‹ Histoire de l'antiquité [microform]Chapitre 158 sur 172 · EL A M · texte numérisé non relu

EL A M

pavot sortent de chaque épaule de la de'esso, comme c'est le cas ordinairement pour Nisaba (S 373) ; elle porte une haule couronne et dans la droite une hampe surmontée de son symbole, le disque étoile (§ 371). Elle est vêtue, comme toutes les déesses de cotte époque, du châle sémitique drapé autour du corps. Sept autres prisonniers suivent; tous les ennemis sont représentés nus suivant la mode sumérienne ; ils portent la barbe comme le roi, ont les cheveux coupés ras et sont coiffés du bonnet; un seul porte de longs cheveux et une coiffure cylindrique cannelée, qu'on retrouve plus tard chez les Perses. L'inscription sémitique mentionne les dieux Anu et son épouse Antu, Ellil et Ninlil, Adad et Islar, Sin et Samas ; les autres noms sont détruits. On voit que ces adversaires acharnés de Naràm-Sin et de Dungi ont adopté leur panthéon tout entier.

Dans le voisinage, près de SchM.ihân, une sculpture rupestre beaucoup plus grossière, avec une inscription sémitique presqu'entièrement détruite, montre un autre vainqueur, un guerrier puissant avec l'arc et le carquois, qui marcfie sur un ennemi abattu, tandis qu'un autre ennemi demande grâce à genoux. Ce relief se distingue de celui d'Anubanini en ce que le roi et les ennemis sont sans barbe et que le souverain ne porte qu'un court vêtement autour des reins; ils ont tous le bonnet. Peut-être y a-t-il là une intluence sumérienne ; mais de tout cela ressort clairement la confusion des tribus (bien que sémitisées) de la montagne et la diversité de leurs coutumes.

Les deux sculptures dans de Morgan, Mission scientifique en Perse, IV, 1, p. 161 et pi. X (auparavant Scheil, Recueil de Trav., XIV, p. 105; Berger, llev. dWssyr., 11, p. 115); cf. Meyer, Sum. u. Sem., p. 24 et suiv. — Les inscriptions dans Ttiurpau-Danpjin, SAKf, p. 172.

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ani.

432. L'Elani qui est constamment intervenu dans l'histoire de Sinéar, subit un développement semblable à celui que nous venons de voir. La dynastie d'Ebarli et de son fils Silhaha y règne maintenant (§ 416). Leurs descendants citent Sirukduh, qui appartient probablement à la deuxième moitié de la dynastie d'Ur. Nous n'avons aucune inscription ni de ce roi ni de ses successeurs immédiats, mais seulement de Temtiagun, qui s'appelle « fils (c'est-à-dire descendant) de la sœur de Sirukduh » et porte le titre de « ministre (sukkal) de Suse ». Il a construit à Suse un temple de briques « pour la vie de Kulirnalîundi (et de plusieuis autres personnes, peut-être des frères ou des fonctionnaires de ce dernier) et pour sa vie propre ». Donc Kutirnahundi paraît avoir été son suzerain. Son nom purement élamite, constitué avec le nom du dieu Nahundi, revient souvent plus tard. De plus Assurbâniapal raconte qu'après la conquête de Suse, vers 645, il rendit à la déesse Nanaia d'Truk sa statue, qui avait été emmenée 1635 années auparavant par Télamite Kudurnahundi « lorsque ce roi saccagea les temples du pays d'Akkad ». Akkad désigne dans ce texte tout Sinéar suivant l'ancien usage. Si la date est certaine, l'expédition du roi élamite tombe en 2280, précisément à l'époque où le royaume d'Isin se désagrège et où le royaume de Larsa prend sa place (s> 417). Le temple de Nippur a peut-être été aussi ravagé alors par les Elamites. Kutirnahundi a probablement légné sur un plus grand royaume dont le centre était dans les montagnes, peut-être le pays qui s'appelle plus tard lamutbal (§ 440). Les souverains de Suse étaient alors ses vassaux. Les expéditions militaires des Elamites, comme il advint plus tard, seront le fait des tribus guerrières de la montagne beaucoup plus que des habitants

ELAMITES ET AMORRITES. LE ROYAUME DE BABYLONE

industrieux et à moitié Sémites de Suse et du pays bas. Les noms Ansan et Hatamti (§ 363), qui n'apparaissent jamais dans les inscriptions susicnnes de cette époque, appartiennent peutêtre précisément à ces tribus, qui plus tard, au deuxième millénaire, ont occupé Suse elle-même et rendu de nouveau la première place à la langue nationale.

Inscription de ïemtiagun : Délrg . en Perse, VI, p. 23 (=Thureaii- Dangin, SAKl, p. 184), 25. Sclieil a raison de la placer avant les souverains mentionnés au .^ 432 a, à cause de son lien avec Sirukdub. — Renseignement d'Assurbâniapal : Cylindre Rassam (V R 1 et suiv.), col. 6, 107 et les parallèles [une fois une erreur: 1535 années], surtout III R, 38, 1; A7/, II, p. 208. Le texte III R, 38, 2 se rapporte par contre à Kudurnahundi II, vers 1160. Autrefois on a mis l'invasion de Kutirnahundi en relation directe avec Kudurmabuk et Kedorla'omer (§ 440 et suiv.;, mais cela n'est pas justifié.

432 a. Cette situation a dû se prolonger sous les rois suivants de la même dynastie. Le premier que nous connaissions, Kukkirmas, se nomme « {^rand ministre, ministre dElam (Nimma), Simas et Suse » et en même temps, comme tous ses successeurs, « fils (c'est-à-dire descendant) de la lille de Silbaba ». Il est très difficile d'expliquer cette insistance à noter la descendance par rapport à la fille de Tancêtre ; nous l'avons déjà signalée chez Temtiagun. Il ne s'agit pas de succession matriarcale, comme l'auteur l'admettait auparavant (1), car les souverains qui portent également ce titre embrassent plusieurs générations. Le suzerain dont Kukkirmas est « ministre » doit avoir été un descendant de Kutirnahunti. L'extension de sa puissance est attestée par l'inscription dédicatoire d'un dynasle de Dêr, la grande ville frontière mentionnée dans la guerre de Sarrukîn contre l'Elam (§ 398); cette ville a acquis pendant quelque temps une position très indépendante lors de la chute du royaume de Sumer et d'Akkad. Son roi Anumutabil, « le

(1) Biffer donc le renseignement donné, trad. fr., vol. I, p. 24.

