FIG. 66. — ANGLE FACIAL D E
(P. Camper. Dissertation sur les différences réelles que présentent les traits du visage chez les hommes de différents pays, etc.)
du front à la saillie des dents incisives supérieures »
(fig. 65 et 66). C^est Pangle formé par la rencontre de
ces deux lignes que Ton désigne sous le nom d'^angle
facial de Camper. Pour Camper cet angle facial est un
moyen de caractériser les différentes races humaines d'une part et la beauté plastique d'autre part. « L'angle que fait la ligne faciale ou caractéristique du visage varie, dit-il, de 70 à 80 degrés dans l'espèce humaine : Européen 80 degrés (fig. 65), nègre 70 (fig. 66). Tout ce qui s'élève au-dessus se ressent des règles de l'art, de l'imitation de l'antique; tout ce qui s'abaisse audessous tombe dans la ressemblance des singes (orangoutang, 58 degrés). Si je fais tomber la ligne faciale en avant, j'ai une tête antique ; si je la fais pencher en arrière, j'ai une tête de nègre. Si je la fais encore plus incliner, il en résulte une tête de singe; en l'inclinant davantage encore, j'ai celle du chien, puis celle de la bécasse. » En résumé, cette mesure de l'angle facial donne le rapport qui existe entre le développement du crâne et le développement de la face. Dans les races et les espèces supérieures le crâne est grand, la face petite, l'angle est grand; à mesure que l'on descend dans l'échelle des êtres, la face, au contraire, devient de plus en plus grande par rapport au crâne, alors l'angle facial devient de plus en plus petit. Ces données présentent un réel intérêt au point de vue du caractère des formes de la tête, c'est pourquoi elles doivent prendre place dans l'enseignement de l'anatomie plastique. Dans le Précis d'anatomie à Vusage des artistes^, publié par l'un de nous, ce sont les figures mêmes du traité de Camper qui ont été re-
I. Mathias-Duval, Précis d'anatomie à l'usage des artistes. Bibliothèque de l'Enseignement des beaux-arts, Paris, 1881. Traduction anglaise : Artistic anatomy by Mathias-Duval translated by Fr. Feuton. London, New-York, 1884.
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(Edme Bouchardon. L'Anatomie nécessaire pour l'usage du dessein.)
i8<S L'ANATOMIE PLASTIQUE.
produites, à propos de la description de Pangle facial.
Afin de passer en revue, sans interruption, les traités publiés à Fétranger, nous avons laissé de côté, depuis le milieu du xviii*' siècle, ceux qui ont été publiés en France, ou qui, pour mieux dire, ont été rédigés par des Français. Cette détermination devait nous entraîner à une infraction à Tordre chronologique; mais elle nous permet de nous attacher maintenant, d'une façon spéciale, à Fétude de ces derniers, au moins en ce qui concerne les auteurs qui ont écrit sur Panatomie plastique pendant la seconde moitié du siècle dont nous nous occupons.
Il est à remarquer tout d'abord que depuis la publication de Tortebat, en 1668, aucun ouvrage d'anatomie plastique n'a eu son origine dans notre pays. Celui qui, en France, succède à cette copie de Vésale, n'est apparu que vers le milieu du xviii^ siècle, c'est celui d'Edme Bouchardon.
Edme Bouchardon (Chaumont 1698 — 1762 Paris), sculpteur et architecte, étudia à Paris comme élève de Coustou le jeune, puis à Rome. Il fut reçu membre de l'Académie de peinture et de sculpture en 1745 et professeur en 1746. Nous parlons de cet artiste à cause de l'ouvrage d'anatomie plastique ayant pour titre : U Anatomie nécessaire pour Vusage du dessein, par Edme Bouchardon, Sculpteur du Roi.
Les exemplaires de cet ouvrage doivent être assez rares; il n'en existe pas dans les bibliothèques publiques et nous n'en avons trouvé que le frontispice au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale. Désireux pourtant de le connaître, nous étions sur
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le point de faire des recherches dans les collections du département natal de son auteur, lorsque, à
(Edme Bouchardon. L'Aiiaiomte nécessaire pour V usage du dessein.)
notre grande satisfaction, nous pûmes, par hasard, en acquérir un exemplaire.
Le frontispice (fig. 67), dessiné par Ed. Bouchardon,
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n^a rien d'anatomique; il semble même qu'il ait été utilisé après coup; le Génie écrivant qu'il représente appuie son crayon très en dehors du titre, et dans un emplacement où rien ne devra être indiqué. A moins qu'il n'y commence, sans tenir compte de la symétrie, l'indication de la date de publication. En effet, cette date manque, et pourtant Choulant^ et Bellier de la Chavignerie^ signalent une édition en 1741 et une nouvelle édition en 1802.
Ce traité est plutôt d'après Bouchardon que de Bouchardon lui-même; de plus, le nom d'Edme ne devrait pas être seul mentionné, car il a eu un collaborateur. C'est ce que démontrent l'examen de cet ouvrage et la lecture de l'avis « Au Lecteur », avis qui n'est pas signé. Il y est dit, par son rédacteur anonyme : « Je ne voulois d'abord donner au Public que les figures gravées sur les desseins de M»" Bouchardon... j'i ay ajouté le nom des Muscles et leurs principaux usages dans une Table générale. » C'est donc bien un autre auteur que Edme Bouchardon qui a publié cet ouvrage. Plus loin nous lisons : « L'Ostéologie étant la base de l'Anatomie, j'ay donné un Squelet gravé de trois côtés d'après celui de l'Académie Royale... je donne les mêmes squelets sur quoi on voit en même tems l'attachement de tous les muscles sur l'Ostéologie. » Ces six planches d'ostéologie sont signées, les unes Bouchardon junior, les autres J.-Ph. Bouchardon ; les écorchés seuls sont signés Ed. Bouchardon.