pour le moment qui doit succéder au moment présent. » Voyage à la Martinique, pag. 44, 45, Si. MM. de La Borde, Dutertre et Rochefort confirment cette desaiption. a Les marques caractéristiques des Californiens, dit le P. Yénégas, dé même que celles de tous les autres Indiens, sont la stupidité et l'insensibilité ; le défaut de connaissance et de réflexion ; l'inconstance, l'impétuosité et un appétit aveugle ; une paresse excessive qui leur £siit abhorrer la fatigue et le travail; l'amour du plaisir et des amusements, quelque insipides et gi'ossiers qu'ils soient ; la pusillanimité et le découragement; en un mçt, le défaut total et absolu de tout ce qui constitue l'homme et le rend raisonnable, inventif, traitable, utile à lui-même et à la société. Il n^'est pas aisé aux Européens qui ne sont pas sortis de leur pays de se former une juste idée des peuples dont je parle. On aurait de la peine à trouver dans le recoin le moins fréquenté du globe une nation aussi stupide, aussi bornée, aussi faible d'esprit et de corps que les malheureux Cahfomiens. Lleur intelligence ne va pas au delà de ce qu'ils voient :.les idées absti-aites, les raisonnements les moins compliqués SQnt hors de leur portée, de manière qu'ils ne perfectionnent
presque jamais leurs premières idées ; encoi'e sont-elles fausses et impailkites. On a be$iu leur faire sentir les avantagea 'quMls peuyent se procurer de telle ou telle façon, ou en s'abstenant de ce qui les flatte, oh ne gagne rien sur eux ; )ls ne peuvent comprendre le rapport qu'il .y a entre les moyené et les Qns; ils -ne -.savent ce que c'est que.de s'occuper à se procurer un bien, ou à se gai'antrr d'un iiml dont ils sont menacés. Leur volonté est proportionnée à leurs facultés, et toutes leurs passions n'agfssent que dans Aine sphère tiès-bomée. Ds n'ont absolument poipt d'ambition, et ils sont. infiniment plus jaloux do passer pour robustes que pour vaillants. Us ne connaissent ni Tbonueur, ni la réputation, ni les titres, ni les postes, ni les distinctions de supériorité ; de manière, que r.ambition, ce puissant ressort des actions humaines, qui causé tant de biens apparents et tant de maux réels dans le monde, n'a aucun pouvoir sur eux. Cette disposition d'esprit les rend non-seulement paresseux, indolents, inactifs et enpemis du travail, mais leur fait encore saisir avec empressement le premier objet qui se présente devant eux, pour peu qu'il leur plaise. Ils regardent avec' indifférence les services qu'jon leur rend et n'en conservent pas le moindre souvenir. En un mot, on peut les comparer à des enfonts en qui là raison n'est pas encore développée. C'est proprement une iiation chez laquelle aucun individu ne parvient à l'âge viril. » Hist. nat. et civile de la Californie, 1. 1, pag. 85, 90. M. Ellis parle de même de l'indoîence et du caractère inconséquent du peuple qu'on trouve près de la baie d'Hudsôn. Voyage, pag. 194, 195.
Les Américains sont si stupides que tous les nègres en général ont une aptitude beaucoup plus grande qu'eux à apprendre les différentes choses qu'o;i veut leur enseigner, et.dont il leur est impossible de saisir l'idée ; c'.est pourquoi les nègres, quoique esclaves, se croient des êtres d'une nature siipéfieuré aux Américains, 'qu'ils ne regardent qu'avec mépris, comme incapables de discernement et de raison. Ulloa, Notic. Americ, pag. 322, 323.
Note LXXIV, pajïc 276.
J'ai çemarqué précédemment que c'est pour la même raison qu'ils ne cherchent jamais à élever les enfants faibles ou mal ftLits..Ges idées sont si pjofondéinent imprimées dans l'esprit des Américains, que les Péruviens, qui sont très-civilisés si .on les compare avec les peuples sauvages dont je dépeins jçs mœurs; les ont reteiiues malgré leur commerce journalier avec les Espagnols. Ce peuple regarde encore la haissaAce des jumeaux comme un événement de mauvais augure, et les parents ont recours à des actes de la plus rigoureuse mortification pour écarter les malheurs dont ils sontmenacés. Lorsqu'un enfant est
né avec quelque difformité, ils cherchent à- éviter de le faire baptiser, et ce n'est pas sans peine qu'on les engage k le nounir. Arriaga, Exlirpac. de la.Idolat. del Peru, pag. 82, 33.
Note LXXV, page 280.
La quantité de ploisson qu'on trouve dans les riviè.res de l'Amérique méridionale est si considérable qu'elle mérite une attention particulière. Lé P. Acugna dit « qu'il y à une si grande quantité de poisson dans leMaragnon, qu'on peut le prendre avec la main sans employer aucun artifice;» pag. 138. « L'Orénoque, dit le P. Gumilla, produit une si grande quantité de tortues, outre urie variété infinie d^autres poissons, que je ne saurais trouver des termes pour l'exprimer. Je ne doute même pas que ceux qui liront ce que je vais dire ne m'accusent d'exagération ; mais jèr puis les assurer qu'il est aussi difficile de les compter que de compter les grains de sable des bords de cette rivière. On peut juger de leur quantité, par la consommation extraordinaire qu'il s'en fait; car toutes les nations voisines de l'Orénoque, et plu-. sieurs même qui en sont éloignées, s'y rendent avec leurs fkmilles pour en ftiire la pêche, et non-seulement elles s'en nourrissent lout le temps qu'elle, dure, mais eiles en font même sécher pSur les emporter chez elles, y joignant une multitude de corbeilles pleines d'œufe qu'elles ont fiiit cuire au feu, etc. » Hist. de l'Orénoque, tom. Il, chap. 22, pag. .56, 60. M. de La Ck)ndamine confirme ces récits, pàg. 159.
'Note LXXVI, page 280.
Piso a décrit deux de ces plantes, la cururuape et la guajana-lmbo. Il est singulier que, quoiqu'elles opèrent ce fatal effet sur les poissons, bien loin d'être nuisibles à l'homme, on s'en sert avec succès dans la médecine. Piso, lib. IV, cap. 88. Bancroft parle d'une autre plante nommée hiarrée, dont une petite quantité suffit pour enivrer les poissons à une distance considérable ; de sorte qu'en peu de minutes iis flottent saiis mouvement sur la surface de l'eau, où il est fa^r . cile de les prendre. Nat. Hist. of Guiana, pag. 106.
Note L^CXVII, pag(; 282.
Nous avons des exemples remarquables des malheurs auxquels des nations sauvages ont été exposées par la famine. Alvar-Nugnès Cabeça de Vaca, l'un des plus vertueux aventuriers espagnols, est demeuré près de neuf ans pahni les sauvages de là Floride, qui i^o-. . raient toute espèce d'agriculture, et dont la nourriture était aussi mauvaise que précaire. « Us vivent principalement, dit-il, des racines