‹ Histoire de l'antiquité [microform]Chapitre 62 sur 172 · LES NOMES, ÉTATS INDÉPENDANTS, ET LEURS DIEUX · texte numérisé non relu

LES NOMES, ÉTATS INDÉPENDANTS, ET LEURS DIEUX

(Ononris), qui apparaît pins laid connne le dieu |)riiicipal du nouHîtle Thiiiis, n'est \n\s à j'oriiifin»' un dieu local ; c'est plutôt un j)r()din't iinporti' du la tlK'oJogie (peut-être « celui qui alla chercher la lointaine », c'est-à-dire la déesse de To'il du soleili et (|ui est identique au dieu de ratuiosi)|jèi,e Sow, ^ ITîh.

ISL Parmi les sanctuaires de ces dieux, sont dissémines pai- toute la llaute-l]g\ pte ceux de. Sêth et lloi'us, (jui ont pris une signification universelle ^^78;. Ici, on llaute-l^gyj)le, ces d(Mix dieux n'ont rien à voir à l'origiue, avec Osiris et Isis, mais ils forment un couple de frères ennemis, Séth étant le dieu des t(*mèbres et de la destruction et llorus, le dieu de la lumière (jui se manifeste parmi les constellations et vole au ciel sous la forme du faucon ^^ dont

les yeux so|it le soleil et la lune. Il fait éternellement |a guerre à Sêth, sans (jue ses continuelles victoires arrivent jamais à supprimer l'adversaire, (^uandlulune s'pbscureit, au ((jour de la détresse », Sèth arrache l'oil d'Horus, et celui ci les testicules à son adversaire cf. Plut, de /.s., 55) ; mais ensuite llorus inflige à Séth de sanglantes défaites, et riioul le (li(Mi-il)is (rilermopolis, (|ui apparaît ici conime le dieu de la lune, gn(M*it les blessures et réconcilie les enn(.'ïiiis. Alors chacun d'eux s'en va régner dans son royaume, soit qu'ils se partagent le gouvernement de l'I^gyple, soit fpie ri]gy[)t(î échoie à llorus et le désert le pays rougcy à Sêtl). A ces mythes, dont rhistoir(î sacrée oH're [)lusieurs variables, se rattachent des traits issus de cultes locaux (le même v trouve-t-on des reflets des mvthes du delta et surtout des allusions à llorus de Bouto, (|ui semble avojr été un faucon dès l'origiiKij. Dans ces épisodes, le caractère universel du mythe s'ellace complètement derrière les faits particiiliers se rap[)orla,nt aux [)uisî^ances divines localisées lUi tel (Ml tel lieu, fn fait s'imj)ose avec évidence : c'est (|ue de très bonne heure, Sêth a été un des principaux dieux adorés dans la vallée supérieure (\[i ]N(il. Sa capitale lest siirtout ()mb()s, en face de Koptos, juste an milieu entre les

COMMENCEMi:.NTS DE LA CIVILISATION

LA HKLIGION ÉGYPTIENNE — g 182

antiques nécropoles de Negade et de hallas, par coiisérpient en plein centre de la plus ancienne civilisation égyptienne: c'est ici qu'il porte le titre de « Seigneur du pays du sud ». On l'adore sous la forme (Tun animal ianlasticpu* [)lus lard stylisé 'Vj ; à l'origine, l'animal est en marche, avec une flèche en guise de (pieue . W lEUEMArsiN a peut-être raison de voir dans cet animal fantastique une reproduction de l'Okapi, ([ue nous avons découvert dans hi région su|)e. rieure du Congo, et qui a peut-être existé en Kgyi)»e aux temps anciens. Nous le trouvons en outre (hins le nome de Seshotep (11" nome, au sud de Siout, et tout à fait vers le nord (huis le nome de TOxyrynque (19'' nome\ où l'animal sacré ([ui est adoré est un poisson « au museau |)Oinlu ».La capitale d'Horus estEdfou dans le 2'' nome, où le faucon est devenu un dieu solaire et dont le symbole est le disque du soleil, muni de deux ailes puissautt^s et d'uraeus qui retombent de cluKiuecoté (§ 191). (:lia([ue jour il renaît à l'horizon et s'engendre à nouveau lui-même dans le sein de sasoMirépouse, la vache de Dendera, translormée en déesse du ciel; celle-ci,par suite, reçoit le nomdeUathùr : « maison d'Ilorus ». Mais la diffusion du culte d'Horus est encore plus large. Non seulement nous le trouvons dans la ville (\y\\ sera plus tard la ville royale de Nechen (Kierakonpolis, cf. i> I9S en face d'Kl-Kab, mais aiissi dans le nomedcKoptos (5*' nome) qui a pour armoiries deux faucons, et, en outre, dans le nome de la montagne i]u ser[)ent (12« nome) et dans le nome de la chèvre (16'' nome). 11 faut adnu'llre ici l'inlcrvention des événements politiques, llorus doit sa diflusiou en Haute-Égvpte auxconqiuHes desadorateursd'Hoiiis (|199); le culte de ce dieu de la Uassc-Kgypte de lîonto ? fut pro bablement importe à celte épo(|ue, |)arcr (jur tlorus était le dieu roval (|u'on identilia ensuite avec le dieu local (rKdfou. Des événements du même genre, appartenant à une époque encore plus reculée, mais que nous ne saisissons pas exactement, expliqueraient la diffusion du culte de Sêth dans

la llaute-Égypte. Le caractère de ces dieux a été fortement altéré par le fait (jue les adorateurs d'Horus se divisèrent en deux royaumes, el c'est alors (|ue les mythes prirent la forme que nous h'ur connaissons plus tard. Peut-être aussi Pinverse est-il possible : h' culte de Sêth aurait été im|)orté dans 1(^ delta, où il n'était connu auparavant (|ue par son rôle dans le mythe d'Osiris, mais ou il ne jouissait d'aucun culte propre. Ce sont là des ([uestions que des recherches ap[)rofondies pourraient seules résoudre.

11 esl urgent \un\v llùstoirc de la reliii:ioii égyt)iieMne qu'on nous présente une analvse rritiqne des mythes et du culte d'Horus et de Sêth. Ma disserlalion de jeunesse sur Set-Typhon (1875) a natureHemeiit

vieilli et a élé dépassée sur plusieurs points. iCl*. encore § 109.) Consulter dans le Lr.ricon de I^oscher larticle de t^oeder sur Set, où des niatériftux nomhreux sont ordonnés avec beaucoup de clarté. l.ouF/i dans Honis-le-Jniicon, Hnll. r/c Pinst. fr. d'nrchêoloyu' nu Cnirr, ni, 1903, a démontré (jue l'animal d'Horus n'est pas l'épeivier, mais le lançon. - he culte de SêUi à Tanis, et à Avaris n'a été fondé qu'au temps des llyksos. Le sanctuaire dOmbos du dieu Sêth (quautrelois on identifiait par erreur avec l'Ombos de Sobek) a été trouvé en 1890 par Petiuk, Naqada nn<l Hallas; c'est depuis cette découverte (lue la quinzième satire de .luvénal nous est devenue intelligible.

Lu reiujion éi/uplienne.

