‹ Histoire de l'AmériqueChapitre 8 sur 43 · UVRE I · texte numérisé non relu

UVRE I

Progr^ de la naviçatioo chet les anciens. — Leurs découreMes ont préparé celles de.^ moderaes. — Imperfection de la,, navigation e( de la |>éograpliie parmi les anciens. — Doctrine des tones. — L'irruption des nations bnrbitres arr^tc'les progrèi des nouvelles découverteji. — CoanuiâsaSce de la géo{;rnp)ue cotiseiflée en Orient et parmi le.<i Ambcft. — Renais* mce dil commerce fC'ds la navi(;niion en Europe. — lUxonl favoris^^s par les crnÎKadeK ; — .Étendu» par le» voya{;e» en Orient — La navi{;ation pcrAictionnée par l'invention de la bou&«>olc. — : Premier pbn ré];ulier ponr.&iire des découverlwt, formé par le^ Poriu|;ai6. — Etat da Poruigal. — IVojets du prince Henri. — Faiblesse de m» pitmièrcs tentatives. — ' Les Portuipiis s'avancf^t le leni; de la éôte occidentale df l'Afrique.— Espérance de s'ouvrir une nouvelle route aux hides orientales. — Tentalj||is qu'on hU pour y parvoiir. — Apparence de succès.

JLes hommes ne sont pîirvenus à découvrir et à peupler les différentes parties de là, Icrrè gue par des propres extrêmement -lents. H s'écoula plusieurs si^clos avant qu'ils pussent s'éloigner des heureuses et fertiles régions où ils avaient été d'abord placés par le Créateur. On connaît l'occasion de leur première dispersion générale ; mois nous ignorons le cours de leurs émignitions et le tempis où ils prirent possession des différentes • contrées qu'ils habitent aujourd'hui. Ni l'histoire , ni la tradi^* tienne nous ont laissé, sur ces temps reculés, assez de lumières.

44 HISTOIRE DE L'AMÉRiQDE.

pour nous mettre en état de suivre avec quelque certitude les procédés du genre humain dans Tenfance des sociétés.

Nous pouvons conjecturer cependant qiie les premières émigrations des hommes §e ^pnt ttmte^ paf terre. L*Océan , qui partout environne la terre habitable, rt les différents bras de iner qui séparent une région de Tautre, quoique destinés à faciliter la communication entpe les pays éloignés, semblent d*abord n^^foir été foigni^és qpe pouf aârrêter la i^archç dé l*^onfime et pour marquer les litpit^s de cette portiqp du glèbe oft la nature l'avait enfermé. Nous devons croire que ne ce fut qu*âprès un long espace de temps que les hommes tentèrent de franchir cette formidable barrière, et acquirent assez d*habilété et d*audace pour se livrer à la merci des vents et des vagues , et pour quitter leur paye natal, dans la vue d'aller chercher des. régions . lointaines et inconnues.

La. navigation et la construction des vaisseaux sont des arts si déli(iats et si compliqués, qu'on a eu besoin de Tindustrie et de Texpériencê de plusieurs siècles pour leur donner quelque degré de perfectio^ï. Du y^deau ou du canot, qui le premier sepvit à un sauvage pour passer la rivière qui l'arrêtait dans sa chasse, jusqu'à la constttictiôn d'un vaisseau capable de transporter ^vec sûreté uri grand nombre 4*Uommes ensemble à une côte éloignée, le progrès de l'industrie est prodigieux. H a fallu faire bien des efforts, tenter bien des expériences, employer beaucoup (|c tçavjfil et d'a4re$3a, pour v^nir à bout de cette grande-etxlifficile entreprise. L'état d'imperfection où se trouve la navigation chesi les peuples qui ne sont pas encore complètement civili^s, justifie l'idée que nous donnons ici de ses prt)grès, et prouve clairement que dans les t)remiers temps l'art n'était pas assez avancé pour mettre |esbP(nn)Ç3 ei\.étatd*entreprçpdre de longs voyages et de tenter au loin des découvertes.

