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PLANCHE ANATOMIQ.UE DE CHRYSOSTOME MARTIN EZ

cins et chirurgiens ^ mais encore aux peintres, sculpteurs^ graveurs^ brodeurs^ et en général à toutes les

ï3i L'ANATOMIE PLASTIQUE.

personnes savantes et curieuses de connaître exactement la structure du cofys de Vhomme^ dessignées d'après nature et gravées par Chrysostome Martine^. Espagnol, peintre anatomiste. Paris, chez Pauteur (pro- ' bablement vers l'année 1689).

Uune de ces planches (fig. 46) représente, dans sa partie supérieure, quatorze squelettes dans diverses altitudes et sur lesquels les contours des muscles se trouvent indiqués. Dans la partie inférieure sont représentés des os isolés, vus non seulement sous différentes faces, mais encore sciés longitudinalement afin d'en montrer la configuration intérieure.

L'autre planche (fig. 47) représente trois écorchés d'adultes et un squelette d'enfant, avec de nombreuses traces de divisions obtenues au moyen de cercles et réalisant un système de proportions. En bas, dans un cartouche, se trouve un compas ouvert placé au-dessus d'une règle; à droite et à gauche de ce cartouche sont indiquées des figures géométriques relatives à la perspective.

Ces planches eurent un succès mérité et furent estimées propres à renseignement. Elles parurent encore, à la fin du xviii® siècle, accompagnées d'un petit volume explicatif intitulé : Nouvelle exposition de deux grandes planches gravées, Et dessinées d'après Nature, par Chry^ sostome Martine^. Espagnol, Représentant des Figures très-singulières de Proportions et d' Anatomie. Ouvrage important, et utile^ non-seulement aux Médecins..., etc. Avec un Eloge Historique de r Auteur^ suivi de deux Discours^ qui expliquent les deux Estampes tirées sur ces deux Planches. Imprimée, en 1740, parlaV^D'Houri,

et réimprimée, par ordre de TAcadémie royale de Peinture, et sous son Privilège, chez la Veuve Hérissant, Imprimeur du cabinet du Roi, et de PAcadémie Royale de Peinture, 1780. Nous avons voulu reproduire ce titre en entier, parce qu^il montre que l'Académie de Peinture tenait ces planches en grande estime; ce qui, du reste, est encore démontré par une note placée à la dernière page et indiquant que « Les Planches de Martinez, dont l'Académie Royale de Peinture a fait acquisition, se trouvent chez le Concierge de ladite Académie au Louvre, et se vendent avec le Livret explicatif desdites Planches ».

Devenues, à notre époque, rares et peu connues, elles ont dû un retour de notoriété à Tautorité que leur a donnée Ch. Blanc dans son étude sur le canon des Egyptiens. On sait que Ch. Blanc a voulu démontrer que la longueur du doigt médius représentait Punité de mesure dans ce système de proportions, et que par suite il a été amené à rechercher si la main est une partie dont les dimensions demeurent à tous les âges dans la même proportion avec la taille; c'est dans Martinez qu'il a pensé en trouver la démonstration \ En effet, dans le « Discours de Martinez sur sa

I. Charles Blanc. Ga;^ette des Beaux-Arts, août 1860, p. 199, et Grammaire des arts du dessin, Paris, 1867, p. 44 : « Les anatomistes, et notamment Chrysostome Martinez (dans le texte de ses belles planches anatomiques), nous apprennent que de tous les os de l'homme ceux de la main sont les seuls qui croisent toujours dans la même proportion, de sorte que, depuis l'enfance jusqu'à la virilité, la main garde constamment le même rapport de longueur avec l'ensemble du corps. Cette observation a été pour nous un trait de lumière. Si les os de la main conservaient

première planche d'anatomie », page i8 de la Nouvelle exposition de deux planches, etc., nous lisons : « Il est bon de savoir, que la symétrie des os de la main de Penfant est dans la même proportion, que lorsqu^il est arrivé dans un âge parfait; de sorte qu'à mesure quHl croît cette même partie porte toujours la dixième portion de la hauteur de son corps; ce qui n'arrive pas dans les autres os, qui varient tous suivant les divers accroissemens, hors ceux du pied. »

Nous avons déjà indiqué que les belles planches du traité de Vésale furent utilisées par différents auteurs, et nous avons fait allusion précédemment aux ouvrages de Bonavera et de Tortebat. Nous allons faire une analyse spéciale du livre de ce dernier; mais nous pensons qu'il ne sera pas inutile de donner auparavant les noms de certains autres auteurs qui ont fait les mêmes emprunts. Nous rappellerons tout d'abord que Jean Valverde de Hamusco (voir p. 1 1 7) a fait copier ces planches; nous ajouterons qu'elles le furent aussi en Italie, et à ce sujet nous citerons l'ouvrage de Giacopo Moro, Anatomia Ridotta alV uso de^Pittori e Scultori, Vinegia, 1679, qui contient dix-neuf planches au trait, reproduites d'après Vésale; nous ajouterons encore que « les planches de Jacques Grévin de Clermont (in-foL, i565) (voir p. 199), de G. Plantin d'Anvers (1572), de Félix Plater (i583}, de Salomon Alberti (i583), de Balduin Ronseus de Gand (1584), de

avec le corps une relation invariable, il était à présunier que les prêtres de l'antique Egypte, qui connaissaient si profondément les lois de ia nature, avaient choisi leur unité de mesure dans la main... »

XVI le SIECLE.

Jacques Guillemeau (iSgS), d'André Dulaurens (1600),

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