SERURRIER (Jean-Mathieu-Philibert), 7 août
Ce régiment, levé par commission du 19 février 1674, a porté les noms de ses trois premiers colonels. Donné d'abord au marquis de Navailles, il fit ses premières armes en Roussillon, sous les ordres du maréchal de Navailles. Il fit, en 1676, une rude guerre aux miquelets espagnols. En 1677, il établi! sa réputation, le 4 juillet, à la bataille d'Espouilles. Cette bataille, où l'enne ni eut 5,000 hommes tués et 700 prisonniers, fut une affaire, pour ainsi dire, particulière aux régiments de Navailles et de Fùrslemberg allemand. Ces deux braves corps, emportés par la plus noble émulation, y détruisirent entièrement les régiments espagnols d'Aragon, de Medina- Sidonia, de Monteleone et de Parme. Navailles y perdit le capitaine Langlade et 108 hommes. Parmi les officiers blessés se trouvaient les capitaines Saint- Genièz, La Barre, Sainte-Colombe, Desviou et Desloches. Le régiment se conduisit avec la même distinction, en 1678, au siège de Puycerda. Les capitaines Dubois de La Roche, Dumas et Duprat, les lieutenants Sorbet et de Pondieu et l'enseigne La Ronce, périrent à l'assaut du 3 mai. Puycerda capitula le 28, et le 3 juin, le régiment s'empara en une heure du château de Baga, situé à quatre lieues de cette ville. 11 prit ses quartiers d'hiver à Perpi-
1>I l'aNCIENWB INFANTEfetB PKANÇAI8B. 4Ù1
gnan, où il perdit, le 1 er janvier 1679, son colonel, à peine âgé de vingt-deux ans (1). 11 fut alors donné au célèbre chevalier d'Hamilton , dont le régiment irlandais venait d'être réformé.
Sous le nom d'Hamilton, le régiment servit, en 1684, au siège de Luxembourg, où ses grenadiers trouvèrent l'occasion de se signaler. Le capitaine Saint-Genièz et un lieutenant y furent blessés.
En 1688, sous le nom de Jarzé, il fut employé au siège de Philisbourg. Le 6 octobre, il emporta avec Picardie le fort du Rhin. Le colonel de Jarzé eut dans cette attaque une main emportée par un boulet; le capitaine de grenadiers de Barrière, lieutenant-colonel en 1690, le capitaine deCaumel et les lieutenants La Douze , Dupré et Ricors y furent aussi blessés. Après la campagne, le régiment entra dans Mayence , où il fut assiégé en 16*89. Il perdit dans les différents combats qui signalérent| (a glorieuse défense de cette place, le major Raynard et les lieutenants de Constant, Le Bret et Blanchet. Le lieutenant-colonel Lhuillier, les capitaines Channoy, Dupart et Saint-Pé, les lieutenants Dursieux, Montlezun et Clavière et six autres officiers, y furent atteints par le feu de l'ennemi. Dans une des sorties
(I) Le marquis de Navailles avait été nommé brigadier l« 2 août \61&.
hist. M: l'anc. infastkrif. français::, t. vi. 2ti
qui rendirent ce siège fameux, les grenadiers, aux ordres de M. de Bois David , chargèrent les assiégeants à l'arme blanche et en firent un carnage extraordinaire. Cet acte de valeur les rendit redoutables et leur fit accorder par Louis XIV d'honorables récompenses. Le prince Charles de Lorraine voulut les voir après la capitulation de Mayence.
Jarzé commença la campagne de 1690 en Allemagne, et au mois de juin, il fit partie du corps que M. de Sainte-lliith conduisit en Savoie. Chambéry , Annecy et Rumilly furent pris, et au mois de septembre, le régiment fut réuni à l'armée de Cattinat. Il se distingua, sous ce général, à la prise de Suze qui lui coûta deux officiers, et passa l'hiver à Pignerol. Au printemps de 1691, un détachement fit avec succès la guerre aux débets, et rejoignit, le 6 juin, le reste du corps occupé au siège de Carmagnola. Ce fut cette année, et par brevet du 22 mai, que le régiment prit le titre de 1 1 province de Médoc.
