rois
[7. » les rois de 731 à Alexandre. 401 »] = 731 — 331 »
On peut être sûr que les chiffres de Bérose sont transmis correctement et que depuis la deuxième dynastie ils se rapportent aux dynasties de Babylone énumérées dans les listes cunéiformes (§ 32.^ sq.); mais, à l'exception de la date du début (voir § 328), ces données sont en opposition complèle qu'aucune explication n'a pu encore résoudre.
L'auteur a éclairci le système chronologique de Bérose dans KHo, m, pp. 131 et suiv. Schwartz, art. Berossos dans Pauly-Wissowa commet de nombreuses erreurs de détail. La période pour laquelle Callisthùne avait envoyé depuis Babylone à Aristote des observations astronomiques, embrasse 1903 années jusqu'à Alexandre, comrfie le prouvent les dires de Simplicius, ad. Arist., de eoelo, II,
SOURCES DE l'histoire DE BABYLONIE ET d'aSSYRIE — § 321
42, p. 504, éd. Heiberg (la prendiére année d'Alexandre, 330 avant j7c est comptée comme l'année 1903). Eusèbe dit expressément que k sixième dynastie s'étendait jusqu'à Phul = Tiglathpiléser (TukuUi-apal-esarai, IV ; Nabonassar qui est introduit (cf. § 321 note) chez Syncelle, p. 389 sq. (comp. Eusèbe, Chron., i, p. 7) doit être tenu ici tout à fait à l'écart. Pour la première dynastie Eusèbe donne 33091 ans, Syncelle (p. 147), 34090 et en même temps 9 sares 2 nères 8 sosses = 34080 ans, où les unités sont tombées. - L^auî^eur ne considère que comme de spirituels jeux de fantaisie les lenlives toujours renouvelées de rendre utilisables pour l'histoire les dates de Bérose dès la deuxième dynastie : ainsi Lehmann-Haupt, hlio Vlll, pp. 227 et suiv. ; X, pp. 483 et suiv. Schnabel, die babyl, ChronoL d. Berossos^ MVAG, 1908 et OLZ, 1911, 19. - La cosmogonie babylonienne conservée par Eudème dans Damascius, De pr. pr'mc, ch. 125, forme un complément très important à l'ouvrage de Bérose.
Mi
321. Par l'intermédiaire des Grecs nous possédons encore un autre document important. Les astronomes alexandrins ont pris et converti les observations d'étoiles faites par les Babyloniens depuis l'époque du roi Nabonassar (Nabû-nâ?ir) (7^7-734) ; elles nous sont donc conservées dans l'Almagesle de Ploléniée. Elles étaient naturellement datées à la manière babylonienne; mais les dates des jours sont recomptées sur Tannée commerciale égyptienne de 365 jours qui était exclusivement employée par les astronomes grecs. Le compte par années royales babyloniennes est cependant maintenu. De plus, il était indispensable, pour pouvoir les convertir, de posséder une liste royale, que les manuscrits astronomiques nous ont conservée et qui fut employée à diverses reprises par la chronographie postérieure : c'est le fameux » Canon de Ptolémée » dont les dates sont parfaitement exactes astronomiquement, comme le confirment toujours les nombreux documents de celte époque. On a aussi collationné les années et l'on parle alors dune « ère de Nabonassar -. qui commence le l"Thot (= 2G février 747) d'après les années égyptiennes. 11 apparws-
.^isi
LES SOURCES DE l'uISTOIRE DE BABYLONIE ET d'aSSYRIE
sait dès lors que ce règne sans aucune importance historique avait fait époque dans l'histoire babylonienne ou qu'il avait inauguré une nouvelle dynastie. Afin d'expliquer celle anomalie, le chronographo chrétien Panodore inventa la fable absurde, qui trouve aujourd'hui encore créance, à savoir que Nabû-nàsir aurait détruit les documents de ses prédécesseurs (Syncelle, p. 3S9 où sont nalurellement cités comme iraranls de la véracité du récit Alex. Polyhistor et Bérose, bien que ce dernier ait donné lui-même la liste complèle des rois précédents î). A côté des sources grecques il faut considérer encore, pour les temps postérieurs à 745, les données tout à fait aulhenliques, mais très maigres et incomplètes, de l'Ancien Testament.
