S HISTOIRE DE L'ANCIENNE
Ces conduites ne furent point renouvelées. On en passa une, au mois de septembre 1556, avec un jurisconsulte bien autrement fameux que Jean de Bojssonne; il s'agit fd' Antoine de GovSavOU Goveanus, portugais, d'abord régent d'humanitéST de^pbttô'sophie et de littérature à Paris et à Bordeaux, et successivement professeur de droit civil à Toulouse, à Cahors et à Valence ^^'^.
An jugement des jurisconsultes contemporains, et entre autres du savant président Favre, Govéa était Finterprète du droit romain qui avait le plus de génie **, et il l'aurait emporté en
(▼ojr. Stkphàni Dolbti QreUione» duœ; <•- EpUtolarum, lib. II; -^Carminutn, lib. II; — Ad eumdem, Epistolarum amicorum liber, in-8^, sans date; bîbl. Sainte-GeneTÎèTe, Z, 229, p. tf8, 89 à 91 , et 120 à 126 conférées), c'est-à-dire, suivant Moreri (mot Dolet), au plus tard en 1538. Rabelais, il est Trai, le cite comme enseignant à Toulouse^ daps le lirrell de soniViniagruel (ch. XXIX, à la fin, édit. de l'abbé de Marsy, 1752, t. IV, p. 481), publié en 1546 ( Vie de Rabelais, même édition , tome I, p. xcyiij ); mais cette indication se rapporte sans doute au temps de la composition plutôt qu'à celui de la publication du même lirre , car Bojssonne , comme conseiller au parlement de Cbambéri, arait été chargé dès 1542 d'une commission pour laquelle le procureur-général de ce parlement lui intenta un procès fâcheux , qui ne fut terminé qu'en 1555. (Yoy. Papon, Arrêts, lir. XIX, chap. 8, arr. 9, édit. de 1608, p. 1099 et 1100.)
Quoi qu'il en soit, Rabelais (même pag. 481) et Dolet (pag. déjà citées) font un pompeux éloge de Bojssonne , et le dernier lui dédia un de ses ouvrages en ^538 (MoHBRi, suprà). Le choix delà yille de Grenoble était donc justifié, et Bojssonne du moins remplit ses obligations pendant les trois années de sa conduite , comme le prouTent les nouvelles pièces déjà citées ,^ et au nombre desquelles se trouyent cette etmduite , plusieurs quittances , dont une de 370 livres, passée le 11 janvier 1554, pour la tierce année de la conduction de sa lecture, et un compte ot^ il est qualifié ancien docteur de T\mtouse» (Sac 570 , liasse 1*"^, pièces 1 et 11 ; sac 914, liasse 3, pièces 10 et 11.)
*^** Letckeut, Vitœ darissimoTn juriscotu., 1686, p. 201. -<- DbThou, Bistor., lib. XXXYUI, ad ann. 15^65, édit. de 1620, ij, 353. 353. — Yan- Yaassen, Vita £kiveam,p* ix citée ci-après , note 43^
^ Ant. Faber, Conjeeturar., lib. YII, in praifatf
Cujas lui-même disait dans ses Notes sur Ulpien (titre YI), putjliées en 1554 : Antonius Goveanus^, cui ex omnibus , quotquot stmt aut fuereT^^usti^ nianei juris interpreêibu», si qwBramus quis unuê excellai, palmadeferenda est.
vNrrsaifflTË de gbenoble. aa
répntatidii sur Cujas , s'il avait été moins pareaseuic. Cujas luimême y à qui les tdieus de Govéa paraissent avoir fait omtrajg e, quoiqu'ils fussent amis, disait qu'il ne se rassurait que surTinsouciance et i'éloignement pour le travail d;n juiisconsulte portugais* En effet, quoique Govéa eût commuée à publiée des. ouvrages au moitis vingt-einq ans avant sa mort, le recueil de ses œuvres de droit ne forme qu-un volume in-S'^, qui n'équivaut pas au tiem d'un seul des dix in-f.° de la grande édition de Cujas.^^. Cependant tes craintes de celui-ci, dont il entretenait encore le célèbre président de Thou, son élève et son ami, plusieurs années après la mort de Govéa, sont faciles à concevoir, si l'on adopte dans toute sa latitude la remarque par- laquelle ce grand bistorien termine Féloge du professeur de Grenoble. Unus, dit-il de Govéa (lib. XXXVIII, ad ann. 1565), unus rarâ hoc cbvo ghriâ communidoc-^ torum mffragio hoc adseaUus, ut eêfoeta elegantissimm^ et summus
^ Les œnyres de Groyéa ont, il est yrai, chibord étâpubliées in-f.®, mak. dans an petit format et avec une justification étroite , ne contenant que 322 pages, à Lyon, en 1562 ; aussi n'occupentr-ettes qu'un i&-8^ dans les éditions de 1599 , citée par Lipenius (édit. de 1757 , ij ,103), et de 1622 (celle-ci est à la bibliothèque de Grenoble ) .
Lipenius {ibid.) etLejckert {Vitœ elaris9imor, J.-C^ p« 202) citent aussi une édition in-f.^ de 1564;.. mais ce n'est autre chose qu&celle de4562, dpnt on a seulement changé le frontispice, comme on le yoità la même bibliothèque. Son exemplaire de l'édition de 1562, N.® (ancien) 1564; et (nouyeau) 6363, est, au reste, infiniment précieux. C'était celui de Pierre de Momjeu> gentilhomme de Belley , élèye de Goyéa, qui, après la mort de son professeur, prit son doctorat à Valence le 30 mai 1566. (Yoy. Me^* Ms$^k de^.approbat, de Valence.) Mornjeu j a mis en marge plusieurs notes dont nous citerons quelques-unes. Enfin , il y a joint un commentaire , encore inédit, de Goyéa» sur le titre du Digeste Âd 5.-C. TrebelUanum, contenant 25 pages, chacune dç plus de soixante lignes écrites très-menu.
f Addit, J^ousYenons (octobre 1838) de découyrir la dernière édilion des œuyres de Goyéa, donnée, en 1766, à Rotterdam, in-f.°, précédée de sa yie, composée par Jacques Yan-Yaassen , d'après diyers documens , dont plusieurs ont été fournis par la famille de Goyéa. On y cite (p. xxxyj) le désir exprimé par un jurisconsulte du XYII^ siècle de yoir chercher et publief le commentaire que nous venons d'indiquer, et auquel Govéa renvoio. plusieurs fois.
34 flISTÛIBE W L'ADiOKWlE
pkÛasaphus^ el prmsiantissimu jutù interpres simul haberekir**. . Malgré son insoociaiice , Goréa professait avec le plas grand soc^ès^ parce qa'il méditait beawxMip chacune de ses leçons*'. Il enseignait à Valence depuis une année, lorsqu'au mois de septembre 1&6£^ il traita avec Pierre Bûcher, doyen de Tunivérsité de Grenoble et procureur-général au parlement, pour s'attacher à cette université : on lui assura plus de 800 livres 4'hworaires, qui furent dans la suite portés à 920 *®.
Les Valentinois furent d'autant plus touchés du traité fait avec Govéa ,. qu'ils n'avaient alors aucun professeur un peu distingué*^*. Ils mirent tout en usage pour le retenir. Leur évéque , le fameux Jean de Montluc, homme d'état du premier ordre, qui avait déjà été plusieurs fois ambassadeur, de France auprès de diverses cours de l'Europe *®'^'^, écrivit au conseil de ville de Grenoble, pour l'iavitçr à laisser Govéa à Valence *% Le conseil ayant persisté , Govéa se fixa à Grenoble jusqu'en 1562.
^ Db Thou, Hûtoire, d. lib. XXXYIII, édît. de Genèye, 1620, ij, 352 et 353.
Il parait, par ce que de Thou y dit, qu'il tU souvent Cujas, même depuis qu'il eut étudié sous lui à Valence.
^ Yoj. Vie de Loysel, dans ses .Opuscules , p. xiij et xîy.
^ Reg» Ms8. de Grenoble, 9 août et 11 octobre 1555, et 26 février 1557 , f.° 438, 459 et 194. — Mémoires, sac 570, liasse V^ , pièce 17; sac 914, liasse 1", pièce l'*.
