PARIS • LIBRAIRIE PAUL GEUTHNEU
13, RUE JACOB, Vl°
DÉDIÉ A ADOLF ERMAN
en témoignage d'une vieille amitié.
PRÉFACE
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h-x première partie de mon Histoire de r Antiquité, dont j'ai donné une nouvelle édition remaniée, au commencement de l'année 1909, retrace le développement de tous les peuples connus dans l'histoire et des civilisations propres au crroupe des peuples méditerranéens, jusqu'au seizième siècle avant Jésus-Christ. A partir de cette époque, les rapports entre les pays divers s'accroissent et se multiplient tellement qu'une étude d'ensemble s'impose au lieu de l'étude séparée de ces peuples distincts, qui jusqu'ici avaient suivi leur développement particulier, non sans exercer toutefois Tun sur l'autre une influence réciproque. Cette façon d'ordonner notre sujet oiïre un premier avantage : les nombreux problèmes qui se rattachent aux origines historiques de chaque peuple, en particulier lesquestions connexes, relatives à l'ethnographie et à la civilisation, sont abordés dans le prés(Mit volume et n'encombreront plus la suite de cette Histoire. Cette division du sujet nous permet encore d'embrasser ces civilisations diverses sous un point de vue d'ensemble : à savoir, comment se sont accomplis les progrès de l'humanité et comment s'est développée la vie historique, question sur laquelle je reviens au dernier chapitre, pour
PRÉFACE
PREFACE
resserrer le lien entre cette partie et la précédeute, où j'ai examiné en théorie les orancles queslions générales.
Dans la préface du premier volume, j'ai déjà montré quelles nombreuses recherches de délai! exigeait ma tûche. Sans les nombreux matériaux que m'ont livrés les bibliothèques et les collections précieuses des musées royaux 'de Berlin), je n'aurais pu mènera biencet ouvrage. Pour l'aide qui m'a été prùlée dans la seconde édition, pour les multiples suggestions que j'ai remues dans la correction des deux premiers volumes, je dois df s remerciements spéciaux à MM. 11. Ranke, a. Uxgnad, et surtout à L. MiissKRscuMiDT, si prématurément eidevé, en 1911, à une carrière pleine de promesses et à une activité scientifique en progrès continu. Dans les chapitres (jui concernent la civilisalion égéo-crétoise, j'ai élé aidé de la même manière par MM. F. NoACK et R. Zahn; dans ceux qui traitent des Indotrermains et des Aryens par juon cher collègue \\. Schulze. Avec G. Stkindobff, j'ai discuté en détail les problèmes de la transcription des noms égyptiens et, en outre, je lui dois beaucoup "de remar(iues précieuses dont j'ai tiré parti dans le premier livre. Mais, cette fois encore, je dois une gratitude particulière à IkiMUcii Scii.Ki i:r avec qui j'ai examiné, sous toutes leurs faces, les problèmes généraux qui sont abordés dans les deux premiers livres; il a mis constamment à mon service son érudition abondante et siire, qui s'étend à tous les domaines de ranti(|uité orientale.
Ce (jui précède est emprunté à la préface de ma seconde édition (4 novembre 1908).
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Sur ces entrefaites, l'édition a été épuisée, malgré un fort tirage, plus tôt qu'on n'avait prévu. Ces dernières années
ne m'ont pas permis d'achever, comme je l'avais espéré, la refonte de mon ouvrage: j'ai été appelé en Amérique pendant l'hiver 1909-1910, à titre de professeur d'échange; puis, à mon retour, mes fonctions de doyen ont absorbé mon activité à tel point qu'il m'a fallu, après ce surmenage, prendre un temps de repos. Ce n'est que l'automne dernier que j'ai pu me remettre à ma besogne. J'ai commencé par remanier à nouveau le présent volume, et, désormais, je l'espère, rien ne m'empêchera de poursuivre la tache entreprise.
