‹ Histoire de l'ancienne université de GrenobleChapitre 1 sur 3 · C. H. LANGLOIS, RUE DES GRÈS-SOBBONNB · texte numérisé non relu

C. H. LANGLOIS, RUE DES GRÈS-SOBBONNB

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!>£ L'AJNCIENNE

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On ignore généralement, môme à Grenoble i que -celte ville ait eu jadis une université. Les deux historiens du Dauphiné., Cfaorier et Valbonnais, en font, il est vrai, mention; mais le dernier ne

o Lue d'abord en partie , le 23 septembre 1819 , à la Sociéié des sciences de Grenoble (yoj. ci-après, note 128) , cette histoire le fut ensuite ea totalité à la Société royale des Antiquaires de France, les 19 ayril et 9 mai 1820, et on l'inséra, en yertu d'une délibération, dans le tome m (p. 391 etsuiy.) de ses Mémoires, publié en 1821. Des exemplaires en furent enfin tirés séparément.

Depuis cette époque, nous avons trouvé d'anciens titres, et Ton en a décourert aussi en refaisant les inventaires des archives de la mairie de Orenoble ; ils nous ont fourni des documens propres à éclaircir divers points de notre travail, et nous en avons puisé, d'ailleurs, dans d'autres sources. Nous avons donc accueilli avec reconnaissance la proposition d'en donner une seconde édition , qu'a bien voulu nous faire le directeur de la Revue du Dauphiné, M. OUivier (Jules), juge au tribunal dvil de Grenoble, auteur d'une Histoire de Valenee et de plusieurs mémoires ou dissertations, où se trouve la preuve qu'on peut allier avec succès la culture des lettres à la science des lois.

Les additions, corrections, etc., de cette seconde édition, seront insérées dans des notes distinguées de celles de la première par des astérisques joints aux numéros, et lorsqu'elles seront placées dans les anciennes notes, nous y joindrons le signe Add. ou Àddit.

h cite presque que pour annoncer sa suppression en même temps que sa création^; et si Chorier donne quelques détails de plus, outre qu^ils sont en quelque sorte perdus dans le très-petit nombre de passages où Fauteur les a glissés , ils sont si peu satisfaisans et offrent tant d'incertitude, qu'on n'en est guère plus avancé*.

Nous avons essayé de suppléer à leur silence par des recherches dans les archives publiques' et dans les auteurs contemporains. L'aridité de ce travail ne nous a point rebuté. Nous avons pensé que tout ce qui tient à Fhistoire de notre pays doit intéresser nos compatriotes, et que, d'ailleurs, en montrant que l'érection de l'université actuelle de Grenoble n'est qu'une restitution faite à cette ville, nous fournirions de nouveaux, motifs d'y maintenir un établissement qui lui est si utile ''^.

On ne connaît pas précisément Fépoque où fut érigée l'université de Grenoble, parce que l'édit de l'établissement primitif n'existe plus*. Lorsque la ville de Valence demanda sa suppression

' Yalbonnais, Hist, duDauphiné, ij, 411 à 414.

* Nous les citerons dans les notes de notre Histoire.

' Noos ftTons puisé une grande partie de nos documens dans les archives de la mairie de Grenoble, et surtout dans les registres des conclusions ou délibérations de son conseil de rille ou conseil municipal , dont il j a un recueil inGniment précieux. (Voir à ce sujet nos JRemarques sur les anciens jetuc des Mystères, dans les Mémoires de la Société des Antiquaires, tome Y, 1823, p. 16i3 et suiYo surtout p. 165.) Nous les citerons par les signes Reg. Mss. (Regbtres manuscrits ) .

'* L'école de droit de Grenoble étant déjà menacée de suppression , nous espérions enlerer~às0S lennémis un de leurs prétextes. On n'osa plus , en effet» dire qu'elle était une création récente ; mais on tronya bientôt un nouveau prétexte , et peu de mois après la publication de notre travail , la suppression fut prononcée, et le rétablissement ne fut effectué, au bout de plusieurs années, que grâce à des considérations tout-à-fait étrangères à l'utilité publique.

* Yalbonnais, ij , 411.

UNIYERSITË DE GRENOBLE. 7

an XVI® siècle , nos consuls la faisaient remonter à Tannée 1 340 * •

époque où Humbert II transféra à Grenoble le conseil delphinal

établi en 1337 à Saint-Marcellin. Ils se fondaient sur ce qoe,

dans Fordonnance publiée pour cette translation, le dauphin

disposa que quatre des membres du conseil seraient docteurs en

droit y et pourraient être pris parmi les professeurs de Funiver-

site*; mais cette clause même prouve Fexistence antérieure de

notre académie.

En effet, on a découvert un édit du 25 juillet 1339, où

Humbert, après avoir annoncé qu'il a obtenu du pape Benoit XII la création d'une université à Grenoble, prescrit des mesures et accorde des privilèges pour j attirer un grand nombre d*étndians**. La création de notre université est donc antérieure an 25 juillet 1339 : Yalbonnais^ présume que c'est de peu de temps; il se fonde sur un passage d'un autre édit de la même année, où Humbert dit : Filla Gratianopolis ubi nuper studia generaïia. (mpetravimus. Et, en effet, c'est ce qu'on peut indum de cette expression ntiper, quoique un peu vague, mais seulement par rapport à l'époque où Humbert obtint les bulles de confirmation du pape; car il est probable que Fenseîgnement du droit à Grenoble était de beaucoup plus ancien, puisque, dans des actes de 1333 etl336*, AmblarddeBeaumont, protonotaire du dauphin,

^ Voy. Minute étun lHémoire, sac des archires de la mairie coté Unwers^, N.° 914, liasse 1«, pièce 12^ o.