*^* André d'Exéa, l'un d'eux, avait, il est vrai, publié deux traités (vojex notre Histoire du droit et de Cujas, p. 365, note 64, et ci^près, note 82); mais il n'avait sans doute obtenu que bien peu de succès, soit comme auteur, soit comme professeur , puisque son nom n'est pas même cité dans les . biographies des jurisconsultes, telles que celles de Melchior Adam, de Taisand, etc.
^ ** Yoy. ci-après , note 108 et la partie du texte qui y correspond.
♦' D. Reg. Mss., 11 octobre 1555 , f.*» 459.
L'exemple de Goyéa faillit à être contagieux. Claude Roger, autre professeur de Valence, demanda , au bout d'un mois, une chaire à l'université de Grenoble ( voy. d. Reg,, 29 novembre 1555, f.^ 481), et il parait que le seul
UNIYEBSITË nE GBENQBLE. 25
Lé procédé dâ oonsefl était justifié par un acte aathentiqoe , par les usages da temps et par les désirs de Govéa Icd-inéme; cependant il est probable qu'il excita le ressentiment, et de la yille de Valence., et >de Jean de Montiuc, et que .dès4ors ils fièrent les occasions de s'en venger, en frisant prÎTer Grenoble d'un établissc^ment dont le voisinage était d'mllenrs dangereux pour leur «université.
Sur ces entrefrites, l'université de Grenoble ayant obtenu du roi , en 1568 , un nouveau revenu annuel de 400 livres à prendre sur les gabelles du Pont-Saint-JSsprit, on arrêta de conduire un nouveau professeurs^, «t ce fut Grihald qu'on choisit pour la seamde fois, en 1559, et qui se contenta de 480 livres d'faono-'' raires^® , c'est-à-dire de ce qui restait de 13ire sur les 1,400 livres affectées à l'université , après avoir prélevé le traitement de Govéa.
Ce désintéressement de Gribald, après quinze années d'intervalle depuis son premier professorat, pendant lesquelles le prix des denrées avait dû un peu augmenter, et Gribald acquérir plus de talens et d'expérience , s'explique lorsqu'on recherche ce qu'il avait fait dans une partie du même intervalle.
défaut de fonds empêcha de Fagréer. Il enseignait encore à Valence lors du second professorat de Cujas, années 1567 et suiy. (Yoj. noire Mistoire du droit et de Cujas, p. 393 et sniyantes.)
^ On avait en aussi, yers la fin d'octobre 1555, un second professeur nommé Friol, yénitien, et, de 1556 à 1558, un autre nommé CoUoreto.' C'est tout ce que nous en ayons pu apprendre. ( Yoy. d. JReg, Mes,, 18 octob; 1555, f.° 461 ; 7 noyembre 1556 , f .« 137 ; 13 décembre 1557 , f .° 91 ; 17 ayril 1558, f.« 150.)
(Addxt.) Depuis notre première édition, nous ayons yu dans diverses pièces (sac 570, liasse l**, pièces 1 et 2; sac 914, liasse 3, pièces 15, 26, 29 et 30) queCoUoreto était de Padoue, et qu'il avait professé à Grenoble en 1555, en 1557 et en 1558 , aux appoîntemens de 120 livres par an.
^ D. Reg. Mu., 17 avril 1558, f.^" 150 (cela s'induit de cette délibération). -* Sa conduite est du 4 août 1559 (sac 570, liasse 1", IH.^ 21).
M HISTOIRE DE L'ÀNCIEmE
D est d^abord certain qa'3 fut professeur à Padone depuis 1648 jusque vers 1665^.
Vers ce temps, la secte des Socimens ou Anti-trioitaires, qui niaient la divinité de Jésus-Christ, avait fidt des progrès en Italie. Gribald fut accusé d'en être un des zélés partisans. Cette imputation acquérant chaque jour {dus de poids , Gribald, qui craignait les poursuites de Finquisition ^^ , se sauva dans sa terre de Fargies, située au pays de Gex et à quelque distance de Genève.
Il chercha, sans doute pour sa tranquillité, à se procurer Tappui de Calvin, alors tout-rpuissant à Genève; mais, à la première conférence où il se présenta pour exposer ses sentimens, le fier réformateur le repoussa en que^ue sorte jusqu'à ce qu'il se fût expliqué clairement sur le mystère de la Sainte-Trinité , et bientôt le fit chasser de Genève '\
^ QeiiiQcciiig {Vita Paneiroli , in ejnsd. oper.». u}», 341) ditjasqne yers 1593; Nicolas Comnène {Hi$t. Gymn. Paiavini, j, 252), et, d'après lui, Chauffepié (iij, 23, lettre P), jusqu'en 1556. En combinant les direrses époques des professorats de Pancirole, successeur d9 Gribald à Padoue» telles qu'elles sont indiqi^ées dans spn éloge (yoj.. id., par Franc. Yidua, Padoue, 1599, in-4°, bibl. roy.. P., 192), on pourrait penser que ce fut jusqu'en 1555. (Yoj. aussi ci-dey., note 31 , p. 17.)
(Addit.) Il est du moins certain que ce ne fut point jusqu'en 1556. En effet, dans un compte de paiemens faits pour l'unÎTersité depuis 1551, Bûcher réclame (sac 570, liasse l*^, pièce 2) 49 sous donnés à un messager qui avait porté à Fargies une invitation à Gribald de venir lire à Grenoble, « mais, » dit-il, estoit conduit et allé en Allemagne, qu'appert par missive de sa » femme à M. Roybon, conseiller de Savoye, et d'autres de lui audit Bûcher.» La date du message n'est point indiquée, mais le compte a été arrêté le 28 décembre 1555.
Ajoutons «ie« si l'on prend en considération le temps nécessaire pour le message, les divers envois de lettres, les négociations de la conduite, le voyage de Padoue à Fargies, etc., il est probable que Gribald avait quitté Padoue au moins au commencement de 1555.
^' Fervmt illum su9peetum de hœresi, ac reum faeium à quœêitortbus sacrii, ne euetodiœ ac vineulis traderetur, fugâ sibi conêuluisse. (CoMiikNB, p. 252.)
^ Voyez, sur tous ces points, Batlb, mots Gribaud et Gentilie (Yalentin), note C. — (Addit.) Voir aussi Calvin, lettre du 6 des nones (2) de mai 1557, in ejttsd. Epist., Lausans, 1576, p. 393, 394.
' n paratt que Gribald se réfugia alors en Allemagne^ et qu'il professa quelque temps le droit à Tubinge'*'^; mais, soit que ses opinions Ten eussent aussi fait expulser, soit que le désir de se ménager le grand conseil de Berne-, alors souverain du pays où était située sa terre de Fargies ^' , Teût engagé à se rendre dans cette ville , il y fut arrêté et mis en prison. On lui reprochait, entre autres, d'avoir donné un asyle dans sa terre à Yalentin Gentilis, dont le sodnianisme était avoué, et il n'échappa au supplice qu'en faisant une espèce d'abjuration.
Quoi qu'il en soit , il était retiré dans sa terre lorsqu'au prin* temps de 1658, les Grenoblois cherchèrent à donner un adjoint à jGfoyéa. ïgnorant sans doute l'hétérodoxie qu'où reprochait à Gribald , ou séduits par son abjuration, oe que rend vraisemblable la profession de ceux qui négocièrent avec lui, et dont l'un était chanoine et l'autre procureur- général, ils l'appelèrent au mois d'aoû t 1 559 ^*, et l'on conçoit que, dans sa position, il dut être peu difficile sur la quotité des appointemens.
^* Noos ayons trouyé des renseignemens sar oe professorat dans Mrlchiob Adam {VUœ jurisconsultor., 1706), à Farticle de Jérôme Gérard, p. 95. D'après lui, Thérésie de Gribald, qui magno auditorio concursu apud Tttbingensesjura explicahat..,. détecta est,.,. Mais Taffaire s'assoupit par sa fuite, et ce doit être yers 1557, puisque Grérard ajoute, à l'article de Jfean Hochmann (p. 177), qu'il fut foit professeur en 1558, après le départ de Gribald.
