de BAR (Jean-François), 23 mars
Ce régiment, créé, comme le précédent, par" ordonnance du 1" mars 1674, a été formé à Montpellier par le marquis de Castries, qui en céda immédiatement le commandement à son fils (1). Comme le précédent aussi, il a été maintenu régiment de gentilshommes jusqu'en 1672.
11 demeura d'abord en garnison à Montpellier , dont son premier colonel avait le gouvernement. En 1677, il fut envoyé à l'armée de Catalogne. Le 4 juillet de cette année, il fit de la manière la plus brillante ses premières armes à la bataille d'Espouilles , où il contribua puissamment à la complète ruine des régiments espagnols d'Aragon, de Medina-Sidonia,de Paln.a et de Monteleone. ïl perdit dans cette journée le capitaine Ducros. Les capitaines Gesseret,Bandron, CantagreletGuascet six lieutenants, furent blessés. Il y eut, en outre, 55 hommes mis hors de combat.
(1) M. de Castries le père était mar échal de camp du 15 juillet 1651. Le fils, capitaine au corps à la création, devint brigadier 22 mars 1689 et maréchal de camp 30 mars 1693.
En 1678, Castries servit encore avec distinction au siège de Puycerda. Le 16 mai, un détachement de 200 hommes alla s'emparer d'une tour qui commandait un passage à une lieue de la place et y fit 40 prisonniers. Le siège de Puycerda coûta au régiment le capitaine de Maransanne, les lieutenants de Péréfixe et d'Aussaguel et les sous-lieutenants de Madière, Besson et Grimaldi. Castries resta en garnison à Puycerda jusqu'à la paix.
En 1681 , le régiment, désigné pourl'expédition secrète dont le but était l'occupation de Casai dans le Montferrat , arriva le 25 septembre à Pignerol , et dans la nuit du 1° octobre, il fut reçu dans la citadelle de Casai , où il demeura quelque temps en garnison. En 1683, il fut employé contre les protestants du Languedoc ; le colonel eut un cheval tué sous lui dans une rencontre.
Passé, l'année suivante, en Catalogne avec le maréchal de Bellefonds , Castries se trouva , le 1 1 mai, au passage du Ter à Puente-major. Il y combattit avec beaucoup de fermeté dans une position désavantageuse et perdit six officiers. Il termina cette campagne par le siège de Girone.
Au mois d'août 1688, il se rendit dans l'électorat de Cologne et prit ses quartiers d'hiver à Nuytz. Le 12 mars 1689 , il marcha au secours du régiment de Fûrstemberg logé dans les environs , qui s'était laissé surprendre par un gros corps brandebourgeois. Depuis huit heures du matin jusqu'à la nuit, Castries
soutint les efforts de plus de 4,000 chevaux et parvint à faire une belle retraite sans se laisser entamer. Il se retira à Bonn, «t se fit peu après remarquer dans la défense de cette place.
Passé à Tannée de Flandre en 1 690, il perdit deux lieutenants et eut seize officiers blessés à Fieurus. Le colonel était parmi ces derniers et eut aussi un cheval tué sous lui. En 1691 , le régiment fit le siège de Mons. Il était placé à Glain, quartier du lieutenantgénéral de Rubantel. Après la prise de Mons, on Tenvoya en Alsace. Il fit deux campagnes sur cette frontière, se rendit en 1694 sur les Alpes, passa l'hiver suivant à Pignerol, servit en 1696 au siège de Valenza, et après que la paix eut été faite avec le duc de Savoie, il revint sur le Rhin, et y fut employé sous le maréchal de Choiseul jusqu'à la paix générale. Il portait à cette époque, depuis trois ans, le nom de Morangiès.
Le régiment, dirigé sur l'Italie dès le mois de décembre 1700, fait la campagne de 1701 sous le maréchal de Villeroy et combat aux affaires de Carpi et de Chiari. On le trouve, en 1702, à la surprise de Crémone, à la bataille de Luzzara et à la prise de Luzzara et de Borgoforte. Il prend cette année ses quartiers d'hiver à Sabionnetto.
Un 2* bataillon, créé le I e * février 1701, qui était d'abord resté dans les garnisons de Flandre, rejoint à la fin de 1 702 1 armée d'Italie et fait partie de la garnison de Mantoue.