Dans cette nouvelle édition, j'ai essayé de rassembler et d'utiliser tous les documents nouveaux qui entre temps étaient venus au jour, et, pour le reste, de soumettre à un nouvel examen, de vérifier encore une fois toutes les questions importantes. Force m'a donc été d'introduire de nombreux changements et des développements nouveaux; aussi le premier livre (sur l'Egypte contient-il 24 pages, le second livre (sur Babvlone et les Sémites) 51, et le troisième livre (peuples de l'Orient et du Nordi IG pages, de plus que dans l'édition précédente. Néanmoins, il a été possible de conserver sur tous les sujets importants la division ancienne des chapitres et l'ordre des paragraphes, en déplaçant légèrement les phrases du texte ou en intercalant des paragraphes additionnels (1).
En Egypte, les documents d'une réelle nouveauté n'ont pas surgi en très grand nombre dans les quatre dernières années; excepti-on faite pour la Nubie et ses anciennes nécropoles que nous connaissons aujourd'hui plus exactement (§ 165 a), il n'y a guère à mentionner que les décrets de Koptos pour avoir augmenté notablement notre savoir
(1) Je fais remarquer que les §§ 287 a et 42G a existaient déjà dans la précédente édition.
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PREFACE
§ 268 n); à ce propos, j'expi-ime mon vif regret de n'avoir pu utiliser à temps les mémoires de CIardiner PSBA, 34, 25857/, ^^^ A. MoiŒT [Journ. fM7V///Vywt^, juillet-août 1912) et de Setiie {Gôtt. Gel. Anz., 11)12, 705sry. , ([ui, à plusieurs reprises, confirment mes propres idées. En revanche, les ilocuments nouveaux sont très nombreux pour la Babylonio; je citerai surtout la liste nouvelle des rois, dressée par ScHEiL {^ 329 n et toutes les découvertes que publient non seulement Scueil, mais aussi, avec un zèle infatigable, TiiUREAU-DANGiNdans chaque nunu'u'o de la Revue crAssijrioîogie. En outre, Rugleu est arrivé à fixer une date astronomique (§ 328) qui établit, sur une base nouvelle, la chronologie des temps anciens jusqu'au début de l'époque des Kosséens. 11 a donc fallu ici remanier complètement lestroitiième et quatrième parties de ce livre, et une grande [)ai't de la cinquième; même, j'ai dû, au cours de l'impression, transformer encore une fois le chapitre concernant le royaume il'Akkad en prenant pour base nouvelle des documents €ommuni(jués par Poehel (§ 397 n). En outre, j'ai cru nécessaire de m'arrèter [)lus longuement que je n'avais fait au[)aravant sur l'histoire de TElam, (juels (ju'en soient encore les lacunes et le décousu.
Nos renseignements sur l'Assyrie ancienne continuent à manquer de suite et de cohésion sur tous les points importants et jusqu'au milieu du deuxième millénaire; cha(jue trouvaillenouvelle nousplace devant une énigme nouvelle, notamment cette date qu'on a retrouvée pour biS tablettes d'argile provenant de la colonie assyrienne en Cappadoce (§ 435) (1).
(1) J'ai malheureusemeiil oublié de signaler la tal)IeUe cappadocienne publiée par Sayce dans les Dabyloniaca (éd. Virolleaud), IV, 1911,66; elle nous montre un sceau du Sarrou(kin) (avec déterrninatif du dieu), palesi de Asir, du fils de I(kounoum), patesi de Asir, sur lequel est gravé, comme le texte l'explique, le dieu de la lune assis, avec un prêtre (?) et un orant (ce
Aussi comprendra-t-on (jue dans cette nouvelle édition, je me sois tenu dans une réserve plus grande que dans 1 édition précédente: essayer de dresser, avec des notes sans lien, un tableau d'ensemble eut été une entreprise prématurée. 11 en va de même pour toute l'histoire de laMésopolamie iît pays avoisinants, dans la première moitié du deuxième millénaire ; mais nous devons nous attendre à ce qu'un <avenir prochain nous apporte ici des documents tout à fait nouveaux. En revanche, notre satisfaction est d'autant plus grandeàconstater que l'histoire de la Babylonie au troisième millénaire se raccorde toujours plus étroitement et gagne en intensité de vie; il nous est permis d'envisager avec certitude l'accroissement continu de trouvailles qui compléteront les lacunes encore existantes.