^ Le pays de Gex Il ne fut rendu au duc de Sayoie que par le traité
du 30 octobre 1564. (Voy. Costa, Mémoires sur la Savoie, ij, 56.)
^ C'est le 17 ayril 1558 qu'il fut question de le rappeler. La négociation dura dix-huit mois. Etienne Roibon, chanoine de Grenoble, et depuis, conseiller à Chambéri, et le procureur-général Bûcher la dirigèrent. (Voyez d. Reg., 17 ayril 1558, 4 août et 18 septembre 1559, f.® 150, 277 et 282; cideyant, note 49, p. 25.) On dut sans doute, pendant ce long intenralle, prendre des renseignen^ens .. '' sur les opinions religieuses de Gribald, puisque en 1555 oii en ayaiipjns sur ( celles de Goyéa (d. Reg. ifw./ SToût 1555, f.*^438). Il faut donc, ou que ses ayentures de Berne n'eussent point été diyulguées, ou qu'elles aient été postérieures à son deuxième professorat de Grenoble , ce qui serait fort possible, car le récit de Théodore deBèze, cité par Bayle, est assez yague. (Voir toutefois ci-après , note 57.)
Le choix de ce second professeur fut d'autant plus malheureux pour l'université, que Gribald donnait du poids à Taccusation de socinianismey en n'assistant pas an service divin, et que le premier professeur, Govéa, quoique plus prudent ou plus dissimulé, passait pour être encore plus hétérodoxe que Gribald ^*.
On jugera de la réputation de Govéa à cet éigard par ce qu'en pensaient les protestans eux-mêmes. Au bout de qudques mois , le 13 février 1660, Hubert Languet, espèce d'envoyé de l'électeur de Saxe, chargé de donner des nouvelles de ce qui se passait en France, soit à l'électeur, soit A son chancelier Ulric Mordisius (Mordeiaen), écrivait à celui-ci que Gujas avait quitté l'université de Valence pour celle de Bourges, ce qui était vrai, et qu'il y serait remplacé par Gribald, en quoi Languet se trompait ^'^'^. Il ajoute aussitôt une remarque dont on comprendra toute l'aorimonie lorsqu'on saura qu'un autre jurisconsulte, Pierre Loriol, dont nous, parlerons bientôt, et dont on suspectait aussi les opinions religieuses, était professeur à Valence. Gribald et Loriol, dit Languet, réunis à Valence, y feront un beau couple j^. surtout si l'on considère qu'ils auiont^4ans lecur-roisinage, à Grenoble, Govéa, qui est encore plus scélérat que chacun d'eux. Ei (Cujacio) Faïenciœ succedet Gribaldm. Pukhmm sanè pat, ubiipse et Loriotuê conjuncti fuerint, et habuerint GratianopoU vicinum Go^ veanumj qui tUroqœ est longé 8celera(ior^\
^* Voir y plus loin, la partie da teinte correspondant à la note 123'
^** Yoy. notre Histoire du droit et de Cujas , p. 387, 388.
. ^ HuBERTi Langobti Epistolœ, lib. n, lettre 12, datée dm t3 fér. 1560, édît. del699,p. 34.
Chorier dit aussi que Goyéa sema dans Grenoble des sentimens différons de ceux qu'un chrétien doit avoir de la divinité. (Yoy. id,, Histoive générale, ^, 612.) — Selon Guy-Allard, au contraire {Biblioth. du Dauphiné, 1680, p. 119), Govéa avait fait Tapologiis de sa conduite dans un discours excellent qu'on voyait autrefois dans la bibliothèque d'Ënnemond Rabot d'Illins, premier président du parlement de Grenoble, à la fin du XVP siècle (Chorier, Estai politique du Dauphiné, tome I, p. 61); et, seloA toute apps^rence, Govéa
Les habitftns de Grenoble étaient sans doate moins prévenus, ou peut-être se Iaissërent41s entraîner par la réputation que deux jurisconsultes tels que Govéa et Gribald donnaient à leur uni-^ Tersité. Quatre moi$ à peine après la seconde confite àe Gribald^ les élèves affluaient en si grand nombre dans leur ville , que plusieurs furent obligés de se retirer faute de logemens. Le 13 janvier 1660, sur le rapport qu'on en fit au conseH de Tille, ii arrêta que les aubergistes donneraient avis des élèves qu'ils ne pourraient recevoir, et que les consuls eux-mêmes se chargeraient de pourvoir â leur logement ^.
Cependant Forage grondait déjà sur Tuniversité. Le 16 octobre suivant,' le conseil eut avis qu'on avait taxé Gribald auprès du ; gouverneur du Dauphiné, le duc de Guise, d'être mal sentant la foi€hréttmne , et qu'on menaçait, à cause de cela, de supprimer l'univeisité* Le conseil, soutenant que Iliïiputation faite à Gribald était calomnieuse (c'est ce que soutint aussi depuis, en 1677, Conrad Offenbach , élève de Gribald et éditeur de ses œuvres), pria le procureur-général Bûcher de rédiger et envojrer des mé^ moires au gouverneur ^''.
s'était, en effet, justifié, car aatrement le duc de Saroie ne l'eût pas ensuite comblé de fayeurs, comme on le yerra plus loin.
»« D. Reg, Mss., d. date, f.® 3«.
»7 D. Reg. Mss., d. date, f.^ 134 et 136; — Offenbach, d. édit de 1577, citée ci-devant, note 31 , p. 17.
N. B. Offenbach ne donne aucune preuve à l'appui de la justification de Gribald. (Addit,) On trouve d'ailleurs dans la seconde conduite de Gribald une clause étrange , celle d'être afiranchi de ses engagemens en cas d'une néoesiité à laquelle il serait contraint d^ obéir (sac 570, liasse 1^^, pièce 21) : d'où Ton pourrait induire que lui-même n'espérait pas pouvoir se justifier de reproches dont la conséquence serait une expulsion. Et l'on serait d'autant plus fondé à l'induire, que non-seulement cette clause ne se trouve point dans la seconde conduite de Govéa, à peine antérieure d'une année (24 août 1558) ; mais qu'il s'y soumet à lire malgré tout empêchement, même de peste, et en exceptant le seul cas où le parlement cesserait ses fonctions (d. liasse, pièce 17).
Selon toute apparence, le procureur-général, qui se montra dans la suite un des catholiques les plus acharnés contre les protestans^^y négligea Fenvoi des mémoires, ou n^y établit point sur des preuTes positives Topinion que le conseil avançait avec tant d'assurance. Le 9ou 10 novembre suivant (1560), le parlement de Grenoble reçut des lettres du roi et du duc 4e Guise, portant ordre de chasser Gribald de la ville et du royaume, et les menaces de supprimer Funiversité furent renouvelées.
Les 10, 11 et 24 du même mois, le conseil prit des délibérations très-fortes pour faire rétracter ces ordres. Il observait, entre autres, que le départ de Gribald commençait à entraîner celui de beaucoup d'élèves ; que les professeurs qu'on appellerait pour le remplacer seraient détournés d'accepter par la crainte d'être chassés sans jugement ^^.... Ces remontrances, adressées à la cour, n'eurent aucun succès. Il n'est plus question dès-lors de Gribald dans nos registres. Les auteurs contemporains et les biographes modernes ne donnent, sur sa vie et sa mort, que des renseignemens vagues et douteux ; tous ont même ignoré qu'il ait professé à Grenoble^. La conjecture la plus vraisemblable est
^ CHOEuni, Histoire générale, ij , 607 et 611.
^^ D. Reg. M$s,, mêmes dates , f .^^ 140 et suir.
On essaya ensuite, mais sans succès, de conduire Roaldès, alors professeur à Cahors, pour remplacer Gribald. (Yoy. Reg. M»»,, 29 août, 12 septembre et 17 octobre 1561, f.*' 212, 216 et 219. — Voyez aussi, pour Roaldès, notre Histoire du droit et de Cujas, p. 592 et 593.)