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En 1703, le 1« bataillon suit Vendôme dans le pays de Trente, se trouve à la pnse de Nago et d'Àrco, et plus tard aux combats de Stradella. Après la retraite de l'armée, les deux bataillons sont jetés dans Torbole, où ils sont attaqués le 19 septembre. Quoique les fortifications de cette ville ne consistassent qu'en quelques redoutes construites à la hâte , le régiment fait si bonne contenance , que l'ennemi se retire. Le H janvier 1704, Morangiès combat à Castelnuovo de Bormia, où le colonel est blessé. II sert ensuite aux sièges de Yerceil, d'ivrée et de Vérue. Le 1 er mars 1705, il se distingue à l'attaque du fort de lilc de Vérue, et, à la fin d'avril, il va faire le siège de La Mirandole, où un capitaine est blessé. Le 24 juin, il ouvre la tranchée devant Chivasso, et le même jour le colonel de Morangiès (1) est mortellement frappé par une balle qui lui fracasse l'épaule. Le 16 août, sous le nom de Louvigny, le régiment combat à Cassano : il prend cette année son quartier d'hiver à San-Martino de Bisole. L'année suivante, il se trouve au combat de Calcinato, au siège et à la bataille de Turin, et, après que l'armée eut repassé les Alpes, il est envoyé en Flandre, où il fait la campagne de 1707 dans la brigade du régiment de Gon-
(I) M. de Morangiès était brigadier du 10 février 1704. Son successeur, M. de Louvigny, est passé ru régiment de Piémont.
Charles d'Eatreniaux, lieutenant en 1679, major 16 mai 1701, lieutenanl-colonel 5 novembre 1 704, a été nommé brigadier 1" fà ▼rier 1710.
drin. Il assiste en 1708 à la défaite d'Âudenaërde, et, pendant le siège de Lille, il demeure au camp de Pottes avec le chevalier de Croissy. Il fait partie , en 1709, de la brigade de Champagne et appuie les efforts de ce vieux corps à la journée de Malplaquet. Il partage en 1710 la fortune de Bourbonnais; il participe en 1711 à l'attaque d'Arleux et finit la campagne dans Yalenciennes. Il s'appelait alors Bacqueville.
En 1712, le régiment de Bacqueville, toujours en garnison à Yalenciennes, partage, le 10 juillet, la gloire que s'acquiert Bourbon au combat de Beuvrage, où ces corps défirent un parti de fourrageurs qui était venu insulter les faubourgs de la place. Le capitaine de grenadiers Vilon périt dans cette action. Après la victoire de Denain, le régiment sort de Valenciennes et contribue à la reprise de Douai, du Quesnoy et de Bouchain. 11 passe, en 1713, à l'armée d'Allemagne, se distingue, le 18 août, à l'attaque des contre-gardes de Landau, contribue à la défaite du général Vaubonne et termine cette guerre par le siège de Fribourg. Le 2 # bataillon est réformé en 1715.
On trouve le régiment, en 1727, au camp de la Sambre; et en 1 7 3 1 , sous le nom de La Trémouille ( 1 ), on le rencontre à Montpellier où il sert de garde à
(1) Le duc de La Trémouille * obtenu le régiment de Champagne.
l'infant don Carlos pendant le séjour que fait le prince dans cette ville. Devenu Tessé cette même année, il passe en Italie à l'ouverture de la guerre de la succession de Pologne et débute par les sièges de Géra d'Adda et de Pizzighetone. Le 1 5 décembre, il ouvre la tranchée en même temps que les Gardes Piémontaises, devant le château de Milan. On le voit, en 1734, à la prise de Serravalle, de Novare, dcTortoneetde LaMirandole, à l'attaque deColorno et aux batailles de Parme et de Guastalla. Le colonel de Tessé, qui venait d'obtenir le régiment de La Reine, est blessé à Guastalla.
Sous le nom de Senneclère, il coopère, en 1735, à la soumission de Révère. Rentré en France au milieu de 1736, il s'embarque pour la Corse au mois de janvier 1739, prend en mars le nom de Chaillou, et se distingue, le 3 juin, aux combats de San-Giacomo et de Bigorno.
Rappelé sur le continent au début de la guerre de la succession d'Autriche, il demeure sur les côtes delà Provence de 1741 à 1744. Ce te dernière année, avec le comte de Ségur (1), son nouveau chef, il franchit le Var, se trouve à la prise de tous les forts
(1) Le comte de Ségur est passé au régiment devenu Soissonnais.
