Parmi les autres productions littéraires, les premières
collections grammaticales et Icxicographiques, où le sumérien et le sémitique sont l'un à côté de l'autre et d'où sont sortis les innombrables « syllabaires » de la hibliolhèque d'Assurbî\niapal, remontent sans doute à l'époque où les deux langues étaient employées cote à côte dans l'usage courant. D'autres recueils du môme genre ont pu s'y joindre, ainsi des listes de noms de lieux et de peuples, de dieux et de leurs épithètes par exemple. Les listes de noms d'années et les chroniques appartiennent aux mômes séries. Ces écrits étaient indispensables pour les besoins pratiques; mais ils servaient avant tout aux écoles de scribes dans les temples, où se pressait la nouvelle génération de prêtres et de fonctionnaires. Les scribes professionnels, qui rédigeaient les documents privés, ont aussi appris leur art dans ces écoles. Ils ne pouvaient certainement exercer leur profession que s'ils étaient reconnus par l'État. On trouve encore des exemples pour l'étude du calcul et de Tarpentage ; beaucoup d'autres textes entin, comme des récits de légendes, ont été sans doute composés primitivement dans un but scolaire.
Le calcul babylonien repose partout sur le système sexagésimal; le chiffre 00 et ses plus hautes puissances sont toujours écrites avec le signe 1. Un texte d'arithmétique étudié par Hilprecht, Bab. Exp.y XX, 1, p. 11 et suiv., opère avec la 4' puissance = 12.900.000. Si Platon pense à ce nombre, comme c'est peut-être le cas, dans la spéculation mystique, Bépubl., VIH, 546, il ne s'en suit pas naturellement le moins du monde que la philosophie grecque ait été influencée par la Babylonie, bien que le nombre même, comme nombre mystique, ait pu pénétrer de là en Grèce.
ÉLAMITES ET AMÔRRITES. LE ROYAUME DE BABYLONE
Extension de la civilisation babylonienne , Les tribns montagnardes,
430. Nous avons déjà vu comment, sous Tinfluence de l'action combinée que créent les contacts incessants de la paix et de la guerre avec les peuples voisins, la civilisation de Sinéar rayonne de tous côtés et lance de vigoureuses racines dans les steppes de Mésopotamie comme dans la Syrie du Nord, chez les tribus le long du Tigre et dans les montagnes orientales, mais surtout dans lÉlam ; elle exerce môme un puissant attrait sur les tribus du désert. Pour tous ces territoires, le pays bas à Tembouchure des fleuves forme le centre civilisé et politique. Sous Lugalzaggini, Sarrukîn et ses successeurs, sous les rois d'Ur, ils subirent la domination complète ou partielle de cette contrée. Mais d'un autre côté les tribus et les États vassaux ont toujours la tendance à se rendre indépendants ; et chaque succès conduit à la tentative de renverser Tordre établi, d'obtenir pour soi-même le pouvoir. Le riche butin qu'on en rapporte attire toujours; et si l'on ne peut atteindre à une soumission durable du pays, du moins saccage-t-on les villes et emporte-ton leurs trésors. Les Élamites surtout, et plus tard les Assyriens, opèrent ainsi, car ils possédaient un empire puissant et un Etat qui avait son organisation indépendante ; ils ne pouvaient donc avoir la pensée d'émigrer. Mais les