Dans une requête du 31 mars 1566 (même liasse, pièce 7), on fait même remonter Térection jusqu'à 1323*; mais peut-être est-ce un erreur de chiffres.

* Yalbonnais, ij, 401.

®* Un extrait vidimé de cet édit fut remis au conseil de rille le 11 septembre 1551 (yoy. Reg. M»s., à cette dal^> f.^ 568), par Bûcher, doyen de runiyersité. (Yoy. ci-après, note 19.)

^ Yalbomnais, ij , 411 , note (.

* Yoyez-les dans Yàlbomnam , ij, 246 et 310..

(Add,) On en cite aussi plusieurs de 1334, où ÀBiblard prend la même qualité. (Yoy. Histoire généalogique de ta maison de Beaumont^iTlS, tome h p. 404 et 405.)

8 mSTOBE I« L'AMCmmS

prend ea même UmpA la qualité de profesgor jwrù ewUi» *• Quoi qu'il en soit, Fédit da 25 juillet 1339, rapporté en entier par Yalbonnais *® , snpplée par ses dispositions à Tédit primitif de eréation, ainsi qu'aux bulles de confirmation de Funiv^ité que les papes étaient alors en possession de donner '^ On y lit que dans la yiile^de Grenoble il y aura toujours une université, où Ton enseignera le droit civil, le droit canonique, la médecine et les arts (ui in ea estent perpétué generalia studia in utrituquejuris, medicinœ et artium facuUatihus , etc. *^*).

^ D'ailleurs, dansrordoatianoe àé 1340, que noos citerons bientôt, Hnmbert dît : Olim in eoncéaione privilegiorum studii nostri Gratianopolitanû II ne se serait pas seryi du mot olim, si l'érection de l'université eût été trèsrapprochée de Tan 1339. — {Addit.) Qnoi qa*\\ en soit, il est du moins certain qne l'miilrersîlé était en activité avant 1340 , puisque dans un titre du prieuré de Saint-Laurent de Grenoble, daté de décembre 1339, on trouve cette phrase : Dominum Alamandi , priorem..,. reetoremqtte venerabilis universitaiis, ûollegii seu eorporis studii civitaiis Graiianop. (Lettre de M. J*-J. PiLOT , de Grenoble , du 4 novembre 1838.)

>^ YÀLftONKAIS^ ij ,412.

** ViUL]KmilA»,ij, 413.

*^* D'après Ghoiube (ij, 278), il y avait quatre professeurs, deux de droit civil et deux de droit canonique, et dans une délibération du 3 mai 1861 {Reg. Mis., f.° 193) il est aussi question de quatre professeurs ; enfin , dans diverses délibérations (26 février 1557, f.^' 194; 14 avril 1559, f.** 251; 12 janvier et 26 juillet 1560 , f." 35 et 109 ; 7 mars et 3 octobre 1561 , f."" 170 et 217, et 16 novembre 1565, f.*' 196, etc.), on cite des noms autres que celui du Ueteur ou liseur ordinaire, dont nous parlerons plus loin.

Des papiers découverts depuis notre première édition (voy. ci-devant, p. 5, note a) nous ont fourni des documens plus précis. On y trouve des arrêtés de l'université, fixant l'ordre des lectures ou leçons. Ces lectures ont pour objet le droit canonique , le droit civil ou droit romain et la médecine. Le nombre des docteurs ayant droit de professer est assez considérable ; mais comme , selon toute apparence , leurs rétributions étaient fort modiques , ils se distribuaient les lectures par quartiers ou trimestres , qu'ils nomment des quartons. (Voir, entre autres, délibérations des 4 novembre 1546, 16 septembre 1548 , 10 août 1550 ; sac 914 , déjà cité , liasse 3 , pièces 4 , 5 et 8. )

C'est que les revenus accordés par le roi ou par les états de la province étaient surtoutaiféctés , comme on le verra , au traitement des docteurs étrangers, de ceux qu'on appelait les lecteurs ou liseurs ordinaires (v. ci-après.

UNITEBSITÈ DE GRENELE. 9

Cette expression perpétua est d'autant pins remarqoaUe , qu'a la fin de l'édit , le dauphin en jure sur l'évangile , pour lui et pour ses héritiers et successeurs, l'observation perpétuelle; de sorte qu'on ne put dès-lors priver la ville de Grenoble de cet établisse^ ment, sans porter atteinte au contrat de transport du Dauphiné qui maintenait les privilèges accordés aux villes, et qu'on ne se décida sans doute dans la suite à unir l'université de Grenoble à celle de Valence que parce que la ville de Grenoble ne fit pas valoir cette clause.

Le même édit prouve combien le dauphin attachait d'impor^ tance à cet établissement. Indépendamment des privilèges qu'il accorde aux élèves, tels que l'exemption du service militaire, ii ordonne de détruire toutes les forges qui existaient dans un rayon de trois lieues aux environs de Grenoble , afin de prévenir jgar-li renchérissement du bois; clause singulière, au sujet de laquelle Ghorier remarque , avec son élégance accoutumée , que le froid est ennemi des fonctions de Vesprit**.

