‹ Histoire de l'antique cité d'AutunChapitre 25 sur 43 · TEMPLE DE JANUS · texte numérisé non relu

TEMPLE DE JANUS

EcaïUJ M M MITIEt.

DARDELET.

On y voit trois murs d'enceintes concentriques. Un reste de mosaïque amorphe indiquant la présence d'une quatrième enceinte, nous avons fait rechercher, depuis l'exécution du

* Voir ci-derant pa^e 162.

plan, ce quatrième mur. Les nombres 6 i/2, 16, 22 résultant de la mesure au pied de roi de chacune des enceintes, nous avions espéré retrouver la formule boudhique 6,16, 22, 26, mais Texpérience a donné la formule suivante : 6 d/2, i6» 22, 24 ; le nombre 26 est donné par la mesure des 4 côtés de la première enceinte 6 1/2 X 4 = 26. La formille est réellement 20 -j- 6, 1 6, 22, 24. Cette formule a un sens plus profond et plus loca) que la formule indoue, car 16 est le nombre des lettres de l'alphabet étrusque, 22 le nombre des lettres de l'alphabet sémitique , et 24 le nombre des lettres de l'alphabet grec; 26 est le nombre du tétragrammaton ou des 4 mères de lecture. 26, 16, 22, 24 = 88. Ce nombre doublé, puisque les enceintes du midi se retrouvent au nord , donne 176 , nombre du mot KOA qui, dans la Bible, signifie un prince, une région, le lieu d'où* viennent les chevaliers de Salomon ', mot identique pour le sens et pour le son au'mot K<nke des Chinois. Le tour de la ceVUi du temple dit de Janus est 204 , nombre du mot Bar, Or, Koudar, ou la Coudre, est le nom de la villa antique spécialement attribuée au

Forestarius JEduenm chargé de veiller sur le droit de Haia ou des retranchemleots , comme le Ttarim veillait sur les droits des places publiques et sur la voirie , comme le Portarius veillait sur les portes des enceintes , des barrières et des édifices publics.

La charte de fondation de l'abbaye de St.-Marcel marque parfaitement ces différents degrés et ces difierents devoirs. Les habitants de la banlieue étaient chargés d'entretenir le solarium, ou charpente ; les habitants du second cercle devaient entretenir la lobia, ou le cloître. Les habitants des cercles les plus éloignés devaient réparer la porte, ainsi que ses deux tours dans lesquelles on conservait les archives et le trésor.

Dans la partie centrale du temple de Janus se trouvait, selon nous, I'AZiLe ou sanctuaire des premiers de la nation, des chefs des pagi. Le lare d'Augustodunum occupait la niche du centre ; 4 petites niches étaient destinées aux lares des 4 pagi : Nwemenm , ou Ibarvs, où l'on honorait Ande Camtd; AUxierms, ou Armantio, où l'on honorait Moritasg; Matisconensis, ou Oskarvs, où l'on honorait Lmtasg ; Cadrellensis , ou Arconsvs,

< Voir ci-dessus page 213. Du reste, ce nombre 176 a cela de particulier quMl se compose du nombre 22, indiquant l'alphabet hébraïque, multiplié par l'octave, nombre spécialement cher aux habitants à'Auguêtodunum, qui reconnaissaient le grand Octave pour leur bienfaiteur. Les 4 leUres ToyeUes AEVI, qui se trouTent unies à un D dans le mot AEDVI, Talent en hébreu 22. Le D vaut 4* 22y^k=^ssy^2-^il6, Nous faisons cette obseryation pour montrer l'importance des .^dui et la nature des rérélations que put faire DiyiUacus aux Romains lorsqu'il fit connaître, à Rome, au frère de Cicéron, les règles de la dirination druidique. (Voir ci-derant page 157. )

où Ton bonoraît Kemun. 4 grandes niches étaient destinées à 4 lares équestres; c'étaient celles des 4 pagi : ÀvaUonerms, ou ÂR-VAL , sHge du Centorix; CabiUonenm, ou AIUR, siège du Vtridomar; Belnerms , ou ÂRDVENNA, siège du Dumnorix; Borbmienm, ou LICâRVS, siège de VEporedorix. Les découvertes faites aux Vaux-de-Lugny, prèsÂvalloD, nous ont révélé le dieu équestre NERC... que nous croyons devoir lire NERCAR.bicii oppidum , dont le sens s'est conservé dans le mot Châtelux , castrum lucis. Les actes de St.-Marcel parlent d'un Mars équestre que l'on voyait à Chalon. C'est au dieu topiqoede Rourbon , Rorvo , identifié avec Apollon conducteur du char du soleil , que Caleim (k frein ) , fils d'Eporedorix ( le conducteur de chevaux et de char) , offrait des vœax. Tels étaient les dieux selecti des Eduens. Les 12 niches de la partie extérieure de la celb des Cduens étaient réservées aux 12 dieux Consentes , ou aux i2 principes dont ilsétaieni les symboles. L'enceinte où se trouvent ces niches répond au monde BRIAH , ou de la création, de l'assemblée , de l'élection : elle représentait le cercle du MAGOBRIVM, réservé aux initiés du mystère étrusque ou latin. La 2.' enceinte représentait le monde lEZRA, ou de l'épreuve, réservé aux initiés du mystère phénicien : elle répondait au cercle dit MAGDILIÂG. Le système a été retrouvé dans l'emplacement de l'ancien temple de Mavilly. La 3.* enceinte représentait le monde de la préparation, du travail inférieur, réserve aux auxiliaires , aux hommes des marches initiés au mystère hellénique : elle représentait le cercle du MAGODVNYM qui s'étendait au-delà de Poligny. C'est en vertu de ces antiques rapports que l'église de Besançon possédait une terre près de Mavilly, et que celle d'Âutun possédait celle de Poligny. On voit qu'il s'agit d'un compromis fait entre les Eduens et les Séquanes , probablement vers le temps d'Auguste , lorsque l'Eduen VERCONDARIDVWVS prononça à Lugdunum la formule de pacification des Gaules, et une nouvelle consécration des cités et de leurs lares généraux et privés.

L'institution des sévirs augustales se lie à ce fait important. L'union dllérode et d'Agrippa , le grand édile d'Auguste , pour déterminer les formules propres aux cités augustales, expliquerait du reste l'union des trois langues latine , sémitique et hellénique indiquées par les nombres d 6 , 22 et 24 des hbiœ du temple de l'Arroux. [ Voir plus b», page 224. Voir aussi la note de la page i69 et le texte de la page 174. Le char de la dte est traîné, sur les diptyques des fous de Sens, d'un côté par deux taureaux ou par deux alephs, valeur étendue 222 , nombre du mot CaBiR, puûsant , de loutre côté par deux centaures , ReChaB , 222 x 2=444= Tu aMiD, étmie/. 222+^44= 666 =GELoHiM,ji«' Deus. ]

(K) TOUR DE JOUÂRD.— Temple OU amphithéâtre, il est certain que sur remplacement désigné par Edme Thomas il existe un monument important souvent cité dans les actes publics de toutes époques. — Ainsi , en i257, vente d'un terrain c in civitate ^^uensi sitam, subtus Palatmm de Juere, prope viam publicam per quam itur ad pontem sancti Andochij. > — En 1258, même citation.— 1265 : terre c arabilem in civitate ^Eduensi sitam, ante Palatium de Juyvere, » — 1283 , rente assise c super terram dou Pâlots, i — 1296 , vente du meix de Jouère c quod babet in manso , domo et ochiis dicti de Juere, quas se extendunt circa Palattum de Juere , et sita sunt inter viam publicam per quod itur de domo Dei de Merchaaut versus Fturem, et viam publicam per quod itur de rua Ghaucechien versus pontem sancti Andochii. i — 1567 , bail par le Chapitre du meix appelé de Juere, c assis à Ostun au lieu qu'on dit vers la Corvée, i — 1394 , autre bail du meix de Juhere. — 1 440 , location par le Chapitre d'une oucbe appelée l'osche de Jure , c assise en l'ancienne cité d'Ostun dessus la voie commune par où l'on va de la fontaine Saint-Sauge au pont Saint- Andoche, et tenant à celle allant des Argilley à la grange des hoirs de Jehan de Vertus. > — 1525 , compte de la greneterie du Chapitre : c Johannes Lombard pro manso de la Juyvre, sito rétro sanctum Johannem Evangelistam. » — 1589 , requête pour obtenir décharge de rentes c assises sur trois journaux , lieu dit en Jouhere, sur le motif des dévastations causées par les troupes du sieur de Tavannes. > — 1639 , sentence de la chancellerie où le meix de Jouere est cité. — 1699, compte de la greneterie du Chapitre : c 5 liv. de rente dues par Noël Rabyot sur le meix de Jouare, proche la porte du Carrouge , derrière l'église de St.-Jean-rEvangéliste. » — Enfin , en 1839 , la ville cède à bail la tour de Jouard.

Nous avons dit à la p. 140 tout ce que l'on peut savoir du temple ou plutôt de l'autel dédié à Jupiter. L'usage antique de rassembler près de là les chars dans un lieu dit le Carrouge, au-dessous duquel se trouvait le champ de la corvée des argiUers avec l'orme de ladite corvée et le marepaul, vient à l'appui de l'idée qui a fait supposer à Thomas l'existence de jeux publics près la tour Jouère.

On trouve aussi un champ de la corvée dans la partie orientale de la ville ; il était situé au-dessoils du temple de la déesse Bibracte, près du théâtre et de l'amphithéâtre , entre le petit séminaire actuel et la promenade des Marbres. Diverses observations nous ont engagés à penser que la promenade des Marbres occupe la place d'un cirque destiné à exercer les archers.

L'hippodrome des chevaliers et l'exercice des courses de chars nous paraît avoir été

situé aa lieu dît le Carrouge. Uorrne de la corvée est un signe impoitant de juridictioo, et le nom de Marepatd, MarepaUs, qui a exercé Ducange à Toccasion d'un texte de la loi des Lombards , paraît indiquer à ce savant un jeune page chargé de prendre soin des chevaux. Le mot de Tnarepaul, dans le terrier de St.-Ândoche , se rapporte plutôt à une pierre terminale indiquant le lieu spécialement soumis à l'autorité du Viridomarm ou intendant de la cavalerie , appelé par les Latins Veredartui. Le mot YIRID-o-MÂRUS , soit dans Tite Live parlant des Insubres , soit dans les usages anciens du pays Eduen , se rattache à l'intendance de la cavalerie, au culte de Vulcain et à la tenue des arsenaux. Le mot maréchal qui , dans notre langage moderne , se prête aux mêmes idées , semble traduire assez bien le mot Ttridomarxtë , dont le MARPALIS ou MARPAGUS était le serviteur ou même le signe juridique.

Chez les Ecossais , le mot marus signifie un sergent, un officier judiciaire. Le mot pal, comme le mot hrit, comme le mot virid, comme le mot xlx, peut désigner l'arme spéciale de cet officier. L'inscription Iliomarus, trouvée à l'ancienne chapelle des Tergemni , a été recueillie à côté d'une multitude de fers triangulaires qui avaient jadis été ad)aptés à des bâtons.

^L) LA JENETOIE. — Il est fait mention de la ruine dite aujourd'hui le temfk de Jamis, dans plusieurs actes du moyen âge.