Mais, dès queV^^^^^^ \^ navigation fut connu, il s'établit paraît les hommes un nouveau genre de correspondance : voilà l'époque d'où nous devons dater le commencement de cette c(ip[iïpunication entre les peuples qui mérite le. pomde commerce. La civilisation devait être assez av?^^cée ^vant que 'le Qommeifce devint un objet d*une grande impor^nce ; car tes hommes oxift dû avQif acquis déj4 ri4ée 4§. H propriété, çt w

UVIE FRlBllIEB. IS

1^ $xé les principes av^c assez de précision pour connaître le ^uç sitnple de tous lea contrats , celui d'échanger une denrée grossière contre une autre. Mais ce principe important une Mg établi, lorsique chaque indivifju sentit q)| 'il avait un droit exclusif i posséder ou k aliéner tout ce qu'il avait aequia par son travail et par sop adresse, ses prQpre§ besoins et son industrie lui suggérèrent bientôt un nouveau moyen d'augmenter ses ac? qui^itions et ses joqis^noes , en disposant de ce qu'il avait é^ superOu pour se proeurer ce qui pouvait lui être agréaÛe Qu i)til§ d^ns le superQu des auire^. C'est ain^ qu^ '\p com.- «erpe a^intrqdiiisit parmi le§ aiemhres de \^ même société; 4l6 découvrirent ensuite par degrés que des tribqs voisines posaédaient^ce qui leur manquait , ou jouissaient de quelque commodité qu'ils désiraient de partager. Alors il se forma un cornmerçe^vec les autres tribus ou rmtions , de la même manièi^ et sur^ les n^m^s principes que s'était établi le trafic doroeatique dans l'intérieur de la société, (.'intérêt et les besoins iQutuel^ des différentes peuplades, leur r^Adant également agréable cette communication réciproque, amenèrent insensiblement les maximes et le^ lois qui eu facilitent |9S progrès et en as^uredt les opérations. Cependant il ne peut pas se former un comnaerce fort étendu entre cjes proviqoe^ coiitigués, ()ontle sol et le clim(^t étant i peu près les mêmes , ne donnent ^ue des productions du même genre. D'un autre cOté, des peuples éloignés ne peuvent porter pir terre leurs denrées d^ns lea lieiii oii la rai^té de ces denrées les ferait rechercher et y mettrai^ un grand prix. C'est la navigation qui a procuré aux hommes |e pouvoir de transporter le superflu d'une partie de la terre pour subvenir aux besoins d'une autre : dès lors les prqductions . d'un i^imat particulier ne ^nt plus bornées ^ un seul canton ; le commerce en communique la jouissance aux régions ^es plu? lointaines./

La communication entre les peuples s'étendit à m^ura «lufi la connaissance des avantages oflerts par la navigation et le commerce continua de se répandre. L'ambitioii des conquêtes et le beaoin de ^ procurer de nouveaux établissements ne fu? rent plus ies seuls motifs des émigrations. f.e désir ^u g^^Q devint un nouyel aiguillon pour l'activité : il fit n^^ître ie^ ^ven*"

Oigitized

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turiers qui entreprirent .de longs voyages pour chercher des pays dont les productions ou les besoins pussent augmenter la circulation, quiseule entretient et étend le commerce.

Devenu dès lors une grande source de découvertes, le commerce s*ouvritdes mers inconnues, pénétra dans des régions nouvelles, et contribua plus qu-aucune autre cause, à faire connaître aux hommes la situation,. la nature et les productions des différentes parties du globe. Cependant, quoiqu'il y eût un commerce régulier .établi dans le monde, quoique la civilisation eût fait de grands progrès, et que les sciences et les arts fussent cultivés avec autant d*arde(lr q.ue de succès, la navigation resta si imparfaite qu*à peine peut-on la regarder comme sortie de Tenfance dans l'ancien monde.

La construction des vaisseaux chez les anciens était extrêmement grossière, et la manière de les manœuvrer n*était pas moins défectueuse. Ils ignoraient absolument quelques-uns des grands principes et des opérations principales qui sont aujourd*Jiui regardés comme les premiers éléments de la navigation. Ils connaissaient à la vérité la propriété' qu*a Taimant d'attirer le fer; mais la propriété, plus merveilleuse et plus importante qui 'le dirige vers le pôle avait entièrement échappé à leurs cd)servations. Privés de ce guide fidèle, qui conduit aujourd'hui le pilote ^vec tant de certitude dans Timmensité des mers, soit dans Tobscurité de la nuit, soit quand le ciel est obscurci par les images; les anciens n'avaient d'autres moyens de régler leur route queTobservation du soleil et desétoiles. Leur navigation était par conséquent incertaine et timide:. rarement osaient-ils perdre de vue la terre : ils se traînaient le long dés côtes , re- .tardés par tous les obstacles , exposés a tous les dangers inséparables de cette manière de naviguer. Il fallait un temps incroyable pour exécuter des voyages qu'on achève aujourd'hui en quelques semaines. Même dans les climats les plijis doux et dans les mers les moins orageuses, c'était seulement pendant l'été que les anciens se hasardaient à sortir de leurs ports. Le reste de l'année se perdait dans l'inaction : on aurait regardé comme une imprudence téméraire d'affronter durant l'hiver la fureur des vents et des flots *.

' Vcçetius, de Re milit. lib IV.

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