D'antres actes d'Humbert II prouvent aussi et son intention de maintenir l'université, et la mise en activité de cet établissement. Le 13 mai 1340 *', il ordonne de nouveau la destruction des forges voisines; confirme tous les privilèges de l'université (studii nostri Gratianopolitani) et donne pouvoir au recteur de veiller à leur conservation ( inq>ectionem pênes rectorem dicti studii remanere voltmus). Le 2 octobre suivant, il adresse au recteur et au collège

note 70*) ; de sorte qoe les professeurs da pays, comme cenz dont parlent les délibérations précédienles (c'étaient des prêtres, des juges, desayocatsou des médecins) étaient réduits à se diyiser la portion de reyenus non absorbée par ce traitement, et quis'éleya ({uelquefois à 100 liyres par an pour chacun (sac 570, liasse 1'®, pièce 24, 25 et 27), indépendamment d'un casuel modique et de quelques prérogatives (par exemple, l'exemption des contributions personnelles). — Voy. aussi ci-après, note 27***.

" Chorier, Hist. gétUraU du Dauphiné, ij , 288.

'^ Cet acte est dans Valbomkais, ij , 411.

10 HISTOmE DE L'ANCIENNE

des lettres *^ par lesquelles il nomme Hagues de Galbert professeur des décrétales; enfin, le 37 mars 1345, il nomme Jacques de Ruffo professeur de droit civil ou de droit canonique, au choix du recteur ^\

Nous ignorons le temps précis où Funiversité de Grenoble cessa d'être en activité. Nous pouvons seulement présumer qu'elle fut maintenue pendant le règne d'Humbert II , puisqu'il y attachait tant d'importance, et pendant celui de ses premiers successeurs, qui ne devaient pas oublier les conditions sous lesquelles il leur avait donné ses états. Elle existait encore sous le règne de Louis JSly du moins si Ton s'en rapporte au témoignage de Chorier, puisqu'après avoir indiqué la création et la confirmation de l'uniyersité de Valence, faites par ce monarque en 1452 et 1475, cent vingt ans après l'institution de celle de Grenoble , il observe *^ que le Dauphiné eut alors deux universités. Enfin, il est énoncé dans une délibération du 25 août ^1542, dont nous allons parler, que . l'université de Grenoble avait demeuré long-temps '\

Ce qu'il y a de certain, c'est qu'à cette dernière époque elle n'existait plus, lorsqu'un prince delà maison de France, François de Bourbon, comte de Saint-Pol'^"^, grand-oncle de Henri IV,

*^ Elles sont dans Yalbonnais , îj , 424.

*' Ces dernières lettres sont aussi dans Yalbonnais , ij , tiOtk

*^ Chorier , Hist. générale , ij , 453 et 454.

{Âddit,) Néanmoins, selon l'édit de 1565, portant suppression de l'uniyeîgité^de Grenoble, et~c[ont on parlera plus loin, « il appert des lettres » d'érection dié celle de Valence qu'alors (1452) il n'y avait aucune uniyer- » site en Dauphiné. (Archives de Grenoble , liasse ou sac 17 6 , pièce 1^. )

*^ Reg. Mss. des conclusions de Grenoble, d. date, f." 55.

"* Troisième fils de François de Bourbon, comte de Vendôme, aïeul d'Antoine, roi de Navarre, père de Henri IV. Le comte de Saint-Pol était né en 1491 ; il fiU nommé au gouyemement du Dauphiné en 1527« et mourut en 1545. Son fils, François de Bourbon, duc d'Ëstouteyille, eut ce gouyemement après lui; mais, étant mort jeune (âgé de 10 ans), l'année suivante (voir MoRERi, mot Bourbon, branche de Vendôme, N.^ vij; — Anselme, tome I, p. 326), Claude de Lorraine, duc de Guise, beaa-frère du comte de

UNIVERSITÉ Dfi GftENOBLE. 11

se trouvant goavernenr da Dauphiné , entreprit de la rétablir et d'en confirmer les anciens privilèges, sur la demande du conseil de la cité.

Cette réintégration fut prompte^D^sJo-J^' septembre suivant ^' , les lettres du comte d((TSaint-Por^i{ui Tordonnaient furent enregistrées , et Faniversité installée, en présence du conseil de la ville et d'un grand nombre de notables, dans le réfectoire du couvent des Cordeliers, alors existant sur l'emplacement actuel de la citadelle. Elle était déjà composée de trois docteurs régens , l'un en théologie, le second en médecine, et le troisième en droit civil. Celai-ci était Pierre Bûcher, qui fut bientôt nommé doyen de l'école et ensuite procûfeur- général an parlement ^* , fonctions qu'il cumula pendant une vingtaine d'années.

Vers le même temps, l'enseignement du droit éprouvait une révolution. André Âlciat, appelé en France par la munificence et le goût éclairé de François P , avait mêlé la culture des lettres à l'étude de la jurisprudence; il avait le premier fait usage, dans les chaires, d'une latinité élégante, bien opposée au langage barbare des disciples ou admirateurs de BartoIIe. Mais cette révolution, achevée dans la suite par Cujas, ne pénétra pas rapidement

Saint-Pol, obtint le même emploi, avec d'autant plus de facilité , que le comte n'ayait pas laissé d'autre fils que François.

" D. Reg. Mss., 1" septembre, f.*» 56.

