FIG. 4. DESSINS ANATOMIQ^UES DE LEONARD DE VINCI
(Manuscrits de la Bibliothèque royale de Windsor.)
cependant ce merveilleux et génial anatomiste ne se montre pas satisfait de son œuvre; à chaque instant, il note qu'il lui faudra refaire tel dessin, accentuer plus nettement tel détail.
Cest sur le squelette, qui présente des points de repère fixes, que doivent être faites les études de proportions. Cest donc comme suite et conséquence de la démonstration des pièces osseuses quMl se propose d'examiner leurs rapports de longueur, et on sait, par ses autres œuvres, combien ces questions le préoccupaient. On trouve ces rapports indiqués, par des traits suffisamment démonstratifs, surnombre de ses dessins; ailleurs, pour des détails plus délicats de proportion, il s'explique dans ses notes ou bien il indique seulement le projet d'en faire une recherche plus soignée.
Voilà certes un programme complet et bien ordonné de l'étude du squelette. Passons à la myologie. Avec une inspiration réellement scientifique, ce n'est pas par l'écorché, par l'examen des muscles superficiels, qu'il veut commencer. Sa méthode, explicitement réalisée dans plusieurs dessins, est catégoriquement formulée dans ses notes. Puisqu'il a d'abord établi le squelette, c'est de celui-ci qu'il partira pour démontrer les muscles qui s'y attachent, le recouvrent et le meuvent.
Ces muscles, qu'il étage ainsi dans leur ordre régulier de superposition, il les analyse, dans ses dessins, avec une minutie extrême. Arrêtons-nous, par exemple, un instant sur certaines des figures qui s'y rapportent (fig. 5 et 6). Ce sont des études très variées de la musculature du cou et des épaules; elles ont bien le carac-
tère de notes prises au courant des séances de dissection, avec les hésitations inévitables pour le chercheur