Si Ton s'en rapporte à François Baudoin, il fut aussi appelé à Grenoble comme professeur, et il refusa d'accepter. (Voy. sa Lettre à Calvin , dans le recueil intitulé Joannis Calxnni responsio ad Balduini convitia, 1562, p. 45.) Mais nos registres n'indiquent point cette proposition.
^ Entre autres, Batlb, Chauffepié et Moreri, mot Gribaud; — Simon, Bibliothèque du droit, ij, 180; — Isaac Comnëne, Hist, Gymnas. Patavini,
in-f.^ 1726, tome I, p. 252; —Nicbeon, ix, 185 Ce dernier fixe la
mort de Gribald à 1556, et l'on yient de' yoir qu'il professait encore à la fin de 1560. Comnène la recule jusqu'à 1570; mais son récit est accompagné de circonstances inconciliables ayec les faits arérés.
celle da célèbre Bayle, qui, d'après un passage de la vie de Calvin, où Ton annonce que Gribald était mort de la peste lorsque Va-* lentin Gentilis vint chercher une seconde foii^ un asylé à Fargies , présume que ce fut vers 1565 ou 1666*^ que notte fameux professeur cessa de Vivre ; et en effet les mêmes registres nous apprennent que, dans nos pays et dans les provinces vpisines, il y eut une peste furieuse en 1664 et 1565*'*.
Les Yalentinois , informés, sans doute par Montluc, alors ministre d'état et très- puissant dans le conseil de Charles IX, surtout auprès de Catherine de Médicis, du peu de crédit des réclamations des Grenoblois, profitèrent des préventions de la cour pour demander qu'on réunit l'université de Grenoble à celle de leur ville. Ils soutenaient que deux universités ne pouvaient subsister ensemble en Dauphiné, et qu'il fallait maintenir celle de Valence , qu'ils prétendaient être mieux placée, etc.®***. On eut avis de leurs démarches le 3 octobre 1561. Le conseil ordinaire de Grenoble renvoya cette affaire, à cause de son importance, à une assemblée du conseil général de la ville. Cette assemblée, retardée par divers événemens, ne se tint que le 31 , et, ce jourlà, on apprit que les Valentinois avaient obtenu un arrêt®'*** par lequel le conseil d'état ordonnait une procédure de commodo et incommodo, c'est-à-dire une procédure tendant à examiner dans
^* Et non pas en 1564, comme le rapporte M. Weiss, Biographie univ,, xyu}, 472. (Yoy. BATLEy mot Gribaud, note C.) — Voici d'aillenrs un témoignage à rap|>ui des conjectares de Bayle, celui de Yalentin Forster, qui, dans un ouyrage publié en IJSÔtf {Historiajuris, in-f.^, Bâle) cite (p. 262) Gribald au nombre des jurisconsultes alors yiyans.
^^* Yoir , plus loin, la partie du texte correspondant aux notes 90 à 92.
®''* Le procureur-syndic des états de la proyince n'admit point ces prétentions. Il demanda constamment dans le procès sur l'enregistrement de redit d'union, dont nous parlerons plus loin, que les deux universités fussent maintenues. ( Yoir , entre autres pièces , le N.^ 9 du sac 22. )
9i*** Rendu le 21 septembre 1561 Il est cité dans le même édit d'union
d'arril 1565, indiqué ci-derant, p, 10, note 16.
laqueQe des villes de Grenoble ou de Valence thuiiifetsUé sertât mieax placée*'.
Mais bientôt la premiëte^pierre civile religiense, qui édata ea France au mois d'avril soivant (1562), détourna les deux villes de s'occuper de cette contestation importante, d'autant plus que les cours publics, des universités furent suspendus dans presque toutes les académies du royaume *'•
C'est ce qui dut arriver surtout à Grenoble dont les protestans s'étaient emparés, et qui était placé sous la domination de ce baron des Adrets si tristement fameux par ses cruautés®*. Govéa
« D. Reg. Mis., 3, 17 et 31 octobre, 7 et 21 noyembre 1561, f.^ 217, 219, 233, 234 et 238.
^ Voyez, quant à Grenoble, d. Reg, Mss., 3 mars, 17 septembre et 22 octobre 1563, f."" 384, 440 et 443; — Chorier, Histoire générale, ij, 599.
Ils forent également suspendus à Toulouse, à Montpellier et à Valence. (Voy. D. Vaussttb, Histoire de Languedoc, tome V, p. 249; — Damrb** VEUILLE, Histoire de Montpellier, part. II, Ut. XII, cbap. 1, p. 341; — HoTOMAN, Opéra, édit. de 1600, préfaces, à la fin du tome III, p. 25 et 60, comparées.)
** Un passage de nos registres donne une idée de la manière d'agir de ce guerrier feroucbe et de la terreur qu'il inspirait. Peu de jours après ses premiers exploits, lorsqu'il était à peine paryenu à trois journées de Grenoble, et que celte yille, très-forte, était encore au pouyoir des catboliques, il y enyoya un député dont la démarcbé auprès du conseil municipal est ainsi
racontée : « Du 1^' mai 1562 (f.^ 286] Le sieur Daquin s'est présenté
» soi'-disant ayant charge du seigneur des Adrets étant de présent à Valence , » lequel aurait remontré au conseil d'ayertir le sieur Jean Payiot, quatrième » consul, et M.* Jean Robert, ayocat (il était du conseil), d'ayoir à s'absenter » de la présente cité dans yingt-quatre heures, sous peine d'estre pendus et » estranglés. » Le conseil répond que Payiot est parti depuis deux jours, et Robert, ce matin; qu'on les ayertira, s'ils reyiennent, et qu'on prie M. Daquin « de porter les très-humbles recommandations de la cité au seigneur des » Adrets »
iV. B, Chorier (ij , 558), en parlant de leur départ, a omis de faire mention de cette circonstance. — (Âddit.J Voir, au reste, à ce sujet, notre Supplément au récit fait par Chorier des désordres gui accompagnèrent, en 1562, l'occupotion de Grenoble par les protestans , dans les Mémoires de la Société des Antiquaires, tome XIV (IV^ de la seconde série) , p. 175 et suiyantes, surtout p. 176 et 177 (publié en 1838).
UNIVERSITÉ DE GBENOHLE. 33
Qéanmoiiisiie quitta point h ville oomme tant d'aalres balntans, mais il ne pat continiier ses leçoos. Une note manuscrite d'im de ses élèves, Pierre de Mornjea, gentilhomme de Bellejr, nous apprend qu'il y reçut môme, le 9 août 1562» de la part d'un avocat grenoblois nommé Man>-Antoine, un outragé dont Mor^*' nyeu n'explique point la nature, mais qui devait être bien grave, puisqu'il le qualifie Xatrox injuria , et qu'il eut de la peine à retenir ses larmes lorsque Govéa le lui raconta **•
Malgré cet outrage , Govéa resta i Grenoble au moins jusqti'â la fin d'octobre 1562, comme nous le voyons dans un compte du fermier des gabelles du Dauphiné^®. Il se détermina, yars ta fin de cette année, et sans doute à cause de l'impossâiilité de te^ prendre ses leçons**"^, à accepta une placé de professeur à
** Voy. p. 294 de l'exemplaire des ceavres de Goréâ , cité cî-dev., «ote 43 ^ p. 23. Momjeu a mis cette remarque à la marge d'un passage où Gotéa fait Véloge de ce Marc-Àntoine.
" Voy. ce compte, sac 914, liasse 1™, pièce 3. — Voy. aussi d. Reg. Jtfss., 21avrillS64,f.«43.
^^ On trouve dans les manuscrits Dupuy, B. R. (toI. 348, N.^ 38) une notice de 4 pages sur Goyéa, faite par Etienne Catini {Stephanus CaUnius), de Chambéri, qui dit avoir étudié sous Govéa, d'abord à Grenoble et ensuite à Mondovi {Mom Regalis). Selon Catini, Govéa quitta Grenoble en 1.^61 • U le trompe évidemment. D'une part. Ta note de Momyeu (voy. note 6S) et surtout le compte du fermier des gabelles , constatent le séjour de Govéa dans cette ville en i562; de l'autre, une des pièces nouvelles (sac 914, liasse 3, N.^' 4 et 3) le constate encore mieux. Il s'agit d'une convocation des docteurs agrégés de l'université, pour examiner un docteur. Elle est datée du 4 avril 1362, et dans la liste des docteurs convoqués officiellement par le bedeau, au nombre de trente (on ne se contentait pas alors de cinq juges), on trouve M* de Govéa, liseur.