A vrai dire, j'avais compté insérer à cette place d'importants suppléments tirés des fouilles entreprises à Warka par la Deutsche Orienlgesellschafl, au cours des mois derniers; mais cet espoir ne s'est pas réalisé. Le directeur des fouilles, agissant en opposition formelle avec les intentions de ceux qui renvoyèrent en mission, s'est entêté, avec une obstination à peine concevable, à exhumer des édifices de ^l'époque des Séleucides et des Parthes, ce qui lui a fait négliger tout le reste. Après cette négligence, il faut s'attendre sûrement à ce (|ue les fouilles clandestines reprennent de plus belle : elles nous ont rapporté ces derniers temps b3aucoup de précieux documents de Warka; elles mettront encore au jour bien d'autres monuments de l'époque de l'empire de Sumer et d'Akkad et des dynasties antérieures de Ourack, que le fouilleur allemand aura dédaigné de^ chercher. Dans le troisième livre, les chapitres sur la Crète ont eu
sceau est donc dans le style des cylindres de l'empire de Sumer et d'Akkad). A reporter au % 463 n.
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besoin d'être remaniés de fond en comble, car, fourvoyé par la fâcheuse terminologie d'EvAXs, j'avais, dans ma précédente édition, donné une interprétation tout à fait fausse du Minoéen moyen III. Ici, j'ai eu recours à plusieurs reprises à Hugo pRiNz, mais je lui dois surtout de la gratitude pour m'avoir fourni une série de suggestions et de remarques précieuses sur les monuments des Cliélites.
J'ai été heureux d'avoir l'aide d'IluBiiUT Schmidt qui a revu le cha[)itre concernant les commencements de la civilisation en Europe et le chapitre de la fin, et je sais gré à F. VON LuscHAN des corrections (ju'il m'a proposées pour le ^ IKK). Quant aux chapitres qui ont trait aux Indo-Germains et Aryens, il y a eu peu de chose à y ajouter, sauf l'interprétation correcte de Varouna donnée par Luders (§ 586).
Berliii-Lichlerfelde, le 12 juin 1913.
Eduari) Meyer.
TRANSCRIPTION
Rendre les sons d'une langue étrangère par les lettres de notre alphabet courant, et de telle sorte que \c lecteur les comprenne et ([u'il puisse se figurer approximativement la prononciation correcte du mot étranger, c'est une tâche que la science regarde comme insoluble. Toute langue étrangère, en effet, possède de nombreux sons qui nous manquent ; or nous-mêmes nous imaginons par une illusion bizarre que nous écrivons comme nous parlons, tandis qu'en réalité nous écrivons avec un alphabet étranger, qui est purement conventionnel, qui s'est adapté tant bien (p.e mal à notre langue, mais qui n'en peut rendre certains sons qu'imparfaitement, ou même pas du tout. Par exemple, nos sons allemands cl, et sch, nous ne pouvons les représenter que par une combinaison arbitraire de plusieurs lettres, et, chose particulièrement néfaste, nous n'avons point de signe en allemand pour T.s sonore [s doux; si familier à noire langue, et nous l'exprimons, comme Vs sourd, par le même s. De même, nous manquons de signes pour rendre des sons qui sont courants dans les mots étrangers : tels ([ue le son du j français et de l'anglais cli, tandis qu'en revanche nous possédons plusieurs signes pour d'autres sons : f et v; k et 7 ; c = tantôt Is, tantôt --= /.•; à ce défaut s'ajoute une interprétation des voyelles et diphtongues qui est tantôt insuffisante, tantôt à rebours. Le résultat est celui-ci: quelle que soit
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notre tianscriplion, le lecteur, s'il ne connaît pas la langue étrangère, prononcera toujours cle travers ; aussi toute transcriptitn que nous employons sera-t-elle insuffisante et se prêtera, non sans raison, à lacritique.