Voici quelques extraits dus aux recherches de M. Lavirotte :

En 1245, Gauthier de St.-Symphorien, chanoine d'Autun, donne par son testament un lit garni à la léproserie de la Genetoie. Item do et lego leprosis de Genesteu ttmm lectum munitum. Un acte de 4266 fait une mention plus directe des rmnes antiques. C'est un arrêt du Parlement de Paris réglant diverses contestations élevées par le duc de Bourgogne et le Chapitre sur des droits réciproques : — Item super eo quod dicebat quod turrts de la Genêt aye est quœdam turris antiqua, in qua turri dux dicebat se esse in saigna jufUcandi et in qtui quidam homo Capituli de novo fecerat quamdamdomunu.., — Et plus bas , on lit dans le même acte : — Idem quod turris de la Genetaye est turris antiqua et quod dux est in saisina jucUcandi ibidem. Verum ille homo Capituli qtd fedt vd fieri fecit domum in dicta turri remanebit in possessione dictce domus, quia non mventmtij quod fueiit vocatus quando probationes fuerint receptœ.

En 4577, exécution de Huguenin de Juilly, près du grand chemin public, vers le village de la Genestoye sotAs Ostun, où est la justice et gibet de Monseigneur le duc.

En 1410 , le nom commun a changé de forme, ce n'est plus la Genetoye, Genestein, * mais le mot adopté depuis avec persévérance par les antiquaires , la Janitoie. Voici ce qu'on lit dans le testament de Guillaume le Fort, chanoine û'Ostim. Il donne pratum mum situm juxta la Janitoye, prope JEduam, vocatum pratum au Vier. Ce dernier mot est de la plus haute importance , puisqu'il nous montre la ruine dite le temple de Janus comme le lieu on s'exerçait de toute antiquité, d'une manière spéciale, le pouvoir du chef civil des Eduens. — Le pouvoir religieux s'y exerçait aussi , puisque nous y voyons un hôpital ou matson-'Dieu, et que le Duc et le Chapitre avaient dès le xii.^ siècle des contestations sur la possession de la tour antique.

Le terrier du Chapitre va nous donner quelques autres renseignements :

Le 16 août 1754, M. Pierre Bertonnier, conseiller du roi, reconnaît tenir du Chapitre de l'église cathédrale, 1.® un bâtiment avec tour et pigeonnier, et plusieurs autres bâtiments avec verger, prairie; le tout situé à la Genetoie, paroisse de St. -Jean , hors cité, joignant d'orient au chemin tendant des Champs et des PoUlots aii pont St.-Andoche; de midi à la terre immédiatement ci-après confinée; d'orient au pré Servau et anciennement pré Boisserand des héritiers Labille, et un peu à la terre de Pierre frite de MM. du Séminaire; et de septentrion à la terre dudit sieur reconnaissant appelée Touche Derrière, qui fut du meix Gueton. 2.^ Une terre close de haies vives, contenant 6 journaux , appelée Touche Gagnard, située audit lieu de la Genetoie, près le pont St.-Ândoche, joignant d'orient un chemin tendant des Poillots et de la Genetoye audit pont; de midi à la communauté de la lie d'Arroux, ledit chemin entre deux; d'occident à la terre et au pré de MM. de Notre-Dame du château d'Autun; un peu de septentrion au pré Servau. 5.** Une terre qui fut pré, contenant environ trois journaux, appelée le pré Chaumard, située audit lieu de la Genetoye, joignant d'un bout d'orient à la terre et pâture de xMM. du séminaire de St.-Sulpice; d'un bout de midi à la rivière d'Arroux; d'autre bout d'occident à la communauté de la Lie d'Arroux; et d'autre long de septentrion à une pâture audit sieur reconnaissant. 4.® Un bâtiment avec grange et étable , situés à la Genetoye, au lieu dit es Colonges. 5.** Une terre située au finage des Moreau, lieu dit en Pierre frite, joignant d'orient à la terre de MM. du Séminaire, à cause de leur domaine de la Verrerie.

La suite des reconnaissances faites par d'autres propriétaires voisins démontre Texistence, au nord et à l'occident de la Genetoie, d'un grand établissement de culture, d'extraction et de manipulation de métaux , qui se rattachait à ceux de la vallée de la Canche , de la vallée de Glenne et de la vallée de Thot,

Le nom germanique de Landau, porté par l'un des champs voisins du grand canal de la Celle à la Verrerie , indique un des motifs qui engagèrent à creuser ce canal , car Landau y d'après Ducange , signifie un fossé destiné au dessèchement des marais. Les noms de Verrerie et de champ au Maréchal indiquent l'usage qu'on a pu faire du voisinage de cette suite d'écluses pour des opératiotis industrielles. Les noms de mUa c Campis, de viUa des Champs, de Collonge , en latin Colonia , de grand Champ, de Chavuf premier, de Champ-Roy, indiquent une viUa du fisc, comme il y en avait près de chaque ville importante.

Le nom de Bois des Maquereaux, aiyourd'hui les Piquets, et celui de Margam, du

mot germanique Margan ou Morgan, désigne un lieu de contrats et de fêtes où se

concluaient les mariages. Le mot sémite MÂGAR signifie prix, échange, contrta,

lendemain; le mot Margan spécifie dans la loi salique la dot, le don offert le matin à une

* fiancée ou à une épousée.

Le lieu où l'on comptait les gerbes , où l'on mesurait les grains , est indiqué par le nom du champ de la ^fo/ferre ou Malter, mot germanique qui fournit exactement ce sens.

Le nom de champ Servau, situé à l'occident du temple, indique le signe de la juridiction à laquelle obéit le colon *. Le nom de Pierre frite, composé du mot roman pierre et au mot allemand frid ou frith , qui signifie paix , alliance, composition , indique la conditioo des avantages dont jouit le colon. La communauté de la Ue rappelle le droit appelé L^ ou Lia, d'où la grande association des Francs (KXC, HRAC, HRANC, FRANC) reçut le nom de tribus létiques. Le mot LIA a comme le mot SAGA, racine du nom des Ségiéens, une origine expliquée dans la kabbale , car il y est employé pour signifier le travail el l'industrie; il est opposé à la brebis RACHEL qui fournit la Toison d'or. C'est la raison pour laquelle la ville d'Autun se trouve placée entre la Toison d'or de Montjeu et la li^ de l'Arroux , dans laquelle, suivant les traditions populaires, se trouvent enfouies les portes de brome de la cité, comme le veau d'or est enfoui dans le temple dit de /ami*.

Tout concourt donc à placer près du temple dit de Janus, non-seulement le grand champ de justice et d'assemblées militaires du pays , mais la première des villa da fisc, en un mot le type des arus ou des cantons , le Lare des Lares.

* Un acte décourert par M. LaviroUe indique la formole par laquelle un sieur Boisserand , nom <ie< anciens possesseurs du pré Servau, et de Tune des famiUes les plus importantes de la cité. # reconnaissait serf de Monseigneur le duc de Bourgogne.

Le nom de Gemioie, Genesteiay vient à l'appui de ce sentiment. Ce mot, qui est le nom de l'arbrisseau nommé genêt, a du rapport avec le mot latin juniperus qui signifie le bois virant ou verdoyant, produisant déjeuner rameaux , symbole de l'action ascendante des jtmtor^s exprimée par les mots àru, gaillard, Jules, qui signifient une condition morale comparée à celle d'un arbre- verdoyant, — Les Druides étaient les jeunes chênes et les Saronides les vieux chênes. Le grand et le petit Sène, la grande et la petite assemblée.

Ce mot est important dans les traditions de la chevalerie , car on donne le nom de Genette à un ordre que l'on suppose avoir été créé par Charles-Martel , afin de l'opposer aux Sarrasins. Celte supposition ne soutient pas dans sa rigueur la critique historique ; mais comme le mot genêt signifie chez les Espagnols un cheval, et chez les Turcs un mode particulier d'équitation , on ne peut guère douter que ce mot de Genestoye , placé au milieu de tant d'autres noms significatifs, et appliqué à un monument de la plus haute importance pour l'oi^nisation de la cité Eduenne, et la justice de ses comtes et magistrats , ne désigne le lieu dans lequel se faisait la réception aux grades de la chevalerie, sous la direction des décurions; comme la pierre de Couhard indique le lieu où se faisait la réception aux différents grades du compagnonnage, sous la direction des sévirs augustales. L'union de ces deux corps était indiquée dans la cité par les 1 60 toises qui mesuraient un côté de chacun des quartiers généraux , composés eux-mêmes de quatre portions de 80 toises de côté , comme la mesure de la cella du temple de la déesse topique Bibracte était 80 pieds.

L'ancien nom de la Commaille, Rhéty, le nom de champ Lombarà, et celui de Branges, donnés à d'autres parties de la grande villa , pourraient indiquer le nom des tribus germaniques placées à diverses époques dans la plaine d'Autun. Cette villa était appelée au moyen âge campus de villis S. Marias, et faisait le fond des ressources de l'église de Notre-Dame du château qui occupait une place importante de l'antique castrum.

Nous donnons, d'après les médailles, au génie local dont le temple dit de Janus était le si^e , le nom d'Àrus conservé dans celui de l'Arroux. Les titres anciens font connaître, soit dans la plaine, soit dans la montagne, les noms des principales familles de cultivateurs. On y remarque le nom des Bric-ars. — Les bons compagnons des bois donnent au premier degré de leur association le nom de Briquet , et les francs-maçons celui de Thmleur. — Le degré supérieur est celui de Fendeur. Ce sont les trois degrés

— 21ft —

indiqués par le droit romain : Dendrophori , Centonaru et Fabri. Delà les deux emia d'Antun, dont Tune était dite des Argillers, et Fautre de V Homme des Bm, rhomme sylvestre , l'homme sauvage.

Les Dendrophori i^vtàxeniV arbre myttérteux aux fêtes de Bérécynthe, et foamissaieot le bois nécessaire pour la construction des édifices publics. ~ Les Cbttonarit préparaieai la laine dont on entourait V arbre mystérieux d'Atys, et fournissaient les briques elles fascines destinées à remplir les intervalles vides de la charpente; les Fabri foumissaieDt tous les outils nécessaires et portaient , comme Vulcain leur chef , le marteau ou la hache, — Il est fait mention dans les discours d'Eumène de l'importance attachée , dans les fêtes publiques , aux signes de chacune des grandes corporations de la cité. L'oratear rappelle ce fait à Constantin , lorsqu'il lui parle de la réception que lui firent les habitants

d* Augmtodumtm : Exomavimus vias qmbus in palatium pervemtur Ommum ngna

coUegiorum , omnium deorum nostrorum nnwlacra protulimus.

(N) TEMPLE DE PLUTON. — La commune de St.-Pantaléon ayant aliéné en 18^ un terrain situé près du pont d'Arroux, les acquéreurs s'occupèrent d'aplanir un tertre sar lequel existaient les débris de constructions romaines auxquelles la tradition donnait le nom de temple de Pluton. La Ck>mmission des antiquités d'Autun , tout en déplorant cette destruction , se hâta de placer des ouvriers pour reconnaître ce qui restait des fondations , afin de pouvoir, par la levée du plan , conserver quelques souvenirs. — Ces travaux firent voir que la forme du monument était ronde , ce qui s'accorde avec les descriptions données par Edme Thomas et Ladone. — On découvrit un puits antique où on trouva deux médailles du bas-empire et deux anciennes monnaies françaises. — Avant que la Commission eût placé des ouvriers sur ces débris , les propriétaires avaient trouvé dans l'intérieur du temple une statuette de Cybèle en pierre blanche mutilée , dont ils firent don à M. Jovet , antiquaire. — La présence de cette statuette ne peut faire croire que ce temple fût de Cybèle. Il est plus naturel de penser que le paganisme réunissait aussi quelquefois dans le temple de la divinité spéciale la représentation des autres, et surtout de celles qui , dans la localité , avaient un culte plus particulier. Or, on peut voir dans la \ie de saint Symphorien avec quelle pompe on célébrait à Autun les fêtes de Cybèle ou Bérécynthe. Aussi trouve-t-on fréquemment de semblables statuettes dans les ruines de l'antique Augustodunum. — Les travaux effectués sur ce point par la Commission des antiquités n'ont donc jeté aucun jour nouveau sur la question de savoir si les débris

reconnus étaient ceux du temple de Dis ouPluton,on ceux d'un temple consacré à Rome ou à Auguste , ou bien ceux d'un tombeau. — Sur un plan d'Autun datant de la fin du xv/ siècle , on voit figurer cette ruine avec la désignation de Tour près la rivière. — Puis sur la représentation du siège de la ville par le maréchal d'Aumont, en 1591 , en un tableau grossièrement dessiné , mais qui a le mérite de l'actualité des faits , et qui figure au musée Eduen , cette Tour de la rivière ou temple de Pluton servit de poste avancé aux Autunois pour défendre les approches du pont et de la porte d'Arroux.

