‹ Histoire de l'ancienne infanterie françaiseChapitre 13 sur 46 · FUSILIERS · texte numérisé non relu

FUSILIERS

I Lieutenant ....

| Sous-lieutenant.

iO

H Anspe>«ade ....

[ Soldat

Dans les compagnies d'ouvriers, quand l'effectif réel atteignait 95 hommes, le capitaine a*ait 6 hommes de gratification, soit 3 livres par jour; quand l'effectif était de 100 hommes, il avait 8 hommes, ou 4 livres ; enfin quand elle était complète à 110 hommes, il en touchait 10, ou 5 livres. Des avantages proportionnel* étaient faits aux capitaines de canonmers et de fusiliers.

i 96 HISTOIRE

Ces diverses mesures, et notamment celle relative a la solde, paraissent avoir eu plein succès, car, vingt-cinq ans plus tard, M. de Guignard pouvait écrire ceci dans son École de Mars : « Dans l'origine, les nobles auroient cru se déshonorer en entrant dans ce corps. Sa Majesté ayant ordonné de forts appointements , cet appât acheva de détruire l'ancienne délicatesse; les plus qualifiés n'eurent plus aucune répugnance à devenir capitaines de forgerons, de charpentiers, etc., ce qui auroit paru singulier dans un autre temps, faute de faire attention que tout ce qui est du métier de la guerre fait honneur, sous quelque titre que ce soit. »

Ainsi fut terminé le long enfantement de l'organisation militaire du personnel de l'artillerie. Deux cents quatre ans s'étaient écoulés depuis le premier essai de Louis XI; deux cents quatre ans dont l'évolution avait été employée par la monarchie à asseoir sa puissance sur les ruines des institutions féodales.

A compter de ce moment, le corps de l'artillerie a ses troupes propres, dont il dispose entièrement, savoir : Royal-Artillerie, Royal-Bombardiers et les Mineurs. Dans la plupart des cas, il peut se suffire à lui-même, car le régiment Royal - Artillerie possède dans chacun de ses bataillons des compa-

lndépendamment de cette solde, les capitaines avaient par jour G rations, les lieutenants 4, les sous-lieutenants 3, les sergents 2 el les soldats 1, avec faculté de les percevoir en argent .

y Googl

gnies pour servir les bouches à feu, el d'autres poulies escorter et fournir des auxiliaires. Pour tout ce qui est d'étiquette, l'artillerie a un rang déterminé par son ancienneté au milieu des régiments d'infanterie; mais, en réalité, elle forme déjà un corps hors ligne, marchant et campant à part. On remarquera que, dans chaque bataillon, les compagnies anciennes d'ouvriers et celles de bombardiers el decanonniersont le pas sur lescompagnies simples ou d'infanterie. Ainsi le rang que l'artillerie a obtenu plus tard au-dessus de l'infanterie n'est point, comme on Ta dit, le pur effet d'un acte de camaraderie du ministre Schérer ; Louis XIV avait eu la même idée, et l'avait réalisée autant que le permettaient les usages et les règles hiérarchiques de son temps.

En mars 1798, après la paix de Riswyck, Royal- Artillerie fut réduit à quatre bataillons, qui figurèrent au camp de Compiègne, sous les ordres du lieutenant-colonel de La Harteloire , nommé cette

même année.

Pendant la guerre de la succession d'Espagne , ces bataillons furent distribués entre les armées de Flandre, d'Allemagne, d'Italie et d'Espagne.

Le 1 er bataillon ne quitta point les Pays-Bas de 1701 à 1712. Il partagea pendant ces douze campagnes les vicissitudes des troupes employées sur la frontière du Nord. Passé sur le Rhin en 1713 avec le lieutenant-colonel La Devèse, il se cou-

vrit de gloire aux sièges de Landau et de Fribourg.

Le 2 e bataillon commença la guerre sur le Rhin. Il fit en 1 703 les sièges de Brisach et de Landau, quitta l'Alsace le 25 septembre 1 705 pour se rendre en Piémont, et joignit devant Asti l'armée du maréchal de La Feuillade. Rentré en France après la bataille de Turin, il servit les années suivantes en Provence, en Roussillon et en Catalogne, et fit en 1714 le siège de Barcelone.