A vrai dire, c'est une chose assez indifférente en soi que d'écrire ou prononcer un mot étranger de telle ou telle façon, pourvu qu'il ne puisse y avoir aucun doute sur la personne ou la localité dont il s'agit. Mais pour la recherche scientifique, et dans un livre comme celui-ci, ily a nécessité absolue à employer une transcription aussi exacte que possible, car c'est par là seulement ([u'on connaîtra avec certitude le non\ étrang(M% sa signification, etc., c'est ainsi qu'on préviendra les erreurs et les confusions et qu'on se placera sur un terrain propre à étendre le chanq) des combinaisons. 11 est clair (lu'a la base du présent travail, il devrait y avoir un alphabet de transcription uni([ue et que celui-ci devrait se fonder sur la vocalisation des langues sémitiques et de Tégyptien, à la(|uelle la vocalisation des langues indogermnniques aurait à s'adapter. A cause de cette raison, la transcription en usage parmi les sanscritistes, si prati(iue soit-elle pour rendre les textes indiens, était pour nous inutilisable;, d'ailleurs, d'une façon générale, elle serait inappropriée à un ouvrage qui ne s'adresse pas aux seuls spécialistes, car elle se base sur la prononciation anglaise des lettres, et elle donn<' aux signes c, chj. ij une valeur à laquelle nul lecteur allemand ne saurait s'accoutumer, s'il n'a pas a[)pris le
sanscrit.
Toutefois, aucune transcription ne peut éviter certains écarts entre elle et la valeur allenumde desleltres. L'emploi de la lettre z par exemple s'est partout généralisé pour représenter le son de la sifflante sonore (notre s initial et intervocali(|ue) comme en français et en anglais, tandis que la lellre 8 désigne toujours la sifflante « dure » et sourde. En outre, les sons emphatiques, dans lesquels la consonne est émise avec force, sont représentés par un point qu'on
place sous cetle consonne (/,(/, ;V, /z,); ce n'est que pour le k que nous disposons d'un signe renforcé correspondant, le q. Notre son de sch, je le note par 6* (— s des sanscritistes ; la palatales des Aryens, presque toujours rendue par c, je la transcris par s), tandis que pour la spirante vélaire nous pouvons, sans hésiter, garder notre ch familier. Quant à l'explosive glottale, Valeph sémitique, qui est toujours, mais très faiblement, prononcé en allemand, quoi- (ju'il ne soit pas marqué dans l'écriture — lacune ([ui est souvent très regrettable dans les composés — t)n la transcrit le plus souvent par l'esprit doux ^ pour le but que nous avons en vue, on peut l'omettre dans le commencement des mots, tandis qu'à l'intérieur des mots, et aussi pour plus de clarté, nous le représentons par un tiret — . Ce même son renforce, le ' ain sémitico-égyptien, est représenté par\ Pour la s])irante palatale, le j français, j'ai adopté la transcription i; par conséquent, pour ce son combiné avec une explosive (le y anglais) j'ai adopté dz, et souvent aussi dj l^l'écriture populaire en est généralement dsch) ; la ténue correspondante est rendue par is\ quant à v et w, il faut les prononcer comme en anglais ; v a le son du w allemand, et
//' celui de on consonne.