A la fin du xvi/ siècle, on trouva près de là, dans le lit de la rivière, une statue en marbre blanc, que nous avons représentée p. 86, telle qu'elle existe encore au château de Montjeu.

(Vi) AMPHITHÉÂTRE. -~ En 1852 , des fouilles pratiquées dans un champ peu éloigné de l'extrémité de la promenade des Marbres , mirent à découvert des portions de murs dont la forme elliptique annonçait, à n'en pas douter, qu'elles appartenaiejit à un amphithéâtre.

Ces restes devenaient d'autant plus précieux à interroger , que plusieurs écrivains modernes avaient mis en doute l'existence d'un pareil monument dans notre ville. 11 était intéressant de déchausser les bases de l'édifice pour en reconnaître la forme précise et les dimensions , comme pour recueillir les débris que le sol antique devait encore renfermer. La Commission des antiquités ne put alors faire exécuter les travaux nécessaires , mais dix ans plus tard , une semblable découverte ayant eu lieu dans la partie située entre la route actuelle et le théâtre , de nombreux ouvriers furent aussitôt mis à l'œuvre pour continuer ces fouilles et reprendre les anciennes. Elles ne doivent cesser que lorsqu'on aura examiné les détails de construction et que l'on aura tout mesuré.

Aujourd'hui on peut déjà dire que les longueurs calculées approximativement d'après les lignes reconnues; donneraient pour le grand axe 157 mètres, et pour le petit axe 151 mètres. D'après ce résultat probable et la réduction en mètres du pied romain, on est étonné d'approcher des dimensions si prodigieuses du Colisée.

Dans le cours des premiers travaux , on a recueilli :

Médailles en argent. — 1 Caracalla , 1 Gordien , 5 Valérien , 1 Gallien , 1 Salonine.

Argent de billon. — 5 Salonine, 4 Postume père, 1 Postume fils (mlus provinciarum), 1 Victorin (saucé).

Grands bronzes, 18, dont — i Trsgan, 2 Hadrien, i Antonin Pieux, !2 Faustine mère, 5 MaroAurèle , 1 Faustine jeune , 3 Ck>mmode , 4 Grispine , i Alexandre SéTère.

Moyens bronzes , 24 , dont — i Néron , i Tragan , â Hadrien , 4 Antonin Pieux . 1 Lucille, 1 Gomnnode.

Petits bronzes , 26 , — particulièrement de Gallien , Victorin , Tétricus , Claude le Gothique , Constantin , etc.

i compas en argent de 0"16* ;

1 strigille en argent;

2 styles en bronze; \ fibule , id. ;

5 aiguilles à coudre en bronze; \ agrafe de cuirasse, id. ;

1 pâte antique gravée, représentant un

génie funèbre; i clef en fer ; — 42 épingles en ivoire ; Des tessères en os, des marques en verre ' ; Une chaîne, divers morceaux de bronze ; Des poteries ornées.

Dans le cours des seconds travaux , on a recueilli :

Médailles : — en argent et billon 5.

Grands bronzes, 17, dont une Faustine rare (matri magnœ).

Moyens bronzes, 19.

Petits bronzes et quinaires , 550.

Gauloise, i.

2 styles en bronze;

2 bracelets , id. ;

1 fibule , id. ;

34 épingles , id. ;

i cuiller à parfum , id. ;

12 fragments variés , id. ;

1 petit marteau , id. ;

6 boucles, id. ;

4 contremarques;

4 styles en fer;

5 fers de javelots ; — 4 fer de lance ; 5 lames de couteau en fer ;

1 couteau en fer avec manche en os; 5 épingles en os;

2 fragments de flûtes;

2 statuettes mutilées en terre blanche; 1 coq et 1 oie, id.;

Plusieurs débris de verroterie.

< Marques de jeu ou plutôt daines desUnées à jouer aux Latruncules. — Jules Pollnx indique la diversité des couleurs de ces sortes de dames ' dans la phrase suiyante : « Divisis itaque calcolis secundum colores, ars lusionis est circumyentione duorum calculorum unicolorium, alium oKcrrài coloris. » [Onomast. iib. ix. ]

Martial , Hb. xiv, ep. 17, dit : « Calcuius hic gemino discolor hoste périt ■

(O) THÉÂTRE. — Le théâtre romain d'Autun , selon le témoignage des auteurs qui ont écrit sur les antiquités de la ville , existait en grande partie sur la fin du . xvn/ siècle, et des témoins oculaires nous attestent que, vers le milieu du siècle dernier, quelques portions bien conservées de ce monument se faisaient encore remarquer. C'est principalement à cette dernière époque que Tindifférence des magistrats , on ne saurait le dissimuler, concourant avec la cupide ignorance de la multitude , ces restes précieux , dont on fait à juste titre tant de cas aujourd'hui , furent transformés en une espèce de carrière, d'où une prodigieuse quantité de pierres furent arrachées pour être employées à des constructions particulières et à Tentretien des routes. Bien antérieurement , le petit séminaire , l'hospice et la gendarmerie étaient sortis des ruines de l'amphithéâtre et du théâtre, dont le voisinage offrait un grand avantage. C'est sans doute à l'éboulement des terres supérieures que nous devons la conservation de ce qui existe encore. Ces restes, dans leur état actuel de dégradation , excitent puissamment l'intérêt des vrais admirateurs du beau et du grand. La msgeure partie a résisté , par l'énormité de sa masse , aux attaques du vandalisme.

La muraille qui fermait l'orchestre, le pulpiturriy le pro-scemum et le post^scenium n'existent plus que sous terre; mais des recherches viennent de nous révéler leurs dimensions et les détails de leur construction.

La partie demi-circulaire, appelée par les Romains cavea et qui contenait les si^es des spectateui*s, a tellement conservé sa forme, qu'elle sufHt au premier coup-d'œil pour dissiper jusqu'au plus léger doute sur la destination du monument. Elle est adossée à un monticule dont la pente a dû contribuer puissamment à faciliter les travaux de construction et à en diminuer les frais énormes. Cette situation , qui lui est commune avec plusieurs théâtres anciens , était sans doute mise à profit de cette manière : on taillait le terrain pour en faire une sorte de moule dans lequel on jetait les voûtes et les murs de refend destinés à procurer la plus grande somme de solidité possible. On peut se convaincre de ce mode de procéder en ouvrant les voûtes rampantes qui existent encore , on reconnaîtra facilement qu'elles n'ont jamais été vidées. Les excavations que l'on remarque sous ces voûtes n'ont pas une grande ancienneté , et on doit leur attribuer, avec le mot cavea des anciens, la dénomination de Caves- Joyaux donnée vulgairement à ces ruines.

Les banquettes ont été enlevées, et quelques-unes se voient aujourd'hui sur la promenade voisine.

La muraille d'enceinte extérieure existe encore et elle a fourni à M. Chenavard , habile

architecte de Lyon, qui a levé un plan exact de plusieurs monuments d'Autun \ lemoyea de faire figurer d'une manière exacte le théâtre de cette ville dans le curieux tableau que voici :

Théâtres. Diuiilre. SfertalNti.

Mégalopolis, 180 » 00 « 50,940

Autun, 146 70 35,812

Mandeure,prèsMontbéliard, 137 00 29,496

Marcellus, 131 57 27,116

Hiéro, 121 00 22,984

Misèue, 118 50 21,668

Vienne. 115 50 20,940

Syracuse, 113 00 20,044

Taormina 105 50 17,468

Pola, 104 50 17,140

Orange, 103 15 16,696

Arles, 102 25 16,412

Athènes, 82 00 10,556

Mantinée, 78 50 9,672

Férente , près Viterbe , 75 50 8,924

Lyon , — Ségeste , 70 00 7,700

Abs, près Viviers, 69 00 7,472

Pompeï, 58 50 5,568

Herculanum , 55 00 4,748

Melos, , . . 53 50 4,492

ViUa-Hadrienne , 50 50 4,000

On voit donc qu'après le théâtre de Mégalopolis, qui n'a pas été parfaitement recomin, celui d'Autun était le plus grand, et le nombre de trente-trois mille huit cent douze spectateurs qui pouvaient y prendre place donne une grande idée de la population de b ville.

Enfin , des égouts d'une belle construction et d'une étonnante solidité servaient a

* M. ChenaTard a ^acieusement fait hommage de son atlas à la Commission des antiquité».

rassainissement de ce théâtre exposé, sous un climat froid et humide, à toutes les intempéries des saisons. Leur ouverture , suivant l'assertion des témoins oculaires qui y ont pénétré il y a moins d'un demi-siècle , était placée au centre de l'orchestre. Une pente légère et générale avait sans doute été ménagée dans toutes les parties de l'édifice , de manière à tendre vers ce point où les égouts recevaient les eaux pluviales et les conduisaient hors de la ville par une ouverture qu'on remarque encore dans les anciens murs.

On avait cru jusqu'ici que l'entrée principale, à la partie supérieure de l'hémicycle, était au niveau du terrain actuel ; mais , dans le but de s'en assurer , on vient d'ouvrir une tranchée qui a fait reconnaître, à une profondeur de trois mètres, cette entrée dont les pieds-droits sont toujours en place. Une grande colonne en marbre de Diou était couchée sur un lit de cendres entre des blocs de murailles renversées. Auprès on a trouvé deux moules de médailles d'Alexandre Sévère ( module argent) .

Cette disposition des lieux explique la nécessité d'un aqueduc extérieur , concentrique au monument, qui avait pour but d'éloigner les eaux d'infiltration provenant des terrains supérieurs, et que M. d'Espiard eut la mission d'explorer vers la fin de 1858. Il s'empressa de faire déblayer la terre mêlée de cendres qui obstruait le passage et put ainsi parcourir l'espace de 140 mètres. Partout la voûte et ses naissances étaient en parfait état, ainsi que le carrelage de briques épaisses. La hauteur sous clef est de i'"40*' sur une longueur de 60". Plus loin elle augmente de 0'"08«. La largeur est de O^TO*'. A des distances inégales existent des regards au nombre de quatre. Arrivé à la distance indiquée , l'aqueduc était entièrement démoli , soit par suite de fouilles antérieures , soit par la chute du portique du théâtre.

Dans les déblais , on a trouvé des médailles , des vases, des statuettes et des lampes en terre , une pierre gravée , des styles , une grande quantité d'épingles en os. Eofin , comme cela était déjà arrivé daos plusieurs fouilles souterraines , une statuette de la Vierge tenant l'enfant Jésus, et un Christ en bronze que l'on peut regarder par son type comme ayant appartenu à des siècles reculés.

Avant d'en finir sur ce sujet, rectifions l'erreur trop répandue que, sur l'emplacement que nous venons de décrire , avaient lieu les combats d'animaux. Non , le sang n'a jamais rougi la scène où se récitaient les vers de Plaute et de Térence.

Les vides que l'on nomme caves étaient alors comblés par le terrain primitif , et par conséquent ne pouvaient servir de cages. La dénomination de Juliots ou plus vulgairement

Joyaux, vienl du mot JocaUs, qui signifiait au moyen âge une pièce de théâtre \ et non de Jules César , pas plus que de Julius Sacrovir. Depuis longtemps ces grands homm» reposaient dans le tombeaa lorsqu'on construisit le théâtre d'Autun.