Au reste, l'erreur de Catini sur cette date et sur celle de la mort de Govéa, dont nous parlerons plus loin ( note 74 ) , est peu surprenante , parce que sa notice a été rédigée plus de vingt années après. Il y cite, en effet, les emplois et les succès obtenus par les trois fils de Govéa, dont Fun fut sénateur à Turin et conseiller d'état du duc de Savoie; or, l'alné de ses fils, étant né en 1530 (Voy. MoMmi, mot fi^otivtfa), n'avait pu être promu à de telles dignités avant 1880 ou 1383.
Toutefois, la notice de Catini est précieuse en ee qu'eUe indique de» fait^
34 HISTOIBE DE L'ANCIENNE.
Mondovi , où il fut appelé par Emmaaael-Phiiibert , dac dé Savoie, et successivement nommé conseiller au sénat de Piémont '\
Les biographes y faute d'avoir pu, comme nous, puiser à des sources authentiques ,. n'ont pas moins commis d'erreurs sur la vie de ce grand jurisconsulte que sur celle de son collègue Mathieu Gribald. Bayle lui-même , qui lui a consacré un assez long article dans son Diciionnaire , n'a pu, malgré toute sa sagacité , éviter de tomber dans quelques fautes. Enfin, le critique de Bayle, Joly, chanoine de Dijon, qui compila, en 1748, un gros in-fol. ^*, uniquement pour tâcher de prouver que Bajie avait peu d'érudition, a commis encore plus de fautes que celui-ci. Par exemple, Joly soutient que le vrai nom du jurisconsulte était, en portugais, Gouœay et, en français, Govéan ou Gouvéan^^y tandis que
j«9qa'à présent inconnus, et sur lesquels il n'a pu se tromper aussi facilement fue sur des dates anciennes. Ainsi, il nous apprend, 1° que Goyéa, en quittant Grenoble, faillit être yictime, près du yillage de Doméne, des embûches des guides que lui avait procurés l'aTOcat Marc-Antoine , déjà cité , et qu'il ne leur échappa que grâce à un gentilhomme enyojé par le duc et la duchesse de Sayoie; 2^ qu'il s'était marié deux fois, et ayait eu, non un seul fils, comme le dît Morerf (^tip.')v ou deux, comme l'ayance Goigous (même mot), mais bien trob, le sénateur nommé Mainfroi, un célèbre prédicateur nommé Perolt et un sayant professeur de mathématiques nommé Jantel; ce qui est confirmé par un autre élève de Govéa, dans une déposition (voir p. lyij de la Vie de Govéa déjà citée), si ce n'est qu'il nomme le second fils Pierre, et que, déposant au bout d'environ quarante années, il commet aussi une erreur de date (il y présente Crovéa comme vivant en 1573).
Quoi qu'il en soit, il est du moins certain qu'en 1555, à son départ de Valence, Govéa avait déjà plusieurs enfans, d'après ce passage d'un compte de frais de voyage (sac 570, liasse 1'^, pièce 12) : « dépendu (dépensé) 12 livres » 2 sous pour aller querre (chercher) madame de Govéa et ses enfans. »
«^ De Thou, Histoire, ij , 353, ad ann. 1565.
(Addit.) L'université de Mondovi fut ensuite transférée à Turin. (Voir notre Histoire du droit et de Cujas, p. 389, 390, 514 et 515.)
^ Intitulé : Remarques critiques sur le Dictionnaire de Bayle.
^ La Monnoie dit que c'est Govéan. (Yoy. Menagiana, édit. 1715, iv, 223) (Addit.) Guy-AUard (Biblioth. du Dauphiné, 1680, p. 118 et 119) et l'abbé
de Saint-Léger {Magasin encyclopéd., lY® année, an yi-1798, tome I»
p. 340) écrivent aussi Gwéan.
UNIVEESITË DE GRENOMJE. a»
Bayle ne le nomme que Govéa''^. Mais rexaetiiude de Bajle est prouvée par les registres de notre conseil de ville , où , dans tontes les délibérations, le professeur est toujours nommé tput au long M.deGùvéa'''*.
Les biographes sont encore moins d'accord sur Tépoque de la mort de Govéa. Nicolas Antonio dit qu'il vivait encore en 1595 ; un autrrpense , d'après Élie Yinet, qu'il n'est mort que peu avant 1587; André Schot assure qu'il professait à Grenoble en 1566 , et qu'il s'y maria en 1570. Bruneau, sans en indiquer la date, fixe le lieu de sa mort à Grenoble ^^ Bayle soutient qu'il est peu vraisemblable que Govéa soit mort en 1565, comme l'annoncent le président de Tbou et Gny-AUard, et, par cela môme que Bayle contredit le président de Tbou , le chanoine Joly ne manque pas d'adopter la version du président et de fixer la mort de Govéa à l'an 1565".
Aucune de ces assertions n'est exacte. Il résulte d'abord des
^^ Nicolas Antonio {Bihlioth. hispanica, }, 97) le nomme aussi, en portugais, Govea, et non pas Gouvéa, comme Moreri, Jolj, Goigouset M. Nicolle, Biogr. Michaud, XTÎij, 210, h. y.
'0* Il en est de même dans les pièces des sacs déjà cités (570 et 914] , et, entre autres, dans celles où sont les listes des personnages présens aux assemblées de Tunirersité. Au nom Jlf. de Govéa, on y ajoute sourent les mots liseur (pour lecteur ou professeur) ou bien même liseur ordinaire. Enfin, l'une de ces pièces (sac 914, liasse 3, N.^ 16) est une quittance originale, ainsi conçue : « J'ai reçu de MM. les consuls de Grenoble, par les mains de messire » Bûcher (le doyen) cent cinquante écus d'or sol, en diminution des neuf » cents Hures de cesle première année de ma conduite à lire en droict en » Funinersité de Grenoble. Faict ce huitiesme de nouembre mil cinq cent » cinquante-cinq. (Signé de sa main) Antoine de Gouéa. »
^* Voy., pour les deux premiers auteurs, Batlb, mot Govéa, note I; pour Brunbau, son SupplémerU au Traité des criées, p. 135; et, pour Schot, sa Vie de Govéa, dans Lbtckert, De vitis, etc, p. 202.
'" Voy. DE Thou, ij, 352, 353, lib. XXXVIII, ad ann. 1565; — Bayle, d. note I; — Joly, Sup., p. 397; — Guy-Allard, Sup., p. 119.
(Âddit.J Semblable erreur dans Yan-Yaassen {Vie déjà citée). Il indique (p. xxir) la même date que Catini, ci-après, note 74.
36 HISTOIRB VE L'ANCIENNE
registres de la mairie de Grenoble, que la mort de Goyéa dot arriver entre le mois de février et le mois de mai 1566» puisque son procureur-fondé réclama , les 13 juillet et 28 décembre 1666 et 8 février 1566, des arrérages d'honoraires que la ville lui devait, et que, le 34 mai suivant, on arrêta d'en conférer avec le procureur-fondé des héritiers de feu M. de Govéa'^^. Enfin, une des notes manuscrites de Télève déjà cité nous apprend positivement qu*il mourut à Turin le 6 mars 1666^^.
Revenons à Funîversité de Grenoble.
La première guerre civile, qui en avait interrompu les cours, fut terminée par ré^t dé pacification du 19 mar§ 1^563. Aussitôt après sa publication , retardée à Grenoble jusqu'à la fin d'août ^^ , on s'occupa de mesures pour mettre en état d'en reprendre les leçons. On arrêta, entre autres, le 17 septembre, de refaire les chaires et les bancs, car la guerre civile leur avait été aussi funeste qu'en 1546 la bataille des cordeliers ^^. Comme les leçons ne pouvaient avoir du succès et attirer des élèves étrangers
7s D. Reg. Mu., dd. dates, f.*" 150, 213, 229, 270.
