‹ Histoire de l'anatomie plastiqueChapitre 19 sur 78 · I. Taine, Philosophie de Part en Italie, p. lo · texte numérisé non relu

I. Taine, Philosophie de Part en Italie, p. lo

tomie proprement dite, sans parler ici de la botanique^ En paléontologie, Léonard de Vinci est en avance •de trois siècles sur les savants de son époque. Nous avons vu (manuscrit F, Bibliothèque de l'Institut) que Léonard de Vinci s^était préoccupé de la nature des poissons pétrifiés; or ses contemporains avaient des conceptions singulières sur la nature des fossiles et « il a fallu bien longtemps pour arriver à Tidée simple et naturelle que les fossiles étaient simplement les débris d^organismes éteints ^' » . Or Léonard de Vinci a été le premier à oser affirmer que la lente pétrification des débris ■organiques est le fait du limon se déposant au fond des •eaux et englobant peu à peu ces restes. Chose remarquable, au xvi^ siècle, un autre artiste, un potier fran- •çais, célèbre par ses découvertes dans Part de fabriquer les faïences émaillées, Bernard Palissy, affirma la même chose; mais les savants étaient bien éloignés de faire quelque cas de ces vues dictées par le simple bon sens, -et ce n^est qu'à la fin du siècle dernier que la nature des fossiles fut définitivement interprétée diaprés les idées de Léonard de Vinci. On sait que la science •des fossiles fut bientôt après élevée sur des bases solides par les immortels travaux de Cuvier sur les ossements des vertébrés fossiles et ceux de Lamarck sur les fossiles des invertébrés.

1. Voyez pour la botanique : Conjectures à propos d'un buste en marbre de Béatrix d''Este au musée du Louvre et étude sur les connaissances botaniques de Léonard de Vinci, par L. Courajod ■et Ch. Ravaisson-Mollien {Ga:iette des Beaux-Arts, octobre 1877).

2. Ernest Haeckel, Histoire de la création des êtres organisés d'après les lois naturelles. Traduction française par Ch. Letourneau. Paris, 1877, p. 5i.

En zoologie et physiologie comparée, les études de Léonard de Vinci sont particulièrement remarquables en ce qui touche :

i" Le mécanisme de la locomotion : il compare la locomotion du poisson, de Tanguille, du serpent et de la sangsue^; il compare la puissance des membres postérieurs chez les batraciens nageurs, comme la grenouille, et chez les mammifères qui procèdent par bonds, comme le lièvre^ Il fait, entre les mouvements des membres des quadrupèdes et les oscillations des bras accompagnant les mouvements des membres inférieurs de rhomme pendant la marche, une comparaison lumineuse et qui est parfaitement d'accord avec Pinterprétation acceptée aujourd'hui par ceux qui ont le plus attentivement étudié les allures du cheval : « La marche de Phomme, dit-il, est entièrement semblable à celle des quadrupèdes, car, de même que ceux-ci, comme le cheval, meuvent leurs membres en diagonale, de même l'homme meut ses membres, c'està-dire que, en même temps qu'il projette en avant le pied droit, il fait osciller en avant le bras gauche, et puis de même pour le pied gauche avec le bras droite » Nous avons déjà fait de nombreuses mentions de ses études sur le vol des oiseaux, et de ses dessins traduisant des projets de construction d'un oiseau artificiel.

2^ La vision, les fonctions des paupières, les modifications de la vision par l'effet de l'âge (presbytie), la

1. Manuscrit M, in Richter, op. cit., t. II, p. 112, n'* 821.

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