Médoc fit encore en 1691 le siège de Montmélian. Il contribua, en 1693, au gain de la bataille de la Marsaglia. En 1694, il servait à couvrir les côtes de la Provence. Le 10 octobre, il s'embarqua sur les vaisseaux de Tou avilie, qui le transportèrent à Palamos, en Catalogne. 11 de.ueura dans cette ville jusqu'au siège de Barcelone, qui fut l'action principale de la campagne de 1697. Dans la première garde que Médoc monta devant Barcelone, il essuya nue sortie de 2,000 hommes, qui firent des efforts incroyables
de l'ancienne INFANTERIE française. 403
pour enclouer les canons qu'on venait de mettre en batterie. Le régiment rendit tous leurs efforts inutiles el tua 700 hommes. Là prise du chemin couvert, qui lui fut due en grande partie, lui coûta 80 braves soldats et deux lieutenants. Le lieutenant-colonel de Trinquôléon y fut blessé. Enfin Médoc se surpassa à l'assaut général du 23 juillet. Chargé d'attaquer le bastion Sain '-Pierre, il y monta par le flanc, l'emporta et s'y maintint malgré les efforts des assiégés pour le reprendre.
Médoc fut porté à deux bataillons par ordonnance du V février 1701. Le 1 er bataillon passa en Italie avec Cattinat et se signala, au combat de Carpi, en dégageant la cavalerie et les dragons aux prises avec un ennemi supérieur. Le l et septembre, il combattit à Chiari dans la brigade d'Auvergne. Il y souffrit beaucoup du canon, et perdit plusieurs bons officiers, au nombre desquels était le capitaine' d'Argelos. Crémone lui fut assignée pour Quartier d'hiver, et il y était lors de 1a fameuse surprise du prince Eugène. Il partagea tolis lés efforts de cette brave garnison et perdit lë capitaine Pèïot et lé major de Roch piquet, dont le général ennemi, témoin de sa valeur, fut le premier à déplorer la mort, lorsqu'il apprit qu'il était ce petit officier, à veste rouge, qu'il avait vu partout où il y avait du danger. Le colonel de Monten dre fut blessé et obtiut en récompense de sa conduite le régiment Royal des Vaisseaux ; les capitaines de Brazilly et de Trets furent aussi blessés; Te lieutenant-
colonel de Beaulieu fut fait brigadier et commandant de la place de Crémone (1 ).
, Le 1 er bataillon de Médoc se trouva en 1702 à la bataille et à la prise de Luzzara, où son nouveau colonel, M. de Charaillard, fut blessé (1). 11 prit peu de part à la campagne de 1703, ayant été laissé à Dezenzano sur le lac de Garda pendant l'expédition du Tyrol. Plus tard, Vendôme l'employa au camp de San-Benedetto audésarmement des troupes du duc de Savoie, dont on commençait à suspecter les intentions. Au mois de novembre , il était au camp de Castelnuovo, et il battit, le 20, à Montecuto un corps impérial, qui voulait s'emparer de ce poste, lui tua 150 hommes et mit le reste en fuite. Le major de Brazilly fut blessé dans cette affaire. En 1704, le bataillon fut employé aux sièges de Verceil , d'ivrée et de Vérue. Le lieutenant de Montigny fut tué devant Verceil et le capitaine de Villeneuve eut devant Vérue la tête fracassée par une pierre. Médoc se signala en 1705 au siège de Chivasso et à la bataille de Cassano, où il perdit les capitaines Saint-Martin et Danncau. Après avoir passé l'hiver à Mantoue , il
(1) Charles de Baulieu, entré au corps à la création, lieutenant- •olonel 1" août 1701, brigadier 9 février 1702, remplacé en 1703 par M. de Brazilly.
