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de VIGIER de STE1NBRUGG (Robert), H mars

Ce régiment, le 5* des régiments suisses, fut créé par lettre de cachet du 5 décembre 1673. La capitulation de levée fut signée à Soleure le i 8 du même mois.

Gréder ne servit point avant 1676. Il débuta au printemps de cette année par le siège de Bouchain, dont il emporta tous les dehors, le 10 mai, avec les Fusiliers du roi. 11 était, en 1677, au siège de Valendemies, et fut un des corps détachés le l ,r avril pour

aller renforcer l'armée du duc d'Orléans devant Saint- Omer. 11 combattit bravement, le 11 , à Cassel. Le major Zegber y fut mortellement frappé ; les capitaines Fabri , Courten , Buren et Watteville , et le lieutenant Gréder, fils du colonel, y furent plus ou moins grièvement blessés. En 1678, le régiment fit les sièges de Gand et d'Ypres, contribua à l'investissement de Mons et se trouva à la bataille de Saint- Denis.

Gréder fit partie, en 1684, de l'armée qui couvrit les opérations du siège de Luxembourg. En 1689, il servit sous les ordres du maréchal d'Humières. Il était au mois de mai cantonné à Fontaine-l'Evêque, en Flandre. Un détachement de quarante-cinq hommes, commandés par le lieutenant Sturler, tomba un jour dans une embuscade de 1 50 hommes et parvint à faire sa retraite en se retranchant de haie en haie. Le 27 août, le régiment assistait au combat deWalcourt. 11 combattit avec une grande vigueur à Fleurus, le I e " juillet 1690. 11 y perdit trois lieutenants; dix-huit autres officiers furent blessés, et parmi eux se trouvait le colonel, qui le fut si dangereusement, qu'il dut céder le régiment à son fils et qu'il en mourut au bout d'un an (1).

(1) Wolfgang Gréder, du canton de Soleure, était brigadier du 24 août 1688. Il eut pour successeurs d« ux de ses fils : Louis Gréder» nommé brigadier le 3 janvier 1696 et Baltbazar Gréder, cadet au ™rps en 1683, major 1 er janvier 1691, lieutenant-colonel 8 décembre 1693 et brigadier 10 février 1704.

L'année suivante, le régiment fit le si£ge de Mons, où il avait son quartier à la Belle-Maison. H assista plus tard au combat de Leuze et passa l'hiver à Courtrai. Il contribua, en 1692, à la prise de Pïamur, et se distingua extrêmement à la bataille de Steenkerque. Le capitaine Robert Socin, un autre officier et 59 sergents ou soldats y perdirent la vie. Le nombre des blessés s'éleva à 162, dont sept officiers. Gréder fit encore des prodiges de valeur, en 1693, à la bataille de Neerwinden où il combattit à l'aile gauche, Le colonel y reçut deux blessures. Un de ses frères, le capitaine Jean-Georges-Ignace Gréder, fut mortellement blessé. Le régiment termina cette campagne par le siège de Charleroi. Il passa une partie de l'année 1694 dans cette place et fut de la fameuse marche de Wignamont au pont d'Espierres, Il servit, en 1695, au bombardement de Bruxelles, en 1697, au siège d'Ath, et en 1698, il fit partie du camp de Compiègne.

Gréder retourne, en 1701, dans les Pays-Bas. Il prend part en 1702 au combat de Nimègue, et en 1703 à celui d'Eckeren, où son colpnel est blessé. 11 est ensuite mis en garnison à Termonde, qu'il défend en 1704. En 1706, il se trouve à la bataille de Ramilies et rentre après cette défaite dans Termonde. En 1708, il combat à Audenaërde et se retire à Gand. En 1709, il assiste à la bataille de Malplaquet , et après la retraite de l'armée , il est jeté dans Aire, qu'il défend énergiquement en 1710, pen-

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dant cinquante-huit jours de tranchée ouverte. Sorti d'Aire le 12 novembre, il va passer Fhiver à Saint- Omer et, en 1 711 , il prend part à l'attaque d'Arleux. Il sert, en 1712, à la reprise de Douai, du Quesnoy et de Bouchai n.

Lerégiment, qui avait pris en 1714 le nomd'Affry, fut employé, pendant la guerre de la succession de Pologne, sur la rive gauche do Rhin avec les autres régiments suisses. 11 contribua, en 1734, à la prise du fort de Hollande de Philisbourg, situé en deçà du fleuve, et pendant le reste du siège, il fut chargé de la garde des ponts. Il termina cette campagne au camp de Spire. Cete même année, le colonel d'Affry (1), qui servait en qualité de lieutenant-général en Italie, fut tué à la bataille de Guastalla. Le régiment, devenu Wittmer, passa la campagne de 1735 en garnison à Stenay. Les grenadiers seuls faisaient partie de l'armée de la Moselle et combattirent à Klausen.