** Dans les pièces découyertes (yoy. p. 5, note a, et sac 914 déjà cité, liasse 3, pièces 4 et 48) , il est qualifié doyen dès le 4 noyembre 1546; et, dans les délibérations de la yille, dès le 3 mars 1550. (Voy. d. Reg, Mfs,, d. datOi f.^392.) fut nommé procureur-général le 15 ayril 1553 (Chorier, Estai politique du Dauphiné, ij , 148) ; et il est cité souyent, dans les délibérations, en cette qualité. On l'appelait d'abord Buchechier, (Yoj. Chômer, Hisi. générale, ij, 575; surtout nos Remarques sur les anciens jeux des Mystères, insérées dans les Mémoires de la Société des Antiquaires, 1823, tome y , p. 163 et suiy. ) On y yoit qu'en 1535 Bucber était menacé d'un procès au parlement, pour ayoir refusé, après s'en être chargé, de jouer le rôle de Jésos-Christ dans un mystère.

19 HISTOmS DE l'ancieniiœ:

dans nos pays. On y pensadt encore que les universités J[ltalie , toujours asservies à la méUiode et au jargon des Bartollistes, remportaient en science et en talens sur les écoles de toutes les autres contrées'^. Le premier soin des consuls et docteurs régens de Grenoble fut de se procurer un professeur italien *^ Leur choix tomba malheureusement sur un jurisconsulte d'une famille puissante de Quiers en Piémont , établie depuis peu en Savoie.

Nous voulons parler de Mathieu Gribaud, ou Gribald, ou Gribaldi de Mofia , seigneur de Fargies ** , paroisse de la commune de Cdonges , près de Genève , et proche parent de Y espasien Gribaldi,

^ Dans la seconde conduite (Toy. ponr ce mot, ci-après, page 14) passée avec Govéa le 29 arril 1558, on décida qu'il lirait le Bartolle. (Vôy. Reg, Mf». de Grenoble, d. date, f.° 154; sac 570, liasse 1^, pièce 17.) — ^^ XYP jsiècle^ il y ayait aussi à Padoue un professeur chargé d'expliquer glossam, textum et Bartollum, dit Comnène {Hist. Gymn, Patàmni, tome I, p. 258). — Quant au crédit des écoles italiennes, Yoy. Hbinbccics, De sectà Tribonian. , in ej. oper., iij , 173 , N.° xk

Si Beg. Mes. de Grenoble , 12 et 14 janr. 1543, £."> 98 et 102.

^ Il est appelé dans les délibérations du conseil de yille de Grenoble Jlf . de Fargies , nom à l'égard duquel nous ayons yainement compulsé les biographies et bibliographies anciennes et modernes et les auteurs du XVP siècle. Après de longues recherches, un passage de la yie latine (il est omis dans la traduction in-12,Genèye, 1681, p. 112) de Calyin, par Théodore DE BfeZE (ad ann. 1555, tom. I Oper. Calvini, édit. in-f.° de 1671), et où Ton dit d'un jurisconsulte nommé Gribaldus, qu'il était domintis Fargiarum, nous a mis sur la yoie. Enfin , nous ayons trouyé dans nos registres la copie d'une procuration passée à M. Mathieu Gribald de Moffa , seigneur de Fargies ; et l'on yoit dans une délibération que c'est le même qui fut professeur à Grenoble. (D. Beg, Mss,, 18 août 1548, f.'' 184.) Comme le nom de Gribald, indépendamment de ces deux actes, est encore répété dans un compte, nous ayons dû le préférer à celui de Gribaud dont se sert Bayle , et à celui de Gribaldi qu'emploient Chauffepié (iij, 23) ei U Biographie Michaud (xyiij, 472), h. y. Dans ses ouyrages, il est nommé Matthceus Gribaldus Moffa, jurisconsultus Cherianus, — (Add.) Mêmes noms et qualifications, 1° dans le diplôme d'un docteur promu à Grenoble , le 15 féyrier 1545 , sur sa présentation (sac 914 déjà cité, liasse 3, pièce 3); on y joint même l'épithète de celeberrimus ; 2*^ dans la seconde conduite passée ayec lui en 1559 (Archives de Grenoble, sac 570, liasse 1^, pièce 20).

qui iiit) au bout d'ane vingtaine d'années, archevêque de Vienne*'. Gribald^tait déjà conna; il avait enseigné à Quiers, à Tonlouse et soGcessivement à Valence 9 en 1540 et 1541'*, et cette dernière année il avait publié , sur la méthode d'étudier le droit , un traité qui a été réimprimé plusieurs fois , et qui est cité avec éloge par des jurisconsultes du XVIP et même du XVIII*^ siècle '^ ; enfin, depuis son premier professorat à Grenoble, il mit au jour divers ouvrages d'histoire et de jurisprudence assez estimés, tels que des distiques sur la vie des jurisconsultes, des commentaires sur plusieurs titres du Digeste, des opinions, etc.*®. Il justifiait

*' Chorur» Estât politiqwi, p. 344; — GaaLBT, Dictionnaire du Mont- Blanc, iij , 272.

** Voy. Reg» Msi» de Grenoble, 19 janyier 1543» f.^ 105; — Gribaldus, De methodo acratione studendi juris (Lyon, 1544, in-12). Ce traité, daté de Valence , 1^ janyier 1541 , est adressé à ses anciens éléres de Toulouse.

