‹ Histoire de l'ancienne infanterie françaiseChapitre 14 sur 46 · BATAILLON · texte numérisé non relu

BATAILLON

Lieutenant-colonel : Romilley.

Capitaines ; Torpaoe, Vareix, LaBachelleiie, Pumbccque, Fonlenay,

Figeac , Falquet.

Major : La Pèrelle.

tre caporaux , quatre anspessades , deux cadets , deux tambours et quatre-vingt-quatre soldats. La compagnie se subdivisait en trois escouades. La première, qui était double, renfermait des canonniers et des bombardiers; la deuxième était formée de mineurs et de sapeurs, et la troisième d'ouvriers en bois et en fer. Il n'y eut plus de fusiliers ; le corps ne compta plus dans ses rangs que des hommes spéciaux, des artilleurs.

Les bataillons durent être indépendants l'un de l'autre, tout en restant réunis sous le nom collectif de Royal-Artillerie, et, comme marque de cette indépendance, chaque bataillon eut son drapeau blanc. Les drapeaux d'ordonnance furent partagés entre eux.

Ces cinq bataillons, qui roulèrent pour la préséance suivant le rang d'ancienneté de leurs lieutenants-colonels, sont devenus par la suite les cinq premiers régiments d'artillerie. Avant d'entrer dans l'histoire particulière de ces régiments, il est nécessaire de continuer l'exposition des modifications et des développements de l'organisation générale du corps jusqu'à la révolution.

Un éditdu 22 mai 1722 décide que le lieutenantcolonel de chaque bataillon de Royal-Artillerie aura le rang de lieutenant du Grand maître; les deux premiers capitaines, celui de commissaires provinciaux; les autres capitaines, celui de commissaires ordinaires; les lieutenants, celui de commissaires

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extraordinaires. Cette assimilation avait pour objet de faire disparaître toutes causes de contestation entre les officiers de r état-major et ceux des bataillons, les uns et les autres devant se régler d'après la date de leurs brevets.

Ce fut aussi cette année que toute l'artillerie prit définitivement l'habit bleu à distinctions rouges. Cet uniforme fut imité de celui de la compagnie des canon niers des côtes de l'Océan, qui avait produit un grand effet, et consista en un justaucorps bleu doublé d'écarlate, avec les parements , la veste, la culotte et les bas également de couleur écarlate. Les boutons étaient de métal doré. Les officiers portaient, en outre, des boutonnières d'or, et les basofficiers les avaient en laine aurore. On prit aussi aux canonniers des côtes de l'Océan le fusil à garniture de cuivre.

Le 25 juillet 1729, les ouvriers et les mineurs sont retirés des bataillons de Royal-Artillerie. On forme cinq compagnies d'ouvriers de 40 hommes et cinq compagnies de mineurs de 50 hommes ( I). Les ouvriers prennent le justaucorps gris de ter, doublé de bleu avec les manches en amadis, la veste gris de fer, et le mousqueton muni d'une longue et large

(1) Les compagnies d'ouvriers fureut données à M. M. Le Cerf, Chevreau, Loustaud, Guille et du Brocard; les compagnies de mineurs eurent pour capitaines MM. de Lorme, Voislin , Larieux, Antoniazzi et La Fosse.

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baïonnette. Les mineurs reçoivent un justaucorps bleu doublé de rouge et une veste gris de fer, et sont armés d'un fusil, d'un pistolet de ceinture et d'un sabre recourbé.

Les bataillons de Royal-Artillerie restent composés de huit compagnies de 70 hommes; mais les professions ne sont plus mêlées dans chaque compagnie ; il y a cinq compagnies de canonniers, une de sapeurs et deux de bombardiers.

En 1737, la composition de ces compagnies est ainsi réglée : deux capitaines, deux lieutenants, deux sous-beutenants ayant rang d'officiers pointeurs, deux cadets, quatre sergents, quatre caporaux, quatre anspessades, dix-huit canonniers, sapeurs ou bombardiers, deux tambours, neuf apprentis et vingt-sept fusiliers. Chaque bataillon doit avoir trois drapeaux, un drapeau blanc et deux d'ordonnance,

Les compagnies sont portées à 100 hommes le 30 septembre 1743, et, le 5 juillet 1747, chaque bataillon est augmenté d'une compagnie de bombardiers et d'une compagnie de canonniers.