Claude François d'Albois de Montrosier, sous-lieutenant en 1694, major 19 février 1727, lieutenant-colonel 27 octobre 1733, a été fait brigadier 18 octobre 1734. Son successeur Hugues Laurencin de Chdnzé, lieutenaut en 1703, et lieutenant-colonel 10 juin 4743, obtint aussi le grade de brigadier 10 mai 1748.
qui entourent Nice, à la réduction de Château-Dauphin et de Déniont, au siège de Coni et à la bataille livrée le 30 septembre sous les murs de cette place. En 1745, il se signale aux sièges de Tortone, de Novare , de Serravalle , d'Acqui , d'Alexandrie , de Casai , de Pavie, de Plaisance, de Valenza, et le 27 septembre, au combat du Tanaro. Jeté à la fin de cette année dans Asti avec Lyonnais, il y est fait prisonnier en 1746. Il portait alors le nom de Gensac.
Échangé en 1747, le régiment de Gensac fut rétabli le 1" juillet sur le pied de deux bataillons, et il continua de servir sur les Alpes jusqu'à la paix. On le réduisit à un bataillon le 30 octobre 1748, mais l'incorporation du régiment de Luxembourg le reporta à deux bataillons le 10 mars suivant.
Au début de la guerre de Sept Ans, le régiment, devenu Vastan, fit partie de l'armée de Hanovre et de l'avant-garde commandée par le prince de Beau- -vau. Le 24 avril 1757 , i! occupa Munster sans résistance , il assista le 24 juillet à la bataille d'Haastembeck, pénétra jusqu'au fond du Hanovre et acheva la campagne au camp d'Halberstadt. Ramené sur le Rhin dans les premiers mois de 1758, il entra le 25 juin dans Dusseldorf avec deux autres bataillons français et huit bataillons palatins. Le 29, M. d'isselbach, gouverneur de Dusseldorf pour l'impératrice Marie-Thérèse , accepta une capitulation que les Français refusèrent de signer. Vastan joignit alors la division de Chevert et se distingua à l'atta-
que du pont de Rées. En 1759, il servait sous M. de Contades, et fut écrasé, le 1" août, à la bataille de Minden. I! laissa sur le champ de bataille les capitaines de Baillet, de Mont et Dumerbion, et les lieutenants de Caumont et de Brest. Le colonel de Vastan , dangereusement blessé à Pépaule, demeura entre les mains de l'ennemi. Le lieutenant-colonel de Maulmont, les capitaines La Fare, Bellocq, Coste , Mandron, de Portetz, de Vinouse, Laurencin, La Roque, Granchin , l'aide-major La Roque et six lieutenants furent plus ou moins grièvement blessés. Hors d'état de continuer à tenir la campagne , le régiment fut renvoyé en France et ne reparut à l'armée qu'en 1761. Le 3 octobre de celte année , le marquis de Vastan , après la prise de Wolfenbuttel , était cantonné au village d'Oëlper, sur la rive gauche de TOckcr , au-dessous de Brunswick , avec 500 hommes de son régiment , 300 chevaux et une pièce de canon. Il y fut vivement attaqué par le prince Frédéric de Brunswick avec six bataillons, soutenus par douze escadrons qui avaient à leur téte le général Lûckner. La plus vigoureuse résistance ne put empêcher le poste d'être forcé. Le colonel, abandonné par sa cavalerie, se fit tuer avec la moitié de son bataillon , dont le reste fut pris. Les ennemis avaient perdu plus de 200 hommes. Le régiment, ruiné une seconde fois, fut donné à M. de Bouillé (1), et
(\) M. de Bouillé a été nommé brigadier 3 janyier <770, niare-
DE L'ANCIENNE ïWANTEElE FRANÇAISE. 4$ 0
né put faire la campagne de 1762. L'ordonnance du 10 décembre de cette année lui fit prendre le litre de Vexin, porté déjà par un autre corps réformé eti \ 749, et l'affecta au service des ports et colonies.
Vexin, qui à sa rentrée en France avait été envoyé à Guérande près de l'embouchure de la Loire, passa en 1762 à Saint-Brieuc et en mai 1763 à Loricnt. Au mois d'août 1765, il s'embarqua pour les Antilles et fut partage entre la Martinique et la Guadeloupe. Le T r bataillon revint en Europe en novembre 1771 et fut mis en garnison à Bordeaux, d'où il passa à Blaye en septembre 1 772. Le 2* bataillon , qui était resté à la Guadeloupe , rentra à Rochefort le 14 avril 1773, et un mois après, tout le régiment se trouvait dans cette ville. Il se rendit au commencement de 1774 à Béfciers et Alais, et au mois de novembre de la même année à Maubeuge, d'où il est allé à Metz en novembre 1 776, à Lille en avril 1 778, à Calais en juillet 4778 , à Caudebec et Pont-Aûdemer en juillet 1779, à Evreux en décembre 177$, à Pont-Audemer et Honfleur en juin 1780, à Valogîies en octobre 1780, à Cambrai en octobre 1781 , et à Dunkerque en octobre 1782.
chai de camp et gouverneur de la Martinique 26 février 1777 et lieutenant-général en 1782. Le comte de Duras a été fait brigadier 1" mars 1780, et maréchal de camp l ,r janvier 1784. Thévet de Lesser a obtenu ce dernier grade le 23 mars 1792. Chauvetd'ÀUons est passé à Lyonnais. 11 avait été précédemment lieutenant-colonel de Royal-Italien, puis des Chasseurs royauï cle Provence.