La meilleure édition du Canon de Ptolémée dans Wachsmuth, Ehileiiung in d. Studlum d. Alt. Gesch., p. :K)i et suiv. ; il faut y ajouter le texte syriaque d'Klie de Nisibe publié par Noeldeke dans Schrader, Her. Herl. Almd., 1887, p. 9i7 et suiv. Sur son plan et ses rapports avec les documents indigènes, Meyer, Forsch., II, p. 453 et suiv. — L'ère de Nabonassar est citée par Censorinus, de die nataU, 21, 9 comme égyptienne, et a aussi influencé Eusèbe, Chron., I, p. 7 (cf. § 320 note^. Panodore, que suivent Syncelle et d'autres chroniques byzantines, a combiné ses dates avec les extraits de Bérose et de Gtésias (entre autres Castor) et a introduit aussi Zoroastre (Sync, p. Ii7 et suiv., 1()9 et suiv., 172, 388 et suiv.). Remarquons encore que la chronique babylonienne B (!^ 318 note) ne commence pas avec Nabonassar (Nabù-nAsir), en 747, mais avec ïiglalhpiléser (Tukulti-apal-esara), IV, en 745.
322. Les anciens ouvrages sur l'histoire de liabylonie et d'Assyrie, ceux de sir II. Hawlinson, (i. Rawlinson, G. Smith entre autres, puis de M. Niebuhr, Geschichte Assurs nnd Babels, 1857, n'ont plus qu'un intérêt historique. Les nombreux travaux d'Eberhard Schrader, traitant des problèmes particuliers et donnant un clair aperçu des matériaux, ont encore une graîîde valeur, ainsi ses Keilinschriften u. Geschiclitsforscimng,
SOURCES DE L'niSTOIRE DE BABYLONIE ET d'aSSYRIE — S 322 2
1878 et die Keilinschriften nnd das alte Testament, 1883, ^' édit. Puis vient l'élude d'une grande partie de la géographie des textes cunéiformes par Fr. Delitzch, Wo larj das Paradies? 1881. Tiele a soigneusement et prudemment réuni tous les matériaux historiques, qu'il a étudiés d'une façon approfondie dans sa Hahijlon, assijr. Geschichte, 1880 et suiv. ; de même pour les époques archaïques surtout, llommel, Gesch, Bahj/l. u. Assf/r,, 1885. Dans les dix dernières années les écrits de II. Winckler ont fréquemment donné une nouvelle impulsion à ces études, bien qu'ils soient trop souvent liés à des combinaisons prématurées et insoutenables, car engagé dans des théories arriérées de mythologie et d'histoire des religions, il a cru découvrir en Ikbyionie la patrie d'une « conception orientale du monde », reposant sur l'explication des apparitions célestes, qui aurait dominé toute Taclivité terrestre des hommes. C'est pourquoi toute la partie historique et géographique de l'ouvrage publié en collaboration avec Zimmern, die Keilinschriften nnd das alte Testament, 1903, qui se présentait faussement comme une troisième édition de l'ouvrage cité de Schrader, est devenue presque inutilisable ; l'autre partie du même livre due à Zimmern contient au contraire une étude attentive et sérieuse des faits concernant la religion babylonienne. Nous manquons absolument de travaux fondamentaux sur l'histoire de la civilisation et de l'art, tant les matériaux sont abondants : L'histoire de l'art de Perrot et Chipiez, vol. II, 1884, est insuftisante et dépassée par les nouvelles trouvailles; L. lieuzey a posé les bases pour la période archaïque de la Babylonie dans son ouvrage de Tello (§ 383) ; le travail de Fauteur, Sumerier u. Semiten in Bahylonien [Abh, Berlin. Akad.y 1906) se rattache à cette dernière publication.
Pour l'époque de l'hégémonie assyrienne les matériaux se sont relativement peu accrus depuis une dizaine d'années ; par contre, les fouilles des derniers 25 ans ont fourni de riches (tbnnées, toujours plus nombreuses, à l'histoire archaïque de la Babylonie. A côté des publications des monuments eux-
si
LES SOURCES DE l'hISTOIRE DE BABYLONIE ET d'aSSYRIE
mômes (§ 3i4), les travaux de Ïhureau-Dangin et de L. W. King (avant tout ses Letters and inscriptions of Hammurabi, 1900 et Chronicles concerning earUj Babyl. Kinys, 2 vol., 1907), contiennent les plus importantes études d'histoire sur ces matériaux. King a publié un volume condensant Tliistoire la plus ancienne A History of Sumer and Akkad., 1910.
