‹ Histoire de l'ancien et du nouveau VitryChapitre 17 sur 41 · AN · texte numérisé non relu

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Le moyen-âge est célèbre par sa foi ardente , panses entreprises gigantesques , et surtout par cette foule de monumens religieux qu'il a produits. C'est à cette époque qu'on construisit la plupart de ces cathédrales majestueuses , dont les flèches se perdent dans les nnes , qui excitent l'admiration et qui font le désespoir de tous les siècles. Vitry, capitale du Perlhois, vit aussi s'élever dans son sein diflerens monumens. On y comptait, en 1256 , neuf églises ou chapelles.

L'église principale resta en désastre pendant environ dix ans , sans qu'on songeât ou qu'on pût la rétablir. Les habilans échappés au carnage et à l'incendie se rendaient à Sainte-Geneviève pour assister aux offices divins. Quand Henri i", successeur de Thibaut au comté de Champagne , et qu'on appelle l'homme magnifique, virum maffnificum , fut de retour de la Palestine , où il se signala par sa valeur (1) , il commença à relever

(1) Je ne pub m'empêcher de rapporter une aventure qui

lui est arrivée pendant qu'il était en Palestine. Ayant fait vi-

M site au Vieux de la Montagne , celui-ci te promena dans toutes

V , dam parties de son séjour. L'ayant conduit vers une tour ele-

•a Gaule vëe>sur les créneaux de laquelle se tenaient des homme*

po " ,<lu * vêtus de blanc , il dit à son hôte : u, Vous n'avez point de «• ,v » P- . i ,. . ^ « -i r

m sujets aussi obeissans que les miens, n r*n même temps il lit

un signe , et deux de ces hommes se précipitèrent du haut de

r église de ses mises en 1152. Il parait que ce ne fut d'abord qu'une chapelle qui fut soumise au monastère de Saint-Pierre-du-Mont de Chàlons , par une bulle d'Anastase iv.

Blanche , comtesse de Champagne , après la mort de ton époux Thibaut m , douzième comte de Champagne, gouYema toute cette province pendant la minorité de Thibaut iv , son fils ; elle s'occupa beaucoup d'oeuvres de piété et de fondations. Elle donna, en 1220, les moulins de Vitry à l'abbaye de Cheminon , qui les posséda jusqu'à sa suppression en 1791. Comme la population de la ville s'augmentait , la comtesse entreprit de reconstruire l'église Saint-Memmie. Elle voulut qu'elle fut magnifique , d'une grande hardiesse et digne de son opulence. Les restes que nous voyons encore aujourd'hui attestent son ancienne splendeur. Elle avait cinq nefs , et par conséquent cinq autels de front ; la nef du milieu avait presque la moitié de largeur de plus que les autres nefs. Ces églises à cinq nefs sont fort rares» Les voûtes étaient portées sur quatre rangs de colonnes à corniches élégantes. Les piliers extérieurs étaient sculptés avec beaucoup de goût et garnis de petites niches qui renfermaient des statues de saints ; ils étaient surmontés de gargouilles immenses qui vomissaient les eaux pluviales. Il régnait tout autour de belles galeries.

la tour et moururent à l'instant. Ces hommes étaient autant d'assassins déterminés aux ordres du Vieux de la Montagne , qui parvenaient presque toujours à frapper de mort les princes ou les rois qui avaient eacouru la haine de leur m ai Ire el qu'il avait deVigués à leurs poignards.

Les croisées étaient formées de riches vitraux qui retraçaient les histoires de l'ancien et du nouveau Testament qui ne laissaient pénétrer dans l'église qu'a ne lueur sombre qui pénétrait de respect pour la majesté divine , qui frappait d'une sainte terreur , et qui inspirait le recueillement. Le portail n'était point à l'ouest, mais au midi et au centre de l'église. Les fossés qui ceignaient le bourg et le château n'en étaient qu'à six pieds (ou deux mètres) au couchant , ce qui empêcha d'y placer le portail. Cette partie n'était composée que de piliers , comme à l'est , qui rentraient les uns dans les autres , sans croisées ni portes. La tour qui renfermait les cloches s'élevait au-dessus ; mais l'ancien clocher était au levant , où est maintenant la sacristie. On y voyait «ncore , en 1782 , un escalier en pierres qui conduisait sur la partie méridionale de l'église, qui était magnifique et qui est maintenant entièrement détruite. Cette église^etait du style gothique le plus pur et le plus élégant. Elle n'avait point la forme d'une croix grecque ou latine ; c'était une basilique qui avait cent trentetrois pieds en longueur sur quatre-vingt-quatre de largeur. Elle resta toujours sous le patronage de Saint- Pierre-du-Mont de Châlons, qui possédait encore le personnat de toutes les églises de Vitry.

Ce qui prouve, d'une manière incontestable, qu'elle fut bâtie sous le gouvernement de Blanche , comtesse de Champagne, ou de Thibaut iv, c'est une pièce de 1256, que rapporte l'auteur des Fragmens , dans laquelle le vénérable Raoul , prêtre , curé de Sailli u en tin-Ies-Marais , doyenné de Vitry-le-Chàteau , abandonne en aumône perpétuelle, au prêtre de Vitry, une maison sitnée derrière l'église Saint -Menwuie 7

nouvellement construite et érigés en paroisse , pour servir de logement à ce prêtre et à ses successeurs, à condition qu'on célébrera, pour le repos de son ame, des services funèbres dans toutes les églises de Vitry.