Certes, cette transcription ne peut s'appliquer à tout sans, exception, car il y a beaucoup de noms qui ont contjuis droit de cité chez nous, sous des formes toutes spéciales ; il serait par exemple de bien mauvais goût de vouloir écrire Sa'ùl,. Dawîd, Slomo; quant à ces formes m(mslrueuses qu'ont créées les Masorètes, Tiglatpileser, Sanherib, Assarhaddon, Neboukadne/ar, Ninive, etc., nous ne pouvons songer à les. abolir, puisqu'elles cmt été adoptées par Luther (et dans une mesure plus large encore par les réformateurs anglais), et encore qu'il nous soit pénible de ne pouvoir employerles si belles transcriptions grecques, telles que Ï£va/;/^p'.6o; et Na^iouxoosô.op;. En revanche, (|uand il s'agit de noms rares et peu connus, il n'y a plus de raison p(uir ne pas les transcrire
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correctement. C'est le piocédé que u app u,ue la gemen 1 noms bibliques, et, comme je l'avais .leja fait clans ma Trémie éditiol et dans mes autres ouvrages, partout ou Cl Septante les formes correctes nous sont conservées^ ai employ celles-là au lieu des formes masoret.ques. En ifl-lt. presque tous les noms étrangers qui ne lui etateut ;! t'rL familil et pour un nombre --Uléra le e no Ldi-^ènes la vocalisation masoréti.,uc de m.s bibles en hlrtr Lge des monstres épouvantables, car les auteurs 5 c te localisation avaient perdu tout souvenir de
. ^.>i iUont de façon tout arbitraire,
la tradition. Apparemment, ils ont, ta., ém.ipé les consonnes des noms propres avec des vojelles, o'rte que c'est pur hasard lorsque, une fois ou .uiU-e . s ont-, peu près rencontré la forme correcte. Si on se liMçUt.. e^tm des transcriptions dans les Septante (et aussi dans séphe, Pbilon, etc.), cette étude donnerait, non seu^n.en au point de vue historique, mais encore au point de vue iu.niisli.,ue les résultats les plus intéressants il est "or.nsuietsiexceptionnellementfécoud n'ait encore
tpiilé aucun travailleur.
Vis --vis des noms grecs, nous sommes dans la même silualionque pour les noms hébraïques, depuis que par un U,^ 1 de classicisme, d'ailleurs très peu pratique, on a abai lonué la vieille habitude de remplacer les noms grecs pa. el équivalents latins. On a créé ainsi une conh.s.on a "elle il n'y a point de ..emede,car,conseiver entièrement Xégralement' les lormes grecques, il faut y ■•e-oncer un L pour toutes; en outre, toute transcription, même la pi s correcte, n'aboutit en somme <,u'a une prononc.at.o, r:; est aussi éloignée, plus éloignée même, ^ ^vraie qu^
• .• i.i.n^ In limite où e savant doit S niieiei l'i transcrn)tion latine. La inuiit. un
en llil cls dépend uniquement de son tact ; elle sera donc parfois incertaine et nous exposera par conséquent a des obiections instifiées, mais inévitables.
A ces difficultés d'ordre général viennent s'ajouter les
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xvn
problèmes extrêmement complexes que présente la transcription de i'ëgyplien. Je ne décrirai pas ici tout au long les étapes douloureuses de la transcription des hiéroglyphes ; je remarquerai seulement que la théorie démontrée par Brugsch, dès 1857, à savoir que Talphabot égyptien était à l'origine, comme Talphabet sémitique, pure écriture de consonnes, a du se frayer lentement son chemin ; elle a été adoptée par une partie au moins des égyptologues allemands, d'abord en théorie, puis dans la pratique, mais ils sont encore nombreux ceux qui continuent à se cabrer opiniâtrement contre l'évidence des faits (cf. ,5^ 149 n). Néanmoins cette question ne touche encore qu'à une partie du |)roblème; car il s'agit, en outre, de savoir comment on prononcera ce s(|uelette de consonnes en y intercalant des voyelles; or, quelles sont les voyelles correctes, nous ne le savons que dans un petit nombre de cas.
J'ai discuté longuement ces problèmes avec Ad. Erman, II. SciLiiFiiRet surtout avec (i.SxEiNDonFF: nous nous sommes trouvés d'accord sur les principes, mais dès qu'on aborde l'application pratique à tel ou tel cas particulier, les questions deviennent si complexes, le point de vue où il faut se placer si varié etsi différent, que bien souvent une règle uniforme li'est plus possible à appliquer. Moi-même, je l'ai constaté notamment en dressant mon index, je n'ai pu être rigoureusement conséquent avec mes principes; en réalité et, pour arriver du moins à une graphie uniforme (encore resteraitil à savoir si elle serait la plus eorrecte), il faudrait avoir déjà la totalité des mots chacun à leur place et parcourables d'un coup d'œil.