182. A la base de la relif^ion popiilairo de l'Egypte, nous retrouvons es divinités locales dont nous venons de voir les piincipalos. Leur trait caracléristi(nie, c'est d'avoir une région d'inlluence bien localisée et déterminée, ou elles sont prépondérantes : ces dieux sont reconnus « seigneurs .. de tel sanctuaire, de telle ville, de tel nome ; par conséquent, ce n'est pas une tribu seulement, comme chez, les peuples primitifs, (lui relève de leur pouvoir, mais tous les habitants nés

COMMKNilKMBNTS l)i: I.A CIMI.ISA TION

LA RELMilON Kr.VPTlKNNK — S \>>']

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sur leur doniaine, (|ui graudisscut et sul)sister)l sous leur proteclioa. A coté du dieu priucipal, ou trouve partout uu grand nombre d'autres divinités, dont Timportanee est variable et ((ui partagent son culte à titre d'épouse, de lils ou de fille, on reçoivent uu culte iiulépendant coninic puissances locales. Ainsi, pour ne citer ([ue des divinités ([ui [)rirent une certaine ini[)ortance, nous trouvons: a Abydos, une déesse-grenouille, Heqt; à lli})[)onon, un héron henon) ^ Phénix, ; à Thèbes, auprès d'Anion, une déesse-vautour la « grande Mère » ^Alout ouertj, et, en outre, les dieux C^honson (la lunej et Mouton jj 275), ainsi (pTune déesse — hip[)opotame Tèpe; ailleurs, une déesse-scorpion Sahp't t^t ainsi de suite. L'existeru'e et rinfluence d(^ ces dieux sont limitées à leur sanctuaire et aux humes de leur culte; à C(da se borne leur caractère. Ils ont pour h>nction princi[)ah' de pouvi^ir accorder ou aussi refuser) à leurs adorateurs les choses nécessaires à la vie de la communauté, des particuliers, (;t surtout du souverain : h vie, saute, durée, force, victoire et prospérité. > Au tond, ils sont tous de uu'ine nature et ne se distinguent entre eux ({ue par leurs sanctuaiiM's, par les objets (jui les symbolisent, par le protocole avec lecpud on les approch(\ [)ar les tètes ou on les célèbre et par leurs noms particuliers, (les derniers sont siuivent des créations secondaires, dérivées de leurs attributs, et rEgy[)t(^ nous olîre aussi des exemples de dieux ({ui ne sont pas arrivés à ac((uérir un nom véritablement personn<d (cf. >^ 51 ; on dit par exemple « celui de Tonent » (près de Memphis) ; « le bouc de Jetet (Mendes) ; c< celle de Nechab » (El Kab , une déessevautour; ^' celui qui est sur son lac » (Hersef d'Jlei'akleopolis) ; « celui ([uiest sous son olivier '>,ou le dieu des morts (( le premier parmi ceux de Toccichuit », (Ihonli Amentiou (un dieu-chien très proche parent d Anubis <'t enlin « h; grand dieu (dans l'occident) » ; ces deux derniers ont été plus larçl identifiés à Osiris. Le nom « OMpouaout », celui qui ouvre les chemins, n'est |)as un V(îrilable nom [)ro[)re car uu

de ces dieux-loups a j)orlé le m)m [)ropre de Sel, (p|i a de bonne heure disparu).

Les temps ne sont plus, lieuroiiseincnl, <>ii l'on voulait voir dans la religion éi^^yptientie un système de théologie et de pliilosoi)lue ii\ chercher ses origines à travers les formules Ihéologiques de lî» basse époipie. On partait de celles-ci, éparses et sans lien, pinuéchafauder un svstème selon la manière des théosophes grecs (par exemple celle de Plularque dans le Iw hido et des nèo-platoniciens, on bien Ion dissertait à la suite de Ma\ Mï i.lku sur un u béiujlhéisme l)rimilir .) (par exemple Li: PA(iK Hknolf, Lectures on thr orufinr aiul (lerclopmenl of Ihc pijypiKiu rrlujion, et F^ui (iscii, Reliciion und Mylhohuiie (1er niteii \e(iypter, 1884, et beaucoup d autres auteurs. (Voir, par contre, rexcellerile esquisse de l^unscuviANN, Her \e(]ypti=<rhr helhrhi^nui.^ and (wtienjhwhc, /.. f. Elhmdoijie, 1878, 153 sq. ) De même, on a renoncé à la manie de l'aire venir de l'étranger les conceptions et les divinités égyptiennes, et de les conlondi'e pèle-mèle avec les cultes sémitiques ; Les conjectures fantaisistes de Winckler et d'autres sur (( une philosophie babylonienne (ou orientale ») sont un retour a cette idée. Dans mon Histoire d'Énypte,yî\[ exposé en détail mes opinions sur ce sujet, et ce sont ces idées générales contenues dans la première moitié du volume I, S ^^^ «<!• ^^'^ J« P''^^^ *<^' '^ ^'^ ''^''^^ '*^ "'*^" développement. Nous sonnnes redevables à Masi>i:k.) (Éludes de Myiltot.et d\irrhèot. èij., 2 vol., 1898), de solutions précieuses (178 n.). EuMAN, dans Aeijypteu ^ et lue aeijyptisrhe Heliuion, r édition, 1009, nous présente avec clarté les laits concrets concernant la religion égyptienne aux diverses époques et leur rùle dans la vie populaire. On trouvera un choix de textes religieux, traduction de Guai'ow, ap. Edxn. Lkhnunn, Tertlmrh :ur lieli(jions(iescliichte, 19L2. Suite de la bibliographie au î:^ 178 n. Cf. aussi l'article de Roi;i)»:i;, n^-^ ueijyptisehe Panthéon ap. -\rrfi. f. tieliyionswiss.,\\, 19b2.

183. Les dieux sont des êtres déterminés, (jui sont arrivés à une forme lixe et durable en se degagei.nt des h>rmes innombrables dn monde des Ksprits ; ceux-ci joucM.t pu grand rôle, en Égy[nv conuue ailleurs S l^Oj <'» ressor- Tissenl à la magie, cpii eut, à toutes les époques, une grande intluence sur la cônceplion de la religion. Parmi les nombreuses api)arences sensibles sons lescpieUeii se nianihslenf

GOMMHNCEMliMS DK LA CIVILISATION

LA RELIGION ÉGYPTIENNE — § i ^-^

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CCS es|)rils divins, il faiil si^naiei- en prcinièrt^. ligne, les animaux. Ce sonl, (Tiine part, des animauN donu^slicines, (jui vivent en compaj^nie de riionnne et lui i-endenl de constants services : au premier rang le ho'uf et la vache, et aussi le bouc et le bélier fcliez ces animaux, c'est seulement le mâle (jue les dieux semblent élire comme domicile , |)aiïois encore les oies; mais aussi bien fies fauves redoutables, tels que lion, crocodile, hip[)0|)otaine, seipenl venimeux, scorpion, (ju\>n cherche à se concilier par des sacrifices et à exploiter à cause de leur force et leur puissance. En outre, on adore des loups et des chiens (|ui sont étroitement associés avec Télevage du bétail, l'un comme ennemi, l'autre comme défenscMir ; des chats, et d'autres animaux inollensifs par eux mêmes, mais en qui réside, [)our quelque raison, certaine force magique et mystérieuse, comme beaucoup de singes, de poissons et d'oiseaux, Tibis, le héron, le faucon, h^ vautour et même la grenouille. Le culte des arbres n'est pas raie non plus ; c'est ainsi ([ue le sycomore est le domicile de Neit et de llathor ; le cyj)rès celui de Minou {^ 180, et nous connaissons déjà le dieu (jui réside dans l'olivier s^l82). Leciuel parmi ces êtres de\ iendra, dans un domaine donné, le siège d'une divinité et sera adoré comme tel, cela dépendra des circonstances (jui, en chacpie lieu, ont déterminé le développejiient particulier de la religion. Le trait commun à tous, c'est (pie leur espèce tout entière est considérée comme sacrée et rem|)lie de l'esprit divin, mais que Ton choisit un individu comme type, pour le transporter dans un sanctuaire où il est soigné et entretenu comme l'incarnation véritable de la divinité. De même qu'a|)rès la mort du roi, on en sacre un autre à sa |)lace, dépositaire de cette puissance divine (jui vit dans la royauté, de même, après la mort de l'animal sacré, l'esprit divin se transporte dans un autre animal, que l'on reconnaità certains signes, et qu'on introduit alors dans le sanctuaire. Jusqu'à (]U(d point a-t-on tiié les extrêmes conséquences du fait cpie

