‹ Histoire de l'ancienne infanterie françaiseChapitre 18 sur 46 · QUINTIN (Joseph), 1" novembre · texte numérisé non relu

QUINTIN (Joseph), 1" novembre

On a vu qu'à l'organisation du 5 février 1720, le nouveau 1 er bataillon de Royal-Artillerie était échu en partage au lieutenant-colonel Pijart. Ce bataillon, aussitôt après sa formation , se rendit à Metz où il demeura jusqu'à la guerre de la succession de Pologne. En 1733, il portait le nom deTorpane et fournit un détachement de 200 hommes à l'armée d'Allemagne. Le reste se rendit en Italie. A la paix , il fut mis en garnison à Grenoble, et, en 1739 , il envoya une compagnie en Corse.

Le bataillon, devenu Vareix, servit encore en Italie et sur les Alpes pendant la guerre de la succession d'Autriche et prit une part distinguée à la célèbre défense de Gènes. Donné en 1748 à M. de Saint-

Clair, il fut alors envoyé en garnison à La Fère, d'où il se rendit à Besançon en 1752.

Au début de la guerre de Sept Ans, sous le nom de bataillon de Chabrié, il fait partie de l'expédition de Minorque et s'acquiert une gloire immortelle

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au siège de Mahon. Ses pertes y furent énormes. Le capitaine du Pinay , les lieutenants Dutot , Mélac , Chaband , Verrier , Capriol de Péchassaut et du Gravier, les cadets Méry et de Rozan , y furent tués ou mortellement blessés. Le capitaine Douville, l'aidemajor Isarn et huit lieutenants y furent, en outre, plus ou moins grièvement blessés. Un canonnier, qui eut le bras droit emporté au moipcnt où il mettait le feu à une pièce , ramassa tranquillement son boute-feu de la main gauche, envoya un boulet à l'ennemi et dit après; vÇesgens-1* enoyaient donc que je n'avais qu'un bras. »

Après l'entière conquête de AJinorqwie, le bataillon, laissant à Mafton un détachement qui y demeura jusqu'à la paix , revint en France , et fut bientôt dirigé sur Je fthin. Il fît les campagnes suivantes à rarrnéedu maréchal de Soubise. H prit, le 1" janvier 1759, le litre de brigade de Loyauté, du nom de son chef. En 1 761 , cette brigade , devenue Saint-Auban, était attachée au corps d'avant-garde commandé par le prince de Condé , et se distingua à l'affaire d'Unna et au siège de Meppen. Le chef de brigade Saint-Auhan elle capitaine La Roche Valen tin furent nommés, le premier, maréchal de camp, et le second, lieutenant-colonel, pour leur brillante conduite devant Meppcn. Le lieutenant Grosbois fut grièvement blessé par un boulet le 25 août 1762 dans une des affaires qui précédèrent le combat du Johaniijsbcrg.

Lorsque la paix fut faite, la brigade fut envoyée à Grenoble, et en mars 1763, elle vint à La Fère. L'année-suivante, elle devenaitle régimentde La Fère, qui garda les drapeaux d'ordonnance de Royal- Artillerie.

Ce régiment se rendit à Douai en octobre 1767, à Besançon en septembre 1769, revint à Douai en février 1771, fut à Metz en septembre 1775 et détacha en avril 1 778 son 1 er bataillon à Dunkerque, pour la défense des côtes. Le 2* bataillon quitta aussi Metz en 1779 pour venir s'établir à La Fère, et k \" continua de faire partie du corps du comte de Chabot , chargé de garder les côtes septentrionales de la France. La position du régiment était la même en 1780, sauf que le 2 e bataillon avait détaché quatre compagnies à l'école de Douai. L'année suivante, le 1 er bataillon était à Metz et le 2« à Strasbourg. Celui-ci se rendit à la fin de 1782 à La Rochelle. Au 1 " janvier 1784, le corps était à Valence et avait deux compagnies en Corse. Le l w septembre 1 785, il reçut dansses rangs Napoléon Bonaparte, classé lieutenant en second de la compagnie de bombardiers du capitaine Dautume. Le régiment se rend it à Douai en octobre 1 786 et de là à Auxonne, en 1787; il y fut rejoint , par les deux compagnies détachées en Corse. En 1 789 , le régiment de La Fère fut appelé aux environs de Paris et fit, pendant quelques jours, partie du camp de Saint-Denis. Rentré à Auxonne au mois d'août, il demeura dans cette ville

jusqu'en mai 1792 et fut alors àMetz. Un détachement, dirigé vers la même époque sur Perpignan , mérita les éloges de l'Assemblée nationale, pour avoir contribué à faire échouer une conspiration de quelques officiers d'infanterie , qui avaient projeté de livrer aux Espagnols la citadelle de Perpignan. Ce détachement fut depuis attaché à l'armée des Pyrénées- Orientales, tandis que le reste du régiment combattait, d'abord à l'armée du Centre, puis à celles de la Moselle et dji Rhin. Une compagnie s'illustra, à la fin de 1 793, à la célèbre défense de Bitche.

11 n'entre pas dans notre pian de pousser l'histoire des régiments d'artillerie au delà du point où nous nous sommes arrêté pour les régiments d'infanterie. L'exirême dispersion des éléments d'un même régiment , résultat de la nouvelle manière de combattre qui s'introduisit pendant les guerres de la République , rendrait d'ailleurs cette tâche excessivement compliquée et le récit d'une multitude de faits, sans connexion entre eux, tout à fait fastidieux.

Nous nous bornerons à dire que le régiment de La Fère, devenu le l' r régiment d'artillerie à pied et successivement commandé par les chefs de brigade ou colonels Delpire, Buchet, Allix, Pernetty, d'Aboville aîné, Valée, Gerdy et Digeon, fournit principalement ses compagnies aux armées d' Allemagne, qu'il fut licencié à Limoges par ordre du 31 août 1815, et que deux compagnies et demie,

conservées sur pied, ont servi de noyau, en 1816, à un nouveau 1 er régiment d'artillerie à pied formé à Bourges et complété avec des compagnies recrutées parmi les canonnière originaires des départements de la Charente-Inférieure, de l'Hérault, des Bouches-du-Rhône, du Jura et de l'Allier.

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