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Les ouvrages historiques les plus importants de Wincklersonl : Untersuch. z. allouent. Gesch., 1889 et Gesch. BahyL u. Assyr.y 1892. Dans ses Altor'ient. Forschungeriy 3 vol. dès 1893, sa manière de travailler, arbitraire et sans méthode, est devenue toujours plus apparente, de sorte qu'un bien petit nombre de résultats auxquels il a abouti ont été maintenus (de même au surplus sa Gesch. IsraeU, 2 vol., 1895 et suiv.). Les nombreux écrits dans lesquels Winckler et ses partisans ont cherché à répandre leurs vues dans des cercles plus étendus n'ont pas besoin d'être mentionnés. — Les questions chronologiques ont été spécialement étudiées par C. F. Lehmann- Haupt, Zwel flauptprobleme d. altorienl. ChronoL, 1898. — On trouve à prendre et à laisser dans Radau, Eavhj /Jabyl. History, 1900 (cf. le compte-rendu de Thureau-Dangin, Zeitschr. f. Assyr., XV, p. 402 et suiv.). — Sur les ouvrages de Menant, voir § 315 note ; sur les ouvrages récents de Homniel, § 147 note. — H. Schneider, Kuliur u. Denken d. Babyl. u. Jaden, 1910 (cf. § 158 note), a étudié avec beaucoup de sagacité le développement intérieur de l'État, de la religion et de la culture de Babylonie et d'Assyrie, mais ses constructions parfois très hasardeuses dans l'exposé du développement israélite et judaïque en font une parodie.
Chronologie,
323. L'année babylonienne est une année lunaire de 12 mois, ramenée à l'année solaire ou plutôt adaptée à l'état des saisons et des travaux agraires, selon les besoins, par l'intercalatiofi d'un mois. Le mois commence le soir oii apparaît le croissant
de la nouvelle lune; il a donc soit 29 soit 30 jours. A l'époque archaïque, chaque ville de quelque importance semble avoir eu son calendrier particulier. C'est pourquoi nous trouvons employés dans les documents anciens des noms de mois très différents qui, pour autant que nous pouvons les comprendre, sont désignés soit d'après des fôtes religieuses, soit d'après les travaux agricoles, et des événements naturels. Depuis la première dynastie babylonienne un calendrier acquiert une valeur générale. Il est déjà en usage dans les documents de Nippur lors du royaume de Sumer et d'Akkad ; les autres noms qu'on donnait aux mois disparaissent peu à peu, et dans la suite ce calendrier domine aussi bien en Babylonie et en Assyrie que dans le monde sémitique de l'Ouest où il pénètre et dans le royaume perse qui l'adopte ; les Juifs enfin l'utilisent jusqu'à nos jours. Il commence après l'équinoxe du printemps avec le V' Nisan; le début de l'année des calendriers archaïques n'a pas pu encore être fixé avec certitude. Dès l'époque perse on introduisit une règle d'intercalation ^\\q au lieu d'insérer pour des besoins uniquement pratiques un mois intercalaire après le 6' ou le 12« mois (Elul ou Adar).
En Sinéar (Chaldée), comme dans l'Egypte archaïque, l'année recevait un nom d'après un événement et l'on continuait alors à compter plusieurs années à partir de ce point jusqu'à ce qu'on eût \\\é un nouveau nom d'année. On trouve fréquemment aussi, à l'époque archaïque, la dénomination des années d'après les fonctionnaires qui changeaient annuellement (§ 377). Par contre, on ne compte que rarement par années de rois ou de patésis (à Lagas, § 338 et suiv.) ; la première année d'un nouveau règne s'appelle souvent sans doute « année dans laquelle un tel devint roi ou patési ». Cette année là était déjà alors la première année après l'accession au trône, postdatant donc la désignation, ce qui est bien compréhensible dans un tel système qui ne permettait pas de changer le nom de l'année une fois fixé. Dans les listes de noms d'années que nous possédons en divers exemplaires les années de chaque règne étaient
bV
LES SOURCES DE l'RTSTOIRE DE BABYLONIE ET d'aSSYRIE
réunies, la somme indiquée, mais toujours en années pleines sans les mois ou les jours excédants qui n'entraient pas en considération dans un tel mode de calcul. A l'époque cassite on introduisit l'usage de collalionner les années de chaque règne particulier (§ 460), mais en continuant aussi à postdater, de sorte que la première année de règne d'un roi commence avec le i'' Nisan qui suit son accession au trône, et que sa dernière année est celle de sa mort et de l'arrivée au Irone de son successeur. Il en est de môme dans le canon de Ptolémée (î^ 321). Les mois excédants pendant lesquels le monar(iue règne avant le commencement de sa « première année » sont désignés, dans les documents, comme « commencement de son règne », car on ne pouvait guère fixer une date d'après son prédécesseur décédé. Dans ce mode de calcul les mois et les jours excédants n'entrent donc pas non plus en ligne de compte ; ils n'apparaissent que tout à fait rarement dans les listes royales et seulement dans les règnes courts, en particulier à la lin de la dynastie.