(2) Le colonel Chamillard, frère du ministre, avait été capitaine de vaisseau. 11 est devenu brigadier 23 décembre 1702 et maréchal de camp 26 octobre 1704. Son successeur, le marquis de Villènei, a été fait brigadier l w février 1719.
rejoignit l'armée en 1706 et combattit à Calcinato avec Auvergne. Il servit quelque temps au siège de Turin, puis passa sous les ordres du comte de Médavy, qui battit le prince de Hesse-Cassel à Castiglione et le mit dans une déroute complète. Le désastre de l'armée qui assiégeait Turin rendit cette victoire inutile, et le bataillon dut se jeter dans Crémone, où il fut bientôt bloqué. Le lieutenant-colonel de Brazilly, renfermé dans Pizzighetonc avec quatre compagnies, y soutint un siège de trois semaines et obtint une capitulation honorable.
Rentré en France en 1707. le bataillon contribua à la défense de Toulon, fit les deux campagnes de 1 707 et 1 708 dans le Dauphiné et fut appelé en 1 709 à l'armée du Rhin. Il se distingua le 26 août au combat de Rumcrsheim, et prit ses quartiers d'hiver à Schlestadt.
Pendant ce temps, le 2 e bataillon, qui avait été formé à Cambrai, était passé en Espagne en décembre 1703 avec le duc de Rerwick. Arrivé à Vittoria en février 1704, il avait été aussitôt dirigé sur la frontière de Portugal, et s'était fait remarquer, le 26 mai, à l'attaque du camp du général hollandais Fagel. Il avait ensuite contribué à la prise de Salvaterra, Segura, Idanha-Nueva, Portalègre et autres places de la frontière portugaise. Ce bataillon avait été incorporé le 25 avril 1705 dans le régiment de La Couronne, mais cette incorporation, qui lésaitles intérêts de quelques officiers, avait soulevé de vivei
406 IllSTOUtE
réclamations et n'avait duré que pendant cette campagne. Le 2" bataillon de Médoc avait servi en 1706 au siège de Baroelone et y avait perdu le capitaine Grandnom et le lieutenant Lair. En 1707, il avait assisté à la bataille d'Almanza, où le capitaine Despannay et Faide-major de ViUers avaient été blessés, puis au siège de Méquinenza, où le capitaine de Montesquiou le fut à son tour, et enfin à celui de Lérida, où il resta en garnison. Passé ee ^708 à l'armée de Catalogne, le bataillon fit le siège deToriose dont le chemin couvert fut emporté par ses grenadiers réunis à ceux du régiment du Maine. L'attaque avait été si vive, que les habitants de Tortose, craignant que leur ville ne fût enlevée d'assaut, s'étaient mis à sonner le tocsin. A la fin de cette année, le bataillon quitta l'Espagne; il servit une partie de Tannée 1709 dans le Dauphiné et rajlia enfin le 1" bataillon à Schlestadt.
Pendant les campagnes suivantes, Médoc fut employé à la garde des lignes de la Lauter, à Weisserabourg et aux environs. Appelé, en 1713, au siège de Landau, il se couvrit de gloire, le 17 juillet, en repoussant avec Navarre une sortie et en se logeant sur ks angles saillants du chemin couvert. U perdit devant Landau le capitaine de Piosin; les capitaines de Giscaro , de Montcsquiou , de Brieu et de Trets v furent blessés. Le régiment se fit encore remarquer celle année devant Fribourg à côté du régimeni de Poitou dont il partageait les quartiers et les travaux,
et, la guerre ayant cessé sur le Rhin, il fut dirigé vers la Catalogne pour coopérer à la réduction de Barcelone. A l'assaut général du 12 septembre 1714, les deux bataillons de Médoc combattirent à l'attaque de gauche avec le régiment de La Marine. Les grenadiers se portèrent à la brèche du bastion du Levant, la gravirent malgré la raideur de sa pente et s'élancèrent dans le retranchement intérieur. Presque tous y furent mis hors de combat, et eussent été massacrés, si, au même moment, La Marine n'eût emporté le bastion en y pénétrant par la gorge. Ce terrible assaut coûta la vie au capitaine Taillac et aux lieutenants Verdun et Mortemer. Parmi les blessés se trouvaient les capitaines Giscaro, Desplagnes et Bompar et le lieutenant-colonel de Claverie, qui le fut si dangereusement qu'il mourut peu de temps après. Le 2* bataillon fut réformé après la prise de Barcelone.