L'ordonnance du 8 décembre 1755 qui supprime la charge de Grand maître de l'artillerie (1), qui place le corps sous l'autorité immédiate du roi et

(1) Le (ttmted'Ea, dernier Grand maître, exerçait en survivance de son père le duc du Maine, depuis le 12 mai 1710 11 était devenu Grand maître en titre le 19 mai 1736.

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qui réunit les ingénieurs, sur leur demande, au corps de l'artillerie, n'apporta aucune modification à l'organisation des troupes. Les officiers militaires de l'état-major de l'artillerie cessent de s'appeler commissaires et prennent les dénominations des grades qu'ils possèdent dans l'armée. Les ingénieurs, qui de tout temps avaient compté dans l'infanterie comme officiers de * compagnie ou comme officiers réformés à la suite des régiments, qui, depuis une vingtaine d'années, étaient assimilés aux officiers de l'état-major de l'artillerie, jouissant des mêmes privilèges et portant le même uniforme qu'eux, n'avaient point de soldats et désiraient en avoir; ils espéraient, en entrant dans le corps de l'artillerie, se faire donner les compagnies de sapeurs et de mineurs, et obtenir ultérieurement la séparation de ces compagnies. Ce projet n'eut point pour le moment tout le succès qu'on avait désiré. L'ordonnance du i al décembre 1755 avait bien accordé aux ingénieurs la faculté de devenir officiers de compagnies; mais celle du 5 mai 1758, pour couper court à des prétentions qui commençaient à se manifester très-clairement, sépara les deux corps,, et les ingénieurs retournèrent dans les places. Nous citerons de cette ordonnance de séparation le préambule et les articles III et IV, qui renferment tout ce qu'il y a d'intéressant, et qui nous paraissent exprimer très-bien l'effet produit par une expérience de deux ans.

Voici ce préambule el ces articles : « Sa Majesté s'étant fait représenter l'état des ingénieurs destinés à faire dans les places le service de la fortification, et ayant remarqué que le nombre n'est pas suffisant pour remplir convenablement une partie aussi essentielle de son service, Elle a, en conséquence, ordonné et ordonne ce qui suit : Art. 111. Les ingénieurs qui ont été incorporés dans les bataillons du corps royal, en vertu de l'ordonnance du l or décembre 1755, quitteront les charges et emplois qu'ils remplissoient dans les bataillons, et se rendront dans les résidences qui leur sont assignées. — Art. IV. Les ingénieurs ne feront dans les places et dans les armées que le service d'ingénieur ; ils ne s'occuperont plusà l'avenir des détailsderartillerie.^

Les ingénieurs gagnèrent cependant quelque chose en quittant l'artillerie. Ils obtinrent les parements de velours noir, qui les distinguèrent des artilleurs, et, ce qui était beaucoup plus important, ils furent constitués à part et formèrent un nouveau corps spécial, qui, grâce à l'admirable entente de ses officiers, à l'esprit persévérant de ses chefs, à une certaine manière très-habile de faire valoir les ressources de sa science, prendra peu à peu, mais surtout pendant la période révolutionnaire, sous l'influence toute-puissante de Carnot, un développement considérable, hors de proportion peut-être avec les occasions de plus en plus rares que la stratégie moderne pourra lui fournir.

La guerre de Sept Ans, soutenue principalement contre l'armée prussienne, alors arrivée à son plus haut point de splendeur, et qui possédait une artillerie admirablement organisée et servie, fut la cause de plusieurs augmentations considérables du corps royal.

Le 1" janvier 1757, on créa un 6' bataillon, qui fut formé au moyen de 120 hommes fournis par chacun des cinq premiers» On organisa en même temps une 6 e compagnie d'ouvriers et une 6' compagnie de mineurs, qui correspondaient au 6 e bataillon. Les bataillons comptaient à cette époque seize compagnies de 50 hommes.

Le l w janvier 1759, les six bataillons de Royal- Artillerie prennent le nom de brigades. Chaque brigade est composée d'un état major, comprenant un chef de brigade ayant le grade de brigadier des armées du roi, un colonel, un lieulenant-colonel, un major, un aide-major, un sous-aide-major et un garçon-major, et de huit compagnies de 100 hommes, dont cinq de canonniers, une de sapeurs et deux de bombardiers. Chaque compagnie est commandée par deux capitaines et quatre lieutenants ou sous-lieutenants (1).

(1) Le tableau ci-dessous donne les noms de* chefs de ces brigades au moment de leur organisation.

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