Sans vouloir préciser ici l'époque de la construction de ce théâtre, nous consigneroos un fait qui n'est pas sans importance. On voit dans le médaillier de la ville d'ÂuUiD une médaille ainsi étiquetée par M. Ghapet, oratorien, savant antiquaire. — Vafaàen trouvé dans la maçonnerie d'un mur souterra'm des Caves^Joyaux. — Cette médaille de moyen bronze porte la tôte radiée de Vespasien, avec cette légende : imp. C^es. Vespasiar. AuG. Au revers, une femme debout devant un autel, tenant de la main droite une patère et de la gauche un caducée : Pa\ Aug.

]^, mur dont il est ici question ne paraît pas être une restauration ; on peut donc conclure que la construction du théâtre ne remonte pas plus haut que le règne de Vespasien. — IoCaLIaH = 75. ï-.e diamètre du théâtre est de 75 toises.

(P) Des recherches récentes ont prouvé l'existence de trois rues parallèles , séparées Tune de l'autre par un intervalle de 80 toises. L'une partait du milieu de l'arc do théâtre , passait dans les jardins du petit séminaire , au-dessous du temple de la déesse BibractCj longeait la ruine dite le temple d'Apollon , suivait la direction de la nielle Madot , aujourd'hui la rue Changarmer , et venait aboutir près des murs de l'ouest entre le grand bâtiment et le jardin du Sacré-Cœur , appelé jadis le Clos de l'Escurial, — Les deux autres rues partaient , l'une de la partie inférieure du clos de VEscurid, Fauu^ de la tour dite de Minerve. La distance qui les séparait est exactement intliquée dans l'étendue de la place du Champ-de-Mars , depuis la rue de la Terrasse jusqu'à la rue Jeannin. Avant d'arriver à la rue de Rome, elles longeaient, l'une le capitole, l'autre un vaste édifice que l'on croit être le gynécée. La rue de l'Arquebuse a conservé la direction parallèle de la plus haute de ces deux rues, qui avait d'un côté l'emplacement probable du cirque, de l'autre le champ dit des Orfèvres. Parvenues aux deux extrémités du grand axe de l'amphithéâtre , ces deux rues prenaient une forme circulaire et venaient se confondre vers l'extrémité orientale du petit axe du même monument. Une quatrième rue dont l'existence est certaine , depuis la porte dite de Coquand jusqu'à la toor servant de poterne , près du théâtre , en passant par la rue aux Maréchaux , la rue

* Voir le glossaire de Carpentier au mot Jocalis.

Aulochien et le jardin potager du petit séminaire, décrivait, selon toute apparence, un hémicycle près des murs de Test et venait se rattacher à la rue qui séparait le théâtre de l'amphithéâtre. C'est entre ces deux rues que nous croyons devoir placer le cirque , dont la promenade des Marbres occupe selon nous l'emplacement ; l'absence de vastes ruines ne serait pas une preuve contraire à cette opinion , parce que souvent ces grands édifices étaient construits seulement en bois.

La rue qui partait de l'extrémité inférieure du clos de rEscurial et touchait à l'extrémité inférieure du grand axe de l'amphithéâtre, avait à l'ouest la fontaitte nommée depuis la fontaine SL-Saulge, et à l'est le trivium nommé depuis la croix de VHomme sauvage. — Le nom d'Escurial rapproché des usages indiqués par le terrier de l'abbaye de St.-Andoche, donne l'idée d'un lieu fermé de grilles, dans lequel on enfermait des chevaux ou d'autres animaux. La rue aux Rats, qui aboutissait à la porte décumane du crnirum, amenait au temple d'Apollon et à la fontaine des épreuves judiciaires, dont parle Eumène , les accusés détenus dans la prison de la questure nommée au moyen âge château de Rivaux. C'est de ce point que les coupables et quelques-uns des animaux étaient conduits à l'amphithéâtre. Le nom de Parc donné à l'enclos de St.-Andoche est une trace de cet ancien usage, et c'est dans les caves voûtées de cette abbaye que la tradition place la prison où furent enfermés les martyrs d'Autun. Le nom de croix de VHomme sauvage donné à l'extrémité orientale de cette rue est d'un très grand intérêt, parce que c'est là qu'on a trouvé une sculpture représentant les trois déesses maires, ou le mortier ^, la dent molaire, le pHon, en un mot la loi des transmutations considérée soit dans les phénomènes de la vie matérielle , qui se compose d'une suite de destructions et de résurrections des germes , soit dans les phénomènes de la vie sociale, qui se manifestent par des révolutions sanglantes , soit enfin dans les phénomènes de

* Le mot MaR Tant 240, el iodtqae les 24 heures du jour multipliées par les 10 génies ou les dix doigts. Noos avons dit ailleurs que l'une des mains signifie sévérité et l'autre miséricorde, comme les 24 heures se partagent en temps obscur et en temps lumineux. 240 x 3 , nombre des déesses , = 720, nombre du mot GaThaSch, mortariolum. Pila, Le mot PIL vaut 120 : multiplié par 6, il donne également 720. Aussi , sur le monument de Lyon on roit un fruit rond dans chacune des mains des déesses , et la déesse du milieu donne le sens en montrant une boule pila. — Le Christianisme oppose à toutes ces images la suave figure de MAFVIE , tempérant par une doctrine pleine d'espérance les rigueurs de la croix. La patience, la douceur et l'innocence réunies au trarail généreux sont les rrais éléments du bonheur présent et futur. Cette idée est tout le moUf des images de la nef orientale de St. -Lazare.

la vie des astres qui font dominer tour à tour Faction de l'élément igné et celle de rélément humide.

Ces déesses maires sont représentées à Lyon comme trois conservatrices des gennes; à Entrains , la déesse Nehalenma porte un mortier. On met un pilon, une bourde, entre les mains de Vhomme sauvage, nommé satyre, sylvam *. On voit combien l'image de la Ime qui nourrit les deux frères Romulus et Remus à l'occident, et celle des déesses maint a de Vhomme sauvage qui indiquent les souffrances et la mort à torient, conviennent à l'idée de ces detfx sources rivales *, dont l'une indique la mort et l'autre la résurrection. QaaDd le Christianisme devint à Augustodunum la religion dominante , on mit une eroix à la place de Vhomme sauvage ' dont le cri avait été pendant tant de siècles panem et circenses, et on donna à l'eau de Romulus et de Remus le nom de fontaine dusabu, puis on la mit sous la protection d'un saint évéque d'Amiens nommé saint Salvius ou lamf Saulge *. C'est au-dessous de la croix de l'Homme sauvage , près d'une fontaine , que la tradition fixe le lieu où saint Symphorien fut martyrisé.

1 Voir dans D. Martin Ide ta Religion des Gantois, t. ii, p. 179 et saiv.] les rapports des satyres el des sylvains arec les déesses maires,

^ Le château de Rivaux porte constamment le nom de Casirum de Rebello, — Voir plus hâut p. 160.

^ Il faut entendre par ce mot les initiés aux petits mystères dont Hercute était le chef. Cette portion de rhumanité, prirée pendant tant de siècles de la yérité, ne connaissait que les enseignements grosaer> du polythéisme. Les sages craignaient de Téclairer et, pour lui faire oublier le sentiment de sa dignité, ils lui offraient des fêtes licencieuses ou barbares. Sur la colonne de Cussy, le fémur de Jupiter, le> corps entiers de Junon, de Minerve et de Saturne sont Toilés; mais les corps d'Hercule, de Véniu, de Bacchus se déroilent progressiTcment. Ganymède a la partie inférieure du corps entièrement nue. mais sa tète porte le pileus, et sa poitrine est Toilée.

^ On ne doit point perdre de rue le nombre 336 du mot SALV, dont nous arons parlé p. W- ^ diamètre d'un cercle de 358 pieds est de ilA pieds, nombre du mot DbLPh, lieu spécialement dédié à Apollon médecin. Le mot DeLPh signifie distiller, et indique les mamelles de la iouoe ou de i> lumière de la yie matérielle qui est la santé , de la Tie astrale qui est le soleil, de la Tie soctale quiestia justice. Les trois consonnes du mot DLP retournées donnent PeLaD , racine du mot PaLlaDivh. Le mot PbLaD indique les rênes du conducteur des cberaux attachés au grand char. De là le nom de tour de Minenre ou de Paltas donné à la tour antique de St.-Andoche, et peut-être aussi la tour de Pitai^, indiquant le palais dans son double sens de lieu habité par le prince et de lieu habité par le juge.

Les monuments les plus andens tendent à démontrer que la place du Terreau tire s0n nom de la motte ou élévation en terre eustant devant le prétoire , et sur laqudle se plaçait le chef du camp lorsqu'il haranguait ses soldais. Tout concourt aussi à prouver que relise St.-Lazare occupe l'emplacement de l'un des établissements dans lesquels on préparait les vivres des soldats. De là vient que la rue située au-dessous du castrum conduisait au théâtre, à la grande tribune popubire dans laquelle on faisait des distributions de vivres dans les fêtes publiques. On l'appelait la rue de* lUarbra ', parce que c'est sur cette rue que se trouvait le sénat des iévira augu»tale», ou des six hommes d'Auguste. La consonnance àx qui, pour un latin , avait le même sens que pour nous , solfiait pour un oriental également le nombre s\\ , mais aussi le mot mordre. '

Ainsi la questure du castrum envoyait au temple d'Apollon des accusés qui , après leur condamnation , étaient conduits ù l'amphithéâtre , et elle envoyait au théâtre des vivres destinés aux habitants de la contrée assistant aux jeux publics. La vaste étendue de ces deux monuments montre que les populations d'alentour affluaient à la dté dans les fêtes principales.

Nous ^jouteroos ce qui suit pour compléter ce que nous avons dit de l'homme iaiweur et de l'homme taumge.

Voici une médaille inédite d'un empereur gaulois, dont le nom se rattache spécialement à l'histoire du pays Eduen. Les chartes donnent à une villa antique , située dans le Dijonnais , le nom de Poithimùaaim ; Courtépée prétend que Postume fut assiégé dans Autuu par Gallien,

et affirme que les médailles de cet empereur se trouvent très fréquemment et en grand nombre à Autun et ^ Alise (t. i, p. 36). Cette médaille appartient 6 M. Edouard d'Espiàrd. Elle représente Hercule nu , avec la légende Bercuti romono. Postume se faisait appeler en eifet l'Hercule et U rettauraleur des Gaules, On voit entre Hercule et une déesse revêtue du péplum, un arbre ou un pal entouré d'une figure en spirale

' L'atrium de SL'Lazare s'appelle éi-marbitt dans tous les anciens litres, aussi bien que le quartier du peut géminalTe.