Pendant les années de paix qui suivirent, Médoc demeura en garnison dans le Languedoc. ïl se trouvait en 1731 à Narbonne, lors du passage de l'infant don Carlos qui se rendait en Italie. En 1733 , le régiment prit la même route et servit aux sièges de Géra d'Adda et de Pizzighelone. A l'attaque du chemin couvert de cette dernière place, la compagnie de grenadiers du capitaine La Garde fut brûlée en grande partie par l'explosion d'un baril de poudre sur lequel une bombe tomba. Il n'en échappa que quinze hommes. Le lieutenant Vaillent lut horriblement brûlé, mais il en guérit. Le capitaine de Belle-
combe fut aussi blessé au siège de Pizzighetone. La campagne se termina par la prise du château de Milan. Au commencement de 1734, le régiment se trouva à la prise de Crémone, de Serravalle, de Novare et de Tortone. Le capitaine de grenadiers La Garde fut tué en escaladant le rempart de Tortone. Le régiment prit alors ses quartiers d'hiver à Martignana près de Casai-Major, et au mois de mai il se rendit à Guastalla. Il était de brigade avec Picardie à l'attaque de Colorno et à la bataille de Parme. Dans cette dernière affaire, il eut la gloire de rétablir le combat, en charganl à la baïonnette la colonne autrichienne qui avait franchi la chaussée. Aussi eut-il ce jour-là vingt-neuf officiers tués ou blessés. Les morts étaient le major de Villers, les capitaines Danneau, de Martignac, de Lastours, Naturel et Bailly, et le lieutenant Bonnecourt. Parmi les blessés se trouvait le colonel duc de Crussol d'Uzès (1), dangereusement atteint de deux coups de feu, le lieutenant-colonel de Trets (2), les capi tainesSaint-Chamas, Duvergier, Mareschal,Guiran,elleslieutenantsSaint- Amand, Biarne, Hérault, Cirol, Giscard etBoissanne. Trop affaibli pour continuer la campagne, Médoc
(1) Le duc d'Uzès a été nommé brigadier le 1 er août 1734. Ses deux successeurs immédiats, MM. de Lannion et de Bréhant, son l montés, le premier au régiment de Lyouuaix, et le second à Picardie.
(2) Alexandre de Gauffrédy, chevalier de Trets, sous-lieutenant en 1696, major 31 mai 1728, lieutenant-colonel H septembre 1731 et brigadier 18 octobre 1734.
fut envoyé à Mode ne , d'où il sortit après la victoire de Guastalla pour prendre part au siège de la Mirandole. Pendant ce siège, le lieutenant-colonel deTrets partit avec les grenadiers du régiment et quelques autres troupes, pour aller attaquer les retranchements de Révère, où les Impériaux avaient un pont sur le Pô. La compagnie de grenadiers du capitaine LeBret arriva, sans être aperçue, à portée de la première sentinelle qu'elle trouva endormie; elle l'égorgea, surprit le poste et l'enleva. Le pont fut pris, et tous ceux qui le gardaient périrent sous les baïonnettes des grenadiers, ou se noyèrent dans le fleuve, ou furent faits prisonniers. Cependant les Autrichiens cherchaient à jeter dans la Mirandole un secours de 6,000 hommes. M. de Trets, à son retour, en rencontra une partie qui avait déjà passé le Pô. Il n'hésita point à les attaquer'avec les 500 soldats qu'il avait ; il tua une centaine d'Autrichiens et ne se retira que lorsqu'il fut sur le point d'être enveloppé. Le lieutenant La Barthe périt dans cette occasion. Le grenadier Picon donna ce jourlà des marques d'une intrépidité singulière. Furieux de voir l'ennemi passer le Pô sur un pont volant, il s'élance dans le fleuve, son épée entre les dents, s'approche, en nageant, du câble qui retient le pont et s'efforce en vain de le couper avec son épée. Obligé de renoncer à son entreprise, il revient sain et sauf, quoiqu'il eût essuyé pendant tout le temps le feu des troupes qui étaient sur le pont. Ce brave soldat parvint plus tard à la sous-lieu tenanec.