ÉLAM — § 432 a

héros puissant, commandant (sakkanakku) de Dêr », se vante d'avoir brisé la tête des troupes d'Ansan, Élam et Simas et d'avoir vaincu Barahsu (pays frontière, § 399), ce qui serait une victoire non seulement sur les princes de Suse, mais aussi sur les autres souverains d'Elam (Ansan).

Il y a corrélation entie cette donnée et le fait que le souverain qui suit immédiatement ne porte plus le titre de ministre, mais se nomme « berger des troupes de Suse » ou « berger de Susinak ». Mais il n'était pas indépendant; bien plus une tablette de Suse, scellée par son serviteur Adadrabi, fils de Rîm-Adad, est datée de « Tannée où Sumuabi.... » ; les noms propres de ce texte montrent en outre l'importance de l'élément sémitique. Sumuabu est, en elTet, le fondateur du royaume de Babylone ; mais la date ne peut qu'appartenir au royaume d'Isin, ou à celui de Larsa (?), et doit se rapporter à des combats contre les dynastes babyloniens. D'où il suit qu'Addapaksu a régné vers 2220 et a reconnu la suzeraineté de Sinéar. Nous retrouvons de nouveau chez les rois suivants, Temlihalki et Kuknasur, le titre « grand minisire, ministre d'Elam, seigneur de Simas et Suse, fils (c'est-à-dire descendant) de la fille de Silhaba ». Kuknasur appartient déjà à l'époque d'Ammi^aduga de Babylone (1977) dont il est devenu le vassal (§ 448). Mais entre temps les souverains élamiles sont intervenus encore souvent et avec succès dans les affaires de Sinéar (§ 440 et suiv.).

Inscriptions de Suse, Thureau-Dangin, SAKJ, p. 182 et suiv., de Dêr, p. 176. Date d'Addapaksu : Délég. en Perse, X {Textes élam. sém., IV), p. 18, dont l'explication de Scheil est combattue à tort par Ungnad, Unters. z. d. Urk. ans D'dbat [Beilr. z. Assyr., VI), p. 2 et suiv.; nous ne devons pas nous attarder à des considérations chronologiques vu les grandes lacunes de nos matériaux. La date citée § 416 note, montre aussi que TÉlam reconnaissait Tautorité des rois de Sinéar (Larsa?). — Temtihalki est aussi nommé dans l'inscription d'un roi beaucoup plus récent, Délrg. en Perse, II (Textes élam, sém,, I), p. 120, qui a réédifié sa construction, de même que Silhak-

Susinak (g 416 iiotej. — Date de Kuknasur : Ungnad, ibid.y p. 3.

ÉLAMITES ET AMORRITES. LE ROYAUME DE BABYLONE

— Il est dillicile de déduire de nos sources le rapport existant entre les dynastes de Suse et les autres souverains de TÉlam ; il est très possible qu'ils ont cherché appui et protection chez les souverains de Sinéar contre les tribus sauvages de la montagne. — Sur les sources de la liste des souverains, cf. § 416 note (continuation de la liste § 462).

Souverains de Suse.

Le plus ancien patési? {Dél. Perse^ VI, i, g 416 note).

Simbi?-ishuq.

Basasusinak.

Dynastie de Hutrantepli.

Idaddu, descendant de Hutrantepti = Idadususinak, lils de Bêbi ?

Danruhuralir, fils de Idaddu.

Kindadu, lils de Danruhuratir = Idadu II?

Patésis sous Dungiy § 414 note.

Dynastie d'Ebarti et de Silhaha.

Ebarti.

Silhaha, son lils.

Sirukduh, son descendant. Sime-balar-huppak, son descendant.

Temtiagun, tils de la fille do Sirukduh, vers 2280. KukkirniHs, fils de Lankuku, descendant de la fille de Silljatui. Addapaksu, descend, de la fille de Silhaha, vers 2220. Temlihalki, descend, de la fille de Silhaha. Kuknasur, fils de Dan-uli, descend, de la tille de Silhaha, vers 1977.

La Mésopotamie. Débuts des Assf/riens. Cappadoce,

433. Les vastes steppes de l'Euphrale et du Tigre, le pays Subartu (§ 395), étaient occupées par des populations apparentées à celles d'x\sie Mineure, Mitanni, Hittites. La civilisation et la langue akkadiennes s'y sont propagées, poussées sans

doute par des éléments sémiticjues qui ont })énétré ici aussi dans les colonies particulières et doivent avoir déjà acquis l'hégémonie. Nous n'avons que des données isolées sur plusieurs des petits Etats qui y vivaient, tantôt complètement indépendants, tantôt sujets des rois de Sinéar. La principauté de Hana sur TEuphrate, au-dessous du confluent avec le Ilabûr, était particulièrement importante; dans la capitale Tirqa la société et l'État s'étaient organisés comme dans les villes de Sinéar. Nous en avons la preuve dans divers actes commerciaux que celte cité nous a laissés. Les noms de rois appartiennent en partie à l'ancienne population, mais les noms des particuliers sont surtout des Sémites de l'Ouest, les dieux principaux le dieu-soleil, Samas, et Dagan qui se rencontie à Assur ainsi que dans la dynastie d'Isin.

llarran (Charrae)sur le cours supérieur du Balih est sans doute une très ancienne colonie de Sémites; nous ne possédons encore aucun document de cotte ville. Le dieu-lune, qui y a un grand sanctuaire et doit appartenir primitivement à la population de l'Asie Mineuie (§ 483). porte le nom de Sin comme en Sinéar.