Lesprineipes fondamentaux que nous avons à considérer sont les suivants :
En général, j'ai transcrit les consonnes eomme les transcrivent Erman, ses élèves, et ÏAcgyplische Zeilschrift ;Vonlefois il a ])ien fallu employer ici, au lieu des signes spéciaux a l'égyptologie, les signes d'un usage général que nous
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avons énumérés plus l.auU C'est pourquoi j'écris pour ® c/t (et non pas //) (1) et j'ai introduit pour s=. {/ la transcription.-; pour"^ (<^) la transcription r (2. En réalité, la soûle différence c'est que je rends c=^ par/ et non par ,U car la dentale médiane a été dés les ori-ines inconnue à l'égyptien, et la prononciation do ce signe semble vraiment se rapprocher du sémitique a, alors mémo que dans certains cas il apparaisse équivalent au d sémitique - .
La plus grande difficulté est de rendre (j . Pour nous le sigle d'I d'EnMAN est naUnelleuienl inutilisable. Dans ])eaucoup de cas, il s'agit sûrement d'un ./ et c'est pourquoi je l'ai rendu ainsi. Toutefois, je n'ai pu me résoudre à le transcrire partout par/, puisqu'il est certain que dans beaucoup d'exemples tels que Atoumou, An>on, Apùi)i, Alôli, Anubis, ebôt ,1e mois , amenlit l'ouest'i, etc., et déjà dans les temps anciens, il n'avait pas lu valeur du j, mais celle d'un aleph. Aussi n'ai-je e.uplove le j que là où il est probable ou certain (|ue ce son élait prononcé par exemple, dans joh, lune, jolrou,jo'er =^nt « Nil » elc; c'est pourquoi j'écris aussi Je/), « cœur >^ , jarou, jerzcl , etc.: ; dans les autres cas, j'ai traité \\ comme un aleph, c'est-à-dire je l'ai laissé non accompagné de signe (on à l'occasioji, je l'ai accompagné d'un ' comme le véritable aleph^, et j'ai intercalé comme vovelle a on e. C'est ainsi (pe j'écris par exemple le nom du réformateur égyptien Echenaton ,3^ (correctemeni : 'fich-n-'aton\ et non pas Jechenjeten (Jechouenjeten), et, de même, Akeouhor, ctc.au lieu de, Jekeouhor, Asosi au lieu de Jessej, etc.
(1, Ouanl aux signes «^ ft, et (1 s, je ne les ai diflerenriés do ® /, (cA) et de -^ s avec lesquels ils se sont confondus de bonne lieuie, que dans les cas peu nomliieux où la (lualilé spéciale du son a une importance.
(2) Non pas .s, comme dans la première édition. , ...
3) Dans la première édU.on, Cl.enenalen ; j'ai omis le o» ("') sur le des.r de ST.:,M.,.n. F, quoique, à lorigine, il existât .lu moins dans la première partie du composé.
2" Là où nous possédons des transcriptions grecques, soit dans des inscriptions, soit dans Manétlion, etc., celles-ci ont été conservées. C'est pourquoi j'écris Ramses, Thoutmosis, Achthoes, Ainonophis, Menés, Gheops, etc., et de même, Tliouth, Anubis, Tel'ènct ; dans ma première édition, au contraire, j'avais donné pour ces noms la transcription usuelle de leurs signes hiéroglyphiques, qui a le défaut d'être incertaine dans sa vocalisation. Dans le détail, il est naturellement difficile de fixer la limite qu'il ne faudrail^ pas franchir; aussi ai-je conservé pour Ounas, Pepi, etc., la forme traditionneUe, au lieu des formes de Manétlion : Onnos, et Pliios ou Phiops.
