‹ Histoire de l'antiquité [microform]Chapitre 47 sur 172 · Dans \o but de discréditer tous ces récits, un prêtre · texte numérisé non relu

Dans \o but de discréditer tous ces récits, un prêtre

(égyptien, Manelhon de Sebennytos, qui vivait sous le règne de Dtolemet» 11 Dhiladelphe. entrepiit, veis 2<S0 av. J. -('.., d'écrire une histoire de son pavs (A'^'UTiT-axà G::o'j.v/.aaTa h»rmant trois livi'cs -rdaoïj en s'appuyant sur les traditions indigènes. Pourtant, cette umvre histori(|ue est passée inaperçue des (irecs, tandis (ju'an contraire d'autres écrits de iManéthon sur la relioion éuv|)tienne exei'cèrent sur la littérature postérieui'e une influence dont les traces sont souviMit visibles. En revanche, elle fut accueillie par les Juifs avec d'autant plus d'intérêt qu'ils cherchaient, dans ces traditions authenti(jues de la vieille l^gypte des témoignages sur l'oiigijie et rancic^nnete de leur j)enple; et s'il ne leur plaisait guère (jue Manelhon les fit descendre de lépreux, du moins se gloriliaient-ils d'identilier leurs ancêtres avec les llyksos et de retrouver leur Exode (hms l'expulsion de ces derniers. Grâce à C(^s circonstances, maints fragments, soit de Alanéthon lui-même, soit d'un ai)régé (I^|)itomé, une liste de rois, accom|)agnée parfois de brèves renuir(|ues , (ju'on tira de bonne heure de son ceuvre, j)énétrèrent (hins la littérature apologéti([ue des Juifs. Détigurés en maints endroits, am|)liliés d'éh'Muents étiang(Ms, ils subsistent encore dans le plaidoyer pour les Juifs que Jo^èphe écrivit contre Apion. Plus tard, les chronographes chrétiens se sont elîorcés d'accorder les chi'onologies (h^s peuples orientaux a\('c la Bible : ainsi nous ont-ils conserve répitomé de Mancv thon. La rédaction en est |)assal)le chez le fondateur de la chronogra[)hie chrétienne, Jules l'Africain (dont la cluonique s'étend jusqu'à l'an 217après J.-C.) ; elle est, pour l'ensemble, bien inférieuie dans la chronicjue d'I^usèbe (cpii va jusqu'en 327 ap. J.-C). Plus lard encor(% on a fabriqué sous le nom de Manéthon des lésunu'is de mêmc^ genre adaptés à une chronologie ^■r.y.l7.:6v ypovoYca^Etov, livre de Sothis) et le chronographe l^anodore s'en est servi vers 400 a[). J. C); comme le Svncelle a cru que le livre de Sothis était du Manéthon authentique, beaucoup de savants, jusqu'assez.

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SOURCES POUH I. HISTOIUi: DE l/É(nPTE

MONUMENTS ET ÉCHIVAINS — ,^ 152

tard dans le XIX*^ siècle, se sont laissé induira en la même erreur.

Des autres écrivains (jiii ont conservé la tradilion égyptienne, nous ne connaissons (jue Pt<démée de Mendès dont nous avons gardé un(» notice sur la destruction d'Aouaiis par Atnosis; (juehjues données épai'ses, qui ne sont pas empruntées à Manéliioii, nous ont été transmises par les Excerpta conservés par Josèphe et les clironograplies. I\)ur i:ralostliène et sa liste de rois, voir j)lus bas ^^ Kd n.