Dans le teriitoire du Tigre on trouve sur 1' 'Adôm (Physkos) lîi principauté de Hursitu, état vassal sous Dungi (§ 414) ; plus tard un roi Puhia, fils d'Asiru, y construisit un palais, dont nous possédons des briques. 11 faut chercher sans doute plus au nord, près de Kerkûk, les principautés de Ganhar (roi Kisâri) et Malgû (roi Ibiq-Istar), dont subsistent quehjues monuments. Une tablette de cuivre du roi Arisen, du milieu du troisième millénaire, nous fait connaître sa principauté « de Urkis et Nawar »; c'est une dédicace à Neigal, qui doit avoir été trouvée à Samarra sur le Tigre. Le nom Ari-sen suit la formation caractéristique des noms mitanniens ; on trouve souvent des noms semblables en Babylonie depuis l'époque du royaume de Sumer et d'Akkad. De même quelques divinités de cette population septentrionale, comme la déesse Ishara, figurée sous les traits d'un scorpion (§ 427), sont adoptées de bonne heure dans le panthéon de Sinéar.

ELAMITES ET AMORRITES. LE ROYAUME DE BABYLONE

LA MÉSOPOTAMIE. DÉBUTS DES ASSYRIENS. CAPPADOCE — § 433 a 291

Royaume de Hana (le nom est identique à Hanigalbat, |^ 165) : sa capitale est Tirqa dans les documents et le roi assyrien Samsi-Adad f§ 464) y construisit un temple à Dagan : Condamin, Z/1, XXI, p. 247 et les remarques de Bezold, p. 251. La pierre provient de Tell 'Isâr, près de Salhiye, au sud du confluent du Habur. C'est un grand lell, d'après les communications de Herzfeld, dont TEuphrate emporte un des côtés, avec de nombreux restes qui remontent à Tépoque préhistorique et à Tépoque archaïque de Sinéar. On a trouvé d'autres tablettes de Hana dans cette contrée, ce qui confirme sa position (cf. aussi § 454, 464). On connaît jusqu'à maintenant : un contrat de Tirqa, de l'année où le roi Isarlim, fils de Ibi-Marduk, a construit la grande porte du palais de la ville Kasdah, avec un grand nombre de noms propres, Thureau-Dangin, Rev. d'Assyr., IV, p. 85 ; une vente d'un terrain à Tirqa, avec serment par les dieux Samas, Dagan, Idurmer et le roi Kastilias, de « Tannée où le roi Kastilias fixa le droit « (cf. § 421) : Thureau-Dangin, J. Asiut., 1909, lï, p. 149 etsuiv ; cf. Sayce, PSRA, XXXIV, p. 52. Mais comment ce nom cassite de roi apparait-il ici?— Une donation d'un terrain par le roi Ammibail, fils de Sunu'rammu, avec serment par les mêmes dieux et par le roi, de l'année de son avènement : Ungnad, C/rk. ans Dilbat (BA, VI), p. 26 et suiv. — Contrat de « l'année où le roi Hammurapih ouvrit le canal Habur-ibal-bugas » donc un canal du Habûr : Johns, XXIX, p. 177; Thureau-Dangin conteste Tidentité de ce roi avec le roi de Babylone. Pierre noire de Tukultimêr, roi de Hana, fils de Ilusaba, Pinches, Tmns. SBA, VIII, p. 352. — Ijursitu : inscription sémitique sur brique de Puhia, Scheil, Recueil de Trav., XVI, p. 189; XIX, p. 61; Vorderas. Schriftdenk. d. Rerl'm. Mus., I, 115; Thureau-Dangin, SAhl, p. 172. — Ganhar : § 414 note. — Inscription de Malgil, Vorderas. Schrlfidcnk., I, 32; là aussi des tablettes de Kerkûk. — Inscription d'Arisen : Thureau-Dangin, Rev. d'Assyr., IX, p. 1 etsuiv. Là aussi des noms Mitanni dans les tablettes de Dréhem ; de même de la première dynastie : Ungnad, Urk. aus Dilbat (BA., VI, 5), p. 8 et suiv. ; cf. § 454 note. — Ishara est souvent citée en Babylonie ; sur les kudurrus son symbole est le scorpion (§ 427). Il est surprenant qu'elle se trouve aussi parmi les dieux mentionnés dans l'inscription élamile de Narâm-Sin à Suse (§ 402 note) sous la forme Ashara. Mais elle est une déesse hittite à l'origine : traité avec Ramsès II, ligne 30 (W. M. MùUer, dans Miiih. d Vorderas. Gesell.y

1902, 5, p. 19. 39; cf. § 481) : son nom est écrit 's-hr. ; Sayce l'a reconnu le premier; de plus sur le cylindre de Indilimma, « serviteur de Ishara », Sayce, Recueil de Trav., XV, p. 28; Messerschmidt, Corpus imcr. hetit . [Mitth. Vorderas. Ges., 1900), pi. 45, 8, et dans les textes de Boghaz-Keui (Winckler, OLZ, 1906).

433 a. Le royaume assyrien, qui a plus tard de beaucoup dépassé tous ces petits Etats, a la môme origine. II est sorti de la ville d'Assur, fondée sur une hauteur surgissant au milieu du de'sert sur la rive occidentale de la rivière ; la colline est abrupte au Nord et fait face au pays situé entre les deux Zab. Assur fut à Torigine habitée par une population de l'Asie Mineure. Car les deux noms de souverains qui nous sont donnés comme les plus anciens appartiennent à cette population : Auspia (Uspia), le premier constructeur du temple d'Assur, et Kikia, le premier constructeur des murs de la ville. Ces noms confirment l'observation anthropologique, que le type physique des Assyriens atteste un mélange d'éléments asianiqucs — arméniens et sémitiques. Si plus tard Assurahiddin nomme comme fondateur du royaume et son ancêtre le plus ancien Ellilbâni, fils d'Adasi, la tradition paraît avoir conservé en lui le nom du plus ancien souverain sémitique d'Assur. Mais ce changement s*est accompli sans brusque rupture, ici comme ailleurs, car les rois sémites ont respecté le souvenir de leurs prédécesseurs étrangers à leur race. Les • Sémites, de même que plus tard les Araméens et les Arabes à l'époque hellénistique et romaine, s'établissent dans les localités comme marchands et agriculteurs ou y arrivent comme mercenaires. Leurs chefs doivent être souvent montés sur le trône par mariage ou par héritage, comme les** rois aux noms sémitiques dans les dynasties d'Ur et d'Isin, et auparavant les rois sémitiques de Kis.