Médoc se trouva en 1735 à la prise de Reggiolo, qui coûta la vie au lieutenant de grenadier Grenel , et à celle de Révère. Il passa Je temps de la trêve à Rrescia. cl rentra en France au mois d'août i 736. Il fut alors mis en garnison à Rarcelon nette.
En 1737, il occupait Montpellier, Lunel, Nîmes et Cette, en 1739 Montlouis, et en 1741 les places des Cévennes, qu'il quitta en 1742 pour se rendre à l'armée de Ravière.
Après avoir occupé ïngolstadt, du 0 mai au 4 septembre, Médoc marche au secours de Prague avec le régiment de Normandie. Le combat de Plan modifie ce projet, et le régiment entre en quartiers d'hiver à Altembuch et Statt-Amhoff , où la rigueur de la saison, les maladies et des marches pénibles le ruinent à tel point, qu'au commencement de 1 743 il ne comptait pas 100 hommes valides sous ses drapeaux. Il fut alors envoyé à Schmidmûlh , où il se rétablit par l'incorporation de quelques milices. Après avoir occnpésuccessivement les postesd'Ensdorfet d'Edershausen, il alla en avril avec Limousin relever la garnison d'figra. Il fut bloqué dans cette ville pendant cinq mois, et y éprouva toutes les horreurs de la plus cruelle famine. Forcés enfin , le 7 septembre, de se rendre prisonniers de guerre, 1rs malheureux débris de Médoc furent dirigés sur Gratz et Goritz, et, au mépris de la capitulation, les officiers, séparés de leurs soldats, furent envoyés à Copreinitz dans la Croatie. Par un raffinement de barbare précaution,
de l'ancienne: infanterie française. 41 i
le lieutenant-colonel de Bompar fut conduit seul à Trieste et jeté dans une prison , où il demeura neuf mois, et où on allait, par curiosité, voir sa barbe et ses ongles qu'il avait laissé pousser.
En 1 744, tous lesprisonniers furent réunis àGoritz. Ce fut cette année, et par ordre du 16 janvier, que Le 2 e bataillon fut rétabli au moyen des bas officiers et soldats qui étaient parvenus à s'échapper, et qui étaient rentrés en France sous la conduite du capitaine de Prunières. \k étaient en fort petit nombre , car ces malheureux avaient été rencontrés en Souabe par des hussards qui les avaient sabrés. Le capitaine de Monilezun, qui les commandait, avait reçu deux graves blessures à la tête et au bras, et avait été laissé pour mort dans les champs de la Souabe. Toutefois le 2" bataillon se forma à Caën et se trouva complet en peu de temps. Au mois de mai 1 745, le i" bataillon fut échangé contre la garnison de Fribo<irg et arriva à Strasbourg, d'où les 397 hommes qui le composaient , après avoir reçu des armes, allèrent joindre à Caën le 2' bataillon.
Médoc quitta cette ville en avril 1746 pour se rendre à Saint-Omer, et de là à l'armée que le maréchal de Saxe assemblait sous Bruxelles. Quelques piquels prirent part à la réduction de la citadelle d'Anvers. Le l #r aoùl, les grenadiers participe ront à ratlî»que dsi poste des Cinq-Étoiles; le sous-'iuutenant Picon y eut un bras fracassé. Le corps tout entier fit ensuite le siège de Namur ei combattit à
Rocoux. Il y fut chargé avec Bretagne de l'attaque du village de Varoux, qui fut emporté si vivement que l'ennemi eut à peine le temps de faire une décharge de son artillerie. Médoc n'y perdit que trente hommes, parmi lesquels se trouvait le capitaine de Cirol. Les capitaines de Rochepiquet, Brisonnerie et LaDevèze,et le lieutenant La Roque, y furent blessés. Aprèscette bataille, le régiment fut envoyé au secours de la Provence, et il passa l'hiver de 1747 à mettre Toulon en état de défense. Après la retraite des Impériaux, il marcha vers le Var et prit part à toutes les opérations de cette campagne dans le comté de Nice. A sa rentrée en France, en 1748 , il revint à Toulon, et au mois de décembre il se rendit à A vallon. Son 2* bataillon fut réformé à Lyon le 27 décembre, et ce fut à Avallon qu'il reçut par incorporation l'ancien régiment de Dauphiné, qui devint son 2 e bataillon, conformément à l'ordonnance du 10 mars