* 11 ne «erail pas »»ta Tiiaon d'altribuer à ce root lix et mis orgia du tfaéïtre l'antique enseigne du porc nu , placée lur l'une des bAtelleries de la parle du castrum. Nous avons observé que les noms ■DOtens des prlncipaui hAtels sont tirés des usages spéciaux du quartier où Ils se trouvaienl placés.

dans laquelle quelques personnes croient voir un serpent. En rapprochant cette image de celles que Ton rencontre fréquemment au moyen âge sous le nom de l'homme sauvage, on est porté à voir dans la figure intermédiaire Tantagonisine de deui principes. La déesse voilée représenterait l'impénétrable secret d'Isis , et Hercule nu symboliserait la marche progressive de Teffort révélateur. Un monument trouvé à Chalon nous montre d'un côté Télesphore ou le dieu de la perfection voilé , de l'autre côté l'interprétation la plus grossière du mot kabbalistique ZYN , et du byssus contom servant d'explication au caducée de Mercure. Des médailles ségusiennes nous montrent Télesphore accompagné d'Hercule nu. On pourrait arriver à percer ce mystère en faisant observer qu'à Autun les chrétiens ont opposé à l'image de Télesphore celle de saint Qtristophore et à celle de V homme satwage celle de saint André portant la croix, cék de saint Symphorien brisant l'image de Bérécynthe, celle de saint Jean-Baptiste moralisant le peuple en même temps qu'il reprend avec force le tyran Hérode. — Télesfhm éuii honoré spécialement à Pergame, et l'erreur dont cette ville était le foyer est comparée à celle de Balaam qui flatte Balac ; or, l'image de Balaam est précisément placée da côte de l'ouest à St.-Lazare , comme le sont pour la ville d'Autun la rue St.-Qmstofk, la rue St.'Saulge et la rue Chausse-^hien ou le vêtement de la dédicace, le secret de la cite. L'image du destructeur Balac, comparé au hideux révélateur Stercutius et à Hérode, est du côté de l'est. Ce qu'il y a de bien remarquable, c'est que la seule inscription Hercé romano que cite Gruter, et qui fut trouvée au capitole de Rome , avait été élevée à t^e dieu par un Hérode HERCULI ROMANO HERODES. Ceci ne pourrait-il point expliquer comment tant d'idées formulées par la kabbale juive se retrouvent dans le plan de la cité d'Augustodunum, tracé par Vipsanius Agrippa , au moment précis où Hérode le Grand*,

* Hérode le Grand tout dévoué aax Romains était très dur pour les siens. Vipsanius Agrippa, faron d'Auguste, ayant été nommé gourerneur de l'Asie, rendit risite à Hérode le Grand, admira les beau édifices que ce prince arait fait construire, et en parUculierla rille de Samarie quUt avait dédiée ' Auguste, en la nommant Sébaste, [Voir le DicUonnaire de D. Calmet aui mots Hérode et Agrippa.]- Déjà Hérode avait reçu la visite d'Auguste lorsque cet empereur traversa la Palestine pour aller es Egypte. Plusieurs pensent que le père d'Hérode n'était pas juif, mais païen et gardien do \etD^ d'Apollon à Ascalon. Quoi qu'il en soit, en lisant avec attenUon l'histoire de ce roi, on ne peotpièrr douter qu'U n'ait favorisé les tradiUons chaldéennes et pacUsé. avec les idées naturalistes <le I* philosophie païenne, conformes en ce point à la doctrine des Sadducéens qui représentent ^ l'anUquité les opinions ultra radicales de nos jours. [ Voir D. Calmet loc. cit, p. 57Î, 578. ]

aïeul d'Hérode Agrippa, poursuivant le Christ nouveau-né, livrait à Au^ste les mystères de la cité sainte» et transformait les espérances spirituelles et sociales des enfants de Dieu en des conceptions à la fois matérielles et cruelles.

Quant à Varbre mystérieux de la médsdlle, qui a tant de rapport avec Varbre du bien et du mal, Tarbre aux 5 dangereuses écorces, il a plus d'analogie qu'on ne le penserait d'abord avec ce jeu de la qumtaine représentant un homme attaché à un arbre, qui sert de but aux archers. Dans l'histoire de la ville de Ghalon, les droits relatifs à la qumtaine le lient aux droits relatifs aux Juifs : Quintanam CabiUoms et omnes Judœos CabiUonenses, an 1252. — A Autun on oppose à cette image de la quintaine celle de s(jùnt Sébastien attaché à un arbre et percé de flèches par les ennemis de Jésus-Christ. (Dans la Bible , la flèche esi le symbole de la science d'Enoch et des nombres.) Le nom de saint Sébastien est la traduction grecque du mot Augustensis symbolisant Yoctave. Puis, quand on étudie la légende de ce saint, on voit que l'Eglise, dans la dédicace de ses temples, avait à tâche de combattre les idées naturalistes répandues dans tout l'empire romain par les Sévires ou le démon 666. Nous avons fait observer plus haut, dans la note sur le capitole, la double coopération des enfants de Cham et des enfants de Dan pour la fixation des formules adoptées par les consécrateurs romains. Déjà Vossius avait expliqué l'existence si extraordinaire des prophéties sybillines, en attribuant leur rédaction à celles des tribus juives qui ne rentrèrent jamais à Jérusalem, mais se mêlèrent aux peuples de l'Orient.

(Q) Rien de positif n'avait été dit sur la pierre de Couhard, lorsqu'en i 52i , François I.®** conduisit près du monument Ghasseneuz et A. Budée : ils s'accordèrent à déclarer que c'était un tombeau dans le genre de celui que Mayence éleva à la mémoire de Drusus. Cette opinion était depuis longtemps accréditée et s'est perpétuée jusqu'à nos jours. Elle était fondée sur la position du monument au sommet du Champ des Urnes. Ce qui sembla la confirmer et donna à penser qu'elle pouvait être le tombeau de Divitiacus , c'est la ' prétendue découverte qui aurait été faite dans son voisinage d'une médaille d'or représentant un Gaulois revêtu d'une longue robe et le casque en tête. A l'exergue , on lisait : Gloria Mdu. Drmd. ^ (à la gloire des Eduens et des Druides). Or, on sait que Divitiacus était l'ami de César et du frère de l'orateur Cicéron.

D'autres , tels que Thomassin , font les honneurs du monument à Cavare , prince gaulois dont parle Polybe. Cette attribution est fondée sur l'analogie des deux noms.

Quelques antiquaires ont pensé que la pyramide de Couhard était le phare sépulcral du

Champ des Urnes ou bien une tour de signaux correspondant avec les camps retranchés de Beuvray, de Rome-Château, de Bar-le-Régulier , Chatellenot, Créancey, Charny, Thil , ou tout autre couronnant les montagnes de la contrée , et communiquant avec Alise. Ils ont reconnu sur les faces les traces d'an escalier ou d'un revêtement partiel. Rien n'empêcherait, du reste, qu'un tombeau ne fût en même temps un fanal.

Diverses tentatives ont été faites pour pénétrer l'origine problématique du monument curieux qui a occupé tous les âges. M. deCastille, gendre du président Jeanninji fouiller à la base et vers le milieu de la hauteur , et partout il vit sa curiosité se briser contre une masse solide. Plus tard , M. S. Devoucoux dirigea de nouvelles recherches du côté du nord. Ses premiers efforts lui donnèrent de l'espoir, mais il reconnut bientôt qu'il avait frappé au même endroit que M. de Castille. Plus heureux que ses prédécesseurs, M. Desplaces de Martigny est arrivé à un résultat. S'il n'a pu éclairer l'histoire de la pyramide , du moins a-t-il déterminé avec précision sa forme , sa hauteur , la nature de la construction et du revêtement.

Courtépée dit dans sa description de l'Autunois : c La fameuse pyramide de Couhard » est faite dans le goût des pyramides d'Egypte , ou plutôt du tombeau de Seitios à > Rome. On ignore son ancienne hauteur à cause de la dégradation : elle n'a plus que » le^BB sur 21 "53 de large à l'est , et IT^SS au sud , mais on peut calculer qu'elle a » eu 26"66 de base. •

Rosny, dans son Histoire d'Autun , suppose que cette base a été de 20 mètres, et dit qu'à présent elle n'en a plus que 13.

M. Desplaces , curieux de vérifier ces assertions , fit ouvrir sept tranchées jusqu'au sol primitif, et trouva à l'angle du couchant plusieurs pierres de taille en place. Elles faisaient partie du socle qui était en pierres de taille de Prodhun bien appareillées sur trois rangs de 0°'40 de haut. Il reposait sur une fondation de 0™83 de profondeur. La base de l'édifice avait 22°'66 en carré. Le socle en taille était de 1"'25 de haut. La pyramide, depuis le dessous du socle , a encore actuellement âG^^SS au lieu de 40 que lui donne Rosny.

Le revêtement de la pyramide depuis le socle était fait en pierres calcaires d'une

grande blancheur, qui ont été complètement enlevées. Le temps et les hommes oot

considérablement dégradé la maçonnerie , et la diminution du monument peut être

évaluée par la quantité de sable qui a servi à former le mortier de la partie détruite.

En déduisant la pierre qui se trouve en petite quantité dans ce sable , le calcul poiv

à supposer que les hommes n'ont attaqué fortement Tédifice qu'à 3 ou 4 mètres au-dessus de sa base , et que le temps a abaissé le sommet de 3™33 environ , ce qui porterait la hauteur totale primitive à 30 mètres.

En faisant un examen approfondi de la maçonnerie de la pierre de Couhard, M. Desplaces a cru reconnaître que l'architecte s'étant proposé de conserver malgré les ravages du temps la forme pyramidale, aurait employé un genre de construction tout-à-fait extraordinaire, et composé l'édifice de pyramides creuses placées les unes sur les autres comme des trémies renversées. Chaque pyramide aurait été parementée en moellons de il centimètres environ de hauteur, et mis en retraite sur le rang inférieur.

Cette opinion est entièrement neuve et présenterait le plus grand intérêt si on parvenait à rétablir positivement.

En résumé, les derniers travaux exécutés à la base de la pyramide de Couhard ont eu pour but de reconnaître les dimensions et la forme du monument; de le dégager complètement d'une quantité considérable de décombres qui l'ensevelissaient'; enfin , de l'isoler des propriétés particulières, en faisant tout autour une esplanade qui rend l'abord facile aux nombreux visiteurs que la curiosité conduit près de cette pyramide peut-être unique dans son genre.

(R) On a trouvé dans quelques endroits de la cité des portions de voûtes souterraines d'une construction différente de celle des aqueducs et des égouts, et qui semblaient avoir servi de passages; mais ces restes n'étaient pas sufilsants pour faire bien juger de l'ensemble de leurs directions et de leur véritable usage.

Quant à ce que dit l'auteur de la distance extraordinaire à laquelle quelques-uns de ces souterrains s'étendaient hors de la cité, cette assertion aurait besoin des preuves les plus positives, et aucune découverte vraiment concluante n'est venue jusqu'ici la confirmer.

La description que Thomas donne des voies romaines qui partaient d'Âutun , ou traversaient cette ville , atteste les recherches consciencieuses auxquelles il s'était livré ; 11 s'y trouve néanmoins des omissions et des obscurités presque inévitables dans un semblable travail.

Les études entreprises , d'après le vœu de la Société Eduenne , sur cette intéressante partie de l'archéologie n'étant point encore terminées , on ne pourra donner ici qu'un aperçu général et approximatif du système de communication établi par les Romains dans

nos contrées, tel qu'il se trouvait dans les derniers temps de leur administration, et autaDt que peuvent le permettre les recherches et les travaux faits jusqu'ici sur cette matière.

La grande voie tracée par Agrippa , de Lyon à Boulogne , entrait à Autun par la porte de Rome et en sortait par celle d'Arroux. A l'extrémité du pont elle donnait naissance i une autre voie qui , s'écartant sur la gauche et traversant la petite rivière de Tarreuy (ai\jourd'hui Tarnin) sur un pont dont les vestiges n'existent plus, se divisait elle-même, dans l'espace de quelques lieues, en cinq autres embranchements dont les directions et les tendances vont être sommairement indiquées en conservant aux diverses localités leurs noms actuels.

Le premier prenait son origine très près de la ville, sur la gauche de la route actuelle de Château-Chinon , et traversant les bois de Poisol arrivait à la Selle où se trouvait nne nouvelle bifurcation : la branche droite passait dans le vallon de la Petite-Verrière et se dirigeait par Ouroux sur Lormes. De là partaient d'autres lignes , et l'une d'elles, selon la tradition du pays, allait rejoindre la voie d'Agrippa et formait ainsi une communication abrégée entre Autun et Auxerre. La seconde branche franchissait la montagne de b Selle , passait aux Paquelins et près de Ghâteau-Chinon , traversait les forêts de cette partie du Nivernais, se dirigeait par St.-Révérien , Entrains, et rejoignant la voie principale qui longeait la Loire , arrivait directement à Orléans.