Sjm* M.iiK'llioM, voir aussi W. Otk». l'rirstrr iind n'inpi'l im hrllci,. At^{iyf,lnt, il, i2l5, "iss sij. I.a pol.'miqin' de M:m«'tlion ronlrc Ih'rodoh» est siii-iial.'p (lîuis .lo.S('|»lie, m,, In- \/,ioi,, \. 14, l'A pt fr. Ht] {Hfyni. nith/ft. s. v. XcovTo/.oao;). l/épitoinr «le l'AIVicaiii csl coiiscrvr pai- lo SyiirolJe, jiis(|irM |ji X\ l dv luislic, dans ce quVni ajjpidlc les Kjcri-pht lî irhiiii {[m\A\v par Scikhm:, dans son rdilion dKiisôhe r| l'un k, ap. Chronint miinini /). on les désignations ponr les dynasties \|| à \\ \\ (<• csl-à-diiT XIII àX\ 111)^ pi-ovicimenl diinc anirc sonrce i voir «:^ .'{O!! n.)- I/ét)ilomé <ri;ns('lM' <\s| conscrv»' dans la tradnclion arnM'ineiUK» (d dans l.c Synccllr. ilnsMu' a conservô corr (MiennMd (|n(d«pi<s noms (1, S Onl.ientlies: 11, -2 Kcchoos; Ml, 1 i.aniaros) ol pcnl-ohv rà et là n.'H' date; en oidre, la lisle des dynastie^ avard Menés .1 IKHiiopien Arnjneris an comniencenicnt de la XX\ I' dynasiie «le inènn', la noiiee sni' 'l'aiiraqa a. Ai.i'. I {0(i. cd, {)enl-(Hro les dotes des XXlll' el X\l\ dynasties ijni dilTèrerd de celles de l'Africain ; ponr le reste, sa lisle n'est (jn'nne reproduction aî^'-iriavée d'errenrs d(M-elle de rAlricain.

.l'ai moniré dans ma C///'o/<o/o,//c(|), 71, cf. \wr/t/r. :Vi.,5 — //v/J. p. KK-i; que Josèphe n'a pas tiré ses Kxcerpta directement de Mani'dhon, et qu'il les a souverd altértVs (d cond»inés avec des éléments étraFitrei-s • cest ainsi «pie le !«' roi delà XNdll'^ dynastie (pii a ex])ulsé les Hyksos, est a[>p(dé par lin Ti '.aoia'.; an lien de "Aa^uat;. Des remaidemeiits postérieurs de Manéthon nous ont été conservés dans ce (pii reste de la littérature antisémite en Kgypie (d à laquelle afiparlienneid, outre Apion, des fragments de Lysima(pie et de Cliérémon, dans .losèi)lie, Co////v( \/j/o//., I, m, Mi, «d dont Tacite a subi linlluence, liUi. \ . :{. — l>t(démée de Mendès, tiré dApion \cvy/>/. 1. I; Tatian, m/c. ,vr///cs,

(1) Dans les citations lelalives à lAeaifplisc/ieChronolixjie de Kd. Mcxei-, les premiers chitires renvoient à l'édition oriiîinal.' allemande ; la rid.ri<pie //•(/'/. renvoie à la traduction française de A. Moret, parue dans les Anna/e.'< <lu Mnsf'c Ciiimcl, Jiil>/io/hr<jii<' d'I^ludes, 1. .\\|\\ 2, 191i'. (Xoh' du Irad.)