Les mois babyloniens-assyriens, commençant avec lequinoxe dn printemps, sont les suivants : Nisan, Ajar, DiV/u (Tamuz), Ab, Ulul, Tesrit, Arah-samna (c.-à-d. le 8*' mois), Kislev, Tebet, Sabal, Adar. Sur les noms de mois archaïques : Radau, /:'«?•/?/ f^ah. IJist., p. 287 et suiv. ; Thureau-Dangin, ZA, XV, p. 409 et suiv. ; RA, VIII, p. 84 et suiv.; 152 et suiv. et ailleurs; Genouillac, Tabl. sumér. arch., 1909, Kugler, Slrrnk. u. Stenidienst, II, p. 174 et suiv., et une opinion contraire Barton, y.4 0.S, XXXI, 1911. Myhrmann, D/:, III, 1 (1910), p. 45 et suiv. Calendrier de la T^ dynastie : Kugler, ibidem, II, p. 241 et suiv. Mention des mois archaïques sous la dynastie d'Ur : Myhrmann, i6*(/^m, p. 47. Pour les mois postérieurs, voir par ex. Weissbach, dans Hilprecht Annio. Volume^ 1909, p. 281 et suiv. — Sur les intercalations de mois par une ordonnance royale sous Hammurabi, King, A///, III, pp. XXIV et suiv., 12 et suiv. On intercale parfois un second Nisan.
Sur la règle postérieure d'intercalation, Mahler, Z.4, IX et ailleurs (mais son opinion est en partie insoutenable aujourd'hui), ainsi que Zur chrunol. d. f^abylonier {Denkschr. d, Wien. Ak.^ Mathem. CL,
LXII), 1895, avec une table des débuts des mois de 747 à 100 avant J.-C. On comprend aisément que les Babyloniens aient souvent compté conventionnellement le mois à 30 jours et l'année à 360 jours, bien que le mois eût, en fait, soit 29, soit 30 jours, l'année 354 ou 355, et l'année intercalaire 383 ou 384 jours. Cette constatalion a conduit Radau, ibidem, p. 303 et suiv. à faire les hypothèses les plus bizarres (les faits sont exacts chez Thureau-Dangm) ; Winckler parle, A;4P, p. 329, sans hésiter d'une année solaire babvlonienne, de 360 jours « avec 5 jours 1/4 à la fin, nommés pour cela épagomènes, qui valaient comme temps de fête » ! H en rapproche le mot hamustu qui n'apparaît que dans les tablettes cappadociennes, où il désigne peut-être une semaine de 5 jours; Winckler a souvent répété et développé celte idée (tout d'abord Altor. Forsch., II, p. 91 et suiv.; la même hypothèse dans Sayce, PSBA.\\\, p. 288) en en faisant le principe du compul babylonien et de la conception orientale du monde. Sur ces bases Brockelmann, ZA, XVI, p. 389 et suiv., a construit les plus ridicules fantaisies sur l'origine des éponymes assyriens. (Pour le rôle des 5% 10% 15% etc. jours du mois, voir Zimmern, Berichte Sachs. Ges. d. Wiss., Phil CL. 1901, 35). L Sur la désignation des années à l'époque archaïque : Peiser, 0/>Z, VIII, p. 1 et suiv.; Messerschmidl, ihidem, VIII, p. 268 et suiv.'ungnad, BA, VI, 3, p. 1 et suiv. Kugler, op. cit., II, p. 153 et suiv., 235 et suiv. etc. Le nom de Tannée est proclamé par un édit royal, souvent dans le cours de Tannée seulement, après un nouvel événement; il n'est donc pas rare que la môme année soit encore désignée dans divers documents comme « année après... (suit le nom de Tannée précédente) » et qu'elle porte un second nom dans d'autres documents : ainsi an 2 de Pùr-Sin, Thureau-Dangin, ,S'*/m. Akk. Kœmgsinschr., p. 233, et Tan 17 de Sinmuballit : Ranke, OLZ, X, p. 231 et suiv. L'année d'accession au trône d'un souveram est désignée depuis la mort de son prédécesseur comme « Tannée dans laquelle un tel entra dans la maison de son père » : Ranke, Bh\ VI, l,p. 12, 1.