A la distance d'un peu plus d'une lieue d'Autun , partait une autre voie passant an ruisseau de Mèchet et au pied du Beuvray , tendait à l'établissement thermal de St.-Honoré. De ce lieu partaient d'autres lignes , et l'une d'elles , selon de grandes probabilités, formait une communication directe et abr^^ avec Nevers. Au hameau de la Boutière sortait de cette voie un embranchement spécial qui, par des contours habilement tracés, conduisait au plateau supérieur du Beuvray.

Au village de Magny, dans le département de la Nièvre , la voie qui avait donné naissance aux lignes précédentes , se partageait encore en deux branches : celle de droite, passant au moulin Dangny et à Apponay, arrivait à Decize-sur-Loire et de là d'une part tendait à Bourges et ensuite à Bordeaux par Poitiers , Saintes et Blaye » et d'autre part se dirigeait sur Paris par Nevers, Cône, Briare et Orléans. Ces deux voies principales sont décrites dans l'Itinéraire d'Antonin et la Table Théodosienne.

La dernière branche connue de cette ligne , partant de Magny sur la gauche, tendait, dans la direction de Luzy, à l'établissement thermal de Bourbon-Lancy, et de là dans le Bourbonnais.

Revenant maintenant à la grande voie d'Agrippa après son passage du pont de TArroux, elle se divisait dans les bois d'Autun , à une lieue et demie environ de la ville , en deux branches dont la principale gravissant la montagne au hameau de la Chaume, et traversant les bois d'Archevault , passait à Brazey, Saulieu , Avallon , Auxerre , et de là s'étendait jusqu'à Boulogne par Troyes, Châlons, Reims, Soissons et Amiens. Cette voie, l'une des principales de la Gaule , est rapportée avec ses stations dans l'Itinéraire d'Antonin , et avec quelques modifications dans la Table Théodosienne. Un autre embranchement , partant d' Auxerre et suivant le cours de l'Yonne , établissait une communication avec la ville de Sens.

La seconde ligne partant des bois d'Autun, près le domaine des Denizots, et s'éloignant sur la droite, passait à Bamay, Bard, Vianges, Vouvre, de là entre Fleurey et Ormancey, dans le voisinage de Mont-St.-Jean , et gravissant ensuite la montagne , se dirigeait par Charny sur Alise.

La voie qui sortait par la porte de St. -André se divisait , presque à sa sortie, en deux branches, dont l'une se rendait par les ponts de Muse à Arnay-le-Duc. De là partaient d'autres lignes, dont l'une , reconnue en partie seulement , paraît prendre la direction d'Echallot, et formait très probablement une communication directe avec Langres.

L'autre branche arrivait par le moulin de Sully à la montagne de Bouton , passait à Uchey, aux Barres , à la Chapelle-de-Rouvray, près de la colonne de Cussy, au mont Battois , près de Gigny, à Villy-le-Brûlé , et rejoignant la voie de Chalon-sur-Saône à Besançon, marquée dans la Table Théodosienne, établissait une communication entre Autun et cette dernière ville.

La voie sortant par la porte de Rome se partageait très près de la ville en deux bi*anches, dont l'une, faisant partie de la voie d'Agrippa, tendait à Chalon-sur-Saône par le vallon d'Anxy et le Bourgneuf.

L'autre, gravissant par une longue rampe la montagne de Montjeu, formait une nouvelle bifurcation près de l'enceinte actuelle du parc. La ligne de gauche , passant près de la chaussée du grand étang et de la grille du parc, se rendait à la Croix -Brenot, à St. -Semin-du-Bois, aux Quatre - Vents , et arrivant près de Tournus, formait une communication abrégée avec Bourg et Genève. La ligne de droite, entrant aussi dans le parc de Montjeu, passait entre les deux étangs , près de Broyé, dans la vallée de Grizy, et tendant à Mâcon par Cluny, communiquait directement avec le Lyonnais, le Dauphiné et Grenoble.

Enfin , la voie qui sortait par la porte de St.-Andoche , passant près du Moat^Dniet descendant dans la vallée de l'Arroux , la suivait jusqu'à Toulon. De là partaient d'autres lignes communiquant d'une part avec le CharoUais , le Forez et le Beai\jolais, et d'aatre part avec la Loire ; d'où Tune de ces lignes, traversant le Bourbonnais près de Moulins, tendait à Clermont par Vouroux et Vichy, achevant ainsi le cercle dont on vient en quelque sorte de tracer les rayons, et dont la ville d'Autun était le centre. Cette dernière voie se trouve indiquée sur la Table Théodosienne.

Plusieurs de ces voies ne sont pas encore entièrement explorées et présentent sur leurs diverses stations des obscurités que les archéologues et les géographes ne sont point jusqu'ici parvenus à éclaircir. L'étude approfondie des localités, combinée avec les indications fournies par les monuments géographiques qui nous restent, pourra seule conduire à la solution satisfaisante d'une partie de ces difficultés.

(8) Depuis Edme Thomas, d'autres antiquaires ont disserté sur ce monument. Void ce qu'en a dit D. Martin dans son livre de la Religion des Gaulois, p. 5i2 :

c C'est un bas-relief d'Autun , sur lequel deux druides vieux sont admirablement bien représentés. Ils ont une barbe , mais courte; pour la moustache, ils l'ont entièrement semblable à ceux d'Allemagne. A cela près tout est en eux majestueux ; une taiUe avantageuse , un visage vénérable , un poit noble , des habits fort amples ; un manteau à grands plis et traînant les couvre de tous côtés : celui de l'un est noué sur Tépaule gauche ; une agrafe ou bouton attache celui de l'autre sur l'épaule droite. Sous le manteau ils portent une tunique à manches, et si longue, qu'elle a tout-à-fait l'air d'une aube , dont le poignet serait étroit , et aurait par-dessus une espèce de fraise ou de manchettes qui se replient à l'antique. Voici la peinture et l'explication que l'auteur de l'Antiquité a donnée de ce monument :

c Dans ce bas-relief on voit un druide couronné de feuilles de chêne, c'est apparenunesi

> le sacrificateur, et peut-être le prince des druides , dont parie César, qui avait une»

> grande autorité sur ceux de sa secte , marqué à ce qu'il semble par le sceptre qu'il

> tient à la main. L'autre druide qui est auprès n'a point de couronne de chêne ; mais

> il tient de sa main droite un croissant, tel qu'il est au sixième jour de la lune, ce qm'

> revient si parfaitement à ce soin scrupuleux des druides de ne faire la cérémonie du

> gui de chêne qu'au sixième jour de la lune , que je ne crois pas qu'on puisse douter

que la figure du croissant, de la grandeur dont il est au sixième jour, ne soit exprimée ici par rapport à ce rit des druides. Cette secte était fort adonnée à l'astronomie, et comme ce sixième jour de la lune était essentiellement requis pour la cérémonie du gui , un astronome druide apporte ici un croissant de la grandeur qu'il doit avoir au sixième jour, pour signifier que ce jour requis pour la fête était arrivé. J'espère que cette explication d'un monument inconnu jusqu'aujourd'hui aura peu de contradicteurs. > Pour nous, il nous semble que ce monument représente un druide et un saronide, un

junior et un senior, et qu'en rapportant cette sculpture à l'époque gallo-romaine il faut

y voir deux magistrats nommés duumviri, * On distinguait plusieurs sortes de Duumvirs.

Capitales vel jurisdicundi.

i£dilitii.

Duumviri ... < Sacrorum.

Quinquennales.

Navales.

Les premiers , choisis dans le corps des décurions , étaient de véritables juges. Les seconds étaient des édiles, préposés à la garde et à l'entretien des édifices publics. Les troisièmes étaient chargés de la dédicace des mêmes édifices et de la direction des cérémonies religieuses.

Les quatrièmes prennent leur nom des cinq années que durait leur administration.

> L*iii8cripUon de ChauffaiUes , publiée dans les Mémoires de la Société Eduenne, 1844, p. i33, parait faire entre les deux magistrats une différence de rang que d'autres monuments autorisent. Nous y Toyons d*abord le nom de Lucilitu Tasgillus, qui est évidemment opposé avec des signes diminutifs au MORI-TASGVS de l'inscription d'Alise, nom porté d'après César par le roi des Sénonais. MORI-TASGVS peut se traduire indifféremment le grand ou le noir Tatgus, comme le mot MAN-DVB se traduit V homme noir, d'où les noms de niger professer, de nigrinus, lus sur les inscripUons d'AUse. Nous Toyons ensuite sur l'inscripUon du Lucilius TasgiUus, du clair et petit Tasgus , les mots IIVI.V... MVS qui semblent devoir être lus duumvir tUtimus. L'existence du grand et du petit Sène , de la grande et petite assemblée est bien indiquée par le terrier de la paroisse de l'Hôpilal-le-Mercier, dans laquelle nous ayons retrouvé trois établissements répondant aux trois parties du nom du VER-COND-AR ou sacer-vir Eduen. L'histoire nous apprend que le plus grand des magistrats Eduens , celui qui dédia au nom d'Auguste l'autel de Lyon , s'appelait VERCOND-ARI-DVBIVS , vir consecrans larem nigrum.

L'inscription découverte à Mâcon prouve que le duumvir quinquenal avait beaucoup de rapport avec le duumvir iéUle et avec le duumvir consécraieur. L'existence d'une corporation de bateliers sur les bords de la Saône put motiver l'existence de dmmi navaki.

Nous avons dit , p. i47, que le personnage qui porte un pilon, symbole du êold, est le $enior, et que celui entre les mains duquel est un croimaU, symbole de la bmt,eAk junior. — L'un représente en effet le principe qui gouverne à raison du but de la puissance acquise , l'autre le principe qui balance, dans l'intérêt général, les intérêts privés. — La kabbale indique cette idée par l'union de la victoire et de la gloire daus la fondation. — La victoire représente la loi éternelle , la disposition hiérarchique dont la raison est tout entière dans la volonté du créateur ; la gloire représente la loi temporelie, la disposition mobile , dont la raison est spécialement dans le mérite ou le déniérite de l'individu créé. Une colonne fixe, un carré, un obélisque, sont les symboles du premier principe; la force de l'équilibre, un cercle , une meule , sont les symboles du secood principe. L'un représente la racine de l'arbre , l'autre ses rameaux. — L'un représente l'orient d'où vient la semence, l'autre l'occident où cette semence croit et se développe. — La couronne de chêne que porte le senior vient de ce qu'il représente le grand $AtM ou la grande assemblée, le grand sénat. Cette couronne s'appelle en hébreu NaZeR, dont le nombre est 257. Ce nombre se compose exactement du mot CaDM S ondoi, valeur 144, et du mot PeLaG, diseur, valeur ii5 , c'est-à-dire du carré type et do diamètre type. Cette tradition était si bien conservée à Autun que l'église de St.-Noim*

* CaDaM signifie radicalement proposer, PbLAG, diviser, PbLaS, peser, rectifier, diriyr. - Métaphoriquement, les trois modes, les trois parties du raisonnement : la proposition, ranalfw H b synthèse; la proposition, la réflexion et le jugement — Physiquement, l'action des trois priocipe, actif, passif et moyen ^ d'où natt la continuité de la rie. — Moralement, ta toi étemeUe, k Hkrtf individuelle, la justice,