Au reste, les débuts des Assyriens se perdent encore dans la plus grande obscurité, malgré les riches résultats des fouilles systématiques allemandes d'Assur. Le nom de la ville est iden-

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^LAMITES ET AMORKITES. LE ROYAUME DE RABYLONE

tique à celui du peuf)le et du dieu. A répo([uo archaïque le nom du dieu est écrit Asir (Asir); Assur paraît être une altération de la prononciation. Son nom, comme celui du peuple, ne paraît pas avoir une origine sémitique; cependant il peut être en relation avec le nom du pays Aser en Palestine (d'où est sortie plus tard une trihu sémitique) et avec le pieu sacré Asera (Asrat) et la divinité des Amorrites qui s'y incorpore. Les SéFnites, qui ont si complètement supplanté l'ancienne population à Assur qu'on ne trouve plus trace dans la suite ni de sa langue ni de ses noms, doivent être étroitement apparentés avec les tribus de Palestine et de Syrie et avec les autres tribus sémitiques de Mésopotamie (cf. § 395). A coté d' Assur et d'une grande déesse désignée sous le nom d'Istar, ces populations honorent surtout le couple divin étroitement uni Anu et Adad (lladad) ; ce dernier est le dieu amorrite de l'orage et Anu est le seigneur sémitique du ciel (s; 348), qui a conservé ici comme en Akkad le nom du dieu sumérien du ciel. Dagan aussi est un dieu assyrien. Elles adoptèrent le dieu sumérien EUil qui est souvent désigné simplement comme Hêl « le seigneur ». Avec la civilisation de Sinéar, le panthéon s'imposa à la religion olficielle. Comme pour les dieux babyloniens, on construit à Assur, dans le sanctuaire d'Ellil, une pyramide de briques en forme de lour, qui porte le nom sumérien d'Eharsagkurkurra « maison de la montagne des pays ». Le plan du plus ancien lemple concorde lout à fait avec le plan babylonien et oiïre également une large cella, non une salle longue comme les temples assyriens postérieurs. Il est plus significatif encore qu'à Assur on ne construisit que des bâtiments de briques, jusqu'au commencement du premier millénaire, bien qu'il fût plus facile de s'y procurer des pierres qu'en Sinéar.

V. Liischan a montré depuis longtemps tjue le type des Assyriens dans leurs sculptures n'est pas purement sémitique, mais présente comme le type juif, en particulier dans le nez, une influence asia-

nique-arménienne; cette opinion est confirmée par Ungnad, qui a prouvé que les plus anciens noms de rois sont des noms « Mitanni » {Unim. z. d. Urk. aus D'dbat (/M, Vl, 5), p. 13. - EUilbâni, fils d'Adasi : Smith, Aeg. Zeits., 1869, p. 93; cf. Bezold, Bnh.-ass. LUer., p. 107 n. ; Stèle d'Assurahiddin de /endjirli, rev. l. 18. — Différence entre les temples assyriens et babyloniens, Andrae, Der Anu-Adad- Temprl in Assur, p. 83 et suiv., MDOG. 43, 43 ; 44, 42 sur le plus ancien temple d'Assur.

434. Les plus anciens souverains d'Assur, et peut-être déjà leurs prédécesseurs, ont sans doute été des vassaux des rois de Sumer et d'Akkad, bien qu'ils ne soient pas encore mentionnés à cette époque. Plusieurs siècles après, ils portent encore le titre de patési (assyr. issakku). On trouve aussi, souvent sans aucune règle, le titre royal. Le titre de patési Asir, bien qu'il puisse exprimer tout d'abord la dépendance du roi de Sinéar, a été considéré par les souverains mômes surtout comme un titre religieux, de même qu'à Lagas et ailleurs (SS 380, 388), signifiant « représentant d'Assur ». C'est pourquoi le nom Assur est presque toujours écrit dans cette expression avec le déterminatif divin. Les souverains se nomment encore très fréquemment,

ou exclusivement « piètre (sangû) d'Assur ». Sulmanuasaridu I entreprend sa première expédition « au commencement de son sacerdoce » et les grands rois postérieurs portent avec prédilection le titre de prêtre. La principauté d'Assur a donc sans doute pour point de départ, comme les anciennes principautés locales de Sinéar (§ 380), le sacerdoce du dieu siégeant dans cette place. Ainsi s'expliquerait que l'année n'est pas désignée d'après les événements extérieurs ou les années de règne, mais d'après les fonctionnaires qui changent annuellement, usage qui se trouve sporadiquement >ussi dans Sinéar (§§ 377, 385). Cela montre une organisation dans laquelle les magistrats élus siégeaient à côté des prêtres héréditaires, comme à Sparte les éphores^à coté des rois-prêtres. Peu à peu ceux-ci l'emportèrent, notamment parce qu'ils avaient la direction de la guerre. Dans les combats avec les ennemis, les

ÉLAMITES ET AMORRITES. LE ROYAUME DE BABYLONE

hommes capables de porter les armes se groupaient autour de la bannière du dieu, qui dans les inscriptions est toujours en première ligne le dieu de la guerre.

Nous ne savons pas si les Assyriens ont étendu leur puissance à l'est du Tigre déjà au troisième millénaire; c'est Jà que se trouvait Assur, en face de la ville sémitique « aux 4 dieux » Arbèles, au pied de la montagne; beaucoup plus au nord, au-delà du grand Zâb, la ville Ninua, qui ne porte pas un nom sémitique, appelée faussement par nous Ninive d'après la vocalisation massorétique. Ces deux cités étaient le siège de puissantes déesses, Istar d'Arbèles et Istar de Ninua.