> Dans tous les autres cas, il faut que nous complétions par des voyelles le sfpudette liiéroglyphique des consonnes, voyelles fournies soit j)ai- le copte, soit par l'analogie; parfois les transcriptions de l'assyrien ou de l'hébreu nous don-
nent un point d'appui, par e.xemple pour le nom de Sosenq (le Sesonchis de Manéthon s'explique probablement par la métalhèse des voy<dIes dans la prononciation de la basse époque). Là où ne s'offre aucun secours, la vocalisation reste arbitraire, et Ton eu vient inévitablement au procédé commode de farcir de voyelles e l'intérieur du mot. Sur ce sujet, nous nous tr<iuv()ns naturellement en présence d'opinions fort divergentes. Steindorff est le protagoniste de la méthode qui consiste à intercaler des e dans le squelette des consonnes, et c'est ainsi (ju'il appelle le pays de l'encens Pea^nel. A mon avis, au contraire, lorsqu'une forme de nom, si arbitraire qu'elle soit, est déjà passée dans l'usage, et devenue populaire, nous ne devrions pas la remplacer par une forme nouvelle, tout aussi arbitraire (à moins que le maintien de cette forme traditionnelle ne devienne une source d'autres erreurs). Ainsi, par exemple, il est extrêmement probable que le pays de l'encens ne s'appelait ni Pount, ni Pewenet, ni Pouanit comme Maspero l'écrit; c'est pourquoi je m'en suis tenu au Pount traditionnel. Autre-
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ment, nous nous exposons au danger d'avoir à opérer, d'ici quelques années, d'autres bouleversements, soit qu'on vienne à découvrir la prononciation correcte, soit que surgisse une tliéorie différenle sur les principes qu'il faut appliquer ; et je tiens que ces changements, aussi longtemps qu'on ne peut les considérer comme définitifs, causent plus de trouble et de confusion que le maintien d'une forme sans doute très problématique, mais qui ne saurait être remplacée que par une forme, à la vérité plus systématique, mais à peine plus correcte. Jusqu'à ce (fue nous ayons acquis en quelque sorte une base de certitude, ce sont les considérations pratiques qu'il faut envisager avant tout. C'est pourquoi j'écris Pount, Ti, Ai, etc.; par contre, j'ai remplacé, par exemple, le llouzenou (Kouthenou) traditionnel par Hezenou, car ici, le ou de la première sylla])e pourrait induire le lecteur en erreur et lui donner l'illusion qu'il existe quelque raison pour cela dans l'écriture égyptienne.
Il va de soi que, vu Tétat actuel de la question, un certain arbitraire se glissera toujours dans les détails.
La transcription des noms cunéiformes nous offre infiniment moins de difficultés. Un seul fait nous cause quelque embarras (1) ; c'est que les Assyriologues rendent maintenant d'une façon générale les sons de s d'après la prononciation de Babylone (qui est conforme avec l'étymologie sémitique^ alors que l's et l's assyriens ont modifié leur prononciation cf. §31)5 . Je transcris par conséquent les noms assyriens (et aussi les noms d'autres peuples transmis par les Assyriens) d'après la prononciation, non d'après l'écriture, et j'écris en babylonien samas et soiim, mais en assyrien samas et soum; de même j'écris Assour, etc. En outre,
(1) Le signe qu'on écrit avec A 4- A a sûrement le son de -ai, quoiqtio les assyriologues le rendent dans la plupart des cas par -â. — Pour le mot « fils '» dans les noms propres, je garde la forme traditionnelle qui dérive des transcriptions TûN*SEnSan, "IS:T2N, •5^^<Sl^■nC, Na6oraÀâaapo;, Sapô^va;:cxXoç, c'est-à dire que je traduis par pal ou bal, bien qu'à l'origine et notamment à la fin des mots, on le prononçât aplou [ablou) et apil {abil).
il faut remarquer que dans le babylonien sémitique I'/tï du milieu des mots s'est transformé comme on sait en w, et déjà à l'époque ancienne; aux transcriptions étymologiques samas, ameloii, etc., correspond par conséquent la prononciation sawas, awclou.
Quant à la transcription de l'aryen, il en a été question plus haut, p. XIV, sq.