Î2 HISTOIRE
reçu vingt-sept blessures, fut obligé de se retirer, estropié des deux bras et avec la mâchoire fracassée (1).
Le régiment se trouva en 1711, sous le nom de Gensac, à l'attaque d'Arleux et en 1712 à la bataille de Denain, où son nouveau colonel eut le poignet brisé (2). En 1713, il se rendit sur le Rhin et prit part aux sièges de Landau et de Fribourg.
En 1719, Gensac fut employé sur les Pyrénées; il faisait partie du corps de réserve. 11 comptait, dans la guerre de 1733, à l'armée du Rhin, et se trouva au siège de Kelh. Il entra dans cette place le 31 octobre pour y tenir garnison. L'année suivante, le duc de Duras, son nouveau chef, le conduisit à l'attaque des lignes d'Ettlingen et au siège de Philisbourg. Il servit encore sur celte frontière en 1735, combattit à Klausen, et acheva la campagne aux camps de Phaltz et de Saint- Maximin.
Au mois d'avril 1742, le régiment de Duras se rendit avec Royal à l'armée de Bavière. Il faisait partie du corps de réserve aux ordres du comte de Saxe, et concourut à la prise d'EInbogen et de Raaden. En janvier 1743, il fut établi en quartiers d'hiver à
(4) M. de Mirabeau avait été nommé brigadier le 49 juin 4708.
(2) M. de Gensar est devenu brigadier 4" février 4749, maréchal de camp 20 février 1734 et lieutenant-général 1 er murs 1738.
M. de Massauve, enseigne en 1702, lieutenant-colonel 4 er octobre 4730, a été fait brigadier 2 mai 1744.
Deckendorf: c'est pendant ce quartier d'hiver qu'il prit le nom de Bonnac.
Bonnac reprit la campagne le t ,r mai ; il se rendit à Plating et, le 17, il coopéra à la défense de Dingolfingen, avec Picardie et Royal. Le 5 juin, l'année autrichienne ayant forcé les passages du Danube à Pochin, il se retira sousRatisbonneet de là en Fi ance, où il rentra au mois de juillet, sauf un piquet laissé dans Ingolstadt, qui ne rejoignit qu'en octobre à Thionville où le corps avait été mis en garnison.
En 1744, Bonnac fait partie de l'armée de la Moselle; il contribue à la défaite du général Nadasty sur les hauteurs de Saverne, combat à Augenheim, et lorsque l'armée de la Moselle eut été réunie à celle du Rhin, il fait le siège de Fribourg et prend ses quartiers d'hiver dans la Souabe. En 1745, il est avec le prince de Conti qui se tient sur la défensive au bord du Rhin. II passe Tannée suivante en Flandre et fait les sièges de Mons, de Charleroi et de Naniur. Le 3 octobre, après la capitulation de Namur, il est mis en garnison dans cette place. Le capitaine de Mauclair avait eu deux côtes brisées par une grenade devant Mons. En 1747, le régiment combat avec vigueur à Lawfeld. Le colonel marquis de Bonnac (1)
(1) M. de Boaoac, qui succédait à M. de Duras monté au régiment d'Auvergne, a été nommé brigadier 27 juillet 1 747, maréchal de camp 25 août 1749 et lieutenant-général 2o juillet 1762.
Henri, chevalier d'Aspic mont, lieutenant en 1720, lieutenant-colonel 9 avril 1745, est devenu brigadier 27 juillet 1747.
y perd une jambe. En 1748, pendant le siège fie Maèstricht, le régiment fait partie du petit corps d'observation établi sur la rive droite de la Meuse, en arrière du château de César, pour la garde des ponts de communication. A sa rentrée en France, le régiment fut réduit à un bataillon par ordre du 15 novembre, et rétabli à deux bataillons le 10 mars 1749 par l'incorporation de l'ancien régiment deVivarais, dont plus tard il prendra le titre.