32i. Dès la plus haute antiquité les Assyriens nomment les années d'après un haut fonctionnaire qui revêt la charge d'éponvme {/imtnu) (§ 432 note) ; le roi aussi remplit cette dignité, ordinairement lorsque sa première année de règne est accom-
LES SOURCES DE l'HISTOTRE DE BABYLONIE ET d'aSSYRIE
plie, mais aussi dans la seconde année ou plus tard encore. C'est pourquoi, vers la fin du royaume assyrien, on ne compte que rarement par années de règne (palii), mais on les coUationne par contre surtout dans les inscriptions royales (ici aussi « le commencement de la royauté » précède Tan 1) ; on compte en même temps par campagnes militaires {girrif), comme chez les pharaons du Nouvel empire. Nous possédons plusieurs listes d'éponymes qui embrassent en tout les années 893 à 666 avant J.-C; pour les époques antérieures et postérieures nous n'avons que quelques noms isolés ou des groupes de noms. Ces listes sont accompagnées parfois de brèves annotations sur le changement de règne et les événements importants ; elles forment donc un squelette d'annales. La chronologie de la liste d'éponymes est absolument certaine puisqu'elle mentionne Téclipse de soleil du 15 juin 763; les dates que nous obtenons ainsi coïncident entièrement avec celles du canon de Ptolémée (§ 321) et sont de plus confirmées en tous points par les nombreuses dates des documents privés provenant des siècles suivants jusqu'en pleine époque perse. Donc la chronologie de l'histoire d'Assyrie et de Babylonie dès le commencement du IX* siècle repose sur une base absolument sûre et nous la connaissons exactement jusque dans ses détails.
Les listes d'éponymes, découvertes d.abord par H. Rawlinson, sont publiées 11 R 42, 68, 69 et lll R 1 (un autre fragment par Bezold, PSBA, 1889, p. 286 et suiv.), puis Delitzsch, yl55?/r. Lesestûcke, 2*^ éd., p. 78 et suiv., G. Smith, Assyr. eponym Canon, 1876; transcription par Schrader, KAT\ p. 470 et suiv. et KR, 1, p. 204 et suiv., cf. m, 2, p. 142 et suiv. — Les documents du royaume chaldéen et perse sont publiés dans divers mémoires deStrassmaier; combinaison de ces données par Meyer, Forsch., Il, p. 463 et suiv., puis maintenant A. T. Clay, liahyl. E.vped., VIll-X ; et Vordernsiaf. Schriftdenkm., IIl-VI.
325. La chronologie du 2® et du 3* millénaire présente par contre aujourd'hui encore les plus grandes difficultés et n'a
point l'exactitude des temps postérieurs. Nous avons obtenu cependant au moins une base solide depuis 1884 : une tablette de Babylone (liste royale A) contient en quatre colonnes une liste complète des rois babyloniens de la fondation du royaume amorrite de Babylone au commencement, tout au moins, de l'époque chaldéenne. Mais H lignes du début et plusieurs autres h la fin sont complètement détruites, et nous ne pouvons actuellement qu'en peu de cas combler les vides grâce aux données tout à fait insuffisantes que nbus possédons pour le 2'' millénaire et le commencement du 1". Les fragments conservés de chroniques babyloniennes (§ 318) nous sont d'un maigre secours ; pour les deux premières dynasties seulement une autre tablette (liste royale B) donne Ténumération complète des rois. Les totaux des dynasties sont au moins conservés, sauf un, et le nombre des lignes que la tablette contenait se laisse déduire avec certitude pour les 4 colonnes : nous avons donc là un cadre certain. Comme les dynasties ne sont désignées sur la tablette que d'après leur origine, il est utile pour la clarté de l'exposition de les énumérer; voici le schéma :
Dynastie
! de nabvlone
11 rois
304 ans
du Pays de la Mer
Cassite
de Paâe (Isin)
du Pavs de la Mer
de Bazi
un Elamite
1 roi
(perdu) [prob^
13 rois
de Babylone
16 rois de Kinzir à
Kandalanu
11 ne manque, comme on le voit, que la somme des années de la 8^ dynastie ; si elle était conservée, nous posséderions un schéma chronologique qui pourrait avoir pour l'essentiel une valeur absolue, au moins jusqu'au commencement de la
1 if! 1
LES SOURCES DE l'hISTOIRE DE BABYLONIE ET D ASSYRIE
3« dynastie, bien que de petites erreurs et des omissions soient sans aucun doute survenues, résultant pour quelques-unes des documents datés.
