‹ Histoire de l'ancienne infanterie françaiseChapitre 40 sur 46 · B1ST0IM · texte numérisé non relu

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fils du célèbre auteur des Mémoires, le régiment fut passé en revue par Louis XV, le 21 septembre, dans la plaine de Saint-Denis, et partit de là pour se rendre à Nantes. C'était le moment où les intrigues du cardinal Albéroni et de la duchesse du Maine étaient parvenues à troubler les têtes de la noblesse de Bretagne. Le régent était sans doute bien aise d'avoir dans cette province un corps de troupes dont le chef lui fût dévoué. En 1719, le régiment réprima, en effet, quelques tentatives de révolte et assura l'exécution des quatre gentilshommes qui payèrent de leur vie les inquiétudes inspirées au gouvernement par la conspiration dite de Cellamare.

Saint-Simon fait partie en 1727 du camp delà Saône, et, à la fin de 1733, il se rend à l'armée d'Italie. Il y sert cette année à la prise de Géra d'Adda, de Pizzighetone et du château de Milan. En 1734, il se trouve aux sièges de Novare et de Tortone , aux çombats de Colorno, aux batailles de Parme et de Guastalla, et à la prise de la Mirandole. En 1735, sous le nom de Puyguyon (1), il contribue à la soumission de Reggio , Reggiolo , Revers et Governolo,

Jean-Charles de Gauthier de Girenton, marquis du Roussel, entré au corps en 1694, et lieutennnt-colonel 18 août 1719, a été nommé brigadier 20 février 1734 et maréchal de camp 1 er mars

(I) M. de Puyguyon est passé dans la cavalerie. 11 a obtenu le grade de brigadier de cavalerie 20 février 1743 et celui de maréchal de camp le 1" mai 1745.

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et il rendre en France au m,ois de septembre 17?$« Puyguyon fait partie, en 1741 } de l'armé? (le Westphalie commandée par le, maréchal deMaiUefioi*. Il hiverne à Dulmen dans le pays de Juliers et fajt partie du ca.mp. 4^ Juliers jusqu'en juin 1742. 11 se rend alors sur les frontières <Jg (a Bohème, et prend des cantonnements, au raqis de décembre, à EggenfeM sur la Roth. \\ portait alors le nom de ftevel (\ )♦ É)n janvier 4743, le régim^t occupe Strau,J>ing, pendant les premiers mois $e cette a^née, ses grenadiers prennent part à plusieurs expéditions heureuses. Le % avril, en compagnie des grenadiers 4e La Mark, ils font subir un rude échec aux hussards autrichiens de Forgatz. Au mois de mai, Rev^l quitte Straubing pour joindre le prince de Gonti au camp de Deckendorf. Il se distingue le 27 en portant secours au 3 a bataillon de Champagne qui était cerné dans la ville. Le lieutenant Saint-Marcel est blessé et 21 soldats sqnt mis fyors 4e comba^ dan, s cette occasion. Après l'évacuation de Deckendorf, le régiment retourne à Straubing; niais l'armée autrichienne ayant forcé, le 5jujn, les passagesjdu Danube, iJL se retire 3 Ratisbonpç et de là sur le Rhin. En 1 744, il fait partie de l'armée du B(as-Rhin, se trouve

(I) Le comte de Revel est passé au régiment de Poitou et son successeur, M. de Talaru Chalmazel, a obtenu le régiment de Guyenne. Le duc de Mazarin a été fait brigadier %0 février ityi , *t marécH de wqp juillet 4^6^

à la défense et à la reprise de Weissembourg. au combat d'Augenheim et au siège de Fribourg, où il se distingue le 19 octobre à l'attaque des saillants du chemin couvert.

En 1745, sous le nom de Talaru, il favorise la retraite de M. d'Arnaud, lorsque cet officier évacue Hocht; il exécute fièrement, le 19 juillet, le passage du Rhin en présence de l'ennemi, et il occupe Worms pendant le reste de la campagne. Appelé en Flandre en 1746, il couvre les sièges de Mons et de Charlcroi, fait celui Je Saint-Ghislain, est ensuite détaché pour aller s'emparer du poste de Vizet sur la Meuse, et il combat à Rocoux dans la brigade de Bretagne.

Rétabli à deux bataillons , par ordre du 8 novembre de cette année, Talaru est envoyé au secours de la Provence. Arrivé sur cette frontière le 6 janvier 1747, il se fait aussitôt remarquer au passage de l'Argens , à la prise du château de Castellar, à la levée du siège d'Antibes, à l'attaque des retranchements de Villefranche , de Montalban et de Nice, à la prise de Vintimillc et aux deux combats livrés sous les murs de cette ville. Il sert encore sur les Alpes en 1 748 et est réduit à un bataillon par l'ordonnance du 15 novembre. Celle du 10 février 1749 le remit à deux bataillons, par l'incorporation du régiment de Beauce, dont, quatorze ans plus tard, il devait prendre le nom.