Après cette opération. Médoc se mit en roule pour Strasbourg, qu'il quitta en mai 1750 pour aller à Neufbrisach et Huningue. Il fut de là à Briançon en septembre 1751, à Toulon en septembre 1752, au camp de Beaucaire eu août 1753, et, après le camp, à Perpignan. En seplembre 1754 il se rendit à Tournon, et il occupait, depuis octobre 1755, les places du Languedoc, lorsqu'il reçut l'ordre de se rendre à Toulon, où il s'embarqua le 4 avril 1756
pour passer dans l'île deMinorque (I). Il fut employé à l'attaque des ouvrages extérieurs de Mahon et principalement de ceux de la gauche. Il contribua, dans la nuit du 27 au 28 juin, à emporter la redoute de la Reine, la lunette de Kent et les ouvrages de Stragen et d'Argyle. Il perdit à cet assaut le lieutenant Gérard et dix-huit grenadiers. Le capitaine de grenadiers de Yallin y reçut un coup de feu dans le ventre; son frère le chevalier de Yallin et les capitaines de Montviel, de Bellecombe, Bérail, d'Oms et le lieutenant de Marville y furent aussi blessés. Pendant ce siège, un capitaine, nommé Hardy, distingué par ses connaissances en mathématiques, était assis à côté du maréchal de camp prince de Beauveau qui lui donnait à ôiner. Une bombe tombe derrière eux. Hardy en avertit le prince qui lui répond : « Mais, apparemment,ellenenous empêchera pas de boire. » En même temps il choque son verre contre celui du capitaine, qui réplique : « Au contraire, elle vient à propos pour porter la santé d'un prince aussi brave. » La bombe éclata sans les toucher.
(1) Le régiment avait alors pour colonel le marquis de Mesmes, brigadier 20 février 1761 , maréchal de camp 25 juillet 1762 et lieutenant-général en 1781. Le marquis de Chassincourt de Tilly e*t devenu brigadier 22 janvier 1769 et maréchal de camp 1 er mars 4780. Le marquis de Mauroy a obtenu les mêmes grades 3 janvier 1770 et 1 er mars 1780. Le comte d'Avaux y parvint aussi le t er janvier 1784 et le 9 mars 1788. Le marquis de Roquefeuille a été fait maréchal de camp le 1 er mars 1791.
414 lUSTOUB
Médoc resta en garnison à Mahon pendant toute la durée de la guerre de Sept Ans. Revenu à Toulon le 15 juin 1763, il fut affeclé au service des ports et colonies et demeura à Toulon. Pendant son séjour dans ce port, il fournit des détachements pour l'armement de la flotte de M. de Fabry, qui alla traiter, mèche allumée , avec les Algériens. Il se rendit en novembre 1764 à Marseille, eu novembre 1760 à Gap et Briançon, et il revint à Marseille en octobre 1 767. Le 2 e bataillon s'embarqua alors pour la Martinique, où il a séjourné jusqu'au l ir mars 1773.
Le 1 er bataillon passa en Corse en octobre 1768, vint à Monaco en septembre 1 770, fut dirigé en juin 1771 sur Négrepelisse et de là, au mois de novembre, sur Montauban, où il fut rejoint le 21 mai 1773 par le 2' bataillon débarqué à Rochefort le 13 avril précédent. Le régiment se mit tout entier en route pour Briançon en septembre 1773. Il est allé depuis à Valencienncs en novembre 1774, au Quesnoy en juin 1776 et à Calais en septembre 1776. En 1778, il fut employé à la garde des côtes dé la basse Normandie, en 1779 à celle des côtes de Brest, et en 1780 à celle des côtes de l'Àunis. En octobre 1781, il occupa le Château -Trompette de Bôrdeaux, d'où il fut à Perpignan en octèbre 1781, à Collioure en octobre 1784, àBéziersen octobre 1785, elà Montpellier en mars 1788. Il retourna à Béziers au mois d'octobre, et il se trouvait encore dans cette ville au commencement des troubles de 1789.