Au commencement de la guerre de 1 741 , Wittmer était en garnison à Lille et Valenciennes. En 1743,

(1) Le comte d'Affry, du canton de Fribourg, avait été nommé brigadier 18 juin' 1 709, maréchal de camp i* r février 1719, et lieutenant-général 1 er août 1734. Il eut sou-? lui pour lieutenantscolonels: Jean Meyer, nommé a cette charge le 23 avril 1709 et au grade de brigadier le 3 avril 1721, et Wittmer, des Grisons, colonel après lui, cadet au corps en 169ÎS, lieutenant-colonel 11 février 1729, brigadier 1 er aoôl 1734 et maréchal de camp 20 février 1743.

il avait deux bataillons dans cette dernière ville , et le 3 e était à Condé. En 1744, il occupa Longwy et Monlmédy, et, sur la fin de la campagne, il fut envoyé au camp de Courtrai, commandé par le maréchal de Saxe. En 1745, pendant que le 3 e bataillon entrait dans Maubeuge, les deux premiers se rendirent au siège de Tournai , où ils furent chargés de l'investissement du côté du village d'Erre et de la chaussée de Douai. Pendant la bataille de Fontenoy, ces bataillons gardaient le pont de bateaux sur l'Escaut. Après la prise de Tournai et de sa citadelle, ils se rendirent devant Àudenaërde, puis devant Ostende et Nieuport. Après la soumission de ces trois places, ils rejoignirent, le 17 septembre, la grande armée près d'Alost, et entrèrent bientôt en quartiers d'hiver, les 1" et 3' bataillons à Tournai et le 1* à Ath. Au mois de février 1746, pendant le siège de Bruxelles, Wittmer occupait Anderlecht : il fit ensuite le siège de la citadelle d'Anvers, se distingua au combat des Cinq-Etoiles, où il perdit le capitaine Paraviccini, et assista, sans être engagé, à la bataille de Rocoux. En 1747, Wittmer fut envoyé en Bretagne, et passa cette campagne dans les cantonnements de la côte entre Brest vX Saint - Brieuc. A la fin de cette année, il se rendit à Toul et, en 1748, il fut appelé au siège de Maastricht, où il fut chargé d'une attaque sur la rivegauche de la Meuse, près du village de Scharen.

Wittmer fit partie, en 1757, de l'armée du prince

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de Soubise, et fut un des corps les plus maltraités à la bataille de Rosbach. Il y perdit les lieutenants Prebel, Appenthal et Buren. Le lieutenant-colonel Paraviccini (1), le commandant Galatti, les capitaines Perrier, Suriet, Bize, Zinck, Reynold, et six lieutenants furent blessés. Le colonel Wittmcr, qui venait de mourir le 3 octobre précédent, fut remplacé par le comte de Waldner, sous le nom duquel le régiment s'acquit beaucoup de réputation.

Waldner contribua, en 1758, à la conquête de la Hesse et se couvrit de gloire, le 23 juillet, au grand combat de Sundershausen. Pendant que Royal-Bavière détruisait la cavalerie hessoise, les régiments de Waldner et de Diesbacb et les deux compagnies de grenadiers de Royal-Deux-Ponts, attaquèrent le bois qui couronne l'escarpement de la rivière de Fulda. L'ennemi fil une résistance désespérée et parvint un moment à faire reculer les troupes de France; mais une seconde attaque de celles-ci, faite avec ensemble et résolution, le jeta enfin hors de s t formidable position. Après cette victoire, Waldner fut ebargé de plusieurs expéditions sur W'arbourg et Cassel , et il rejoignit l'armée du prince de Soubise qui gagna, le 10 octobre, la bataille de Lûtzelberg. Le régiment se conduisit encore ce jour-là avec la

(1) Jean Baptiste de Paraviccini, capitaine m 1735, lieutenant-colonel 21 mai 1754, brigadier 15 août 1758.

plus grande valeur, dans les haies du village de Landwernhagen.

En 1759, Waldner fait partie du corps de réserve commandé par le duc de Broglie et se distingue , le 13 avril, à la bataille de Bergen, où il soutient la première attaque dans les vignes du village. Le 1" août, il fait de nouveau admirer son courage à Minden. Dans celte affaire, et dans la pénible retraite qui en fut la conséquence, le corps perdit les capitaines Jassaud et Hans et l'enseigne Carli. Le lieutenant-colonel Paraviccini y fut encore blessé et le major Milliet eut une jambe emportée par un boulet. Le régiment, qui s'était retiré à Dillembourg, y fut attaqué, le 7 janvier 1760, par le général Wagenheim, qui avait d'abord surpris et dispersé les troupes légères cantonnées aux environs. Abandonné à luimême dans cette ville ouverte, Waldner s'illustra par la plus vigoureuse résistance. Il se défendit de rue en rue, et ne se rendit enfin qu'après avoir épuisé toutes ses munitions, et avoir fait un mal horrible à l'ennemi. Le brave lieutenant-colonel Paraviccini se fit tuer dans cette glorieuse journée et le comte de Waldner y fut grièvement blessé (1). Quelques compagnies, échappées à la capitulation, continuèrent de servir en Allemagne et honorèrent encore le nom

(i) Le comte de Waldner, du canton de Soleure, est devenu brigadier 20 mai 1747, maréchal de cauip \ tr mai H58, et lieutenant-général 25 juillet 1762.