Liste royale A : publiée d'abord par Pinches, PSBA, VI, p. 193; puis entre autres par Schrader, BerkJdc Berlin. Akad., 1887 et KB, II, p. 286 et suiv. ; Winckler, Uniers. z. nltor. Gesch., p. 146 et suiv. ; Delitzsch, Berichte Sachs. Ges., 1803, 183; la meilleure publication est celle de Knudlzon, Assyr. Gebele an d. Sonnenqott, 1893, taf. 60; photographie el compar^aisons dans Lehmann-Haupt, Zwel Haupiprobleme, 1898, qui a le plus approfondi l'interprétation et le mieux complété le texte. Les deux derniers mémoires cités permettent de reconstruire complètement la tablette ; le tableau donné ici est composé sur ces bases. Comme la tablette est retournée pour être inscrite sur le revers et qu'il est nécessaire de rendre exactement si possible la. correspondance de chacune des lignes du recto et du verso, Tauteur a écrit aussi dans la transcription les lignes de bas en haut, sans placer naturellement les signes la télé en bas comme sur l'original. Dans la souscription de l'avant-dernière et 9*^ dynastie il n'y a aucun chiffre dans la colonne des années, mais par contre sous les noms « 22 dynastie de Babylone ». Lehmann a prouvé que ' le nombre 22 (ainsi Lehmann et Knudtzon; pour d'autres 21 ; autrefois 31, mais c'est faux) ne peut être que le nombre des années et non celui des rois; on pourrait tout au plus compter ici 19 noms. Donc il y avait encore une dynastie, la 8% dont la somme se trouvait probablement dans la colonne 111, dernière ligne; elle comprenait donc 13 rois, et non 11 comme le dit Lehmann, dont les objections {KUo, X, p. 476 et suiv.) n'atteignent pas l'exposé de l'auteur qui n'est pas modifié, ayant déjà, dans sa reconstruction de la liste, tenu compte de la hauteur des lignes et des traits séparant chaque dynastie. Si l'on doit admettre avec Lehmann que la 8- dynastie n'eut que 11 ou 12 rois, la chronologie n'en est point changée ; ses combinaisons {ibidem^ p. 485 et suiv.) sont impossibles. Lehmann a été induit en erreur par le fait même qu'il a corrigé la date de l'inscription de Bavian pour Tiglathpiléser (Tukulti-apal-esara) I (i^ 326) en 318 ans, d'où l'attribution, trop courte d'un siècle, à cette 8^ dynastie de 180 ans. La date de Bavian est, en effet, exacte comme le prouvent au surplus des fouilles d'Assur; nous connaissons main-
LISTE ROYALE
[15 ans
ri4 »
oo »
oo »
Col. I.
Sumuabu]
Sumulailu]
Sabum]
Àpilsin]
Sinmuballit]
Mammiirabi]
Samsuiluna]
Abiesu]
Ammiditana]
Ammisaduqa]
Samsudilana]
Dyn. 1
11 rois [Dynastie de Habylone]
llumaiiu
ltliilini[bi]
Damqi[ilisu]
Iski[ball
Sussi, (son) frère
Giilkisar
Fes(?)gal[darainas, son fils]
Aidara[kalain;i, son fils]
Ekurul[ana]
Melam[kiirl<ura]
Eaga[milj
Dyn. H 1
11 rois, Dynastie de Seslia (Pays de la Mer)
Gandas
Agiim 1, son fils
Kastiliasi
Usèi, son fils
Abirallas
Tazzigurumas
Dyn. III
Total 32 lignes.
Les lignes i, 2 et 22 sont presque entièrement mutilées.
Les chiffres et les noms de la dynastie I et les noms complets de la dyn. II sont complétés d'après la liste royale B.
Cette liste ne donne aucun chiffre pour la -1' dynastie.
La lecture des chiffres dans la liste A n'est pas toujours certaine, mais elle se complète par la somme totale.
Historiquement les chiffres de la !••* dynastie sont souvent faux; pour la liste correcte, voir § 4o8, note.