2 Nous citons encore les monuments chrétiens, parce que c'est en étudiant ces monameols et ii manière dont le christianisme rendit aux anciennes formules leur sens spirituel , que doos stods p retrourer le système de plusieurs monuments précieux dans lesquels les formules n'araient plasqu'a» sens matériel trop sourent immoral et impie. Nous croyons cependant que le sens social des formait^ n'était pas ignoré des chefs de corporations , et que dans quelques circonstances le sens spiritocl apparaissait aux esprits plus éélairés et surtout plus vertueux. Nous ne croyons pas à un CbfiitiaoiM^ latent dans le secret des initiations antiques ; mais nous croyons à la conserTation de oertiïK^

avait i44 pieds de longueur et ii5 pieds de largeur. Le nom de Cadmus a conservé chez les Grecs le souvenir de la première idée , et le nom des Pelages a conservé la seconde. Le nom des Pelages s'écrit PeLaSG. La raison en est simple : ce mot ainsi composé indique la diagonale type et le diamètre type. Lu PeLaS , il vaut 170, diagonale approximative d'un carré de 14,400 unités de surface, et il signifie mesurer, pondérer. Lu PeLaG, il vaut ii5, mesure du diamètre d'un cercle ayant dans sa circonférence 555 unités. Cette mesure 555 était bien connue à Âutun , car elle était précisément celle de la distance qui séparait le fond du transept de l'église St. -Lazare du fond du sanctuaire de l'apside de St.-Nazaire. Les deux mesures séparées nous donnent le nom du chef des Arcadiens et celui de la grande association des Pélasges. — La réunion des deux nombres donne le nom des tribus établies en Italie et qui y fondèrent la nation étrusque, car 257, nombre du mot NaZeR, lu en retour, nous donne le nom de la grande tribu des Etrusques les RaZeN. [Voir le Dictionnaire de M. Bouillet au mot Rasena,]

Pour avoir le nombre 555, il faut ajouter à 144, nombre du carré type, le nombre 210 qui est celui du mot PaLMoNI qui signifie littéralement un faisceau, une phçdange, une assemblée secrète, un palais impénétrable, et dans le sens composé un inconnu. Ce mot se compose du mot PaLÂ , pouvoir miraculeux , caché , symbolisé par une vei^e ou une bourde , et du mot ALM , manipule, faisceau , multitude, assemblée. On voit que ce mot comprend les consonnes essentielles du mot PALME si important «dans l'iconographie symbolique, dans laquelle il indique le signe de la victoire, qui est avec la couronne l'attribut essentiel de l'homme supériopr et immortel. Dans les traditions grecques , Palémon est le fils d'Ino ou de la force laborieuse. Il est appelé aussi Mélicerte, ou ï Hercule tyrien, celui-là même auquel on attribue la fondation d'Alise chez les Eduens. Comme

fomiales que le GhrisUanisme était appelé à expliquer d'une manière supérieure, afin de montrer qu'il est la manifestation du principe qui domine toutes choses; c'est en ce sens que nous croyons aux prophéties que la tradition prête aux druides gaulois et aux sybilles. Ici nous ferons obserrer que le nom mjTStique des RaZèNes étrusques, qui signifie prince ou principe tecret et qui se traduit par deux formules géométriques , le carré type et le diamètre type , fut naturellement retourné par les chrétiens qui y lurent NaZeR , nom donné à leur chef qui, au lieu d'une couronne de fleurs, eut une couronne d'épines, et au lieu d'un sceptre porta une croix teinte de son propre sang, /est» NaZaRenvs rex Judœorum. Cette inscription que Pilate fit placer sur la croix était écrite dans les troit langues dont l'histoire résume celle des peuples ciTilisés et dont nous retrouvons l'indication précise dans les proportions du temple dit de Janus, la langue latine, la langue hébraïque et la langue grecque.

Mélicerte était le dieu des ports marchands et de rabondance , on le nomma aussi Portumnm, et on en fit le dieu de l'automne ou de la saison des fruits.

Le croissant que tient en ses mains le second personnage donne le nombre du mot TeMaN , indiquant le midt , le complément , la perfection , comme la couronne NZR indique V antique, l'oriental diviseur CD^i-PUi. Le mot TéMèNe, nous l'avons dit plus haut, p. 464, indique la multiplication des formes des figures géométriques. Aussi Tdetfhm ou le dieu qui porte la perfection , veillant spécialement à la conservation de la santé, est regardé comme un babile initiateur. TMN vaut 490 et égale le nombre de la lumière nouvelle NR = 250 joint aux 340 degrés du croissant ou arc MoResqve, qui a pour corde la base du triangle équilatéral inscrit dans la courbe totale. De là vieut la somme 490 fournie par les dimensions suivantes de St.-Lazare, dont le grand aie n du nord-ouest au sud-est.

( nombre du mot RoM qui indique

Longueur, y compris l'atrium , dans œuvre 340 l

{ la force élevée.

i nombre du mot A Do NI qui

Largeur des 5 nefs 65 <

( mdique la base, le trône,

i nombre du mot DANIELqui

largeur du transept 95 { . ,. , . , .

f mdique le jugement de Dteu.

nombre du mot MaN qui indique

la cause efficiente , le co/cii

préparatoire , et qui , dans

Hauteur de la coupole 90 {

toutes les antiques tradiDons.

est le nom du législateur primitif.

Si l'on joint ce nombre 490, fourni par les dimensions de St.-Lazare , au nombre i5' fourni par les deux dimensions de St.-Nazaire, plus la distance il i qui séparait les deux édifices, on a le nombre 858. Pour compléter le nom sacré du Nazaréen qui ressuscita saint Lazare à la prière de Marthe et de xMarie , il suflQt d'ajouter au nombre 858 les 50 pieds fournis par l'aqueduc, appelé jadis fons sancti Lazari, et dont l'idée, symbolisée par celle du pélican placé sur la fontaine du xvi.^ siècle, est expliquée par l'inscription :

CHRiSTO VIT^ FONTI , LAZAROQVE REDiVIVO.

Comme nous l'avons dit plusieurs fois , 888 est le nombre mystique du sauveur des hommes. '

La distance 144, qui séparait les deux édifices et qui est celle de Vatrium antique de St.-Nazaire, donne précisément le nombre de la lettre aleph qui indique la numération kabbalistique dite la couronne, dans laquelle on place la lumère infinie, la fontaine sans fond, la vie absolue, le père des miséricordes; le nombre par excellence présenté à Fesprit, c'est-à-dire le nombre de 5 unités progressives renfermées dans une unité radicale. La lettre aleph dans sa mesure simple vaut 1, dans sa mesure pleine i\i, [Apparat, ad libr. Sohar, part, secund. p. 7. Kabb. denud., t. i. p, 5.]

On attachait au nom de saint Lazare l'idée des richesses spirituelles obtenues par la miséricojrde et la bienfaisance.

Sur le terrain qu'occupe aujourd'hui la basilique était jadis le trésor de la questure romaine du castrum '; plus tard , saint Léger y étabiii le centre des aumônes de son

< Voici sur ce nombre ce que dit Gayantus dans le traité appelé Octavarium moncuticum : a An igitur Octauie nomine Patres intelligunt consummationem doctrinte? an solidam TÎrtuUs forniam? an stemam animarum beaUtudinem ? an corporum fçloriosam resurrectionem ? an gratis totius et gloriap plenitudinem omnem cum claritate coniunctam? Hsc omnes oronia : quibuscum concordat Eyangelium, quod octaTO die dubitantem Tbomaro flde instruit et roborat, quod per octo Beatitudines virtutis quasi yiam sternit, quod animarum et corporum splendorem, immortalitatem, et gloriam, in octaTo quodam a Christi promissione die, représentât in monte; quod denique non nisi lesum sonat, plénum gratis et Teritatis ; nomine quoque prœ se ferentem multiplicem octauam, bonorum omnium plenissimam, siquidem sex litter» nominis eius Graecanici tantum Talent, supputante Beda, quantum numerus octingentorum octoginta octo. Dicam et ego, Tt, quemadmodum a senario numéro, qui laboris est, Antichristi deriuat nomen, cuius numerus est in Apocalypsi 666 : ita ab octonario, qui aeternie quietis est, Christi nomen, cuius numerus est 888 perpétue salutis mysteria portet. »

2 Surtout le lieu des distribnUons faites aux soldats. Le bureau de recette parait aToir été placé plutôt près du château de Biyaux. Le terrain sur lequel St. -Lazare est construit, se nomme le Refitou du mot refectorium. Une des terres principales qui en dépendaient se nommait Triclinium, Tréclin.

Le castrum était diyisé par deux rues dont l'une allait de la porte Quintana au prcetarium, et dont Tautre sortant de la porte Decumana passait deyant le quœstoHum, Le moyen âge appelle la première la rue des Banct , la seconde la rue du Préne. Cette rue du Frêne conduisait à la porte Mairon, Le frêne, en hébreu ThoRbN, yaleur 650, et le mot matron ou metatron représentaient Tidée du irâne IKabb. denud, t. i, p. 528], le lieu des pieds du juge [id. 682]. La rue qui partait de la porte des Bancs allait à la porte de BreuiL Ces deux mots représentent Tidée du cercle des yieillards qui sont la

église. Les biens considérables attachés à cette marguillerie, matricula, furent détournés de leur destination par Charles- Martel. Pendant plus de deux siècles, les évéques réclamèrent. La lutte finit au xi." siècle par un compromis dont le signe fut la constmctioD de l'église dédiée à saint Lazare , et la ratification des libertés dont jouissaient les hommes de la banlieue *. Ce fait explique l'attention si remarquable des décorateurs de cette église à présenter l'ascension des citoyens de la ville sainte , des gardiens du trône , à la palme et à la couronne. St.-Lazare était comme l'atrium de St.-Nazaire. Or, St.-Nazaire, élevé sur les ruines de l'ancien prétoire, représentait la couronne et la palme du martyr chrétien mises à la place de la couronne et de la palme du soldat vainqueur. Dans le plan proposé , les deux basiliques n'en devaient faire qu'une seule , composée de deux vaisseaux se coupant à angle droit , au point du transept de St.-Lazare. Les proportioos et l'iconographie de St.-Lazare étaient disposées de manière à présenter les trois efforts de l'homme marchant à la réintégration, qui sont la pénitence, les œuvres de miséricorde et les actes de la piété fervente. D'un côté le chevalier chrétien mettait sa gloire à combattre le démon, de l'autre le compagnon chrétien travaillait avec patience et vivait dans l'estime des consolations spirituelles. Tous les deux, unis sous la houlette du bon pasteur marchaient avec confiance de la croix à la couronne, du travail au repos, de la souffrance à la joie , en suivant le transept de St.-Lazare qui symbolisait le jugement de Dieu.

n faudrait nous reporter aux temps anciens pour comprendre toute l'importance de ces analogies qui se lient à l'histoire des luttes livrées par le Christianisme au paganisme d'abord, puis ensuite aux usages que des motifs de tolérance politique avaient obligé à ménager.

conronne du j âge : c*est le lieu de la grâce et de la fayeur. Une rue traversait ces deux rues principales, c'était la rue du prétoire aUant de Timpasse Notre-Dame, par la rue Bouteillier, à la chtpelle Ste-Anne et à Téglise Si, -Pancrace, Cette rue est nommée dans les inscriptions antiques CANECOS, icyphus gratiœ. La Pantocharta ou charte de liberté de Téglise d'Autun se liait surtout à la possessiOD de Téglise de St. -Pancrace. Le bouteillier était un des grands officiers de la couronne dont la signature était la plus nécessaire pour la validité des actes royaux. Les metatores prenaient possenion da lies nécessaire pour placer le castrum et en traçaient le plan sacré; mais le buHcularius répandait le» largesses du prince. On donnait le nom de buticella aux chartes dites plenariœ Ubertatis.