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de Waldner au combat de Corbach, où, avec Navarre, elles enlevèrent une batterie à l'ennemi. Le 24 juin 1 762 , ces compagnies furent sérieusement engagées à Grébenstein; huit de leurs officiers tombèrent entre les mains de l'ennemi; parmi eux se trouvait le capitaine Luchem qui était blessé. Enfin, le 20 septembre, ce qui restait du régiment se trouva au combat d'Amenebourg et à la prise du château de ce nom.

A la paix, le régiment de Waldner fut mis en garnison à Schlestadt, où i| se rétablit en peu de temps. 11 se rendit au Fort-Louis du Rhin en novembre 1 764, à Sedan en août 1765, à Montmédy en novembre 1766 et au camp de Compicgne en juillet 1767. Après le camp, il retourna à Montmédy, d'où il passa à Douai et Gondé en octobre 1768, puis à Arras en mai 1769, à Landrecies en juin 1771, à Huninguc en septembre 1772, à Neufbrisach en septembre 1774, à Landau en octobre 1776, à Landrecies et Avesnes en avril 1778, à Avesnes et Gravelines en août 1778, à Rouen en juillet 1779, et à Cherbourg au mois de septembre de la mêmeannée. Il resta dansce port jusqu'à la fin de la guerre maritime, et y prit, en 1781, le nom de Yigier (1).

(4) M de Vigier, du canton de Soleure, soldat au corps en 1743, a été nommé b:igadier le 3 janvier 1770, et maréchal de camp le 3 mars 1780.

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Vigier s'est rendu à Condé en mai 1783. Il a occupé depuis Avcsnes en octobre 1785, Charletnont et Philippeville en juin 1787, etToul en mai 1788. Au mois de juillet de cette année, les troubles de l'Irlande et la crain : e d'une nouvelle guerre maritime le firent envoyer à Nantes, mais il ne resta que peu de temps dans cette ville, et il était de retour à Toul le 12 novembre.

En 1789. au mois de juillet, le régiment de Vigier fut appelé aux environs de Paris. Il arriva jusqu'à Brie-Comte-Robert, reçut contre-ordre et retourna à Toul. L'affaire des grains et l'approvisionnement de Paris fit envoyer à Troyes, au mois de septembre , un détachement de 400 hommes. Au mois d août \ 790, Vigier fournit un autre détachement de 400 h mîmes au petit corps d'armée avec lequel le marquis de Bouillé mit à la raison la garnison révoltée de Nancy. Cette expédition coûta la vie au lieutenant de grenadiers Schûphauwer. On a vu, au régiment de Castellas, quelle fut l'issue de cette malheureuse affaire et comment les régiments de Castcllas et de Vigier, réunis en conseil de guerre, furent appelés àjugor. conformément aux lois suisses, les soldats rebelles de Chàteauvieux. L'année suivante, Vigier fut envoyé de Toul à Strasbourg. Son passage à Nancy, le 13 mars, faillit causer de nouveaux désordres. La populace de Nancy fut exaspérée en voyant dans les rangs du régiment deux des quatre petites pièces de

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canou que les insurgés avaient perdues au combat du 31 août de Tannée précédente. Déjà l'on courait aux armes pour les reprendre et exterminer Vigier, quand l'intervention de la garde nationale et des hussards de Chamborand fit tout rentrer dans Tordre. Le régiment arriva sans autre incident à Strasbourg, où il fut rejoint le 7 mai par le détachement qui était à Troyes.

En 1792, Vigier fit partie de Tarmée du Rhin, sans quitter Strasbourg, où il fut licencié par suite des décrets des 20 août et 17 septembre. Un grand nombre de soldats de ce corps, plus de 600, prirent parti dans les troupes françaises. Parmi eux se trouvait un sergent, entré au service en 1768, qui est devenu le général de division, baron Amey.

Le régiment de Vigier avait des drapeaux dont les carrés présentaient chacun une flamme jaune entre deux flammes violettes. L'ensemble du drapeau était encadré dans une bordure façonnée en chevrons blancs et violets alternatifs. Le Médaillon de 1771 donne des drapeaux différents, qui étaient sans doute aux couleurs du colonel Waldner. Ceux-ci étaient partagés en flammes vertes, blanches, noires et rouges.

L'uniforme du corps avait d'abord consisté, en habit et veste rouge garance, collet et parements bleus, boutons blancs, pattes ordinaires garnies de trois boutons, et autant sur la manche; le côté gauche de

l'habit était garni d'une patte jusqu'à la poche , et était orné de douze boutonnières bleues, de trois en trois; les boutonnières de la reste étaient blanches, partagées de rtiêtne, et le chapeau était bordé d'argent. Én 4776, le régiment eut l'habit rouge avec les parements blancs.

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