"* Voy. Valentin-Guillauhe Forster, Dejtnte rpretatione juris ; i|b . Il, cap* I, an Trésor d'Otton, ij, 991. ■— Le traité ^eTTOTstir f&t publié yers 1613. Celui de Gribald fut réimprimé en 1544, 1556, 1559. 1572 et 1588, et, par fragmens, dans la Cynosura juris de Reusnsr, en 1548. (Voy. Lipbmv9 , ^Bibliot, realis jurid,, édit. 1757, ij, 37 et 38; — Cotai, bibliot. de cassaiion, part. 11^ p< 2.)

Dans une pièce de yers latins où Reusner célèbre les jurisconsultes français, il nomme Gribald ayec Cujas, Dumoulin, Duarein, Baudoin, Leconte, etc., c'est-à-dire ayec les plus illustres d'entre eux. (Voy. id., Appendix Cynosurœ juris, 1589.)

Valentin Forster, en 1594 (Hist, jur, civil., p. 154); Simon, en 1695 {Bib. dudr., ij, 130), etBrunquell, en 1738 [Hist.jur., 3® édition, p. 215), ont aussi loué Grilbald.

^ LiPBNius, sup,, tMe, moi Gribaldus,

Les disticpies de Gribald ont été réimprimés en 1721 , à la suite de l'édition , donnée par Hoffmann, du Traité De claris interpretibus de PAKaROLS. (Li- PKNius, sup., ij, 453; — Strutb, Bibliotheca juris , cap. I, édit. de 1756, p. 26.)

Le passage suiyant, d'un ancien auteur, rapporté par Thiaboschi {Storia délia letterat,, yij, 761), donne une idée de la réputation de Gribald : Quis matthœum Gribaldum non agnoseit, nirum imprimis nobUem et elarum, deindi etiam juris eioilis seieniià etprofeuione eeUberrimum

donc, sons une foole de rapports, le choix des habitaos de Grenoble.

Ce fut le 19 janvier 1643 qae le conseil de ville arrêta de traiter avec loi; le 3 avril suivant, on le nomma professeur aux honoraires de 300 écus d*or sol "y et il exerça ses fonctions à Grenoble jusqu'au printemps de 1545*'*.

Plusieurs remarques essentielles se présentent ici :

1° Au XVI" siècle, les professeurs de droit étaient le plus souvept nommes par les villes. On passait avec eux des contrats qu'on appelait des conduites, mot dérivé du latin conduetio, qui signifie louage ^^**; de sorte qu'au fond ces contrats étaient des louages de leurs talens ou services, et on les passait pour un petit nombre d'années, sauf à les renouveler, en cas de satis&otion mutuelle , avant l'expiration du terme des conduites.

2^ En 1543, Fécu d'or sol valait, d'après la délibération du 3 avril, 46 sous. Les 300 écus donnés à Gribald, chaque année, valaient donc 676 livres tournois.

Selon les Tables de Dupré de Saint-Manr, en 1640 et années suivantes, on donnait à la moimaie 14 livres du marc d'argent : avec 676 livres on aurait donc acheté un peu plus de 48 marcs. Mais en 1790, année que nous prendrons pour base de nos compardsons, plutôt que le temps actuel, parce que les orages et les guerres de la révolution ont singulièrement dérangé les rapports des valeurs diverses; en 1790, le marc d'argent valait 64 livres; les 48 marcs auxquels répondaient, en 1640, les honoraires de Gribald , correspondaient donc à une valeur d'environ 2600 livres de l'année 1790.

" Reg. M98, de Grenoble, d. date » f.^ 105 et 129.

^* Il semblerait même, d'après une encpiéte faite en 1557 sur les études d'an gradué, que ce fut jusqu'à la fin de l'année scholaire 1545. (Sae 570, déjà cité , liasse 1*^' , pièce 15.)

»** Dans la quittance de Jean de Boyssonne , citée ci-après, note 41*, il emploie le mot eondMCtion, qui aurait dû être adopté plutêt que le mot eon^ duite*

UKIYERSITË DE GRENOBLE. Ift

Ces honoraires paraissent assez raisonnables, surtout en y réunissant les rétributions des grades qui en étaient indépendantes '^'^'^'^ : néanmoins nous n'en aurions pas une idée exacte, si nous nous bornions à en apprécier la valeur d'après celle du marc d'argent, quoique ce soit la méthode qu'aient uniquement suivie plusieurs publicistes célèbres'*. Les recherches que nous avons commencées, et dont nous nous proposons de publier les résultats lorsqu'elles seront complètes, nous ont déjà prouvé que cette méthode est tout-à-£ait vicieuse pour l'espace de temps qui s'écoula depuis 1640 jusqu'à 1560; que, dans cet intervalle, l'argent avait une valeur de trois à quatre cinquièmes au mdns plus forte que la plupart des autres marchandises; d'où la conséquence, qu'avec les 48 marcs donnés à Gribald, on n'aurait pas seulement acheté en 1790 des marchandises d'une valeur égale à 2600 livres, mais encore des marchandises d'une valeur de pins des trois cinquièmes au-delà, c'est-à-dire d'environ 4500 livres, et que, par conséquent aussi, c'est à cette valeur de 4500 livres qu'on peut fixer les 675 livres d'honoraires accordées à Gribald en 1540.