Le 3 e bataillon, qui avait débuté en Italie, repassa les Alpes en 1 706 , après la déroute de Turin , et resta jusqu'à la fin de la guerre attaché à l'armée de Dauphiné.

Le 4' bataillon combattit sur le Rhin et en Allemage avec Villars et Marchin. Après le désastre d'Hochstedt', il fut placé dans les lignes de Lauterbourg, qu'il quitta en juin 4705 pour venir en Flandre. Il se distingua aux défenses de Lille et de Douai, et retourna en 1713 sur le Rhin.

Le 5 e bataillon, rétabli le 23 juin 1706, resta constamment attaché à l'armée d'Allemagne. Ce bataillon fut de nouveau réformé à la paix.

Pendant cette période, le corps de l'artillerie avait reçu des modifications et des augmentations. Voici quel était l'état du corps au moment de la mort de Louis XIV.

Un édit du mois d'août 1703, enregistré le 3 décembre au parlement de Paris, avait supprimé tous les anciens offices créés depuis le commencement

DE L'ANCIENNE INftfcNtEltfÊ FRANÇAISE. 19$

do xvi° stëdè et en avait institué de «ou veaux, au mtiyeti desquels la partie combattante des officiers sans troupes de l'artillerie' se trouvait composée, en temps de paix : du Grand maître de l'artillerie ; d'un premier lieutènant-gériéral ayant pour département l'Alsace; de deux directeurs généraux résidant à l'Arsenal de Paris et chargés chacun de l'administration de la moitié des provinces ; de sept lieutenants-généraux placés à la tête des départements de Flsle-de-France , de la Moselle , des Flandres, des côtes septentrionales, des côtes occidentales, de Languedoc et de Dauphiné; de vingt -cinq lieutenants provinciaux subordonnés aux lieutenants-généraux et répartis dans lès départements; de trente commissaires provinciaux distribués dnns les places les plus importantes, et dont cinq, qui portaient le titre de commissaires des ponts et travaux et qui résidaient à Strasbourg, Metz, Lille, Bayonne et Grenoble, avaient pour service spécial la construction des ponts, les passages des fleuves et rivières et la réparation des chemins; de 150 commissaires ordinaires; d'un capitaine conducteur général de l'artillerie, et de douze capitaines conducteurs.

Un autre éditdu mois* de mai 1704, enregistré le 8 juin au parlement, avait créé un huitième of fice de lieuletiant^général poitr le département de Bretagne, et cinquante chargea nouvelles de commissaires ordinaires. Toutes les charges ,1e l'artillerieavaien tan même temps* été déclarées héréditaires.

200 HISTOIRB

Enfin un dernier édil du mois d'octobre 1704, enregistré au Parlement le 9 décembre, institua un neuvième lieutenant-général pour le département de Picardie.

En résumé, ce que l'on a appelé depuis l'étatmajor particulier de l'artillerie se composait en 1715 du Grand maître, du premier lieutenant-général, de deux directeurs généraux, de neuf lieutenants-généraux, de vingt-cinq lieutenants provinciaux, de trente commissaires provinciaux, de deux cents commissaires ordinaires, d'un capitaine conducteur général de l'artillerie et de douze capitaines conducteurs. Plusieurs de ces officiers avaient des brevets de lieutenants - généraux , maréchaux de camp et brigadiers des armées du roi.

Le régiment Royal-Artillerie comptait quatre bataillons, uniformément composés d'une compagnie d'ouvriers , toujours commandée par le premier capitaine du bataillon, de trois compagnies de canonnière et de quatre compagnies simples. Il y avait, en outre, quatre compagnies de cauonniers séparées du régiment. Une 5 e compagnie, levée en juin 1 705 en Espagne, et qui correspondait au 5' bataillon, avait été licenciée à la paix.

Chaque compagnie d'ouvriers était composée d'un capitaine, deux lieutenants, deux sous-lieutenants, quatre sergents, quatre caporaux, sept anspessadev soixante-treize ouvriers et deux tambours. Les corn pagnies de cauonniers ( t les compagnies simples

comprenaient chacune un capitaine, un lieutenant, un sous-lieutenant, deux sergents, trois caporaux, trois anspessades, trente-six canonniers ou fusiliers et un tambour.