^* Elle est à la page 322 de Texemplaire déjà cité. On y rapporte d'abord nne épitaphe en yers latins, par Philippe Pîngon, élèye de Goyéa, et l'on ajoute : Ohiit Taurini 5 martU horà noetis 6, sive uti apud nos 12 poit meridiem 1566, magno cum mœrore studiosorum. Signé Petnu à Momyeu.
(Addit.) Cette indication, concordant ayec les énoncés authentiques des registres cités ci-dessus, mérite toute espèce de confiance : aussi, ne nous arrêterons-nous pas à celle de Catini (septembre 1565), dont nous ayons d'ailleurs démontré l'inexactitude quant aux dates (note 66*, p. 33). Nous ferons obseryer seulement qu'il y confirme le bruit répandu sur la cause de la mort de Goyéa, sayoir : nne maladie occasionnée par une indigestion de melon, bruit rapporté par de Thou {mprà), et, d'après lui, par Moreri, du moins dans l'édition de 1725 > car dans la dernière, c'est-à-dire dans celle de 1759» on a supprimé, et fort mal à propos, l'article de l'édition de 1725, pour s'en tenir à celui du supplément de 1745, qui, d'après son rédacteur même, ne deyait être qu'une addition au premier.
^^ GaomiER, B%$t, gén., ij , 596.
^« D. Reg. Mss., 17 septembre et 22 octobre 1563, f.® 440 et 443.
UNIVERSITÉ INB GRfiNOniE. d7
qu'autant qu'il y aurait i la tète de Funiversité un grand jittisdQQ^^ suite , on clierclia à eu candmre un qui eût de la réputation ^ et h cEoix des Grenoblois tomba malheiureusement sur ^rre Lo riol ^1 dont nous avons tu (page 28) que les opinions religieuses étatent déjà décriées ^*.
Nos com|)alriotes étaient assez excusables, parce que la plupa^l des jurisconsultes un peu distingués ayant embrassé la réibrméâ \ il dèyenail très^iffîcile d'en obtenir un qui ne iùt pas au moitiS^ i suspect d'hérésie. Tels étaient les émules de Cnjas, Fradçûis^ j/ Hottoman et Hugues Doueau, Charles Dumotdin, Jean dé Coïas,. François Baudoin, Louis Russard, Jacques Lectius, el autres, en si grand nombre , que plusieurs écrivains avaient adopté ce singulier aàafe : Omnis junsconmUm^ sentit; OU bien i Bonus jurî8C9fuultu8 , maftMcAmttamMr^^Cujas lui-même.
77 D. Reg. M»»., 3, 13 et 28 janvier, et21 jmUet 1564^f.'>3, 10^15 et 80i Aa mois d'aoàt iW^, long-temps après les lectures > et ^ à pins forte rsâsôn » après la composition de notre mémoire, M. Poncelet, arocat et docteur en droit ( nommé depuis professeur-suppléant chargé de l'enseignement de lliîs»toire du droit à l'école de Paris), nous a communiqué une dissertation sur Loriol , publiée à la fin de 1812 par M. Gh.-Henri Haase , de Leipsick (lApiiœ,^ in-8^ de 34 pag.}* un présume bien qu6 ce sâTant, n'étant pas à portée dei sources, a dû commettre plusieurs erreurs; mais on trouve aussi dans son intéressant opuscule des documens relatifs au séjour de Loriol à Leipsick, que vraisemblablement n6us n'aurions pu nous procurer dans nos bibliothèques. (Ààdit,) M. Poncelet est, depuis 1829, professeur en titre de l'histoire du droit romain et du droit framçais.
79 II est au moins certain , par Tépttre dédicatoire de son coimnentaîre sur le titre du Digeste Si certum petaiur, publié en 1552 , qu'il avait embrassé avec ardeur la réforme ( voyez M. Haase, page 30 ) ; mais cet ouvrage était probablement inconnu à Grenoble (nous n'avons pu l'y découvrir] lorsque le consdl municipal de cette ville appela Loriol à son université.
79 Le premier adage est rapporté par Ghristoii^ Egendorph ( ConsUia d^ diêcendi jur9 , 1537, cap. II, f.<» 139).
A l'égard du second y nous voyons dan» l'éloge de Jean Harppretch, profeBieur à Tubinge, né en 1500, mort en 1639, qu'il avait fait un discours pour tAcher de réfuter ce vulgaium dicterium. Cet éloge, publié par Thomas Lansius ea 1640, est k la bibtioth. roy., au recueil iB-4^ P. 192.
88 HIST(HBE DE L'ÀNCIEIWE
malgré son extrême prudence, n'échaj^ point, comme on le Terra, à l'imputation d'hétérodoxie, et la religion qu'il avait adoptée est même encore aujourd'hui un problème entre les
savans ^•*,
Ij^erre Loriot justifiait d'ailleurs, sous d'autres rapports, la détermination du conseil de Grenoble. Né à Salins , en Franche- Comté, ou aux environs, il avait été professeur d'abord à Bourges depuis 1538 jusqu'à 1545^'^, et successivement àJLeipsic k, où il avait enseigné avec un succès prodigieux jusqu'à environ 1554^'. En 1565, il remplaça Govéa à Valence, et il avait con-
v^ Voyez notre Histoire du droit et de Cujas, Éclaireissemens , § xj , pag. 529 et SUIT.
^ Les épitres de ses traités De gradibtu et De juris apieibus ( Lyon , 1554 et 1545) sont datées de Bourges, 1541 et 1545. — Bruneau fixe à 1528 le commencement de son professorat de Bourges (yoy. id», SuppL au Traité des criées, p. 96 et suiy. ), d'après Catherinot.
(Addit.J Voy. aussi M THAuiaAssiËRE, Histoire du Berry, chap. LXYIIf , page 62. Il ajoute qu'en 153S$ Loriol épousa ^ Bourges Pétronille Babou , fille de Gabriel Babou, notaire royal.
«< M. Haasb, pag. 23 à 28.
Son fils y soutint, le 19 novembre 1554, une thèse dans le frontispice de lafpielle le père est qualifié àe juriscor^suUus eeleherrimus ; d'où M. Haase, "p. 27, présume que Loriol père n'était plus à Leipsick. Mais, outre qu'on pût glisser cette qualification à son insu dans l'impression de la thèse, il serait assez extraordinaire que Loriol eût laissé à Leipsick , à deux cent cinquante lieues de Valence, un fils encore jeune, qui le suivit dans ses migrations ultérieures ( yoy. ci-après, note 98). Il est donc plus probable qu'il ne quitta Leipsick qu'en 15$5 , lorsqu'il, fut appelé è la chaire de Goyéa.
( Addit,) Nous ayons trouvé, depuis notre première édition, la preuve qu'on ne peut rien ii^duire de la qualification de ceUherrirms , parce que les jurisconsultes se la laissaient donner s^ns cérémonie dans les actes passés en leur présence. Nous avons déjà cité un diplôme de 1545 ( note 22 , page 12 ) , où elle est donnée à Gribald. Elle est aussi attribuée 1° à Govéa , dans un diplôme de docteur dont il conféra lui-rméme les insignes en 1558 (sac 914, liasse 3, pièce 32 ) ; 2^ à Cujas , dans un diplôme de même genre délivré en 1568 , sur sa présentation, et cité dans notre Coup d'ml sur V emploi de la langue laHne dans les actes anciens {Mémoires de la Société des Antiquaires, tome Vf» page 293).
A l'égard 1° des pouvoirs pompeux conférés par ce diplôme, voir encore le
Imné d'y professer josqu'aa mois de février 1564**, lorsquHl fut appelé à Grenoble pour trois ans. Enfin, il avait publié^ depnis 1541, plusieurs ouvrages estimés et fort cités au XVr siècle*^, tels que des traites De juns aptctbm et De deottore, et des commentaires sur les titres des règles du droit, des degrés de pareiité, et divers autres titres du Digeste, etc. On jugera, aureste, de sa réputation par ce que disait de lui un jurisconsulte belge, nommé Gilbert Regius, dans un ouvrage publié en 1564 : Petrum Zoliotum Salinensemy singularis doctrinœ et judicii virum audivi yàlentiœ Cavamm annos aliqtwt; ea siquidem erat hominis fama, til nihil ejus conmett/tdme et dùcipUnâ feUciujs tnihi eontingere sperarem^.