Un seul exemple suffira à présent pour établir l'exactitude de

t7**« £ju^ ^ composaient alors, non-seulement d'une certaine somme d'argent 9 mais, du moins pour les docteurs, d'une boUe de dragées remise à l'un des examinateurs. Le prix de cette boite était probablement assez éleyé , puisque le droit de la recevoir donna lieu (18 ayril 1561) à upe contestation entre deux agrégés, <pi'on arrêta (sac 914 déjà cité, liasse 3, pièce 39) que chacun des membres de TuniTOrsité la recerrait à son tour, et qu'on dressait ayec soin, de temps à autre, l'état de ceux qui l'ayaient heue (eue). Yoici, par exemple, ce qu'on lit dans un de ces états (même liasse, pièce 19) : « Noms » des agrégés qui ont heu la bojte de ceux qui ont passé docteurs en 1557.... » M. l'official a heu celle de M. Boczosel. ... M. Bûcher a heu celle que présenta » M. Limojon... M. de Goyéa a heu celle de celui (du docteur) de Gap, qui passa » aux cordeliers, etc. » (Voir d'autres éUts pour 1555, 1556, 1559, 1560, 1561 et 1565 , même liasse, pièces 34, 35 et 40 ; et sac 570, liasse 1'^, pièces 14 et 32. )

^ Yoy., entre autres, Gsrmain Gabnikr, Histoire de la monnaie, etc. 1819, tome I, p. 57.

16 HISTOIRE DE L'ANCIEFCNE

nos calculs. Dans la mâme période de 1540 à 1560, le prix commaii du blé était de dix sous le quartal de Grenoble. On le regardait comme très^her lorsqu'il s'élevait à douze sous. Le oiarc d'argent étant à 14 livres , on pouvait, avec un marc, acheter vingt-huit quartaux de blé. Pour que le rapport qui existe entre la valeur du marc d'argent en 1790 et celle du même marc en 1540, exprimât avec exactitude le rapport qui existait entre la valeur du quartal de blé en 1790 et celle du môme quartal en 1540, il faudrait qu'avec les 54 livres, valeur du marc en 1790, on eût pu alors acheter aussi vingt-huit quartaux de blé. Or, d'après les tables extraites des mercuriales'®, et où le blé est porté plutôt au-dessous qu'au-dessus de sa valeur réelle , le prix commun du quartal de blé'®*, depuis 1774 jusqu'à 1790, c'està-dire pendant dix-sept ans , arrivait à 3 livres 7 sous. Mais avec 54 livres, valeur du marc, on ne pourrait acheter à ce taux que 16 quartaux et Ys de blé, au lieu de 28 quartaux. Donc l'argent, en 1540, valait réellement trois à quatre cinquièmes de plus qu'en 1790.

Nous trouverions les mômes résultats, si nous prenions pour terme de comparaison le prix de la viande , qui , à la môme époque, était fixé à 7 deniers pour le bœuf, et à 9 deniers pour le veau et le mouton ■* **.

Les charges de la ville de Grenoble étaient alors fort considé-

^ Noos les ayons publiées dans V Annuaire statistique de VUère, an IX (1801), Grenoble, JUlier, p. 146.

^* Le quartal de blé de Grenoble contenait un décalitre et 833 millièmes ( même Annuaire , p. 32 ) .

^'* Si nous prenions pour terme de comparaison le prix d'acbat ou de louage des mabons, nous trouyerions que l'argent, au XYI^ siècle, ayaitune yaleur encore plus considérable.

Par exemple , 1^ l'édifice connu depuis fort long-temps à Bourges sous le nom èiMtel de Cujas, qui, en ltf65 , ayait été acheté 7,000 liyres, a été reyendu, en 1826, 46,000 francs {Actes originaux yus à Bourges en 1823 ; — Lettre de Jlf. Barheraud, archiviste de la préfecture, du 14 noyembre 1838) ; 2^ le louage de la maison de Cujas à Yalence, qui, en 1567, se réduisait

UNIVERSITË DE GRENOBLE. 17

rables. Elle était « entre autres, forcée à des réparations perpétuelles contre le torrent du Drac qui ravageait une grande partie de sa plaine , et dont une branche passait au lieu où est à présent la rue Saint-Jacques , sous le nom de Dravet ou petit Prac. Ses revenus, au contraire, étaient très-modiques; il» ne s'élevaient guère qu'à 2,000 livres, qui valaient à-peu-près 13,000 .livres de Fan 1790. Sa seule ressource, pour faire &ce aUK honoraires promis à Grihald et à d'autres dépenses .deJ'uoitrersUé» fttt le remboursement d'une avance extraordinake de 1,124 livres qu'elle avait faite au roi; encore, comme elle fut insufiSsante, on y suppléa par une souscription où s'inscrivit en tête un chanoine de la cathédrale ^.

Cette ressource épuisée, il fallut, au bout de deuic ans (printemps de 1545), renoncer à employer le professeur italien, qui passa peu après, en la même qualité, à l'université de Padoue, alors très-célèbre **.

(Toîr ci-apris la partie da texte correspondant à la note 99) à 70 lirres, *^8'était éleyé à 600 francs en 1821 (à présent, à enyiron 1,000 francs), d'après M. Delacroix {Lettre du 7 novembre 1838), auteur de Fexcellente StcUistique de la Drome,

Si Ton se borne à comparer la yaleur du marc d'argent à ces deux époques, c'est-à-dire enyiron 18 livres (y. Dupré de Saint-Maur, p. 216) à enyiron 56 francs, le prix d'achat de 1826 n'aurait dû s'éleyer qu'à enyiron 23,000 francs, et le prix de loyer de 1821 à enyiron 240 francs.

