PLANCHE ANATOMIQUE DE L.-S. ADAM
ce n'est pas à dire que souvent ils n'éprouvent le besoin d'étudier par eux-mêmes le cadavre, et de reprendre pour leur propre compte les r-echerches de dissection. Un exemple nous en est fourni, notamment par Géricault, sur les études duquel nous devons donner quelques détails, puisque nous reproduisons un grand
I. Mathias-Duval et Albert Bical, l'Anatomie des maîtres. Paris, 1890.
XV IIP SIECLE.
nombre de ses dessins anatomiques inédits conservés à la Bibliothèque de l'École des beaux-arts.
Charles Blanc, dans son Histoi?^e des peintres (Ecole française, tome III), parle à plusieurs reprises de Fardeur avec laquelle Géricault se livra à Tétude
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FIG. 77. PLANCHE ANAtOMK^UE DE L.-S, ADAM.
de Fécorché du cheval et de Fhomme. L'École des Beaux-Arts possède, en effet, de nombreux et beaux dessins de ce peintre sur Fanatomie du cheval; mais c^est surtout dans la biographie écrite par Charles Clément^ que nous trouvons à cet égard les détails les
I. Charles Clément, Géricault, étude biographique et critique, avec le catalogue raisonné de Vœuvre du maître, 3*^ édition, Paris, 187g.
I, ANATOMIE PLASTKVUE,
plus explicites : on croirait, à plusieurs siècles dUntervalle, relire la biographie de Léonard de Vinci, car on y retrouve la même ardeur pour les recherches originales, les mêmes projets de composition d'un traité d'anatomie artistique.
D'une part, dans les notes manuscrites qu'il a laissées, Géricault, alors élève de Guérin, formule ainsi le programme qu'il se traçait pour l'emploi de ses journées : « Dessiner et peindre les grands maîtres antiques. Lire et composer. — Anatomie. — Antiquités^ » « Géricault », dit Ch. Clément, « avait étudié le corps de l'homme ei celui du cheval avec un soin et même une minutie que ne dépasserait pas un anatomiste de profession. M. de Varenne possède une trentaine de feuilles d'anatomie de l'homme et du cheval que Géricault avait probablement préparées en vue de les publier, car chaque pièce myologique est accompagnée de la pièce ostéologique correspondante, et les feuilles sont chargées de notes manuscrites donnant les noms des os et des muscles et correspondant à des numéros placés dans les dessins. On comprend, en voyant ces admirables ouvrages, si larges, si simples, si vrais, d'une exécution si ferme et si magistrale, la force constante, l'imperturbable savoir, que l'on retrouve dans les moindres croquis de Géricault. La structure intérieure du corps de l'homme et de l'animal lui était si familière, qu'il se jouait des difficultés de la forme et du mouvement. On ose à peine le dire, mais Michel-Ange lui-même n'aurait peut-être pas mis