Le plus ancien souverain d'Assur que nous connaissions, abstraction faite des rois primitifs, est llusuma : suivant une notice de chronique il se battit avec Suabu, c'est-à-dire Sumuabu le fondateur du royaume amorrite de Babylone (S 437), donc il doit avoir régné vers 2225 (cf. ^ 463).

Sur les éponymes, cf. § 324 et sur l'hypothèse de Brockelmann, ZA, XVI, § 323 note. Plus lard Téponymat (limmu) devint une fonction honorifique comme le consulat dans Tempire romain, que le roi et ses plus hauts fonctionnaires revêtirent suivant un ordre réglé par la coutume; mais l'autorité particulière des plus hauts fonctionnaires de la ville est attestée par les étonnantes stèles trouvées à Assur (§ 356 note).

435. L'histoire des débuts de l'Assyrie soulève des questions complexes. Bien loin d'Assur, dans la Cappadoce postérieure, surtout dans la colline Kultepe à l'est de Kaisariye (Mazara) au sud du Halys, on a mis au jour de nombreuses tablettes cunéiformes concernant la vie économique. L'écriture et la langue sont de l'ancienne époque babylonienne, avec des particularités locales, qui reparaissent aussi dans les empreintes de sceaux qu'elles portent. Mais les personnes ont surtout des noms assyriens, composés avec Asir ou Asur en particulier (on trouve les deux formes de ce nom) ; d'autres noms doivent appartenir à la population asianique. Ces documents sont datés

d*après un calendrier inconnu, mais aussi d'après les éponymes. Donc ils remontent à une époque ou l'Etat assyrien existait déjà avec ses particularités ; il est clair aussi qu'il ne peut s'agir ici d'une ville vassale de l'Assyrie, mais uniquement d'un territoire lui appartenant directement. Gela concorde avec la coutume des plus anciens géographes grecs, jusqu'à l'époque perse, qui appellent Assyrie la côte sur les deux rives du Halys, de Sinope à l'embouchure de l'Iris environ. Par suite, ils qualifient de Syriens, abréviation pour Assyriens, les habitants de la Cappadoce postérieure, ou encore « Syriens blancs », Leukosyriens, pour les distinguer des Syriens au sud du Taurus. Plus tard, pour autant que nous puissions le savoir, ce n'est que sous Tiglathpiléser (Tukulti-apal-esara) I, vers 1120, que les Assyriens ont encore pénétré jusqu'à la mer Noire, qu'ils n'ont plus jamais atteinte à l'apogée de leur puissance. Donc la colonisation assyrienne de ces contrées doit être très ancienne et fut intensive, puisque le nom s'est maintenu encore si longtemps sous la domination étrangère.

Comme les Assyriens n'ont certainement pas exercé leur domination en Asie Mineure pendant les siècles antérieurs à Tiglathpiléser (Tukulti-apal-esara) I, et que dès le commencement du xv' siècle ces pays formaient le grand royaume hittite, avec Boghaz-Keui pour centre au nord du Halys, l'auteur a placé, dans la précédente édition, sous Samsi-Adad HI, vers 1600 (§ 464), la domination assyrienne et la colonisation de la Cappadoce. Le caractère de l'écriture, la langue et la formation des noms des documents trouvés, étroitement^apparentés à ceux de la première dynastie de Babylone, lui défendaient de descendre plus bas ; le xvu^ et tout au plus le xvi' siècle paraissaient déjà le point le plus éloigné possible. Maintenant que la première dynastie doit être placée un siècle et demi plus tard, cette date n'est plus guère possible déjà en elle-même. Mais depuis on a trouvé une tablette sur laquelle est empreint, à côté d'autres sceaux, celui d'un scribe du roi d'Ur Ibi-Sin. Donc cette tablette a été écrite entre les années 2377-2353. Des argu-

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ELAMITES ET AMORRITES. LE ROYAUME DE BABYLONE

ments extérieurs ne s'opposent pas à cette opinion; au con traire, un pareil arrangement est très possible, soit (ra[)rès récriture et le contenu, soit aussi d'après les empreintes de sceaux. Mais on est encore plus embarrassé d'expliquer ce fait historiquement. La puissance des rois de Sumer et d'Akkad s'est-elle réellement étendue jusque dans l'Asie Mineure orientale? Et devons-nous admettre qu'alors un grand Etat vassal assyrien s'étendait d'Assur sur le Tigre par dessus le Taurus jusqu'au Halys? Ou bien les Assyriens se trouvaient-ils piimitivement, et peut-être encore à l'époque de la dynastie d'Ur, non pas dans les territoires que nous leui* connaissons postérieurement, mais là au nord en tant que tribu sémitique s'étant avancée parmi une population étrangère? Plusieurs faits s'opposent à (;ette manière de voir; tout d'abord que la ville postérieure Assur existait certainement d«'jà à l'époque de Ijammurabi (§ 448), mais surtout aussi qu'on ne peut méconnaître un fort élément de population non sémiti(jue dans les tablettes cappadociennes. Il doit s'agir ici sans doute d'une colonie assyrienne dont la colline Kùltepe couvre la capitale. On admettra que déjà au III® millénaire, comme le cas s'est présenté fréquemment plus tard, les Assyriens, sans doute en relation avec les rois de Sinéar et sur leur ordre ou soutenus par eux, ont pénétré en remontant le Tigre dans le pays montagneux et plus loin encore au delà de l'Euphrate et de la Melitène dans le pays qu'arrose le Halys. Devons-nous admettre alors que l'avance hittite contre la Babylonie à la lin de la première dynastie (1926, cf. § 454), que doivent avoir précédé de grands mouvements plus au Nord, a mis également tin à la suprématie assyrienne en Asie Mineure? De quelque côté que nous nous tournions, nous nous trouvons en présence d'énigmes insolubles. La seule chose qui paraisse aujourd'hui tout à fait assurée est que les tablettes icappadociennes, et avec elles l'expansion des Assyriens dans l'Asie Mineure orientale, appartiennent à la deuxième moitié du troisième millénaire, bien avant que nous ayons la moindre connaissance d'Assur ou même de Ninive,

Il faut, en outre, ajouter que, dans la suite, les Assyriens tentèrent toujours de reconquérir la partie orientale de l'Asie Mineure; les expéditions de leurs rois sont dirigées avec une préférence bien marquée du côté de la montagne, sur le cours supérieur du Tigre et plus vers la Melitène dans la Cappadoce orientale. Il iaut voir là peut-être un souvenir des relations pacifiques ou guerrières de leurs ancêtres avec ces régions.