l'espèce entière était sacrée, cela dépendit des besoins et des nécessites inéluctables de la vie, et la religion, ici comme a illeurs, a dû se résoudre à un coin |)i-oinis. Dans nombre de cas,

du moins à la basse <q)o(pie, tuer un exemplaire de l'espèce était un sacrilège puni demort. Pareille règle estfacileàsuivre ((uandon neniange pas la chair de ces animaux, comme cela a lieu pour le chat et le chien ; en revanche, on a toujours abattu des moutons, des chèvres et des bcrufs, mais on ne tue pas les vaches, (jui donnent le lait; cetexpédient se retrouve aussi dans l'Inde. Danslesnomes (jui adoraient lecrocodile, on n'a jamais, du moins à la basse é|)oque, tué de crocodiles, mais ils étaient pourchassés avec ardeur dans les autres nomes, et on ne s'est jamais fait scrupule de chasser le lion.

Sur leslliéorics cpù e\j)li«pu'nl le culte des anifiiaux par la croyance (pic les ànies des ancêtres continuent à vivre dans les animaux (Totémisme' voiri^ o4sq., fi2. Je irmaripie aussi que les animaux dont la chair est défendue sont précisément ceux qui ne sont i»as sacrés, par exemple le porc en KgM)te et étiez les Sémites; ils sont impurs et inspirent rhoireur, non parce qu'ils s<ud divins, comme le prétend la théorie lolémique, mais parce qu'au contraire ils ne sonl nullement divins. — Los hommes vivants cliercliaient, i)ar le moyen du déiruisemcn! et à l'aide de procédés magiques, à prendre l'asi)ect de l'animal sacré ; la queue d'animal que porte le roi, et la peau de loiq) dont s*an'ul)laienl les guerriers aux temps très anciens (î:^ 167) sont une survivance de cet usage, qui aura été à lorigine encore plus répandu en Égypte(cf. par ex. les io/Toi. etc.); c'est ainsi que les esprits des morts peuvent avoir adopté, entre autres aspects, celui de l'animal sacré. Mais ce n'est pas là Torigine du culte des animaux, comme le prétead le totémisme ; c'est, tout au rebours, une conséquence du culte des animaux déjà existant. - La mythologie égyi)tiennc ne présente pas, (pie je sache, des exemples où les hommes sonl cni«:e!idrés parlesdieux. Le culte des animaux en Kgypte n'a excité tant de surju'ise que parce (lu'il s'est maiulenu, sans changements, jusqu'à un stade très avancé de la religion, prenant ainsi rapi)arence d'un Mystère. On sait que dans la dernière période de l'histoire égyptienne, à partir de la restauration de la XXVL' dynastie, le culte d(îs animaux, comme tous les autres usages religieux, fut remis en honneur cl fut pratiqué avec beaucoup i)lus de scruimle cprauparavaut.

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COMMENCKMENTS DE LA CIVILISATION

ISV Mfii^ l'I divinité ne se lie jamais à une seule des fqi'uies de la ualnre iîj ôU . (lotimie 1 lionmie, elle possède mie àme sous forme d'oiseau hcii^^i c'est-à-dire un (iléinen)- vivant (|ui, poui- un temps, a [nis domicile dans un corps; (die a aussi un espi'it ka [J ^ 170 <^|ui lui confère, vie e( force, et se tient deirièie elle, disjiosantdes ressourc(îs de la magie ; mais, à la difrérence de riiommc, la divinité peift, à tout moment, et, a sou gié, ahaudonncr son coips et se transftirer dans un autre (^ 54) car elle-même n'est pas soumise à la mort exception faite |)our les dieux comme Osiris . La divinité est présente partout où elle fait sentir son approche et son pouvoir ; elle i-eside donc en même temps dans les objets les plus variés, dans les animaux et aussi par exemple dans des pierres et des pieux en bois, comme Minou à Koptos et Osiris à Ihisiris ^^ 178) ; selon le langage religieux del'J^gypte, clia([ue dieu possède j)ar conséquent un grand nombre d' « esprits » (kaj « et d'ànies hai} » (jiii se meuvent eu libeité, même lorscjue lui-même réside dans son fétiche princij)al. Aussi est-il possible, par des moyens magiques, de le charmeret le ca|)ter dans tel ou tel objet tangible, et liualenient de le réduiie [)ar la fojce. C'est pourcjuoi on trouve dans tout sanctuaire égy[)tien, outre l'animal sacré, un objet mystérieux ([ue Ton conserve enfermé dans une chasse ^presque toujours c'est une (iguiine de pierre ou d'argile;; elle passe [)our être le vi'ui table siège de la divinité, la demeure où celle-ci a été enfermée par magie dans les temps anciens, lors de la consécration du temple. Il existe en outre de nombieuses r(q)rodMctions de sa foiine animale et de la fomn^ sous la({uelle on se r(q)résenle son es[)rit : un cor[)s (Phomme, surmonte d'une tète d'animal. (iCs images des dieux sont traitées comme les souvei-ains, habillées, ointes, oru('»es de nombi-euses anmlettes; aux grandes fêles, elles « aj)[)araissent » [en particulier la chasse voilée du dieu) devant le peu[)le, placées dans une barcjue ([ui sert à leurs navigations, et ([ui est [xMtt'îe sur les «'paules

LA nELlCION EGYPTIENNE

de h^urs serviteurs, les prêtres. A ces traits se sotli ildlurellemenl ajoutés d'autres détails, à mc^sure que s'ëftt développée la religion ; mais nous pouvons couî^idéier cOinlne tl-èî4 anciennes ces enseignes des dieilx que iioùs lii)ùvitlis à côté des enseignes d('s nomes; elles piiMent l'image <le râniliial sîU-ré bii tout aùllè t^lhblènië divin, et plécêdént le peuple dans les processions et à la guerre.

i.os iLffvnliens nitailiaicnt une hante iini»oi'tnn<'e à ce l'ail que les (lieux possédaienl plusieurs Av/ss et plusieurs />^//\s ; ceci nous est coniM-uiêpor les textes dos Pyiauiides el par les nouihreux noms de rois et de particuliers qi7'on lonue avec hi el hni. — Les anteuis grecs ont connu l'impoi-lance des cnseiu:nes divines iDiod., I, 89; /v /s., 72; cl'. HéiMMlole, II, 65, el Polyaen, Vil, i) ; ils ont cherché parfois dans ces enseignes l'origine du culte des animaux.