Talaru fit partie* en 1754, du camp de Gray et,

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en 1755, de celui de Valence. Envoyé à la fin de cette année en Provenc • , il passa , en avril 1 756 , dans Tîle de Minorque avec le duc de Richelieu, et se distingua au siège de Mahon. Les capitaines Belon et Dejon, et le lieutenant de grenadiers Hubert furent blessés, le 27 juin, à l'assaut du fort Saint-Philippe. Le régiment resta à Mahon jusqu'au mois de mars 1757. Aussitôt après sa rentrée en France, il fut dirigé sur Landau, d'où il passa dans la Hesse. On le plaça à Eschweig sur la Werra, pour assurer la communication de l'armée de Souabe avec celle de Hanovre. Après la bataille de Rosbach, il protégea la retraite des troupes du maréchal de Soubise; il marcha ensuite dans le Hanovre, arriva à Zell le 1 0 décembre, et fut cantonné, pendant l'hiver, sur le haut Aller. En 1758, le régiment, qui portait alors le nom de Mazarin, se replia sur le Rhin et se trouva, le 23 juin, à la bataille de Créfeld. Le 18 octobre, le 1" bataillon sauva par 6a bravoure la cavalerie du duc de Chevreuse. Retranché derrière des haies, il laissa approcher la cavalerie ennemie, la contint par un feu vif et bien ménagé, donna le temps au duc de Chevreuse de prendre une position avantageuse et fît lui-même sa retraite en bon ordre.

Mazarin combattit, le 1"» août 1759, à Minden et y fit des pertes considérables. Le capitaine de Courcelles et les lieutenants de Cureil , Descombes , de Salos et Nogarède y furent tués. Parmi les blessés

étaient le lieutenant-colonel Guyn de Là Rocfce (1), les capitaines Damas, de Marillac, de GottltHàfqiies, Saint-Ours, de Seilhac, Pierreclave, Lottin de Mont^ joièj La Valette, de Carrière, Pélissier, Besson, Pi*ehàrd , de Bord et dix lieutenants. Les débris du régimènt se retirèrent à Cassel.

Mazarin fit encore en Allemagne la campagne de 1760, et se trouva aux affaires de Gorbach et de Warbourg* Le major dô Vaux de Bronls eut le bra* gauche fracassé par oh boulet à €orbàch : le toetale*nanf Serrurier, depuis, maréchal de France, «ut la mâchoire brifcée par une balle, à Warbourg.

En 1761, le régime»! alla servir sur les côtes de l'Océan, et, en 1762 j le V' bataillon fit partie da petit corps d'infanterie envoyé au secours de l'Espagne qui venait de déclarer la guerre au Pof tugah Ce bataillon assista au siège d'Àlméida. La paix fut signée £ea af>rès ? et lé régiment fut affecté au setvieè dès ports et colonies, par l'ordonnance dft 10 décembre 1762. Il oessa en même temps d'être régiment de gentilshommes et prit le titre de Beauce.

Le 2' bataillon quitta Saintes au commencement

(1) Jacqvel Guyn de La Roche, lieutenant au corps eu 1701, lieutenant-colonel l« r mars 1738, brigadier 1 er mai 1745. 11 eut pour successeurs deux des capitaines blessés avec lui à Mindeo. M. de Mariilac ftottirif a fa chàr'gé de liéutenant-coton'él le #2 juin tlél, titll. dé Gommaixfues le €novetoft>rfe 1771.

de 1763, pour se rendre à CaréSass^mie oti il fut rejoint par le 1" bataillon rentrant d'Espagne. Après leur réunion, le régiment fut à Toulon* d'où il passa à Neufbrisach en novembre 1767. Il fut appelé en juillet 1 769 au camp de Vefberie près de Compiègne ; se rendit au mois d'août à Landredes et à Aveetieft, <jt*'il quitta en octobre 1770 pour aller en Corse, ftevenu à Toulon en juillet 1774, il détacha son 2* ba*taillon à Marseille en août 1 775 , et se mit tout entier en route pour Strasbourg en octobre 1776. il fut de là à Arras en novembre 1777, au Havte en fé«vrier 1778, à Lisieu* en novembre 1779 et à Valognes et Saint-Lô en août 1780. Il fournit alors <des détachements pour la garnison des vaisseaux du comte de Grasse. Le lieutenant Dejean fut blessé sur la Couronne dans un des combats soutenus en 1 782 dans la mer des Antilles , par la flotte française centre celle de l'amiral Rodney.

Cependant le fond du régiment s'était rendu à Condé en octobre 1781. H fut depuis à Cambrai en octobre 1782, à Saint-Servan en octobre 1783 et à Brest ert octobre 1786. Il était encore daris cette vHfe m 1789 (1).

(I) Voici ce que sont devenus les derniers colonels de Beauce. St. de la Tour du Pin a été nommé nrigadW à janvier et maréchal de camp 1 er mars 17S0 ; le marquis de Thémine&r brigadier 1 er janvier 1784; M. d'Ecquevilly passé au régiment du Roi-cavalerie ; Montchoisy, général de brigade 8 mars 1793 et général de division plus tard.