Tablettes cunéiformes cappadociennes : après les premières publications de Pinches, PS/^A, IV, et de Sayce, ibidem, VI, Golenischefî, Tablettes cappad., 1891, a fourni des matériaux silrs en publiant 24 tablettes de la manière la plus soigneuse. Delitzsch, Beitr. z. Entzifferung. d. Knppad. h'eUscJirifttafeln, Ab/i. sâchs. Ges., XIV, i894, put ainsi fonder l'élude scientifique de ces textes. Voir de plus Jensen, ZA, IX, p. 02 et suiv. ; traductions particulières de Peiser, KB, IV, p. 50 et suiv. Puis Ranke, BabijL Personal Names^ p. 39 et suiv., d'après qui Hilprecht a acquis environ 100 autres tablettes, cf. Hilprecht, Assyrinka, p. 124, 1. Sur leur provenance : Chantre, Mission en Cappadoce, 1898, Winckler, Die 1906 in Kleinasien ausgefïihrten Ausgr. [OLZ, IX, tir. à part), p. 5, 27. — De nouveaux matériaux : Pinches, The Capp. Tablets of Liverpool, Annals of Archaeol. and Anihv. Linerpool, I, p. 49 et suiv. avec pi. 17 et suiv.; Thureau-Dan^^in dans Flovilegium de Vogué, p. 591 et suiv. et Bev. Assyr., VIII, p. 135 et suiv., où est publié p. 144 le sceau d'Ibi-Sin. Les empreintes de sceaux publiées, et surtout dans Pinches, loc. cit.^ pi. 17 et 18, peuvent en partie remonter peut-être jusqu'à l'époque de la dynastie d'Ur, bien qu'ils contiennent certainement des éléments étrangers, c'est-à-dire asianiques, apparentés aux hittites postérieurs, à côté d'éléments babyloniens. Le cylindre pl. 17, 8 et suiv. avec la figure d'un char attelé de 4 chevaux (cf. § 455) à côté de chèvres (?), etc., est par contre certainement plus récent (au plus environ 2000) ; comparer des sceaux tout à fait semblables, Ward, The seal cylinders of West. Asia, p. 310, 311, 312. — 'AcTcr-jp-a comme nom de la côte de Thermodon à Sinope dans Scylax ; de même Apoll. Rhod., Il, 946, 964 avec les scolies; Dion, perieg. 772 (cf. Arrien, fr. 48, 49). ^^pir,, Sjpict, comme seul nom connu des Grecs pour la Cappadoce : Hérod., I, 72 ; V, 49, 72. A côté

ÉLAMITES ET AMORRITES. LE ROYAUME DE BABYLONE

A£uxôcxjp'.o'. également pour le territoire côtier : Hécatée dans Sleph. Byz., Tsip'.a Xaosj-a; Scymn. DIT d'après Ephoros ; Strabon, XÏI, 3, 6. 9. 23; XVI, 1. 2; Pline, VI, 9. Cf. \oeldeke, 'A^cr^pio;, Sjoio,-, s-jpo;, dans Hermrs, V.

Vinvasion amorrite et les débuts du royaume de Babylone,

436. Au delà du pays des fleuves, dans le steppe et le désert de Syrie et dans le pays cultivé sur les tlancs du Liban, se trouvent les Amorrites; depuis l'époque de Sarrukîn ils sont en étroite relation avec la civilisation babylonienne. Pendant des siècles ils avaient été soumis ou intimement unis au royaume de Sinéar; ils étaient venus en nombre toujours plus grand s'établir en Mésopotamie comme mercenaires, marchands, colons, qui se fixaient sur le terrain acquis par eux ou qui leur était assigné, et se transformaient en agriculteurs. Les combats, les razzias et les invasions auront été fréquents ; il est très possible que les Amorrites aient contribué autant que les Elamites (§ 415) à la chute du royaume d'Ur. Au reste, ces débuts ne peuvent être établis dans le détail, car nos matériaux sont tout à fait insuffisants : nous ne savons absolument rien surtout du degré d'extension des Amorrites dans la Syrie moyenne (et septentrionale?) et de la force de l'État qu'ils ont pu y fonder. Mais, malgré cette insuffisance des sources, nous pourrons comprendre l'invasion amorrite, si nous la comparons à l'avance des Arabes depuis l'époque perse, en Syrie, en Mésopotamie et en Babylonie, à leur établissement au milieu d'une population sédentaire, et à la naissance d'Etats organisés comme à Emèse, en iNabatène et à Palmyre. Il est fort possible que des troupes isolées d'Amorrites aient pénétré en Assyrie et se soient mélangées avec la population du pays qui leur était apparentée. Il est certain que, depuis la chute du royaume d'Ur, l'élément amorrite croît fortement en Sinéar.

■ l'invasion AMORRITE ET LES DÉBUTS DU ROYAUME — § 436* 299

Les rois de la dynastie d'Isin (depuis 23o2) portent en partie des noms nettement amorrites. Environ 120 ans après la fondation de ce royaume, peu après que le royaume de Larsa au Sud se fut séparé d'eux (§ 417), des troupes d'Amorrites se sont emparées du pouvoir dans le Nord-Ouest, dans le pays d'Akkad, la patrie de Sarrukîn. En 2225, le chef amorrite Sumu-abu y fonda le royaume de Babylone.