185. Le pouvoir des dieux se manifeste dans la vie |)ar tous les faits extérieurs (|ui <Hdia|)pent à la volonté de l'homiiMS il^ agissent alors en chefs et en rois, selon leur humeur et huir caprice ; toutefois, ils sont assujettis aux lois de la nature, à son cours régulier, au cycle de ses phénomènes, l.es dieux égyptiens, eux aussi, particii)ent d'une double natui(^ t^iv^ OVK 75 : ils apparaissent comme des volontés libres et étJMiielles, et, d'autre part, comme des puissances naturelles, asservies au retour perpétuel des mêmes j)hénomènes : ils sont donc passifs autant (ju'actifs. Leur vie se déroule dans le cycle des lois naturelles : la fécondation (h* la terre par le neuv(% la Jloraison, la maturité et la mort des plantes et des semences, la vie sexuelle et la fécondation des animaux et des hommes; ou bien, comme c'est le cas pour Moins el pour Sêth, ralternance de la lumière et des ténèbres, les vicissitudes des astres lumineux, et enfin surtout la lutte entre les forces créatrices et bienfaisantes et les forces néfastes et destructrict^s. Leur vie se passe donc dans une série ininterrompue de luttes et de transformations, (|ui se reproduisent régulièrement, année par année. Les hommes s'intéressent très vivement au sort

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COMMENCEMENTS DE FA CIVILISATION

LA RELIGION ÉGYPTIENNE — i:i 186

changeant de ces dieux siii- qui leposc leur e\isl(Mi((% leur prospérité, et ils clierclien( a leur venir en aide, anlanl ((u il est en leur pouvoir. Voilà les idées sur lescjuelles repos(^ \r cycle des l'êtes, (jue nous oITre la relit^iou de eluMjue nome, et des cérémonies fixées par la tradition. Une croyance très répandue est que tel ou tel dieu naît à un certain jour de l'année (ou aussi après des périodes de deux ou plusieurs années") ; cesfêtesdela naissance d'Anuhis, de ()upouaout,de Minou, etc., jouent un grand rôle sur les monuinenls des premières dynasties. On croil encore (pTà tel auli<' jom* il vainc, ou abat ses ennemis el j)arvient à la royauté pour (( apparailre rayonnant » clui' , en lout(^sa splendeur, devant le peuple, poit('^ sur la barcjue di\ine C'est ainsi (pie sous les j)remières dynasties im s(^ représentait Sokar, mais aussi tous les autres dieux . Pour Osiris de Husiris, (|ui demeure, dei)uis sa mort, dans les j)rofond(Mirs i\v la terr<', mais (|ui eonlinue a y vivre [)ar la force mai^i(|U(' de Tespiil ([ui habite les morts, c'est Tc^pisodc (h» la mort (jui est passé au premier plan, parce que c'est celle-ci qui a recn'é son pouvoir. Aux fêtes des dieux, les habitants du même nome d<Tilent en [)roc(*ssion sohMinelle, sous la conduite d(* h'ur cher, ou roi, et, de ceux (jui savent les rites, les « siMviteurs du dieu » [^ 189), afin de saluer cette apparition (\\\ dieu et de lui rendre hommage ; aux lutti^s des dieux, ils combattent |)our lui avec des armes et des o-ourdins, ils se lamentent sur sa (h'faite et sa mort ; ils rem- |)lissent V « (eil d'Horus » |)ar des olîramh's (5j 181) ; ils saluent la réapparition ou la naissance du dieu, ils intronisent son fétiche ou i^dèvent le pilier d'Osiris s^ 178 , ils le conduisent (Miand il se marie, vers la déesse voisine, ou lui amèiH'nt une femme dans le temple.

Notre principaU^ source d'infonnations poni* les ft^tos des «lieux sout les 11 oiïiL) reuses allusions couleuues daus les inscriptions des temples et les calendriers des fctcs, et, eu outre, les descriptions très vivantes d'Hérodote II, 89 sq. Pour la fête funèbre d'Osiris, v.

H. SciiAFEii, Die Myderien des OdrU iii AbydosiUnlers, :ur Gescit. Aeij.,l\\ 1904).

186. Malgré ces transformations fatales et ces vicissitudes régulières, les dieux sont cependant des puissances éternelles, toujours \ ivantes et agissantes, soit ([u'elles succombent ou meurent à nouveau, ou bien soit ([u'elles renaissent. U n'est pas de moment ou Ton puisse se passer de leur j)rotection: constamment ils restent auprès de leurs adoiateurs, en |)leine possession de leui' |)OUVoir, et Ton [)eut à tout instant invo({uer leur aide et leur faveur. La croyance religieuse n'est pas troublée |)ar rantinomie qu'il y a entre cesdeux conceptions, car la foi est toujours liée aux besoins du monuMit qui l'ont fait naîti-e. Ce désaccord |)ourtant conduit à ce résultat : les événements, auxquels se rattachent les fêtes, sont bien provoqués par le spectacle jirésent olîert par la nature; toutefois ils sont rapportés, par Timagination, a un temps très reculé, où le dieu, entianl en scène pour la première fois, acquit ou manifesta le caractère qu'il a toujours conservé. Les circonstances [)résentes se lransf(U]nèreiit ainsi en fêtes commémoratives des giands exploits ou des s(udîrances, (pi'accomplit ou cpie subit le dieu pour le bien de l'humanité, et dont dépend l'ordre de lunivers. Les rites de ces fêtes, ([ui s'accompagnent de tant d'instruments, attributs divins et svmboh^s divers, (b^mandent aussi un<' explication : ces praticjues, nées de l'inspiration du moment, souvent à la suite (Tincidents bizarres, le rituel les conserv<' aveuglément, mêmes après qu'elles sont devenues paifailement incompréhensibles ; elles j)rennent par cela même un caractère mystéri<mx, d'autant plus efficace. D'où la nécessité des récits de la mythologie, qui prétend expli- (luer ces usages et en même tem|)s la ligure et le caractère du dieu, par des événements (jui se seraient passés dans les temps très anciens; elle les transmet aux fidèles comme des secrets divins, auxcjuels on s'initie par une consécration

cdMMKNCKiiikN'is î»î: L\ civilisation

litur^lle ell pailiciilin- nh obî^^rviiiït les récries de la \n\vrU'^ rituelle dans l'aspecl |)livsi(|ue, dans les alimenls prescrits, dans la vie sexuelle , et aussi |)ar la consécration (|ue confère là (Il concision ^K^l . < 'es récits, ces infonnations touchant les dieux, leur nature, leurs destinéc^s, leurs tioins niystélieiix, prêtent à (jui les connaît une force luagicjue, car on pent ainsi mettre les dieux en son poiivoiret les forcera servir des buis mat>-i<|iu's. Les nivthes se prêtent à un dévidoppenienl pliis approfondi du caractère de chacpie dieu, (|ui est déjà fondé sur sa foiiue extérieure, son animal sacré et ses fêtes pailiculières. Tout dieu joiiit auprès du cercle de ses fidèles d'Une influence universelle ; néanmoins, il existe des domaines déterminés ou son action se fait sentir plus vivement et (jui lui appartiennent en propre; c'est par là (jue la rcdio-ion particulière à tel noine continue à se différencier de la i-elitrioii du nome voisin. Ainsi, Minoil ou Amoir est spécialcMlient le. dieu d<- la [)rocréation et de la fécondité : la vache Jlathor et la ( hatte liastet sont les déesses de la vie amoureuse; Oiqxuiaoutel Neit sont des divinités de lagilérre; le chien Anuhis est un dieu pt'éposé aux tombeaux (d aux luiKM-ailles ; Thout se manifeste dalis la lum»; Horus, dans le soleil ; llathôr dans la voûte ccdesle, etc. Ensuite, il y a des divinit(''s (jui n'entrent en action (|ue dans drs sitliatiolis détel-minées ; tels sont: la déesse des moissons Ueneuoutel, oU les déesses (|ui aident aux naissailces, ou le chien Chonti Amentiou ^^lH2i (|ui règne sur les morts. Ainsi s'es(|uissent les premiers traits d'une tlu'ologie : à côté des dieux localix, sei^i-neurs des nomes, il v a d'auti'es divinités (|ui ptMiveiit partout entrer en action, à des occasions déterminées; idles sont tant(M subordonnées aux premières, — alors se hirme un cvcle complet, se composaiit le plus souvent de neuf dieux, ta Hermopolis de huit), ayant à leur tête le dieu du nome^,