En 1757, sous le no n de Cossé, le régiment fait partie de l'armée du prince de Soubise. Il est écrasé à Rosbach. Le colonel duc de Cossé est blessé et pris; le lieutenant-colonel de Mauclair (1) reçoit deux coups de sabre sur la tête et tombe aussi entre les mains de l'ennemi ; le commandant de bataillon de Baudeau et le major Dormand sont blessés ; le capitaine Bonal, et les lieutenants Monteil et Sénaut sont tués; l'aide-major de Pagny, les capitaines La Valette, Caulraont, Desplan, Le Blanc, Vernon, Bachelier, Cartelct, Saint-Maurice. Papus, Maisonade, Paussot et huit lieutenants, sont blessés et pris.
Incapable de continuer le service en Allemagne, le régiment est envoyé sur les côtes de Bretagne et contribue, le 11 septembre 1758, à la déroute des Anglais à Saint-Cast. 11 retourne sur le Rhin, en
(t) Pierre Bertrand de Mauclair, lieutenant-colonel 15 janvier
avril 1761, sous le nom de Lemps (1) et fait cette campagne et la suivante dans la brigade de Dauphin. En 1762, il sert au bombardement de Ham.
A sa rentrée en France, il est envoyé à Rennes, et l'ordonnance du 10 décembre 1762 , on lui donnant le titre de la province de Vivarais, le fait passer ^ au service spécial des ports et colonies.
Vivarais, qui avait été envoyé à Dinan et Saint- Servan à la fin de 1762, est allé au mois de mai de Tannée suivante à La Rochelle. Pendant son séjour dans cette ville, il a fourni la garnison de l'île d'Oléron. Il s'est rendu de là à Marseille en octobre 1766, puis à Saint-Omer en août 1767, à Valenciennes en octobre 1768, et au camp de Verberie en juillet 1769. Après la levée du camp il s'est rendu au Quesnoi, et de là à Landernau en janvier 1771, à La Rochelle en avril 1773, à Rayonne en octobre 1774, à Saint-Omer en novembre 1776, à Aire et Saint- Venant en juillet 1778, àHuninguc en novembre 1778, à Valence et Mont-Dauphin en juillet
(i) M. de Lemps, ex-lieutenant-colonel rte Bretagne, a été fait brigadier 29 mars 1758, et maréchnl de camp 20 février 1761. Parmi ses successeurs, M. de Puységur a été nommé brigadier 22 janvier 1769 et maréchal de camp 1 er mars 1780; M. de Cossé, brigadier 1 er janvier 1784 et maréchal de camp 9 mars 1788; M. de La Fontanelle était lieutenant-colonel au corps du 29 juin 1792.
François Dumayne de Saintc-Lnnne, lieutenant-colonel 19 février 1766, est devenu brigadier 1 er mars 1780 et maréchal de camp 4 "janvier 1784.
I 779, à Montpellier en mai 1 780, à Douai en novembre 1781, à Calais en octobre 1783 et à Béthune en septembre 1786. A la fin de 1787, pendant les troubles d'Irlande, le 2 e bataillon fut envoyé à Caen, où il ne fit qu'un court séjour. En septembre 1788, le régiment fut appelé au camp de Saint-Omer, après lequel il revint à Béthune.
Son séjour prolongé dans cette petite ville avait établi entre les habitants et les soldats des relations si intimes qu'il devint nécessaire de les rompre. Le 26 janvier 1790, à trois heures du matin, Vivarais reçut Tordre, un peu brusque, de partir le jour même pour Lens. Il se met en route à midi, mais à quelque distance de la ville, la plus forte partie du régiment fait demi-tour avec les drapeaux et retourne vers Béthune. Les officiers, la plupart des sergents et une centaine d'hommes, suivent seuls le colonel de Courtavel, qui les conduit à Douai. Le commandant de Béthune, M. de Beaulaincourt, au milieu des démonstrations d'allégresse des soldats et des bourgeois de la ville, demeura fort embarrassé.