Nous avons dit dans la notice du régiment de Normandie que l'union qui exista entre les régiments de Normandie et de Beau ce, qui composaient la garnison de Brest, eut une grande intluence sur Je maintien de la tranquillité de ce grand port de guerre. Le patriotisme de bon aloi , dont ces troupes firent preuve dans les premiers moments de la révolution, déplut à certains meneurs de la municipalité de Brest, qui, vers le milieu de Tannée 1790, sur des dénonciations vagues, firent emprisonner M. de Martinet, lieutenant-colonel de Beauce (I). L'affaire ne tarda pas cependant à s'éclaircir , et l'Assemblée nationale ordonna que cet officier fût mis en liberté, en ajoutant qu'un excès de zèle avait égaré la municipalité brestoise. Cette réparation ne suffit point cependant pour calmer l'irritation et la méfiance des soldats, et lorsqu'au mois de janvier 1791, le régiment de Beauce reçut Tordre d'envoyer son 1 er bataillon à Quimper et le 2 e à la Louisiane, cette mesure fut considérée par les soldats comme une suite de l'emprisonnement de M. de Martinet et comme l'effet des intrigues des contre-révolutionnaires brestois. Le 2' bataillon, qui était à bord de la flotte depuis le mois d'octobre 1790, aussitôt qu'il vit procéder à l'appareillage, se mit en insurrection ouverte. Les vaisseaux firent voile cependant ; mais les soldats,

(1) Ce M. de Martinet est le même qui est devenu colonel du régiment de Neustrie.

entraînant avec eux les marins, se portèrent pendant la traversée aux désordres les plus graves, et il fallut les débarquer à la Martinique, où ils trouvèrent bientôt les moyens de revenir en France. Reparti de la Martinique le 29 avril , le V bataillon débarquait à Cherbourg le 10 juin, dans un désordre si effrayant, que le ministre de la guerre vint demander à l'Assemblée nationale des mesures exceptionnelles pour le faire rentrer dans le devoir. On l'envoya à la citadelle d'Arras, où il demeura consigné ; mais encouragé par de perfides conseils, il persista dans son insurrection. Le motif actuel en était puéril, comme cela arrive ordinairement chez les soldats. Poussés, dit-on, par Robespierre, qui était alors dans sa ville natale, et qui en fut positivement accusé, ils voulaient porter à la boutonnière un nœud de rubans tricolores. Les officiers s'opposèrent avec raison à ce caprice, en alléguant que cet objet n'était point d'uniforme ; mais impuissants à se faire obéir, ils prirent le parti de quitter le corps: un seul resta à son poste. Apparemment il ne fallait aux hommes qu'un prétexte pour se calmer, car le départ des officiers fit cesser le désordre, comme s'il eût tenu à leur présence , et le bataillon fut envoyé à Landrecies où le 1" le rejoignit le 31 août.

Au mois d'avril 1792, quand la guerre commença, le régiment de Beauce était au camp de Maubeuge. 11 se trouva , sous les ordres du général Biron , aux premières affaires en Ire Yalenciennes et Mons, à la

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prise de Quiévrain le £9 avril et à la déroute du lendemain , où il fit de glorieux mais vains efforts pour reprendre Quiévrain, dont les hulans autrichiens venaient de chasser un bataillon de gardes nationales qu'on y avait laissé.

Le I e ' bataillon, après avoir pris part à la campagne de l'Argonne, passa à Tannée du Rhin et servit en 1793 sous Custines. En 1794, il faisait partie de l'armée des Ardennes sous Jourdan et se couvrit de gloire au combat de Binch et au passage de la Sambre. Chargé de la garde d'un pont de bateaux , il soutinl seul l'attaque d'un gros corps autrichien et conserva son poste, malgré les boulets qui faisaient de profondes brèches dans ses rangs. Ce bataillon entra le 22 septembre 1794 dans la composition de la 127* demi-brigade.

Le 2* bataillon , qui avait continué de servir à l'armée du Nord , passa vers la fin de 1 793 dans la Vendée, et contribua à l'anéantissement delà grande armée catholique. Avant de quitter Maubeuge, où il était en garnison , ce bataillon , toujours ardent et indiscipliné, avait demandé l'épuration de ses nouveaux officiers. Seize de ceux-ci avaient été arrêtés et quatre d'entre eux avaient été envoyés au tribunal révolutionnaire , c'est-à-dire à la mort. Le 2 a bataillon de Beauce a disparu dans l'organisation de la 1 28« demi-brigade le 29 juillet 1794, le jour même où Robespierre, qui avait contribué à le rendre mauvais, recevait le juste prix de ses crimes.

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Les drapeaux d'ordonnance du régiment deBeauce avaient les deux quartiers tenant à la hampe de couleur jaune, les deux autres étaient, l'un rouge et l'autre violet.

Ce régiment avait porté un hab't blanc , avec la veste rouge et les boutons jaunes. Les poches , en pattes ordinaires très-échancrées, étaient garnies de cinq boutons. H y avait aussi cinq boutons sur les manches. Le chapeau était bordé d'or.

En 1 763, il eut le collet et le revers vert de Saxe. En 1775, il prit le revers rouge; de 1776 à 1779, il eut les revers et les parements aurore.

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