Mais, il faut l'ayouer, trop de circonstances influent sur les prix des achats et des louages de maisons, pour qu'ils puissent seryir de mesure pour les yaleurs réelles. Par exemple, Cuja& obtint pour 5,400 liyres, en 1585, le même hôtel qui ayait coûté 7,000 liyres à son yendeur, en 1565 ; cette diminution considérable tenait sans doute à ce qu'on ayait eu plusieurs guerres ciyiles et à ce que l'acheteur payait son prix comptant on à-peu*près comptant.

^ Etienne Roibon. (Voyez Reg. ms. de Grenoble, 3 ayrill543, f.° 129.)

'^ Oi yerra ci-après (dans la partie du texte correspondant aux notes 120 à 125) l'extrait d'un mémoire où la conduite de Gribald est fixée aux années 1543 et 1544. Il résulte aussi de plusieurs passages de ses œuyres, qu'il enseignait à Padoue en 1548 jusqu'en 1553. (Voy. td.. Comment, in aliguot tu. Dig. et Cod., 1577, in-f.^ p. 1, 166, 196, 222, 266 et 267. —Voy, aussi ci-après, note 50.)

Les professeurs grenoblois, quoique réduits aux rétributions des grades"*, continuèrent seuls ce qu'on nommait les lectures y c^esï^-dire les leçons, jusqu'à la fin de Tannée scolaire 1546.

Ils éprouvèrent alors tin obstacle singulier, auquel nous nous arrêterons un moment, parce qu'il donne une idée des mœurs du siècle.

Les côrdeliers avaient cédé à la ville, pour les leçons, leur grand réfectoire et une de leurs chapelles^'. Les délibérations énoncent que c'était à titre de prêt ; mais comme chaque année ces religieux, sous prétexte de pauvreté, demandaient au conseil de la ville et en obtenaient une aumône, le conseil pensa sans doute que le prêt du réfectoire et de la chapelle était au fond un louage dont il^vait le droit de requérir l'exécution; et, de leur côté, les coirdeliers ne voulurent pas admettre ce droit.

En conséquence, à l'ouverture de l'année scolaire ^''^ suivante, ou à la fin d'octobre 1546, car c'était à la Saint-Luc, ou au 18 octobre, que rouvraient alors les études'*, les côrdeliers fermèrent leur réfectoire et leur chapelle, et en refusèrent obstinément l'entrée aux membres de l'université, et successivement aux consuls et aux avocats qui allèrent la solliciter.

Sur le rapport de ce refus et de ses circonstances , le conseil afTêta, le 1^' novembre, qu'on irait sur-le-champ occuper, par force ou autremerUj le grand réfectoire, afin d'en continuer ce qu'on nomme en droit le possessoire, ou, en d'autres termes, la possession.

"* Voir toutefois note 11*, p^ 8*

» D. Reg. Mm., 31 août et 14 décembre 1843, et 24 octobre 1544, f.° 173, 196 et 287.

^* Elle finissait à la mi-août. {Reg. 1^9$. de Grenoble, Délibération du 6 ooâf 1558, p. 191.)

^ Voy. Notes sur la conduite de Govéa, sac 570, liasse l'^*, pièce 18; — Répertoires Mss, des délibérations de la wlU de Valence, 19 mai 1560; ^ Chorier, Histoire générale, ij, 544.

Cette résolalion était d'aatant plas étrange , que le jour où elle devait être mise à exécution était une des plus grandes fêtes de Tannée, et qu'on s'exposait par-là à troubler le service divin. Tel fiit sans doute le motif pour lequel on ne parla point de la chapelle, quoiqu'on s'en fût également servi jusque-là.

Aussitôt on se rend en foule au couvent, qui était voisin du lieu des séances du conseil (la tour de l'tle, c'est-à-dire la tour carrée de la citadelle actuelle), et l'on force l'entrée du réfectoire. Les cordeliers, quoique surpris, se défendent en gens de cœur. Il s'ensuivit une espèce de bataille, où tous les bancs et la chaire de l'université furent brisés.

Les assaillans, repoussés, à ce qu'il parait, retournent au conseil, et ils y rapportent naïvement que « les moines ont fait » grande résistance tant de paroles que de faict, et ung cordelier 9 nommé frère Piquet s'est trouvé seignant par le front ne sait-on » par quel moyen. »

Le conseil ne fut point touché de la blessure de frère Piquet. Il arrêta de présenter une requête au parlement ^^ pour être maintenu au possessoire, et pour faire informer sur les menaces, les batteries, les fractures de bancs et autres malversations des cordeliers.

Le temps inspira sans doute des résolutions plus sages : les parties se concilièrent'*'^, car on ne donna aucune suite à la procédure, et l'on voit bientôt l'université faire ses leçons dans le réfectoire, et les cordeliers demander et obtenir leur aumône accoutumée.

^ Voyez, pour tous ces éyénemens, jRe^. Mss., de Grenoble, V^ noyembre l»46,f.<>M3.

^* Une des pièces noayellemcnt découyértes justifie cette conjecture : le 21 féyrier 1547 , les cordeliers consentirent à céder leur réfectoire pour trois ans, et sans doute ils donnèrent un nouyeau consentement à l'expiration de ce terme, bien qu'ils eussent protesté auparayant (15 féyrier 1550) du contraire, puisque Tuniyersité continua de siéger dans leur couvent. (Sac 570 déjà cité, liasse 1'^, pièce 8.)