tantôt ellesexercentune action indépendante. Voilà ce qui

a reiidj |)()ssible aux divinités locales de s'étendre bien loin au delà de leur domaine primitif, de |)(''néti-er dans (Ta utres

LA RELIGION ÉGYPTIENNE i^ 187

nomes, grâce parfois à des événements politiques, et de fonder des succursales de leur culte, auxquelles à l'origine elles furent complètement étrangères

187. Une circonstance qui a stimulé ce développement, c'est que les Egyptiens, eux aussi, reconnaissaient, à côté des puissances locales, les grandes forces qui agissent de façon régulière dans toute la nature et (jui embrassent l'univers (cf. ^ 51). A leur tête se place le dieu du soleil, Rê' ; ensuite le dieu de la lune lo'h à Thèbes Chonsou, le « vovageur ») et les étoiles, parmi lesquelles beaucoup se signalent de fac^on significative : Sirius (Soptet), Orion (Sa'hou^ l'étoile du matin, lin autre groupe est formé par le ciel et là terre, celle-ci étant toujours du sexe mâle, tandis que le ciel est une femme, Nout ; au contraire l'eau ])rimitive Nounou, dont est sortie Nout la déesse de la voûte céleste, est du sexe masculin. Nout est fécondée par son frère le dieu de la terre, Gêb, « le plus haut fonctionnaire \vpn ii des dieux »> (cf. § 222 n.); mais désormais, Gêb gît à ses pieds, géant enchaîné, car leur embrassement a été rompu par le père de Nout, le dieu de l'air Sow (§ 179 ; c'est lui qui, se plaçant entre eux, a dressé la voûte céleste qu'il soutient de ses bras. La même conception se présente dans la légende du dieu de la végétation, Osiris, et de son épouse, la déesse du ciel, Isis (^ 178), qui sont les enfants de Gêb et de Nout ; ils engendrent à leur tour, le dieu du soleil, IJorus, qu'on appelle souvent « Horus de Tllorizon )),//o/* echouVi. D'autres mvthes montrent la réunion du ciel avec le dieu du soleil. D'abord, c'est le ciel (jui eii faute le soleil : « du sein de Nout, dit un texte des Pyramides, sort Rê' en marche ; elle enfante Rê' chaque jour ». .Mais ensuite le dieu solaire s'élève, dans sa gloire ; il féconde la déesse du ciel, s'engendrant ainsi lui-même dans le sein de sa propre mère. Souvent, on le conçoit aussi comme un scarabée O iChé-

perer ; celui-ci, d'après la croyance égyptienne, engendre ses petits, sans l'intervention d'un autre sexe, dans la

COMMENCKMENTS DR LA CIVILISATION

LA RELIGION EGYPTIENNE

houle de fumier qu'il pousse devant lui; de même, le dieu roult^ son œuf, le soleil devant lui, à travers le giron de la déesse du ciel. La même idée se fait jour également dans les noms que portent les déesses célestes : Hathor, « la maison d'Horus »; Isis, « le siège » (du dieu du soleil ; peut-être aussi Xehthet Tépouse de Sétli Ne|)htliys, la ((Souveraine de la ville .>. Voici ce qu'on raconte de lie : fils de l'océan céleste. Nounou, il est d'ahoi-d ai)paru à llerakleopolis, ou llermopolis, sur un tiulre de limon (pii s'éleva de l't-au primitive; il livra de grands combats à ses ennemis, en particulier au serpent géant, 'Apo[)i : il délruisil à Herakleo|)()lis les hommes rehelles, à l'aide de la déesselionne Sechmel. puis reforma une nouvelle humaniti». La lé^j-ende rac(mte encore (lue son d'il, devenu |)ar la suite une déesse indepeudanl(\ douée de pouvoirs magiques, et qu on Identilie plus lard a\(H- Ijalhni-, 1\-fènet, etc., — s'en est aile au loin (M (pie \\o doit alhM- le chercher et h» ramener. Kniin, Ih' régna de hmgues années sur la terre jusqu'à c(^ (jue, devenu vicMix, il commanda à son hls Sow de dresser dans les airs la grande vache céleste; alors il se retira sur son dos, et ainsi, tous les jours, il parcourt l'espace dans une har(jue ou sur un traîneau. La cosmologie (rilermo[)olis. (jue nous ne compienons pas encore très bien, a fourni une aulre légende : le monde aurait été* créé |)ar huit |)uissanc(*s primitives ayant la l'oiine de cynocé- |)hah*s, et (|ue la théologie interprète deux a doux, maie et fenndle, comme des forces cosmicjues abstraites eau primitive, éternité, ténèbres, puissance, etc. . D'elles a tiré son nom la villa de ChmouiuMi aujourd'hui llsniounein, c'est-à-dire « la ville des Huit •. A liMir tète se plac(* le |)ati'on du nome, l'ibis Thout, le dieu de la lune, ([ui a créé la mesure du temps et par const'qiKMit toute mesure et tout ordre, qui a inventé aussi la langue et Técriture, le dessin et la peinture, qui a crc'é le droit et (pii rappli(|iH" aussi est-il, dans ce système, le vi/ir de Hè et l'époux de \laat, la

déess(» de la justice . Il existe un autre dieu de la nature qui est lla'pi, le Nil, un homme vigoureux et barbu, aux mamelles puissantes; d'après une autie conception, les dieux, en particulier Ré/ et Isis, font surgir Peau du Nil de sa source cachée dans les tourbillons de la première cataracte, et la conduisent pour susciter la crue en sa saison. — Les dieux ont sinon créé le monde, puisque la matière a toujours existé et n'est pas œuvre divine, du moins l'ont façonné, ont réoflé le cvcle des saisons et le cours des étoiles, la vie de la végétation et des sexes ; ils ont fait de l'Egypte le centre de la terre, car elle fut elle-même le théâtre de leurs hauts faits, et ils l'ont entourée du désert, habité par les peuples l)arbares, et de la mer qui ceint tout Tunivers. A ces régents du monde, les grands dieux ancêtres de la familh* divine, se rattachent la foule des dieux du culte et les légendes auxtpiels ceux-ci ont donné naissance. La lumière venant de l'est, c'est à Torient (jii'on place le « pavs des dieux », leur véritable patrie et domicile, tandis ([ue l'occident, le royaume des ténèb]-es, est celui d'Osiris et des esprits des morts. Os idées s<» croisent sans cesse avec cette autre ([ue la vallée du Nil <dle-méme reste toujours le théâtre de la vie des dieux et le loyer de leur influence.