:^8 et ses eiuprunteurs. — (^e (|ui reste de la littérature nationale se trouve dans les indices déjà citées de .losèplie et de Hailiarus, et aussi dans celle d'Iùisèbei/Vac/j.ee., IX, 27, 3) d'après le philosémite Art a panos, concernant le roi Chenephres. (Voir i^ HOl, n.) — L'inlluence des écrits théologifjues do Manéthon est reconnaissable en maints endrcdts de la littérature grecque. De même que Ptolémée P** se servit de liM pour établir le culte de Séi'apis (l*lutarqiH\ /V /s., "28 , il devint pour les générations suivaides le représeidant de la doctrine égyptienne; cela explique qu'on ait composé sous son nom le poème astroloii:i<pje bien conmi, les à-oT£>.£CTaaT'.y.â «pii, en léalité, se fonde sur ries <lo(drines babyloniennes et non point é^ryptiennes, et que dans l'Inde, .làvana Maintlha, c.-à.-d.o le (irec Man/dlion • passe pour une autorité astrolo;,nque. Une irdluence du même g'ui'e a éié exercée |)ar Hérose. 5:5 •^-<>- l«ecueil des fragments de Manéthon (insuffisant, et d'ailleurs incomi)l(d pour les écrits ]'(digieux dans Miili.kij, /'. //. d., 11, :;i | s«|. (un fratrment sur Hoc(dioris el l'aurneaii dans les /trorrrh. Mcnimlrut., 21 : \ / ir>, l3o). Pai'mi le nond>re considérable d'j'dudt^s sur Manéthon, dont beaucoup sont fanlaisist<'s (d n'ont au<'une valeur scientiti((ue, siiirnalons celles (ïune valeur dui*able: Hoickii. M^ncllio uiul die /////»//.s- Irniprriodc, tHio (se trouve également dans la ZriIsrhriJ'l f. (irKrhirltlsnùssrnsrhdfl. H, /< 1 avec Sup|)lém<'nt) ; 1'\<;kk, ClironohHfic dr.^ Mniicllnt, -1807. Sur les travaux d(i Liirsu s, voir i^ tr>8 ; pour la liste des rois, ma Clinniolofiic et Inid. — Sur la (dH'onoiLrraj)hie (dirétienne et la tradition (pTelle contient, voir (outre plusieurs études de (iuts(hnnd dans ses /\/. Schriflrn) surtout Gklzkh, Serins .liilins yf/'icamis iiiul dir hY:aiilin. Chronofjr., 2 vol., 1880-18^:». J'ai essayé d'analyser c(dte tradition en (hdail dans ma (Ihromdir/ic. — Le livr'e de S(dhis utilise lùisèbe (ClinmoliHfic, p., «2, 2, 3; 8i; trnd. p. 117, lii); les noms des rois sontj)résentés arbitrairement soit d'après Manéthon, s(Mt d'apiès inie auti'e liste égyptieinu* de rois (Chroiudotiic, p. 82 2 ; Inid., p. il 7, 1).

ir)2. Manéthon a ré|):u'ti les roisd'KgypteenXXX dynasties, depuis Menés jus(|u'à la dejiiière conquête de l'Egypte par le roi perse Artaxerxes lll (M'A av. J.-C), mais répitomé ajoute une dynastie, la XXXl , depuis les derniers'i'ois perses juscpià Alexamlre. La vîdeurde ces listes fut mise en pleine lumière dès (jue ( JiAMeou.ioN eut lu les noms de rois sur les monuments antérieurs à Tépocjue plolémaique. Par contre, les renseignements grecs sur répotjue avant Psamjneli(|ue se r('*v('dèrent sans valeur, tandis que Manéthon se

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SOURCES POUH L IIISTOIHE DE L EGYPTE

MONUMENTS ET ECRIVAINS — i; r')3

fondait réelleinenf sur une tradition authentique. Ses dynasties foriuaient le cadre dans lecjuel se classaient cliaciiii à leur r-ano- les rois sit^nalés sur les monuments. CnAMF»OLLiON fit ce classement d(^puis la Wlll dynasties et Lkpsii s pour les dynasties antérieures en remontant jus(ju'à la (juatrième (les liois j)remièr(^s ont été révélées par les fouilles récentes i ; (U c'est peutnHre le chef-d'cruvre de Lki»sius que la classification de ses monuments dans un oi'dre chronologi([ue pi'es(jue entièrem<Mit exact. Manethon, ayant ainsi prouvé qu'il était un guide indispensable, on s'est trop fié |)ar la suite à son autorité : on a cru à l'infaiHihilite non seulement de sa list(» de rois, mais aussi des nombres d'années qu'il huir iUtribue, et la où la tradition ne concordait pas aveclesdates ((u'on trouvait, on corrigeait la tradition, poui* ne pas faire nuMitir Manethon. A cela s'ajoutait rillusion que ses dynasties ne se suivaient pas l'une après l'autre, juais devaient en plusieurs cas avoir régné parallèlement ; de cette manière, on croyait pouvoir reduii-e à un total raisonnable le nombre d'années certairuMuent très excessif obtenu en additionnant U^s nombres partiels des dynasties. Ces théories ont (huuiiu' les travaux de Lkpsils; elles l'ont conduit à remanier les chillies axcc un |)aifait arbitraii*e, et sans tenir compte écjuitablement des données (|ue lui fournissaient b^s m(uiuments nu'mes (ju'il publiait. On a complèt(Mnent renoncé aujourd'hui dans la science à cette façon d'en user avec Manethon. Il est notoire que non seulen»ent ses données ont été altérées par la tradition, mais encoie qu'elles contenaient, dès l'origine, beaucouj) d'eireurs, particulièrement dans les chillres, (|ui sont souvent inadmissibles, et aussi dans les noms et la suite des rois. Même son récit histori([ue — comme le prouvent les fragmcMils ccmservés par Josèplie — n'a jamais été une histoire authenti(|ue de ri'.'gypte, et ne se présentait point sous la forme d'une chroni(pie (jui serait exacte dans ses piincipaux traits, t(^lle (ju'était, au moins poui* les temps récents, l'histoire