Quelques historiens pensent que Louis vu , à son retour de la Palestine , en 1152 , contribua aussi largement à la construction de l'église , que Henri i <r commença à élever sur les ruines de l'ancienne; mais les difficultés qu'il éprouva avec la reine Eléonore , sa femme , qu'il répudia , et sa mort qui suivit , l'empêchèrent de relever l'égtf se de Vitry % On dit qu'il laissa des fonds pour remplir son pieux dessein.

La chapelle Sainte-Croix , au sommet du château , fut restaurée et resta simple prieuré. Henri I er , comte de Champagne, y mit deux chapelains en 1180. Ils furent confirmés en 1205 , par la comtesse Blanche.

La même comtesse établit à Vitry , en 1212, un Baugitr. collège de chanoines , au nombre de cent. Ce qui fut ratifié en 1222 par le comte Thibaut iv , son fils , qui devint roi de Navarre , et autorisé par les bulles du / pape Alexandre m. La même comtesse réduisit depuis le nombre des chanoines à quarante. Us n'étaient plus que vingt-cinq du temps de François i er , qui en diminua encore le nombre. Leur église était une collégiale sous l'invocation de Notre-Dame ; elle était située dans le quartier du Rachapt , à l'angle d'une rue qui n'existe plus, et qui correspondait à celle qui conduit au pont des Larrons, au moulin de Mer-en-Lieu , et à la grande prairie. La xite où. la comtesse Blanche, l!a*vait fait élever porte encore le nom de NotrerDame ; il y a cinquante et quelques années , on en voyait encore quelques débris ; maintenant on ne trouve que quel-

ques vestiges de ses fondations à deux pieds en terre.

Ce chapitre possédait une maison skuée dans la rue des Juifs , sur le terrain où avait été construit l'ancien Capitole , qu'il louait pour un cens annuel de cinq sols tournois , et une autre qui se trouvait sur une petite placé, devant un puits, qu'on appelait Vètuê forum antè puteum y et qui était l'ancien pakis.

La chapelle Saint-Jacques formait l'angle de la me qui conduisait à la halle. Il parait qu'elle était assez remarquable. Derrière cette église était le cimetière de l'hôpital , qui conserve encore ce nom aujourd'hui , et qu'on appelle aussi Schepy. Elle servait aux besoins religieux d'un HdteJ-Dieu ou hôpital , sous l'invocation de ce saint , et qui était gouverné par des filles hospitalières. Le comte Thibaut rv, treizième comte de Champagne et de Brie et roi de Navarre, qu'on surnomma le chansonnier, fit de cet Hôtel-Dieu une abbaye en février 1235, où il mit une abbesse et vingt-cinq religieuses ; son revenu était d'environ 3,000 livres. On croit qu'il y établit pour première abbesse une de ses filles nommée Blanche. Cette abbaye était de nomination royale. Elte-était de l'ordre de Citeaux et sous'la directien de l'abbé de Clairvaux , quant au spirituel. On n'y recevait que des demoiselles de familles nobles.

Dans le quartier du Raehapi , presqu'en foce de l'église Notre-Dame y daus là rue qui conduit au pont des Larron?, se tPouvaiU'église de la Sainte-Trinité, qui •Uuï jrinteau couvent 4e la Ministrerie ; il fat fondé en 4254 . Les religieux qui l'occupaient se nommaient Mathurins 'ou Trin i tair et . Leurs. fonctions étaient tres-rgloà la religion et tt4s^tile*àHumÉnité. iUétaiera mIIm? des aumônes de toutes parts.

Quant ils avaient réuni une somme assez considérable, ils s'embarquaien.t pdur les côtes septentrionales de l'Afrique, parcouraient les royaumes de Tunis, d'Alger, de Maroc et de Constantinople , et rachetaient les chrétiens qui gémissaient dans les fers des infidèles , qui étaient soumis aux plus durs travaux, comme des bêtes de

foi ou la vie» On vit plusieurs de ces héroïques religieux se constituer eux-mêmes esclaves pour rendre des chréûens à la liberté , quand ils n'avaient plus assez d'argent pour briser* leurs chaînes.

Dans un faubourg de Vitry , à l'est , était l'église Saint-Etienne, qui était paroisse. A l'extrémité de ce faubourg se trouvait le prieuré de Saint-Thibaut , qui était claustral; il fut ensjge sécularisé. Il avait une église sous l'invocation <$gg£saint. Au midi de ce faubourg était le quartier de la Gravière , où l'on dit qu'il y avait une halle.

Hors la porte $e Vitry , au midi , à gauche de la v «"> route , était l'hôpital Saint-Lazare , qu'on appelait la Maladrerie ou la Léproserie. Il était destiné à recevoir les lépreux qui étaient en assez grand nombre. Les Croisés avaient rapporté la lèpre de l'Orient. Cependant on la connaissait déjà en France dans le vi e siècle. Tous ceux qui étaient atteints de cette maladie hideuse, dégoûtante et contagieuse, étaient bannis du commerce des hommes , pour ne pas leur communiquer leur mal. A Cet hospice avait aussi une église sous l'invocation de saint Lazare. On a.décpuvert, il y a une trentaine d'années , dans l'emplacement qu'il occupait ; des tombes en marbre où avaient pté sans douj* déposés les res,t<* «les chefs de cette maison. On peut croire que ce cou-

vent a été fondé par Louis vn, A son retour de la Palestine , il amena en France des hospitaliers de Saint- Lazare qui s'étaient voués au soulagement des pèlerins qui tombaient malades , et surtout qui devenaient lépreux en visitant les lieux saints. Il leur donna l'adr ministration de toutes les maladrenes de son royaume, et par conséquent de celle de Vitry.

Il n'est plus nécessaire de parler de l'église Sainte- Geneviève, qui était située dans la Ville-Haute, à l'ouest.

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