La léffoiKle do Y\v ol do sos onfanls nous osf racontêo surtout dans le livre dApopIlis, que nous a conservé un papyrus do l'année oïl (Brixa,, Furi^innlrs <,/ K(iyj)l. Ilicnitic pnpyri, 1910, ti'aduit par (iRAPow, ^iM n. et Hanki:, .^ 154). — La plupart dos nécropolos dans la llautet^gypte sont situées précisément à Pouest, au bord du désort lihyquo, mais ceci n'aura joué (piiin n'jlo insigiiifiaid Jans la formation do la crovanoo à un l'oyaiuiio (rOccideat. Lo lait soi'ait du- i)lntot à des causes locales, surtout à la nécessité d'éj)argnor le terrain cultivable et de ne pas s'en servir pour des cimetières. Même en Hauto-Égypto, il y a un grand nombre de nécropoles très importantes qui sont situées dans les montagnes de l'est, et cependant les morts enterrés là appartiennent au royaume d'Occident.

188. Les grands dieux de la nature, si fortemeni qu'ils agis-

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COMMENCEMENTS DE L\ CIVILISATION

sent sur l'homme, n'ont pasélé, enÉgyi.le pas plus .,u a.lleurs (cf s; 51) l'objet d'un culte «léveloppé, précisément parce <iiie leuractiôneBld'uncaraclèreabsolun.entuniverselelrég..l.er.

Ne font exception que les phénomènes qui semblent mettre en périll'ordredel'univers,con.n.eleséclipses(iii8l),oaceux-la

dont le retour est régulier, mais enUaiue la transforn.alion et la sou«rance <lu dieu, qui a par conséquent beson, qu on lui vienn.-en aide par des fêles et des oftran.les: d en est ainsi pendant les phases de la lune et,pourcetle ra,son,elles se prêtent très bien aux opérations magi<iues. Dadieurs.il va aussi des dieux locaux qui, dès l'origine, parlicpen. an ;araclère des forces universelles; tels sont Osiris, le «lu-n de la terre et de la végétation, qui réside ,lans le sanc.ua.re sacré de Busiris, ou bien le <lieu .le la llaute-Kgypte.Mn.ou. \utrement,ils ne peuvent devenir l'objet .l'un cnlle.,n'en se transformant en dieux locaux. Chez, les Grecs et chez, .l'autres peuples indo-germani.iues, ce culte a été possible, en particulier pour le dieu du ci.d, parce qu'on en a fait W père des tribus ou «les groupements consanguins,!), (|u. reste en rapport direct et immédiat avec ses descendants ; certains l.eux déterminés, en particulier la cime des hautes montagnes, passent pour être sa résidence. Che/, les Egyptiens, l'évoluliou s'estfaitele plus souvent à rebours ; c'est un dieu local (|u'on a élevé dans la sphère des puissances universelles et idenlitié avec elles ,on rencontre plus d'un cas analogue chez les Sémites, par exemple Jahwe d'Israël. Mardouk de 15abel, etc.'. Dès l'origine, comme nous l'avons reniar.|ué, les dieiix locaux ont une tendance innée à se transformer en forces cosmiques, car,aux yeux de leurs lidèles.leurdomaine

d'action est illimité et le cycle de leurs fêtes, avec les léo-endes (pii s'y associent, se rattache au cycle naturel de^'s saisons ; aussi les deux cercles d'idées se chevauchent constamment. C'est apparemment par ce procédé que l'ibis

(1) Sliimme et Blulsmrhiinde.

LA RELIGION ÉGYPTIENNE

Thoiit (le Keimopolis est devenu de bonne heure un dieu de la lune et une puissance cosnii([ue j^ LS7) ; il en lut de même pour Neit de Sais et pour la vache Ijathôr de Dendera, toutes deu.v déesses des arbres, résidant dans le syconiorc\ et ([ui devinrent des déesses du ciel cf. S^ 109i. Four d'autres dieux, surtout dans le cas dMIorus et de Sèth, on ne peut délinir avec certitude jusqu'à (juel point ils furent à Forigine dans les cultes divers, soit des dieux-animaux locaux, soit des forces cosmic[ues, ui si leurs uoms, empruntés à la mythologie cosmique, n ont pas été peut-être reportés sur des dieux locaux, qui à Forigine n^ivaient pas reçu de nom. Il y a un autre procédé (|ui fut décisif pour le développement ultérieur de la religion égyptienne, et qu'adoptèrent les prêtres de lléliopolis (On; cf. s^ 193 : ils déclarèrent ([ue leur dieu local Atoumou était une manifestation du dieu du soleil Hé' ; ils Fadorèrent sous le nom d'Atoum-Ké' et reportèrent sur lui toutes les légendes lelatives à l^è\

La croyance à un souverain de l'univers RiV remonte à la plus liante antiquité; preuve en sont les textes des Pyramides et beaucoup de noms anciens (dans les noms de rois, Rê' apparaît sous la IF' dynastie, avec le nom de Xeferkerè'l) ; néanmoins il n'a jamais eu de culte nulle part (sauf sous sa l'orme locale d'Atoum-rô^), avant d'être élevé au lany de dieu de l'empire, sous la V' dynastie. Pas davantage n'ont reçu de culte Nounou, Noul, le dieu du Nil Ha'i)i ni môme le dieu de la lune, sauf dans les fêtes lunaires (et sauf pour les cultes locaux de Thout et de Chonsou à Thèbes; ; je ne peux avancer aucune pi-euve non i)lus j)Our le dieu de la terre Gèb. De même Isis, si puissante cpielle ait toujours été, depuis les temps anciens, dans le mythe et dans la inai,ne, n'a acipiis que très tardivement une importance dans le culte ; quant à sa sœur, Nephthys, elle n'a i)our ainsi dire jamais eu de culte. Les recherches sur l'histoire de la relii^n'on ont fort injustement néglii^^é ces points, qui ont grand besoin d'être étudiés spécialement et à fond.