Royal-Bombardiers comptait, depuis le mois de lévrier 1 706, deux bataillons, chacun de treize compagnies de 50 hommes.

Le nombre des compagnies de mineurs s'élevait à quatre. A la compagnie Le Goulon, levée en 1679 et qui appartenait depuis 1699 à M. de Vallière, était venue s'ajouter, en 1695, la compagnie Esprit, devenue Francard; puis la compagnie de Vcsgrigny, lovée dès 1673 comme compagnie franche, mais admise seulement en novembre 1 705 dans les rangs de l'artillerie; enfin une compagnie formée en mai 1706 pour le siège de Turin, et devenue en 1712 la propriété de M. de Lorme. L'effectif de ces compagnies variait de 60 à 120 hommes.

À la suite de ces troupes, marchait une compagnie de 200 canonniers, levée, le 1" juin 1702, par M. Ferrand d'Escossay pour la défense des côtes de l'Océan.

Une ordonnance royale , longtemps méditée par le conseil supérieur de la guerre , et publiée par le régent le 5 février 1720, réunit toutes ces troupes en un seul corps, qui garda le nom de Régiment royal de l'artillerie.

En conséquence de cette ordonnance, les quatre bataillons de Royal-Artillerie, les deux de Royal-

Bombardiers, les quatre compagnies séparées de canonnière de Warvillé, Thibaut, Laix et Courcclles, tes quatre compagnies de mineurs de VâHière, Dabin, de Lorme et Voislin, la compagnie de canonnière des côtes de l'Océan, commandée par le capitaine La Roche- Àymon, et trois ouvriers fournis par chacun des bataillons de l'infanterie, furentréuiïis à Vienne en Dauphiné vers le milieu du mois de février 1720. Le lieutenant -général marquis de Broglie arriva le 24. Le lendemain, après la revue des troupes, il réunit les chefs de corps et leur annonça que l'intention du roi était de former cinq bataillons de huit compagnies de 100 hommes chacune; que chaque bataillon aurait un état-major composé d'un lieutenant - colonel commandant, <fun major, d'un aide -major, d'un aumônier et d'un chirurgien-major ; que l'ensemble de ces cinq bataillons continuerait de former le régiment Royal dë l'artillerie, dontle commandementsupérieur serait donné à un maréchal de camp inspecteur, et qu'il continuerait de garder son rang dans l'infanterie et ses drapeaux. M. de Vallière fut à l'instant déclaré inspecteur, et MM. Pijart, de Certcmont, de Thorigny, de Proisy el de Romilley furent nommés lieutcnanls-colonels des cinq bataillons. Tous les autres officiers furent en même temps classés suivant leur rang d'ancienneté, en plaçant le plus ancien capitaine au 1 er bataillon, le deuxième au 2 e bataillon et ainsi de suite. Le même jour, on mit toutes tes

troupes en bataille, et l'on en composa quarante lots aussi égaux que possible, qui furent tirésau sort par les quarante capitaines ()).

Chaque compagnie fut composée d'un capitaine en premier, un capitaine en second, deux lieutenants, deux sous- lieutenants, quatre sergents, qua-

(4) Voici quelle fut la composition des cinq bataillons :

4 ,r BATAILLON.

Lieutenant-colonel : Pijart.

Capitaines : Marange, Maraus, Beauvoir, Gassaud , Descoutures,

Richecourt, Marans.

Major : Bréande.

2 e BATAILLON.

Lieutenant-colonel : Certemont.

Capitaines: Courcelles, Valanceau , Basiguy, Truchet, Lambert,

Signac, du Contant.

Major : Parfait.

3 e BATAILLON.

Lieutenant-colonel ; Thorigny.

Capitaines : Villas, Marsay, Cliuchamps, Miègemont, Chaumance*

Gaudechart, Voislin.

Major ; Darligues.

4 e BATAILLON.

Lieutenant-colonel ; Proisy.

Capitaines : Raganne, Hélyot, Haute-maison, ThieoHn, Dostalis,

Lucas, Fontanges.

Major ; La Borie.

Page 1