Mais plus Loriol, la religion exceptée, avait de titres à Festirne
Coup d*œil, pag. 294%. et 293; 2?'clu,noii|bre d-examinateors pour le doctorat ^^ voir ci-dey., note 66*, page 33 , et notre Discours sur Ver^eignement du droit en France, 1838, page 20; 3'' de la manière de conférer les insignes dn doctorat, Yoir même Discours, page 21 et note 1> tfrtch^
^* Il était professeur à.Vq^ence dès 1£{56, d'après Tépitre de son commen-» taire sur la seconde partie du Digeste ( Lyon, 15tS7 )> adressée à Montluc, eq qualité de chancelier {prœsul) de l'uniTcrsité de Valence; et André d'Exéa, autre professeur à la même université (yoy. ci-dey., note 46*, page 24 ), le qualifie de collègue dan& ses Prœlectiones sur la juridiction (pag. 94), publiées à Lyon en 1559.
^ Il fut cité dès 1545 par François Baudoin {Prolegomenajuris., 1545 «^ page 132); en 1562, par Emmanuel Soarez ( Observationes juris , cap. XXVI, dans le Trésor de Meerman, tome Y, page 585 ) ; ayant 1594, par Jean Bor-> cholten ( mort cette année ), dans son commentaire sur les Instituts (yoy. la table de id., édit. 1595, bîblioth. de Grenoble, N.** (ancien) 5647 et (nouy.). 5868. — M. Haase , pag. 17,. 18 et 34 , indique plusieurs autres juriscon-» suites qui ont cité et loué les ouyrages de Loriol , d'autres qui se sont formiés à ses leçons, et il fait lui-même l'éloge des traités De apicibus et J)e juris arte^.
(Addit,) Loriol a aussi été cité en 1580 par Pierre de la Grange {.Petrus Grangianus), dans ses Paradoxa juris civilis, etc., cap. LXVU ( Trésor étOtton,, tom. Y, p. 649).
•* Voy. id,, Enantiophanon juris , lib. II,. cap. X, au Trésor d^Otton, t..lli. p. 1501. — Regius ayait yiugt-quatre ans lors de là publication de cet ouTrage, en 1564, ( Yoy. d. tom. Il, prmf., p. 31. )
m wmùmR db L'AMCismK
èes GfeMUois, pliai }m Valentiiiois durent saroiv profiter de tr réputation d'Ulèrodoxie ponr reprendre et appnjer leur première demande d'union. Dès le 13 aTril 1564, François Hottoman, à qoi réréqne Monduc aTait fiut donner une chaire de professeur à YaienGe, Yen la fin de 1&62^^, lui dédia un ouvrage où il le sollicitait y en termes détournés, m»s assez intdligibles , da pro* curer, par son créfit auprès du roi, Taccroissement que son université dés^ait^. L'été suivant, le roi étant venu en Daupinné, et n'ayant pu s'approcher de Grenoble alors désolé par la peste, on profita sans doute de son passage â Valence , au commencement de septembre *' , pour obtenir qu'on fit la procédure dt ccmmoio H ificommodoj ordonnée en 1561. Un maître des requêtes s'en
*^ Voy. la préface ( N.° 20 ) de son Commentaire sur la loi des XII tables, datée de Valence , le 27 décembre 1S62 {in ejusd, oper., t. ni, in-f.^, p* 25), et la préface ( N.^ 49 } de son fib ( ibid., p. 70 ).
^ Voy. cette épHre dans les mêmes préfaces, N.° 21, p. 26. — Ennemond Bonnefoi, professeur à Valence, dans la soÎTante (N.° 22, p. 27), datée du 18 août 1565, en citant l'édit d'union de TuniTersité de Grenoble à celle de Valence , donne à entendre (ja'fEottoman eut «pielque influence sur cette opération,
^ Charlsft 1%, fit, de 1564 à 1566, arec sa cour, un Toyage dans les pro- TÎnoes de Fest, du sud et de l'ouest. On a plusieurs de ses lettres-patentes, déclarations, etc., datées de Lyon, les 19, 24 et 27 juin, et 2, 4, 5, 6 et 7 juillet 1564. (Voy. Blanchard, Compilât, chronolog. des ordonn., tom. l, p. 871 et SUIT. )
De là , selon Cborier ( Bistoire fénérah , ij , 600 ) , le roi Tint au cbàteao de Roussillon, A deux lieues de Vienne, d*où il se rendit pendant quelques jours à Crémieux , et nous aTons en effet un rescrit (Toy. ci-deT. note 35, pag. 20) daté de Crémieux , le 16 juillet. ( Voy. Table Mss, des regist. du parlefnent de Toulouse, bibl. de Grenoble, N.^ (anciens) 1719 et 217.) — Il retourna aussitôt à Roussillon, où il donna aussi plusieurs lettres-patentes, etc., les 22, 27 et 29 juillet, 2, 4, 9, 10, 12, 13 et 14 août. (Blanchabd, ibid.) — n descendit de là à Valence, au commencement de septembre, suÎTant Cborier ( ibid. ) ; mais c'est quelques jours plus tdt * puisqu'on a des rescrits datés de cette Tille, les 30 août, 1", 2 et 5 septembre. De Valence il fut à Étoile , à deux K«ue» sm midi ( rescrits des i# et 12 septembre ) , à MontHimar ( raaof^ d« «5 ) , à ÀTignon ( raacrtis des 30 aeptomJwe ,. 5; et 14 octobfe ) , à Àir {rescrit du 24 octobre ), à Marseille Çsêserii dm 9 noTembw ), à Arles (reiertèt
UNIVEBSIXË DE GI^ENOBU. A
OGGii^ àngvis le 15 jasqa'aa 30 du méflie mois de septembre. U en présenta le rapport le 18 octobre, lorsque la coar yoyageak ea Provence**; et, au nMWcTavrîî 166j^rsc[a'elle était à Bordeaux, le roi rendit un édit qui réunissait Funiversîté de GrenoMe à^ceVe de Valence***
Les Grenoblois se plaignirent de ce que cet édit était subreptiet et avait été arrêté sans qu'on leur eàt commumqué la procédure, sans même les appeler, et à plus forte raison les «Heodre**; et lorsqu'on examine les lieux et les époques, on est convaincu que leurs plaintes étaient fondées. Depuis le mois de juin 1564, Grenoble était en proie à une peste dont les ravages devinrent si violens , qu'au mois d'août la plupart des habitans , presque tous les magistrats, les bommes de loi, les notaires , enfin les membres du conseil de la ville s'enfuirent bors de ses muts. La dernière
des 26 noremb. et 6 décemb. ), à Montpelfier, etc. (Toy. Blanchard, ibid. ) H. IhdÊSL {BûL gén. iê France, 1819, tome XXX, part. Il, pag. 23-28) s'est donc trompé lorsqu'il fait aller le roi de Valence an chAteau de RoussilloQ ( c'eût été une marche rétrograde ), et de ce chAteau en Proyence.
^ Yoy. Répert. Mu, des titres de VMteU^-vUle de Valence, même date. fAddit.J idèt d'fmril IMtf ( liasse on sac 17 6 , 4^ cité, pièce l"*) m préambule.
^ Yoy. Mémoires Mss. divers de Grenoble, sac 914, et ibid., liasse 1*"^, pièce 4, an préambule.
(Addit.) Il deyait être motivé ( on Fa tu page 31 ) sur ce ({ue runivenité; en supposant qu'on ne put en maintenir qu'une en Dauphiné ( mais yoy. note 61**, page 31 ), serait mieux placée à Valence. On y expose, en effet, que Valence l'emporte sur Grenoble pour l'opportunité du lieu , la salubrité de
Taîr , le bon marché des yivres, la commodité des logb Mais on y insiste ,
avant tout, sur ce que Grenoble a un grand nombre d'établissemens publics ( pariaaieBt» chambve des comptes, etc.) , et me graode abmidanee de richesses •I de peuple ; tandis que Valenee « ue peut &'aecroistre et bonifier que par uaa a hoBna uni«wsiAé> laquelle ne peut apporter grande dimianâea à Gteaoble* » ( Sac ou liasse 17 b , déjà cité , pièce l*"*. )
^ Mémekes wkteqféieê Mu., des 28 Cnrôer, 31 mars et 1" ayril 1M6,. «en» lime» pîèc;. a, 6 et 7. — Be§. Jfw. dt GtwobU, 7 noyendbre 1561, f.^* 234. — Voy. surtout ci-après > note 92*.