de Hérose; au contraire, il intercale dans une liste de rois, qui déjà diffère notablement des données antérieures, un grand nombre de traditions pc^pulaires, compara])Ies, par l(Mir style vague et emj)hati(pie, aux légendes du même genre (|ue nous a conservées la littérature indigène (^157). Aussi Manethon fouinit-il la preuve (jue l'histoire est un genre (|ui ne s'est pas réellement dévelop{)é chez les l^^gyp- ' tiens, l^n dépit de tous ces défauts, ses indications ne sont pas a dédaigner, surtout lorsque les monuments ne n(»us disent rien ou peu de chose ; mais il faut toujours s'en servir avec une extrême prudence.

Il a|. paraît maiiitenaul par les travaux de H. Il vkti.kbin ?< l:iS n.} que CiivMi'oi.r.ioN. avant sa mort, avait parfaiitMiieiii i-ecomni la place l'éelle (les uns de la XII« dynastie; mais il ne |miI pidiJier ses déconverles et e'est à Li l'sii s quil faut attribuei* riionneur d'avoir ouvert \es vo'ws. {(ihrr <lir :irnlfh' Dynaslir, Ahli. iWrl. \k., 185-2^. — On lait un excès de coiitiance à Manéthcui là où manciueiit les documents authentifpies : cela se remanpie à plusieurs reprises, même dans Sktiii;, / iiU'i'sntluuKjcn :iir (jcschidilr [ct/yplens.

io3. Bien (jue la liste des dynasties présentée par Manethon soit crilicjuable en plusieurs points, elle est tellement entrée dans nos habitudes que nous l'employons comme cadre dans toutes Jios histoires. Les XX\ I dynasties (jui s'étendent de Men(is à la coïKjuète d'Egypte par Cambyse (525 av.J.-C.) se répartissent en plusieurs groupes. Nous y distinguons trois épo(|ues principales: I'Ancikn Kmi'Ihi: les constructeuis des Pyramides de Memphis), 1\ et \' dynasties; le Moyen KMPirib:, de la \l à Xllb dynasties fthébaines); le Nouvel Emi»ihk thébain , de la XN'IH' à la XX" dynasties. Aioutons une (juatriènie épocjue, celle de la Restai:i{ation sous la XXVI' dynastie (Psammetique et ses successeurs . Entre ces sommets de l'histoire egyptiejine s'espacent des siècles de décadence pendant lescpiels l'entât est démembré ou passe sous diverses dominations étrangères. Avant l'Ancien Empire se placent les commencements de l'empire imiaraonioue, avec

SOURCES POUR L HISTOIRE DE L EGYPTE

les I'^ et II dynasties tliim'tes, Menés et ses successeurs, dont les nioniinients nous ont été révèles dans les d<Mi\ dernières décades. Celte période du plus ancikn dkvkloppk- MKXT DK i/I]gvpti: c|ui embrasse j)lus d\in niiHénaire, est souvent désignée [)ar le terme erroné et trompeur de a préhistorique ou pn^dynasliqnc » ; grAce aux fouilles et aux •analogies (|u'on peut tirer des temps postérieurs à Menés, nous jjoiivons nous l'ormcr une; idée vivante de cette éf)0([ue : même nous pouvons la suhdixiser en [)lusieuis périodes: les deux royaumes des adorateurs d'IJorus, (|ui précèdent l'empire pharaonique de Menés, er, tout au debul, un royaume très ancien en Hasse-I^gyple, sont devenus de tangibles et grandes réalités histori(|ues. l/histoirede l'Kgypte se répartit donc en les ptniodes suivantes (pour les dates, voir î^ \i),\) :

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