Winckler a le premier nettement reconnu que les noms des rois de la première dynastie babylonienne, et les nombreux particuliers que citent les documents de cette époque, ne sont pas babyloniens (akkadiens) mais des Sémites de l'Ouest. Au reste cela est prouvé par les ouvrages fondamentaux de H. Ranke, Die Personennamen in d. Urkunden d. Hammurapidynastie , 1902, et Enrhj Babyl. personal Names, 1905 [Bab. Exp., ser. D, III), où il montre, p. 33, qif ils s'appelaient eux-mêmes Amorrites, mdrc Àmurum (écrit A-mur-ru-um, sur un document de Tépoque de Sabu) ; ce résultat se confirme de plus en plus. Hammurabi conserve encore exclusivement le titre de « roi des Amorrites (Amuru) » sur la tablette de calcaire ornée de son image, dédiée par Itur-asdum, King, Letters of Hmiimurabi, III, p. 195. — Il faut ajouter, pour compléter ces données, les autres publications de documents de cette époque, surtout Ranke, Bab. légal and business Doc. from tlie first dynasiy^ chiefly from Sippar, Bab. Exp., VI, 1, et VI, 2 (from Nippur), de Poebel; pour l'époque plus ancienne : Meissner, Beitr. z. altbab. Privatrecht (§ 421), puis Daiches, Altbab. liechtsurk. [Ber. Wien. AA'., 1906), Ungnad, Urk. aus Dilbat {BAy VI, 5j, 1909. — Un « lieu Amorrite (A-mu-ur-ri-i) près de Sippar sous Ammisaduqa : Meissner, n° 42 (§ 396, note). L'auteur remarque encore qu'on a établi la fragilité de Topinion de Delitzsch, fort discutée il y a quelques années, qui prétendait retrouver le nom divin, Yahu, Yahwé dans quelques-uns de ces noms propres (il serait déjà très surprenant en soi que les Amorrites eussent aussi connu ce dieu). Dans le nom propre labwi-ilu, ou labpi-ilu, Jawi-ilu, Jawium est la première partie d'une forme verbale, et le dieu Jaum est très incertain; cf. Daiches et Bezold, ZA, XVI, p. 403, 415; XVII, p. 271; Ranke, Pers. Names., p. 25, 200 et 234.

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ÉLAMITES ET AMORRITES. LE ROYAUME DE BABYLONE

437. Les documents historiques de cetle époque sont très rares, mais nous possédons par conire de nombieux documents piivés, datés, et surtout la liste de noms d'années. On ne peut guère trouver dans celle liste que les événements les plus importants de l'époque, car beaucoup de faits sont par leur nature même tout à fait impropres à désigner une année. Cependant il est possible d'en tirer quebjues renseignements historiques et de saisir les développements successifs du royaume. Le fondateur de la dynastie, Sumuabu (222."- 2212), n'a eu, semble-t-il, qu'une faible autorité, car on n'a trouvé jusqu'à pi'ésent que très peu de documents contemporains. Les premières années de son règne sont surtout désignées d'après des constructions de temples pour Sin, le dieu d'Ur ; il fut donc un vassal des rois de Sumcr et d'Akkad {vï. la date § 432 a). D'autres dates hîmoignent que sa domination s'étendait sur les lieux voisins de Habylone : il fait construire une couronne divine pour la ville de Kis et élève les murs de Dilbat (2217) (aujourd'hui I)«Mam au sud de Ikihylone, au sud-est de Horsippa; le dieu local est liras). Dans le territoire au nord de Habylone, le long de l'Kuphrate, le noyau d'Akkad, sa puissance était par contre contestée. Dans un document de Sippar on prête sans doute serment par son nom; mais nous rencontrons aussi les noms de plusieurs dynasies qui sont tantôt en paix tantôt en guerre avec les souverains de fkbylone; et cette situation politique indécise est sûrement générale. La fondation de Babylone n'a dû être probablement qu'un épisode de l'invasion amorrite, qui a dû donner naissance encore à d'aulres Etats semblables. Kis aussi paraît pour un temps comme Etat indépendant : un roi Asduni-erim de Kis raconte comment il combattit pendant 8 ans « contre les 4 régions du monde » et que sa puissance militaire fut réduite à 300 hommes, jusqu'à ce qu'à l'aide de ses dieux Zamama et Istar il vainciuit ses adversaires et put enfin relever les grands murs de Kis. Nous connaissons un grand nombre de dynastes de Kis de cette époque ; suivant les cas, ils datent leurs documents soit d'après leurs

l'invasion AMORRrrE ET LES DÉBUTS DU ROYAUME — § 437

propres noms d'années, soit d'après celles des rois de Habylone. Kasallu surtout parait èlre très importante ;cf. § 440); elle avait été vaincue autrefois par Sarrukîn (§ 398) et fut le siège d'un palési sous les rois d'Ur. Dans sa treizième année (2213), Sumuabu ravage cette ville ; les documents de Kis sont datés de façon significative par cet événement; le souveraki d'alors, Manana, reconnait la suzeraineté de Sumuabu. Bientôt après cependant Kasallu apparaît de nouveau comme adversaire de Habylone. Plusieurs des dynastes de Mésopotamie mentionnés plus haut (§ 432) doivent appartenir à cette époque et sont intervenus dans les affaires de Sinéar ; nous avons déjà mentionné (§ 434) qu'Ilusuma d'Assur partit en campagne contre Sumuabu.

Tous les matériaux connus jusqu'alors, pouvant servir à l'Iiis toire de la première dynastie, ont été réunis par L. W. King, Leiters and Inscriptions of Hnmmuvahi, 3 vol. 1910. Depuis, indépendamment du Code et des nombreux documents privés (|^ 430, note), King a publié de plus amples matériaux, Chronicles concerning earh/ Bah. Kinrjs, it vol. 1907. — Listes de dates, qui difï'èrent beaucoup des listes royales postérieures ig 327) : Lindl, Hcitr. z. Assyr., IV; King, IJammnraùi, III, p. 21ii5 et suiv.; Chronicles, II, p. 07 et suiv.; Poebel, Bah. hJrp., VI, 2, p. 50 et suiv.; Ungnad, inc Chronol. d. Regiening Ammiditanas a. Aininisadu((as, B.\, VI. Les noms des années 4-8 de Sumuabu, qui parlent du temple de Sin, paraissent être empruntées non au royaume de Babylone, mais y celui de Sumer et d'Akkad. Mais même si Sumuabu avait construit un grand sanctuaire du dieu d'Ur à Babylone, tout à fait au commencement de son règne, cela prouverait qu'il était dans la dépendance de ce royaume. La dénomination des années d'après les événements locaux se trouve aussi dans les documenls de Sippar, dont les dynastes reconnaissent la suzeraineté des rois de Babylone : Daiches, Rechisurk., p. 20 et suiv.; King, Hamniurahi, III, p. 220, note 10. — Les matériaux pour Sumuabu dans Ranke, Bah. h^xp., VI, 1, p. 7, 2. Dans la notice de la chronique, King, Chron., Il, 14, sur l'attaque d'ilusuma, le nom est contracté en Suabu. Documents de Sippar à Berlin, Peiser, A7y, IV, p. 10; sur sa troisième année, Dhorme, OLZ, XI, 34. —