H HISTOIRE DK L'AIVCOSKNB
assemblée de ee conseil, qoi en tenait toujours une, et fort souvent deux chaque semaine, est du 11 août; après quoi Ton n'en trouve plus dans ses registres jusqu'au 16 décembre; et, après celle^, il y a une nouvelle lacune jusqu'au 20 janvier 1665, quoiqu'il ne manque pas, un seul feuillet, et que les nombres de la pagination se suivent avec exactitude *^ Comment les conseillers auraient-ils pu défendre la ville contre des procédures et rapports faits dans cet intervalle, d'autant plus qu'il parait que l'édiC d'union ne leur fut même connu qu'à la fin de 1666**? Fondé sur ces motifs, le conseil de ville forma opposition, comme tiers non ouï, à fenregistrement de l'édit^*"^. Le procès, d'abord porté au parlement de Grenoble, fut bientôt évoqué an conseil d'état**"^*. U serait tout-à-fait superflu d'indiquer les mémoires et délibérations qui furent rédigés, et les députations qui furent envoyées à cette occasion, et dont il est question dans les registres ou archives de Grenoble*'. Nous ne nous arrêterons qu'à deux ou trois circonstances, parce qu'elles eurent beaucoup d'influence sur la décision finale.
*' Geei esl un extrait d'une foule de délibérations prises depuis le 8 juin 1564 jusqu'au 13 juillet 1565 ( yoj. dd. Beg. Mss. ) pendant les interTalles où les assemblées purent se former*
^ La première délibération oit ij en soit question esl datée du 14 décembre 1565. ( Yoy. nd. >
^* Sa non-audition résulte de l'édit même , puisqu'on s'y borne à citer « les » articles et remontrances présentés par les ville et i^niyersité de Valence » » sans énoncer» ni directement^ ni implicitement, qu'on les «it communiqués à la yille de Grenoble^
^* Voir, pour les pièces du procès soutenu au parlenent , Archives de Gtb" noble, sac 92. — L'évocation, qui était déjà dans l'édit d'avril 1565, fut renouvelée par des lettres de jussiqn, le 1^ février 1566 ( même sac , pièce 2 ).
^ Voy., entre autres, JHémoires Mes., requêtes , lettres, etc., sac 914, liasses Ite et 2*" , surtout pièces 6 et suiv. de la 1""* ; — Édite, arrêts, etc., sac on liasse 17 6, pièce 1'^ — dd. Reg. Mu., 13, 15 et 17 mars, 2 juin, 2? août, 9^etl5 novembre 1566, et 13 juin 1567.
UNIVERSITÉ DE GRENOBLE. 4a
I. En ordonnant Funion des deux universités , Tédit d'avril 1565 avait en même temps décidé que les 1,400 livres prélevées sur les produits des gabelles pour l'entretien de l'université de Grenoble seraient payées à celle de Valence ^^. 11 résulta de là que la ville de Grenoble, déjà dénuée de ressources, et dont les charges et dettes s'étaient augmentées pendant la guerre civile de 1562 et 1563, se trouva hors d'état d'entretenir les professeurs. Ceux-ci cessèrent leurs lectures; les élèves quittèrent la ville, et l'université parut tomber d'elle-^méme.
La détresse de la ville était telle, qu'elle fut réduite : V le 24 mai 1566, à proposer aux héritiers de Govéa de leur emprunter les honoraires arriérés qu'elle devait à celui-ci avant son décès; 2° le 26 janvier 1567, à proposer aussi à Loriot, auquel die devait également des arrérages considérables, de renouveler sa conduite, qui expirait le mois suivant, naais en se soumettant à ne recevoir aucun honoraire à l'avenir, si la ville perdait le procès relatif à l'union; marché singulier, dont Loriol ne voulut pas courir la chance ^^.
Observons à ce sujet que les biographes n'ont pas été plus exacts pour Loriol que pour Gribald et Govéa. Simon, par exemple , dit que Loriol professa à Bourges et à Valence , où il mourut en 1558 ®^, tandis que nous voyons, par nos registres, qu'au mois de février 1567 , Loriol professait encore à Grenoble,
9* Voy. sac 914, liasse !«*, pièce 4; — dd. Reg., 14 et 28 décembre 1865, il, 18, 21 et 2» janvier, 1«' mars, 30 juin, 8 et 15 noyembre 1566; — Choeise, Histoire générale , ij , 612.
. *' D. Reg, Mu., mêmes dates.
Enfin, elle fut obligée d'emprunter pour payer Loriol. (D. Reg., i^ et 14 juillet 1567, f.o 22 et 25.)
^ Bibliothèque du droit, ij, 159. — M. Haase, p. 28 et 30, et Bruneau, Supplément au Traité de» criées, p. 96, ont commis la même erreur.
(Addit.) Selon H. V^eiss (Biographie Miehaud , tome XXY, 1820, p. 46], Loriol, après aroir refusé, en 1565, une chaire à Besançon, se retira à Leipsick, où il mourut yers 1580.
44 HIST(Hil£ M L'ÀlfCIENNE
dont Simoii ne parle pas , et qu'au 1^' juillet soi? ant il y soutenait contre la fille un procès pour ses honoraires arriérés**. Il paraît inéme certain, fiar deux de leurs énonciations, qu'il y mourut ou rers la fin de 1567 ***, ou seulement vers 1673^.
IL Une opération adroite du conseil de ville de Valence ne fut pas mmo» nuisible à la vâie de Grenoble que la cessation tem^ poraire des cours de notre umversité. Au mois d'avril 1667, 9 envoya â Curas, pour lors professeur à Turin, un député qui passa avec fuiTle 6 imai , un traité pour l'engager comme pro^ fesseur a Valence , mais un traité subordonné à la ratification de la ville. La ville de Valence ajourna sa ratification jusqu'à la dé* dsion du procès relatif à l'union. Elle envoya sur-le-cbamp le même député à Paris , avec des lettres pour Montluc , on elle lui faisfût observer que si die n'obtenait pas l'union (et par-là même les 1,400 livres affectées annueliement à l'université de Grendrfe), die serait bors d'état de payer tes bonoraires promis à M. Cnjàs ^*
€es honoraires étaient en effet très -considérables. Indépendamment des rétributions des grades et de cent éeus d'or pour les frais de son voyage de Turin à Valence, on promettait à Cujas une somme annuelle de 1,6CM livres et la location gratuite d'une
w D. Reg. Mis., 26 janvier et i^ juillet 1567, p. SftO et 22. •** Voy.» pour cette première épocpie, ciniprès, note 123 ***,
» En lli;74. Loriot fils, ayant été cotisé à la taille, en fut ei^empté, sur sa d^nandej, par le conseil municipal, soit parce qu'il était du nombre des Tingtr-on arocats consistoriaux du parlement» soit en considération « des bons a et agréables services ci-devant faits à la ville par feu M. LorioU son père. » ( Yoy. d. R9g., 21 mai ltf740
(Addit.J Dans notre première édition , nous induisions de ce passage que la Eiort de Lorid était survenue en itS7% parce que /si elle eût été antérieure, son fils, dès-lors cotisé, n'eût pas manqué de réclamer. Nous ne réfléebissiouft pas qu'on avait pu oiaettre de cotiser Loriol fils aussitôt après la mort de son père. ( Yoy. même note 123 **\)
^ Msg. Mm. de» conehisioBS de k ville de Valence, du 22 mai iK67, et «aties documeng «îtés dana noire Hùtwn d$ Cujoê, ÉeUdreiêsemms , S 8, N.^^a^p. 518etsuiv.