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Pendant le séjour que le régiment fît à Calais en 1 778, un détachement d'une quinzaine de chasseurs monté sur un bateau smogleur s'empara , le 21 décembre , à l'abordage d'un navire anglais armé de six canons cl de deux pierriers, qui croisait entre Gravelines et Calais, et mena sa prise à Dunkerque. Ce hardi coup de main , dont l'honneur revient en grande partie au soldat-gentilhomme Chàteauneuf de Saint-Priest qui l'avait dirige , est la seule part que le corps ait prise à la guerre de l'indépendance des États-Unis.
Vexin s'est rendu de Dunkerque à Tonnay-Charente en novembre 1 783. Après avoir travaillé quelque temps au dessèchement des marais de Rochefort, il est allé à Nîmes en juillet 1 784, à Perpignan en octobre 1785, enfin à Aix et Marseille en mai 4788. Ce fut là qu'il subit le contre-coup de la Révolution.
Le 30 avril 1790, trois compagnies , qui étaient casernées au fort Notre-Dame-de-la-Garde de Marseille, furent accusées, non sans quelque raison, d'avoir laissé occuper ce fort par la populace marseillaise. Cette portion du régiment montra , en effet, un grand enthousiasme pour la liberté et laissa beaucoup à désirer sous le rapport de la discipline. Le soir du même jour , la garde natioriale exigea que les forts Saint-Jean et Saint-Nicolas lui fussent remis, et les commandants de ces forts obéirent. Cette affaire provoqua de vives plaintes portées par
le ministre de la guerre au sein de l'Assemblée nationale, qui enjoignit au ministre d'expédier Tordre à Marseille de faire évacuer les forls par la garde nationale et Vexin et de les remettre à la garde du régiment suisse d'Ernest. Nous avons déjà dit ce qui résulta de cette mesure pour le régiment d'Ernest. Quant à Vexin, il évacua les forts, mais il demeura dans la ville, et quand, au mois d'août, il reçut l'ordre de se rendre à Àntibes et Monaco, la municipalité de Marseille s'opposa formellement à son départ. On finit cependant par transiger, et les passions s'étant un peu calmées, un bataillon de Vexin se mit en route pour Monaco au mois d'octobre. L'autre ne quitta Marseille qu'en septembre 1 791 pour aller à Antibes, où le régiment fut réuni.
Au mois de mai 1792, le 1" bataillon fut appelé à Besançon , puis à l'armée du Rhin. En 1793 , on l'envoya sur la frontière du Nord ; il défendit Valenciennes et, après la perte de cette place , il se retira à Laon, d'où il fut dirigé sur les armées de l'Ouest. Il prit part jusqu'à la fin à la guerre civile et entra directement, le 21 décembre 1796, dans la 70* demi-brigade de deuxième formation.
Le 2* bataillon de Vexin fît partie de l'armée du Var, contribua à la conquête du comté de Nice, se distingua le 19 novembre 1792 à l'attaque de Sospello, où il était à la tête de la colonne du centre, dirigée par le général Anselme lui-même. Ce bataillon passa , l'année suivante, à l'armée des Pyré-
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nées-Occidentales, se fit encore remarquer dans l'invasion de la vallée de Roncevaux et devint , le 5 avril 1795 , le noyau de la 134* demi-brigade qui, elle aussi , est allée se fondre en 1796 dans la 70* de nouvelle formation.
Le régiment de Vexin avait des drapeaux jaune et noir par carrés opposés.
Il avait porté l'habit et la culotte blancs , avec le collet noir, la veste rouge et les boutons jaunes ; les doubles poches garnies chacune de six boutons et trois boutons sur la manche , le chapeau bordé d'or. En 1763 , il eut les parements, les revers et le collet vert de Saxe avec les boutons blancs. En 177,5, il était distingué par les parements noirs. Le règlement de 1776 lui donna le collet rouge, les revers et parements vert foncé et les boutons blancs.