189. Le culte a créé entre Fhomme et les dieux une associati(m indissoluble, (|ui comporte pour les deux parties des

COMMENCEMENTS DE LA CIVILISATION

obligations égales, pa.cv .luo lexislenco .le loutos deux en .lépencl. Kn é.l.angt- «le la proK-clio.i .lucUc acconle, la divi.iiU- i-ecoil <l.- ses li.ieles loiil ce <|'ii 1"'' e«t nécessaire, pain, viande, lail, l.iere, vin, vèleinenls H parures, fleurs etencenn. ,.u, comme ..,. dit idus lar.l dans les fc-rmules oe l'offrande: « loules les clioses bonnes el puivs-jui viennent sur la table d'offrandes et dont le dieu vit » : il faut y ajouter les cérémonies des fêles. l'.M.lretien du sanctuaire el une large part de tout ce que les dieux font gagner aux (i.k>les. 11 est bien enlendu .|u'uu doit observer avec ponctualité le cérémonial dont la divinité demande a être entourée, tout comme le souverain lenestie. Il existe beaucoup de clioses « que le dieu a en horreur ». avant tout la cliair de certains animaux; pour approcher le dieu, il faut être pur, surtout n'avoir sur soi aucune souillure ni impureté provenant des relations sexuelles (la circoncision appartient à ce genre de prescriptions . Ce .pie le dieu réclame, l'homme initié le reconnaît aux signes .,uil manifeste. La connaissance ,1e ce rituel, qui va toujours s'ampliliant. ce senties .serviteurs du dieu .. (les prêtres «lui la possèdeiil : la communauté les a installéspour garder la maison du dieu. nourrir et habiller limage <lu dieu el les animaux sacrés, guider les fêtes et les processions: ils possèdent aussi Tari <le d..viner la volonté ,ln dieu, el de lui arracher par des oracles «les iuslruclions pour l'avenir, ainsi <|ue des jugemeuls sur des .[uestions ou des faits en lilige. A côté <le ces » serviteurs du dieu .. .nom que les (irecs ont traduit par . prophètes ..) et de leurs ai<les,il v a une classe noml)ieuse de . purs n <iui se séparent de la masse du peuple, el soûl appelés ainsi d'après .les riles de purification par rean.couinie le montre l'écriture .le leur nom /'^ nnC-h. lis se divisent en qualiv groupes il>hi,kH .|ui se relayent, au cours <!.• iauné.-. pour prendre part aux fonctions sacerdotales .1 aussi par c.nsé.pient aux revenus .lu t.-mple. N..us tn.uvons .l.-jà cette classification sous l'Ancien Kmpire. el elle remonte probablement a des

Si

LA RELIGION EGYPTIENNE

^ l^JO

temps beaucoup plus anciens. Il esl vraisemblable qu'à Toiioiiie lout habilanl du nome avait accès auprès de la divinité el participait aux offrandes et aux autres biens des dieux; puis ce droit s'est restreint aux seuls habitants de la localité, et finalement à une classe privilégiée et liéréditaircN tandis que la masse du peuple ressortissante au dieu était obligée de recourir a rintermédiaire des prêtres. Il est possible aussi que ceux ([ui n'etaiciil pas nés dans la classe sacerdotale, nusseid néanmoins y entrer à de certaines conditions(peutêtre par une investiture de la part (\\\ roi ; de cette façon, cette classe n'a [)u devenir une caste tout à fait fermée, comme chez l<'s llindou\,les Perses et les Israélites.

Les quatre phyl'ii de ce sacerdoce laïque ne nous étaient connues jusqu'ici que \mv le décret de Canope, 1. 24 sq. ; elles se sont retrouvées les luéines dans les aicliives du Moyen Empire étudiées par H(Mu Hviu.T À. /., 37, 8i) sq. ; cf. 40, I [?>A\, 34; c'est lui (lui le premier a jeté quelque clarté sur leur caractère et leur organisation. l*our l'Ancien Empire, v. par exemple Sktiu:, i /A. des A. /»'., p. 58. Lt. encore le décret de l^epi, A. Z., 42, p. 10 1. 21 et 24 (§ 244 n.). Pour les éléments étrangers qui se sont introduits plus lard dans ces pliylai de i)rétres, cf. \\'. Otio, Pr'u'slcr uiid Tcnipcl in hcUcnisl. Ai'tjypteit, î, 222 sq.

IV)(). On cherche par tous les moyens às'assurerla bienveillance de la divinité, à la (( satisfaire» isheicp . Lorsque son couri'oux pesait lourdement sur le peuple, ou lorsqu'on voulait gagner son appui pour des entreprises difficiles, on lui a, dans les tejups primitifs, immolé des hommes. A l'origine, ces sacrifices ont du avoir lieu également à l'occasion des luttes entre les dieux et des fêtes funèbres ; plus tard, nous vovons que ceux (jui jou(Mit là le lôle des ennemis du dieu étaient |)resque assommés à coups de gourdins (Hérodote, 11, 03) et que les autres participants, hommes et femmes, se frappaient jusqu'au sang (^Hérodote, II, 61, 132; cf. I 487) ; la même chose se passa probablement à l'origine, pour les hommes dans le cult(» funéraire |)iive. L'usage de

lOMMENClùMEMS UE LA CIVILISA TION

LA RKLIGION ÉGYPTIENNE— i; l*.ll

marquer les animaux du sacritice par un sceau ropréseulaiit un honiuie lit' au poteau de torture, et ([ui a le couteau sur la gorge, est uu rappel des aneieus sacriliees huiuains. De juème nous trouvons sur les parois des leuij)les, jusqu a la plus basse époque, des représeulatioiis stéréotypes, ou le roi assomme les prisonniers encliaînës qu'on lui amène; le sphinx royal ou le grillon jette à terre ses ennemis et les déchire, ou encore, un peu plus tard, dans un tableau purement symbolique, le roi saisit par la chevelure tout uu groupe d'ennemis et les frappe de sa massue ou de son glaive recourbé; tout ceci démontre qu'ici, comme chez les Sémites, on avait coutume d'immoler en l'honneur de hi divinité les ennemis laits prisonniers. Les monuments les plus anciens nous offrent plusieurs tableaux de ces massacres et montrent les cadavres des prisonniers amoncelés ^SS 201,208). ()uant aux figurines qu'on dépose au|)rès du défunt, elles sont là évidemment pour remplacer les femmes et les serviteurs qu'on immolait autrefois à côté du cadavre (§ 170). D'autre part, nous savons que lorsque le dieu ne se laissait pas fléchir, lorsque un vent brûlant, la maladie ou d'autres fléaux ne voulaient pas cesser, on s'en est pris, jusqu'à la plus basse époque, à son animal sacré ; « on le conduisait en silence et secrètement dans l'obscurité, on cherchait d'abord à l'eflraver par des menaces et si cela ne réussissait pas, on le punissait en le dévouant et en le tuant» (Plut. de Is.y 73). On fait intervenir aussi la magie, qui, de tous temps, a joué un grand rôle en Egypte, tant la magie officielle, qui complétait le culte, que les opérations illégales et défendues. La magie s'attache, non seulement aux fantômes innombrables qui habitent le monde des esprits, mais aussi aux divinités locales et surtout aux grands dieux, car c'est surtout grâce à leur art magique que ceux-ci sont arrivés à la puissance et à la victoire sur leurs ennemis ; ils s'accompagnent de nombreux serviteurs qui, soit parleur nature, soit par leur nom, parfois aussi par leur extérieur —

combinaison terrifiante des animaux les plus divers —(cf. §200) ne se dillereiuient en rien des fantômes horribles. Connaître leurs (pialités propres, leurs noms, leur mythe, telle est rarme principale de la magie; par elle on peut les contraindre à vous servir et produire pour son com|)te personnel les mêmes effets ([u'ils obtinrent autrefois par les mêmes moyens.