ELAMITES ET AMORRITES. LE ROYAUME DE BABYLONE

l'invasion AMORRITE ET LES DÉBUTS DU ROYAUME — § 438

Dynastes contemporains, les prétendus usurpateurs, sur les documents de Sippar : Immerum, Daiches, Rechtsurk., p. 20 et suiv.; Thureau-Dangin, SA Kl, p. 230 note b. Ce dernier auteur {ibidem^ p. 208 c) et Hilprecht [Rab. Exp., XXI, p. 56 a) Tidentifient avec Nôr-Adad de Larsa, ce qui est inexact (cf. Ranke, OLZ, X, p. 208 et suiv.). — Anman-ila (= Tlumaila?), Ranke, Bab. Exp., VI, 1, p. 8, (fu'il identifie faussement avec le fondateur de la deuxième dvnastie (§ 462); Daiches, Rechtsiirk., p. 31 et suiv. — Buntahtun-ila, qui porte le titre de roi, King, Hammur., III, p. 220, note 16; Ranke, Pers. Names, p. 43 et IX suiv.; Bob. Exp., VI, 1, p. 9. Ces trois dynastes sont contemporains de Suuiulailu. — Puis Manabaltel (ou Manamaltel), Pinches, PSBA, XXI, p. 159 et Rîm-Anum, § 440, ainsi que lahzar-ilu de Kasallu, § 438. — Réunion des dates de ces rois, aussi dans Hilprecht, fïab. Exp. y XX, 1, p. 55, 4. — Asdunierim de Kis : Thureau-Dangin, Rev. c^'^awî/?-., VIII, p. 65 et suiv. Il est sans doute encore antérieur à Sumuabu. On trouve dans la même étude d'autres rois, Manana, Sumuditana, lawium, Ilalium, contemporains de Sumuabu et de Sumulailu, ainsi que dans Johns, PSBA, XXXII, p. 279 ; XXXIII, p. 98 et suiv., 128 et suiv. ; Langdon, PSBA, XXXIII, p. 185 et suiv., 232 et suiv.

438. C'est Poeuvre de Sumulailu. successeur de Sumuabu, d'avoir donné la suprématie au royaume de Babylone et à son dieu Marduk parmi les Elats amorrites qui s'étaient formés dans le pays d'Akkad. Il paraît avoir été d'une activité inlassable pendant son règne de 36 ans (2211-2176). Tout à fait au début, il construisit un canal, puis la grande muraille de Habylone et un temple du dieu du ciel Anu; puis plus tard un deuxième canal qui porte le nom du roi, l'érection du trône de Marduk orné d'or et d'argent, l'image de son épouse Sarpanit ainsi que d'Istar et de Nanaia. Des combats à l'extérieur sont signalés à côté de ces travaux paisibles : dans sa treizième année (2199), Kis est détruit. Le souverain de cette cité, lawium, datait encore ses documents en 2206 d'après Sumulailu, mais il fut déchu de nouveau. Le principal adversaire de Sumulailu fut latizarili de Kaçallu, qui lui opposa une

résistance heureuse pendant de longues années et fut reconnu môme à Sippar pendant quelque temps. Mais Pan 20 de Sumulailu (2192), un après la destruction d*une forteresse appartenant encore à Kis, « la muraille de Kaçallu fut abattue et ses habitants passés au fil de Pépée ». Cinq ans plus tard (2187), (( lahzarili lui-môme fut frappé du glaive ». Ainsi la domination du royaume de Babylone s'étendit sur le Nord de Sinéar. Le prince Immeru de Sippar (§ 437 note) reconnut la suzeraineté de Sumulailu. Dans un document de cette ville, on invoque dans le serment le seigneur divin et terrestre de Sippar, Samas et Immeru, à côté de Marduk et de Sumulailu, les représentants de Babylone ; on trouve les mêmes noms dans l'année d'avènement de Huntahtun-ila, probablement le successeur d'Immeru. Dans d'autres documents de Sippar, Sumulailu, à côté de Samas et parfois aussi de Marduk, est seul nommé ; il a donc bientôt mis fin à la puissance des dynastes indigènes. Dans la vingt-neuvième année (2183), il construisit les murs de Sippar; les deux années suivantes sont aussi nommées d'après des constructions de forteresses. Son descendant Samsuiluna mentionne six grands ouvrages fortifiés, élevés pour protéger son royaume, dont un siècle plus tard il releva les murs de briques qui tombaient en ruines. De môme que la vingt-cinquième année se nomme d'après la défaite de lahzarili, la troisième mentionne celle de Halambû, la trentedeuzième et la trente-quatrième celle de deux autres adversaires ; mais nous ne savons pas s'il s'agit de rebelles ou d'ennemis extérieurs. 11 semble avoir entrepris aussi une codification du droit (§ 450). Toutes ces dates montrent que Sumulailu a été le fondateur véritable du royaume de Babylone ; c'est pourquoi Hammurabi, Samsuiluna et Ammiditana le nomment dans leurs inscriptions comme l'ancêtre de la dynastie.

Dans un nouveau document du musée de Berlin, on prête serment

par Samas et lahzarili (il faut lire partout ainsi d'après Ungnad) ; la tablette provient de Sippar, donc ce dynaste doit y avoir régné

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