DE l'aNCIENNK INFANTERIK FRANÇAIS*!. 41$
Il fut employé pendant l'hiver de 1790 à réprimer les brigandages des contrebandiers de sel^ qui, à la faveur des désordres qui affligeaient le pays, agissaient avec une audace extraordinaire et mutilaient horriblement les commis des Aides.
Médoc quitta Béziers le 29 avril 1791 pour se rendre à Perpignan. Lors du complot du 6 décembre, qui faillit livrer Perpignan aux Espagnols, le régiment tint la conduite la plus patriotique et mérita les éloges de l'Assemblée nationale.
En 1 792, le 1 er bataillon fut appelé à l'armée du Midi ; le 2 e resta à Perpignan.
Passé à l'armée d'Italie en 1793, le 1" bataillon se distingua particulièrement le 28 février au combat de SospeHo. Le colonel Serurrier (1) y mérita une mention spéciale dont ou était alors fort avare, surtout à l'égard des anciens officiers. Ce bataillon se trouva encore cette année au siège de Toulon et fut versé le 22 octobre dans la 129 e de;ni-brigade, qui continua de combattre à l'armée d'Italie et qui est l'une des souches de la brave 32 e du général Bonaparte.
Le 2 e bataillon de Médoc fît partie en 1793 de l'ar-
({) Serurrier, niaréchil de France eu 1804, était entré comme soldat dans le régiment de Bcauce en 1755, il d -vint enseigne en 1759 et passa major dans Médoc le 17 mai 1789. Son prédécesseur, Meunier, avait été major et lieutenant-colonel de Médoc avant d'en dire eoloiel.
mée des Pyrénées-Orientales, et se distingua à la bataille de Truillas. Il combattit sur cette frontière jusquà la conclusion de la paix avec l'Espagne, et il entra le 5 juillet 1 795 dans la composition de la 1 30 e demi-brigade, qui passa aussi à l'armée d'Italie.
Médoc avait porté jusqu'à la guerre de Sept Ans un costume composé d'habit et culottes blancs, parements, collet et veste rouges, boutons blancs pattes ordinaires garnies de trvvs boutons et autant sur la manche, chapeau borrV d'arge.ît. De 1763 à 1775, il eut le revers vert de Saxe Le règlement de 1 775 lui donna les parements et los revers cramois s, et celui de 1776 les revers et parements jonquille, avec le collet vert et les boutons blancs.
Les drapeaux d'ordonnance de ce corps avaient deux quartiers rouges cramoisis et deux quartiers feuille morte. *
RÉCIMRVT DE VIVARAIS.
71 e RÉGIMENT D'INFANTERIE.
Cassano.
COLONELS OU MESTRES DE CAMP,
L Maréchal n'ALBRET (César Phébus), mars 1674. 2. Marquis d'ALBRET (Charles Aiuanjeu), 22 novembre 1676. IL Marquis de GANDELUS (Louis Potier de Gesvres), â août 1678. Marquis de CLÉRAMBAULT (Philippe de Palluau) , 1H avril
!L Marquis de MIRABEAU (Jean-Antoine Riquetti), LA avril 1697. fi. Marquis de GENSAC (Gilles Gervais de La Roche-Loumagne), 1 avril! 711.
2, Duc hé DURAS (Emmanuel-Félicité de Durfort). 10 mars 1734.
ÎL Marquis Dt BONNAC (François-Armand d'Usson), fi mars 1743.
Duc de COSSÉ-BRISSAC (Louis-Joseph Timoléon), 2a août H49.
10. Chevalier de LEMPS (Nicolas-François de Prunier), 21 septembre 1759.
1 L Vicomte de PUYSÉGUR ( Barthélemy-Hercule-Athanose de Chastenet) 3Û novembre 176t.
12. Comte de COSSÉ-BRISSAC (François-Artus-Hyacinthe Timoléon), 13 avril 1780.
L3. Marquis de COURTAVEL dk PEZÉ (Louis-François René), Lû mars 1788.