II consentit enfin à recevoir ces hommes rebelles dans la place et voulut bien se contenter d'un renouvellement du serment de fidélité à la Nation, au Roi et à la Loi, qui, dans la circonstance, semble être venu fort à propos.
La partie fidèle du régiment était arrivée le 28 janvier à Landrecies , où elle reçut de nouveaux drapeaux et fut aussitôt dirigée sur Verdun, suivie à quelques
jours de distance parles soldats de Béthune, qui n'avaient pas tardé à reconnaître la puérilité du motif de leur rébellion , et qui avaient peut-être eu le temps de s'apercevoir que le bourgeois cesse d'être aimable pour le soldat aussitôt que celui-ci lui devient onéreux.
Au mois d'avril, Vivaraîs fut de nouveau déchiré par des troubles graves, à propos de l'arrestation du sergent-fourrier Niiscar, depuis chef d'un bataillon de volontaires (Union du Bas-Rhin), qui avait exprimé des opinions ultrà-révolutionnaires. Cette affaire, qui occupa souvent l'attention de l'Assemblée nationale, se termina en juin 1 79 1 parla réintégration de Muscar. Pendant ce temps, le régiment avait été envoyé à Longwy , d'où il passa à Metz en janvier
Quand la guerre commença, le 1 er bataillon et les grenadiers du 2 e firent partie de l'armée du Centre; le reste demeura à Metz. Les compagnies de guerre assistèrent à la bataille de Valmy et se signalèrent par leur acharnement à la poursuite des Prussiens.
Le 1 er bataillon se rendit en 1793 à l'armée du Nord et se signala à la prise d'Ypres. C'est à un de ses soldats que fut confié l'honneur de porter à la Convention un des drapeaux pris à l'ennemi. « Le général a pensé, dit le rapporteur, qu'un si courageux républicain devait être connu delà Convention : son action est digne d'être proclamée. Ce soldat ,
dans l'affaire qui a précédé la prise d'Ypres, est menacé par un Autrichien d'un coup de sabre, s'il ne se rend pas. Vn républicain ne se rend jamais, répond-iL 11 écarte le coup de sabre ; mais, succombant sous le nombre, il est fait prisonnier. Bientôt il aperçoit près de lui le bataillon auquel il appartient, et le combat s'engage entre le bataillon et les Autrichiens. Pendant l'action , Marc Ancogne, c'est son nom, s* élance sur le porte-drapeau ennemi, le renverse, emporte ce signe des esclaves et rejoint son bataillon. »> Après cette pompeuse tirade de Barrère, Ancogne obtint les honneurs de la séance et l'accolade du président.
Le l ,r bataillon de Vivarais fut employé en 1794 à la conquête de la Flandre hollandaise, et entra le 22 septembre de cette année dans la formation de la 131 e demi-brigade.
Le 2' bataillon quitta Metz en 1793, se rendit à l'armée des Ardennes et fut versé, le 5 avril 1794, dans la 1 32 e demi-brigade.
Le régiment de Vivarais avait chaque quartier de ses drapeaux d'ordonnance coupé en damier. Les quatre petits carrés qui résultaient de ce partage, étaient jaune, noir, rouge et vert.
L'ancien uniforme consistait en habit et culotte blancs ; parements, collet et veste rouges ; boulons jaunes ; pattes ordinaires garnies de cinq boutons et cinq boutons sur la manche; chapeau bordé d'or.
db l'ancienne infanterie français s. 429
En 1763, l'habillement tout blanc était distingué par des parements vert de Saxe. En 1775, le régiment prit les parements gris de fer, et de 1776 à 1779, il eut les revers et les parements gris de fer, le collet aurore et les boutons jaunes.
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RÉGIMENT DE tEXIN.
Wolfenbûttel.
COLONELS 00 MEST1ŒS DE CAMP