Daprès Manéliion, ritr|Mr IMnI., /v/s., 78, des honnucs lyphoniens lurent lu'ulés autrefois à Kiloitl.ya (Ml Kab), au cdMir de l été et leurs cendres furent dispersées au vent ,cf. Diod., I. 8K) ; d'après ce même auteur, cité par i>orpliyre,/J^ .\^.s/., II, r»rj, c'est Ainosis (en l'an 1570) qui remi)la(:a le preuner par des liiiuriues de cire les hoinnies ipion sacriliait à llélioi)olis eu IMionneur dllera mais quelle est cette divinité?). Cliacpie jour on lui sacriliait trois personnes et on reconnaissait les victimes à certaines marques sur leurs corps. Cette date n'a pas un caractère liislorique ; du inoins, ne pouvons-nous signaler dans la suite d'autressacrifîcesliumaiusenl^:gypte(ils se sontconservésen(irèce

très tard et de là ont passé à Home, et nous ne parlons pas des t^héniciens ni des autres peui)les (cf. Hérod., 11, 45). Eu revanche, on a \m connaître des sacrifices rituels d ennemis, comme à PJome, dans les triomphes; cf. Ju.NKKu, \./., i8,70(il cite l>rocope, /Vr.s. I, 19, 36, d'après lequel on a sacrifié des hommes au soleil, à Philae, jusqu'à l'éim-iuede Justinien; or Procope dit expressément que cette coutume ne se pratiquait que chez les Rlemniyes). Les temps anciens, i»eut-ètre encore ai)rès Menés, ont certainement connu les sacrifices humains (cf. Sktui:, lU-i- Irinjc zur altcslen Oesck., iU sq.j. Cf. aussi Seleukos èv ol; '^pt -.f.ç rap' Aîvj- TÎoi; 'avOpco'oOuo'ta; otr.Ydîra-. [Athen., IV, 172 d). Kastor cité par Plut., De Is., at, décrit le sceau qu'on imiirimait sur les animaux du sacrifice et que nous connaissons par les monuments. Comparez avec Plutarque, De fs., 71, la menace des dieux dans un papyrus de basse éi)oque, Archiv fur Papyrusforscluuui.y, Ui et Porphyre, adAneb.,^1. D'aju-ès la pvramide d'Ou/ms, 508 sq., reti, 312 sq., le défunt fait son repas des hommes et des dieux ; il les capture et les fait cuire, «fin de manger « leurs forces magiques et leurs âmes ». N'y a-t-il pas là une réminiscence de l'anthropophagie qui exista aux temps très anciens (comme en Arcadie au l.ykaion) et un etîet magique du repas sacrificiel?

191. D'une façon «générale, la religion primitive des Egyptiens a un caractère sombre. La plupart des dieux sont des

lor»

COMMENCEMENTS DE LA CIVILISATION

LA RELIGION EGYPTIENNE

êtres mécliaiïts, et toujours inspirant l'in(|uiélude ; à côté des aiiiiuaux (lonicslicjues, coimiie le huniï et le l)elier, ceux qu'on adore le plus devotenieiil soni |)récisénienl les plus sauvages et les plus malfaisants. Dans les prières des morts comme dans les formules magiques (jui servent [)(>nr la vie courante, le monde terrestre, comme le monde des

esprits, est peuplé de [)uissances malignes, dette crovance

II*' pénètre toutes les légendes des dieux ; elles sont imprégnées de sano- et d'actes de violences, f.e maîtrede la terre Uè', a lui aussi, fait détruire les hommes autrefois ^ IS/!, par la déesse lionne Sechmet dans la veision conservée de ce mythe, on e\pli(|ue iprelle est <( Ticil de Uè' » et on l'identifie avec Hathôr ») ; même, il ne [)ut mettre un frein à sa rage destructive qu'en pi cparant avec le sang de riiomme un breuvage qui l'enivra. Rè' porte au front, comme le roi, un serpent venimeux, l'uraeus redoutable (|ui crache le feu. Tous ces traits nous rappellent les mythes et les cultes mexicains et d'autres analogues, et nous montrent ((u'en Egypte aussi, au commencement de la civilisation, les progrès de la religion ont eu pour premier résultat d'en accuser les côtés sombres (cf. S ^'>7 sq. . Nous n'en sommes (|ue plus surpris de voir à (juelle hauteur de civilisation les l']gvptiens sont arrivés lorsqu'ils se présentent à nous, en plein développement, soUs rAiicien Empire. D'ailleurs, ces faits témoignent en faviuir d'une longue et intense période

de culture, ([u'ils auraient traversée auparavant, et aussi en faveur d'une influence bienfaisante : celle que l'élevage du bétail, la culture des champs et le développement commercial (jui en résulte, ont exercée sur l'ordre et la justice dans l'état. Les rites farouches d'autrefois furent partout abandonnés et s'ell'acèrent au point de devenir des actes symboliques. Déjà, à répocfue u prehisloricjue », les anticiues sacrifices humains qui accompagnaient le culte des morts ne se survivent plus que par ces poupées (jue l'on dépose dansles tomJ)es,etaussi panette coutume, que lescourtisans

des rois Ihinites sont enterrés avec eux dans la même tombe, et ceux des rois Meinphites, tout autour de la tombe royale. Les sacrifices (\gyptiens se souviennent si peu que les di(Uix autrefois avaient soif de sang, qu'après rimmolatiou des animaux devant le temple, les mets du sacrifice i viandes, boissons, gâteaux, fleurs, etc., et surtout renceus; ne font que passer sur la '.able d'olîrandes devant la divinité ; ce sont les prêtres, les « purs »> (jui les mangent. A vrai dire, on continue à raconter les vieux mythes (car les l*]gyptiens ne parviennent jamais à rejeter une tradition , et ils servent de prétexte, après comme avant, à mainte opération de magie légale ou illégale : mais, par-dessus ces mythes, se forme une conception purifiée de la divinité et, dans les rapj)orls entre les hommes, règne une morale policée, une justice et un ordre bien établis. C(da aussi est un don des dieux, et, quoique n'étant pas eux-mêmes des êtres moraux, ils sont les protecteurs de Tordre moral et ils punissent ceux (jui olîensent cet ordre comme ceux qui transgressent les commandements de pureté physique. Cette règle éternelle, cette justice sur (juoi repose toute civilisation, toute association pacifique des hommes, on l'incarne de fort bonne heure dans la figure d'une déesse de la u justice » Ma ai, grec : Théniis, ([ur l'on leiid |)arl'ois par « vérité », mais en se trompant complètement sur le sens du mot' — la fille du maître du monde lié' et l'épouse de Fliout, Linitialeur de toute civilisation.

Du moins, nous pouvons reconnaître dans leurs traits essenti(ds les circonstances extérieures cjui ont présidé à ce dévelop[)enienl progressif de la civilisation ('gyptic^nne.

Les sacrifices [)ai- le Icu ne se ivncoiiti'ent en l^^^yplc (pi'à la jjasse é[jo(iue ^tlèiod., It, oî) sij., cl. Eum \.n, Aetjy/tl. HcIk/kh), IîI s<j. .tlOO ; Jlxm:u, .\.Z., 48, t>l> sq.), et bont par contre élranij;:ers à toute la itèriodc classique, excepté dans les cas u on Ton sacrifie à un dieu lointain devant (jui ou lie peut pas dépos(M* des inels », I^kmw, Kcijyf}!. /^V., .')8 sq. L()is(|iu3 les liMiiples du Nouvel Ein|>ii*e nous luonticid (jiiOn ofTre au

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(lieu un vase contenant des charbons et des morceaux de viande (spécialement des canards et d'où s'écha|)pent des llammes (Ehmvn, p. 59; JiMM iKH, Rer., a^2, 4, 66), il ne s'aiifit nullement ici de sacrifices par le feu, ce que la forme des vases suffirait à prouver; cela signifie seulement qu'on fait rôtir la viande (c'est aussi l'opinion (rKrman Cf. K\LL, Rec, 31, 49 sq., qui souligne avec raison que dans le temple du soleil de Neweserrê' l'autel ne montre aucmie trace de feu et n'est pas du tout construit pour des sacrifices par le feu; on peul dire la même chose de tous les autres autels.

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