FI G. 6, DESSINS AN ATOMI Q^U ES DE LÉONARD DE VINCI
(Manuscrits de la Bibliothèque royale de Windsor.)
ciellement un muscle en ses divers faisceaux, Léonard était dominé par le sentiment physiologique des fonctions différentes de chacun de ces faisceaux. Tel est bien le cas du muscle grand pectoral; il en schématise les actions diverses, en isolant chaque partie à action différente.
Il se proposait, en effet, et ses notes le prouvent, de tirer grand parti de ce que nous appelons aujourd'hui des figures schématiques : pour indiquer un muscle, il suffit de connaître ses deux insertions extrêmes, et de tirer, sur le squelette, une ligne allant de Tune de ces insertions à Tautre. Cette schématisation, il la considère aussi comme d'un grand secours pour démontrer les rapports des muscles, laisser entrevoir, dans les interstices artificiellement exagérés des superficiels, la présence et la disposition des profonds (fig. 6).
Tous ces procédés d'enseignement, tous ces artifices de démonstration, ce sont exactement ceux que nous employons aujourd'hui. Léonard, le premier, les a formulés et appliqués avec une précision qui étonne.
Nous avons pensé que le lecteur serait heureux de trouver dans les lignes qui précèdent une analyse des documents relatifs aux travaux de Léonard de Vinci et d'y voir la preuve de l'activité infatigable de ce prodigieux génie, qui fut à la fois ingénieur civil et militaire\ peintre, sculpteur et architecte. Ce qu'il a fait dans ces diverses branches de la science et de l'art est
I. Sur les travaux de Léonard comme ingénieur, on lira un intéressant article de M. F. Nucharzenski : Un ingénieur du xv*^ siècle : Léonard de Vinci {Revue scientifique, i5 août i885, p. 208).
XVP SIECLE.
connu de tout le monde, et justifie bien ces paroles de Taine : « Léonard de Vinci, inventeur précoce de toutes les idées et de toutes les curiosités modernes, génie universel et raffiné, chercheur solitaire et inassouvi, pousse ses divinations au delà de son siècle, jusqu^à