Le défaut de revenus fut un obstacle plus sérieux , en ce qu'il empêchait de se procurer un professeur d'une grande réputation. En 1547 9 on obtint d'abord des états du Dauphiné un secours de âOO livres. Le 19 juin 1548, Henri II, protecteur des sciences comme tous les Valois, permit de prélever, chaque année, sur la ferme du sel du Dauphiné, 750 livres pour chacune des universités de Grenoble et de Valence '*. Ce prélèvement fut porté a 1,000 livres en 1558, et Ton y joignit 400 livres à prendre sur la ferme des gabelles du Pont-Saint-Esprit '®.

Ces fonds assuré;^ et la restauration de l'université, due an comte de :Saint-Pol, aérant été d'ailleurs confirmée par un édit du roi, au mois de décembre 1547'^, on dut s'occuper de nouveau d'avoir des professeurs étrangers, d'autant plus que le roi affectait aux honoraires de ces professeurs les prélèvemens dont on vient déparier".

Au mois d'août 1548, on s'adressa à Gribald, alors professeur à Padoue. Il passa une conduite, au nom et par procuration de la ville, avec un professeur nommé Jérôme Âtheneus, ou Athénée, dont nous ne savons pas autre chose ^*, et qui n'exerça à Grenoble

^ Son reserit fut entériné le 14 août 1548. (D. Jl0^. M»s,, 3 mars 1550, f.** 393 ; sac 570 > liasse l'*, pièce 3.)

{Add.) Nous employons ici et ailleurs (ci-après, note 87) le moi retcrit pour tenir lieu des dénominations yariables des diverses décisions du roi (ordonnances, édits, déclarations, lettres-patentes, etc).

^ D. Beg. Mss., 6 août 1558, f.^ 191; Comptes du fermier des gabelles , sac 570 , même liasse , pièce 18.

'7 D. Reg. Mu., 30 décembre 1547, f."" 111.

» D. Reg. Mss., 3 mars 1550 et 9 août 1555, f.° 392 et 438; ci-deyant, note 11*, p. 8.

Dès le 20 septembre 1547, on avait cherché à engager le fameux Jean de Coras , alors professeur à Valence , dont la conduite allait expirer ; et Ton avait demandé , dans l'espoir de le déterminer à accepter , qu'il fût en même temps nonmié conseiller au parlement de Grenoble ; mais il parait (pie la négociation échoua. (Yoy. d. Reg, Mes., d. date, f.°85.)

'^^ Excepté pour ce qui est relatif à ses opimons reUgieuses (voir ci-aprèa

que pendant deux ans'®. En 1551 , on le remplaça, aussi pour deux, ans, par un autre italien nommé Hector Richerius, d'Udine en Friouly connu depuis par un commentaire sur le titre du Digeste De verborum obligationibus*^. Enfin, au bout de la même année on enffaffea, pour trois ans, un conseiller au parlement de Ghambéri *° * , nommé/Jean de Boyssonne | qu'on disait être grandemeni fameux ^'^ , mais surlêq^eT nom encore aucun renseigne-

ment particulier ^* *k

la partie du te:it« correspondant à la note 123*) . Nous ayons aussi appris qu'il; était de Yicence-en Italie (sac 570 , liasse V^, pièces 1 , Q et9 )..

^ D. Reg, Mss.^ 18 août 1548, 27 septembre 1549, dinars 155Ô, f.^i84i 322 et 392.

^ D. Reg. Mis,, 16t septembre t551' et 30 décembre 1552, £."> 566 et 107. r-On dit aussi qu'il était docteur de Padoue (sac 570, liasse 1'% pièc. 1 et 2).

Gesner (Biblioth., édit. de 1583, p. 319) indique une ancienne édition du Traité de Richerius (son nom français était Riquier,^ d'après nos registres), mais sans en énoncer la date. — Lipeniu&. {Bibk. real. jur,, édit. de 1679, p. 357^ et de 1757, ij , 443-) en indique une postérieure, de 1617, in~8°. Cet ouvrage avait déjà été cité par le jurbconsulte portugais Emmanuel Soarez , dans ses Observationesjurit, cap. XXXYI, publiées en 1562f (^oy. MEEaMAN, Jhesaunu ^ t. Y , p. 585 , et prœfat., p. 2. )

^* Et non pas sénateur à Chambéri, comme- nous l'avions dit dans notre» première édition. Nous n'avions pas réfléchi que depuis 1535 la Savoie était an pouvoir de la France (elle ne fut rendue qu'en 1559, par le traité dé-^ sastreux de Cateau-Cambrésis), et qu'à la place de son sénat, François i*^^ avait établi un parlement.

** D. Reg. Mss., 10 septembre 1551 , f.® 566.

^** Nous en avons recueilli depuis notre première édition, grâce, soit aux pièces nouvellement découvertes, soit à un passage de Rabelais ,. que nous aindiqué le savant et consciencieux député M. Eusèbe Salverte , et qui nous a mis sur la voie de recherches fructueuses. En voici le résultat :

Jean de Royssone , appelé , par corruption on gasconisme , Baissonné ou BoUsous, était prêtre et professeur à l'université de Toulouse, dès 1531 , et il y enseignait encore au mois de juin 1535 ( voy . Gratehol , sur La Roehe^ Flavin, édit. de 1682, arrêts 7 et 41, p. 402 et 417). Il quitta cette ville vers la fin de la même année, et fut probablement nommé conseiller-clerc au parlement que François V^ établit à Chambéri, en 1535 ou 1536. (ChorisRj, Histoire générale du Dauphiné, ij, 532.) Il parait du moins certain qu'il n'était plus à Toulouse lorsque Etienne Dolet publia ses discours et lettres.

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