FI G. II 8. ÉCORCHÉ DE CAUUKON
3+2 L' A NATOMIE PLASTIQUE.
points faibles au point de vue de la méthode, elle est généralement exacte et, de plus, les détails sont clairement exposés.
A Fétude de Postéologie succède celle de l'arthrologie. La rédaction de ce chapitre, comme celle du précédent, est des plus remarquables au point de vue didactique; sans entrer dans des détails inutiles, Fau a su y donner d'une façon attrayante l'indication et Pexplication de tous les mouvements qui ont lieu dans les articulations. Mais ce n'est pas à la suite de cette dernière partie et dans un chapitre spécial que se trouve décrite la myologie. Celle-ci est la partie dont la rédaction laisse malheureusement le plus à désirer, à cause du plan général que Tauteur y a adopté: les insertions sont indiquées à part, à propos de chacun des muscles, dans Texplication des planches placée à la fin du volume; les notions relatives aux mouvements déterminés par la contraction musculaire et aux modelés qui résultent de la présence des muscles sont réparties dans les chapitres qui ont rapport à Pexplication des formes extérieures ; de sorte que si Ton veut étudier, par exemple, le muscle biceps brachial, c'est dans la légende des planches que Ton trouvera notées ses insertions, et dans une partie du paragraphe intitulé « Changements de forme produits par les mouvements du membre supérieur » que Ton verra que la . flexion de Tavant-bras est déterminée par la contraction du biceps (p. i83), et que, dans une autre partie du paragraphe (p. i86), on apprendra que ce muscle agit de plus sur les articulations radio-cubitales ; mais alors, à cause d'un /^^5z/^ regrettable, on y lira que le
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biceps est pron'ateur^ tandis que, au contraire, il place l'avant-bras dans la supination.
Ce plan a certainement l'avantage d'obliger, pour ainsi dire, le lecteur à lire tous les chapitres, à ne rien négliger;. de plus il donne au texte une certaine sou* plesse que celui-ci n'aurait pas s'il était conçu d'une façon plus méthodique; mais il présente aussi cet inconvénient que l'élevé, s'il désire se remettre en mémoire un détail oublié, sera alors obligé de se livrer à des recherches que lui éviterait un plan mieux divisé. La première rédaction, disions-nous, est plus souple; la seconde, sans contredit, peut avoir un aspect plus rigide; mais celle-ci présente tant d'avantages que, à notre point de vue, elle pourrait être préférée.
Pourquoi l'auteur, après avoir décrit le squelette et les articulations avec tant de méthode, ne s'est-il pas interdit d'entreprendre la description des formes de la façon que voici, à propos de la tête de l'enfant : (( Lorsque la bouche s'entr'ouvre, elle laisse apercevoir des dents aiguës? » (p. i33.)
Pourquoi, à propos de la femme, parler de ses « formes séduisantes dont l'attrait irrésistible assure pour toujours, au sexe le plus faible, un empire absolu sur le sexe le plus fort »? (p. 162.) Était-il bien nécessaire de dire ceci, toujours à propos du même sujet? « La partie inférieure de la jambe est d'une finesse et d'une élégance trop connues pour qu'il soit nécessaire d'en faire l'éloge; ajoutez, à toutes ces richesses, des malléoles d'enfant, un petit pied coquettement cambré, sillonné d'un réseau veineux qui rehausse la blancheur éblouissante de la peau, et vous
aurez tracé Pensemble séduisant du membre inférieur de la femme. » (p. 201.)
Il nous est difficile d'approuver ce genre de littérature, surtout dans le texte d^un ouvrage qui, dans le plus grand nombre de ses chapitres, est sérieusement rédigé. Quelle a pu être l'intention de l'auteur qui se laissait aller ainsi à un abus de considérations plus ou moins légitimes? Simplement celle que l'on retrouve chez certains autres auteurs, et qui résulte de la conviction que pour parler à des artistes, leur plaire et les intéresser, il est nécessaire d'user de certaines coquetteries et d'ajouter un peu de fantaisie aux descriptions utiles, dans le but d'atténuer, par des considérations que Fau jugeait peut-être très poétiques, la sécheresse de description que, à tort, il ne croyait pas pouvoir amoindrir en employant d'autres moyens. En cela il s'est trompé; les artistes, au point de vue de Fétude des sciences accessoires, doivent êtie jugés plus sérieusement, et la meilleure façon d'obtenir leur confiance et de mériter leur approbation, c'est, lorsqu'on a la mission de les instruire, de le faire avec conscience et de ne se préoccuper que de leur intérêt.