* Voir dans Gagnare, p. 618, une charte qu'il faut comparer à une autre, p. 616, et aiu« !• Pantocharta publiée dans les Mémoires de la Société Eduenne, 1889, p. 64.

La mission de l*art chrétien a été de demander à la théologie et à la liturgie des idées pieuses qui pussent réformer les traditions erronées déposées dans les corporations diverses des cités. Ces idées se présentèrent facilement. Les formules employées dans les arts étaient presque toutes empruntées à cette pensée que l'homme est un petit monde, un microcomie résumant dans ses proportions les harmonies développées en grand dans la vaste étendue de l'univers '. — Il s'agissait de savoir si la religion pouvait tirer parti des formules ainsi prises des choses naturelles.

La Bible disait que le premier homme avait donné à toutes choses le nom qui lui est propre. Les historiens affirmaient que le patriarche Enoch avait résumé toute la science astronomique dans des notes gravées sur des colonnes. Le texte sacré nommait les deux artistes juifs auxquels Dieu avait révélé le plan du tabernacle et des objets accessoires. On voyait que Salomon avait été conduit par l'esprit de Dieu en traçant le plan du temple de Jérusalem. Par le fait, les dimensions de l'arche de Noé étaient conformes aux proportions données par les philosophes au corps humain , et le nombre de l'arche d'alliance, ÂRON, était parfaitement semblable au nombre du mot NZR 257, représentant l'union du langage divisé de PbaLeG avec la racine première du langage unique de CaDaM. C'est en face du temple d'Ephèse, la merveille de l'antiquité, que saint Paul avait comparé l'Eglise au corps de Jésus-Christ , et le corps de Jésus-Christ à un édifice matériel élevé à la gloire de Dieu. — Quand le moyen âge éleva sa plus grande basilique, celle de Cluny, il profita de la révélation faite à un moine de l'abbaye de Baume et de la science de deux chanoines de Cologne réputés pour leur habileté dans les arts. Or, les proportions de cette église, 445x226, font une allusion manifeste aux 425x220 du temple d'Ephèse , avec cette différence que les nombres de ce temple répondaient à la phrase suivante : isis ei is, Isis est la force, et que la combinaison de Cluny amenait les idées suivantes : la croix est l'épreuve qui purifie, Jéhovah est le Dieu fort, la vie absolue.

L'importance qu'on attachait à la coïncidence qui unissait le nombre 888 , ou l'octave progressive, au nom grec du sauveur des hommes ihsots (iO-f-8-f 200+70+400+200 = 888), peut venir de l'observation suivante :

6 est le nombre qui, dans les traditions, indique la création, type du travail producteur. 6 , multiplié par lui-même , donne son carré qui est 36. Ce carré 56 , multiplié par le

< Voiries textes réunis dans Willalpland, in Ezechlel , lib. n, cap. 1 et 2, et 11b. m, disp. 2, cap. 30 et 81 , et aussi Comelias Agrippa, de oceuli, Pkilosoph, cap. 17 et suit. Hon. Aug. de Im. mand. 1. i.

premier des carrés qui est 4, donne 144. Si l'on multiplie ce nombre par iOO, symbole de plénitude provenant du carré des \0 grands travailleurs, les iO doigts, on a U,400;œ nombre, divisé par ( le carré de 6=56 multiplié par 6, le premier cube =) 3i6,onapoaf

résultat 66 au quotient, plus un reste qui est précisément 1 44, de sorte qu'en sgoutant une

décimale et en répétant la division on , multiplie la progression du quotient 6 sans attaquer le dividende 444. Or, 2i6 est le nombre du lion ARIE qui tourne autour du camp pour dévorer une proie, et 444 , CDM, est la source première, la tradition primitive de h jin du travail que rien ne peut détruire. 66 est le nombre de la colombe ION , qui , uni au nombre du mot DB qui signifie parole et excrément , donne 72. Vous avez alors DiBION. la parole de la colombe ou Vexcrément de la colombe, que Ton compare à àxxiel, symbole du principe à la fois conservateur et destructeur. La formule , par sa puissance radicale, peut s'appliquer à la loi des transmutations physiques comme à la loi des transmutatioDs morales et spirituelles. Aussi l'Evangile parle-t-il du sel spirituel qui est la parole de fie. 72 est une nuée pour le profane , mais il est la fille de l'œil , la pupille de l'œil BTAIN pour l'initié. Doublez 72, vous avez 144 ou la doctrine primitive, orientale, renfermant par conséquent deux »els, deux nuées, deux pupilles d'yeux, deux produits de la colombe, dont l'un est matériel et l'autre spirituel. De là l'union des arts qui agissent sur la matière, avec la parole qui reproduit la pensée. De là le symbolisme des formes artistiques. Maintenant, si l'on cherche quelle est la diagonale du carré 14,400 , c'est-à-dire la puissance qui la divise en deux triangles, on verra que le nombre approximatif est 170 répondant au mot KML partager, et au mot MCL un bâton. Ce dernier mot est importanu parce que le bâton de Jacob (MCL) est à la fois l'instrument dont le géomètre * se sert pour mesurer les angles , et la pensée religieuse qui engage le fils d'Isaac à préférer les jouissances de l'avenir à celles du temps présent. Nous avons vu que le mot PLS, qui signifie comparer, peser, vaut également 170 et qu'il est entré dans la composition du nom des Pélasges, ces anciens ouvriers qui ont défriché les terres qu'ils cultivent depuis tant de siècles dans tout le midi de l'Europe. PLG est la racine du nom du patrian^ Phaleg qui vit la dispersion des peuples et la division des langues au jour où les hommes

* Ce bâton se compose de deax règles qui se coupent à angles droits, absolument comme Ucroii. Oe le compare au bâton de Jacob, parce qu'il est diyisé par degrés, comme Tétait la double échelle qv Jacob yil en songe. On rappelle aussi verge d'or, radiomètre et rayon astronomique, [VoirDictioB»de Trévoux au mot bâton. ]

voulurent confondre à la tour de Babel deu\ idées distinctes appelées à marcher de concert, mais dont la seconde ne saurait détruire la première, la puissance étemelle et la puissance du temps. Or, 4i3, nombre du mot PLG, comparé au nombre 355 SNE (ESNÊ)^ changement, révolution, iteratio, est précisément le diamètre type ou le nombre rond qui s'approche le plus de la quadrature du cercle, c'est-à-dire du rapport inconnu qui existe entre le diamètre et la circonférence. Ainsi 6 est le symbole de la création ;

144 signifie la loi primitive du travail pour une fin parfaite , CDM.

400 la plénitude des biens (l'épi de la parole, MLL).

MO la balance des intérêts temporels et des intérêts spirituels , PLS-MCL.

415 la division des langues PhaLeG.

355 la loi des cycles , ou la succession intelligente des phénomènes physiques ou moraux SNE , la mobilité de la fortune, de la grâce; et dans le mot

888 NSE le devoir, l'obligation mutuelle des hommes à l'égard des autres.

L'addition de ces 6 nombres si importants dans les arts, et qui répondent à 6 idées morales de la plus haute signification , donne donc le nombre harmonique par excellence, l'harmonie progressive, l'octave répondant au nombre du Sauveur des hommes. On conçoit facilement l'emploi des nombres mystiques dans l'art chrétien après ce rapprochement, et l'on comprendra pourquoi nous avons comparé les deux figures antiques publiées par Edme Thomas avec les monuments chrétiens qui ont substitué toute une série d'images bibliques à la place des deux idées inscrites sur ]e prétoire et la questure du castrum, sur le capitole et le temple ô' Apollon, sur le palais des décuriom et celui des sévires augustaux.

(T) INSCRIPTIONS. — D. Martenne et D. Durand virent à leur passage à Autun une inscription nouvellement tirée de terre. Elle appartenait évidemment aux premiers siècles de l'Eglise, car elle portait la colombe serrant dans sa patte un serpent, symbole du génie du mal. Elle est ainsi conçue :

MEMORISE ^TERNiE

QVIETATiE Q\JE VIXIT ANN. IDllI

H VUI DECESSIT Vlll KAL. NOV.

VALENTE ET V ALENTINIANO. II. GONSS.

Voici une iuscripUon grecque trouvée derrière les murs de l'hospice , non loin de l'embranchement des deux rues que parcourut Constantin à son entrée à Augustodunum.

IHTHPiKA!

♦AE 2 1 Fi BO T n ATTO.Vxû.

NIANASSHiï ♦ESOYKPHSI

AN <PAEZ *OPi 1 EYXHNEOH

KENEYTYXIOr

< Au médecin et à l'illuminateur des mortels Apollon, à la reine d'Ephèse, portant la

> lumière, Eutychius accomplissant un vœu solennel a posé ce monnaient. > Quelque intéressante que soit cette inscription, elle est loin d'avoir pour nous le mèm

prix que la suivante , sauvée miraculeusement du polyandre de St.-Pierre-rEstrier. '

iX6T0S ovpavbu ttïot ylwt, liTop* n/t*^ Xftiai , iôSwy ÇâDv £/t(poro« iv jSporiaic.

Za»rfipoc S* àyiotv fAiXitiita XAfitocvi ^ptafiov « ÉSeiE, niNE, AABÛN, IXSTN f^Mv rroda/Aous. IX6TS x*^^^'^* ^P*i XiXed^f Hsnora. jintpl Eu tt^cty /ii^nhp vt XraÇi /u , f6»ç rà OavévTwv ! Atxix¥$u Ttârtp , Tcb/A^* xs^ocpiv/uicyc Ouftdt , Zvv ftv]Tpl yAuxcpv) , oiiv r^ oixciotvty i/iolvttt

ixers EiE Asu.

4 Le céleste ICHTHUS *, fils de Dieu , du fond de son cœur sacré

> A rendu des oracles et pris au milieu des mortels une immortelle vie.

* On ne saurait donner ici une idée exacte de la forme des lettres et de la coaserTation du marbre »vr lequel elles sont graTées pour ainsi dire en écriture cursive , qui rappelle la paléofraptiie aniti^ Nous nous proposons d*en publier bientôt un fac-similé ayec un résumé des écrits consciencieinH profonds auxquels a donné lieu ce précieux monument du ChrisUanisme. Seulement, pour s»ij^^ la curiosité de nos lecteurs, nous reproduisons la traduction qu'en a faite un sarant ecclésiastifie.

'^ ICHTHUS signifie poisson et en même temps Jésus-Christ fils du Dieu sauveur.

Ami f rsgeunis ton âme dans les eaux divines ,

Aux sources intarissables de la sagesse prodigue en trésors.

Prends Taliment doux comme le miel du sauveur des saints,

Prends , mange et bois ICHTHUS !

Veuille ICHTHUS répandre ses grâces, c'est mon ardent désir, ô maître sauveur !

Que ma mère te contemple dans sa joie ; nous t'en prions tous deux , ô lumière des

B morts!

Ascandius , père bien-aimé de mon cœur , Et vous , très douce mère , et vous , mes frères , Dans la paix du sauveur , souvenez-vous de Pectorius ! ICHTHUS a passé dans la souffrance. > *

Les sépultures chrétiennes ne sont pas les seules qu'on découvre à St.-Pierre. Nous avons im marbre blanc recueilli dans la chapelle des Tergenmï, avec ces niots :

La forme des lettres indique la belle époque de l'art romain ; mais au au manibus , et surtout à ce nom gaulois latinisé , ILIOMARvs , il est impossible de ne pas voir un monument gallo-romain. La chapelle des Tergemtm se liait, au x.'^iècle, à deux terres dites Ptnus et Robur, situées dans le diocèse d'Orléans. On a trouvé près de celte ville le monument suivant :

AVG ACIONNiE

SACRVM

CAPILLVS . ILIO

MARI. F. PORTICVM

CVM. SVIS. ORNA

Page 1