LES I:TATS 1>UIM1TIFS DE L EGYPTE
naslie des « adoralcurs dlloriis » ([ui régna plus dv 13.420 ans. Chez Manéthon, nous voyons qu'à la troisième dynastie dos dieux, ou plutôt des demi-dieux, succède, (fabord un certain nombre de souvei-ains enil)i'assant 1.S17 ans, puis .iO rois deMemphis avec l.7î)0 ans, 10 rois de Thinis comptés pour XyO ans, enlin les u MAnes » (|ui corresponcbMil aux adorateui'scrilorus (le grec vsW; Y.aiOco-. pari d'un con(re-seùs) ; ceux-ci aiiraient régné 5.813 ans. Sauf (|utd(pies (hllVu-ences de détail, le schéma général, comme on voil, esl le même. 11 est [)aiticulièremenl signilicalir (|ue dans les deux listes, les adorateurs d llorus (mentionni's aussi, assez IVé(piemment, par les monuments égyptiens comme étanl les predécesseuis de Menés et les rois des lem|)s anciens soicMit précédés de plusieurs aulres dynasties de rois hujuains; parmi ceux-ci on remai(|u«\ a la lin, les rois de Menipliis (^t du pays du Nord. Nous n'avons conservé (pie neuf ]H)ms de ces rois de la Hasse-Égvptr reconnaissables à buir couronne rouo-ei; ils sont mentionnés dans le fragment de la I" ligne de la cbroniquede la pierre de Palerme S 200), (jui enuniérail un a un tous les l'ois avant Menés. L ancien i:m|)ire a donc |)ossédé sur cette période des renseignc^menls beaucoup plus c()m[)lels que ceux ([ue nous trouvons au papyrus de Turin et dans Manélbon. Les chiU'res fournis par ceux-ci sont nettement contraires à riHsl()ii(\ car ils attribueni a la plupai't de ces hommes primitifs une existiMice de beaucouj) plus d(^ cent ans; (piant a la tradition lournie par la pieire de Talerme il a pu s y glisser aussi, dans la succession des dvnasties, (luebiues changeuMMits arbitraires, liés à certaines croyances jnylhi(|U(»s. Du moins, le lableau général (pie nous tirons de c(^s renseignements sur la plus ancienne histoire dl^^gypte, est-il parfaitement d'accord avec les faits (pie nous apprennent d'autres témoignages, et les noms des rois de Basse-Egypte conservés parla pierre de Palerme ne semblent nullement inventés de toute pièce. Evidemment, l'Ancien Empire a connu nou seulement une Iradi-
LE ROYAUME LE PLUS ANCIEN DE LA BASSE-EGYPTE — il; 193 111
tion, mais encore les monuments et les faits histori((ues d'une épo(pi(^ d(^ beaucou[) antérieure à Mem^s, sur la(|uelle nous-mêmes avons beaucoup appris par les fouilles. G\îst sur ces matériaux, (jui s'accompagnent de légendes et do conceptions mythiques, (jue se fonde la tradition des origines.
l\>ur les doiiiuM's du papyrus de Turin et relies de Manéthon, conservées seulement ])nr Eus(d)e dans la Chron., I, 134, v. maChronoloffir. 118 sq., 503 s. et Irad. p. 1H4, i>91. — Sirni:, lirUr. :iir alleslrn C.rsrh. \('(iyi)h'n:i ilnlcrsuclnifuirii :ur (jcsrh. Aetj.^U], iî)03) a poi't(^ la lund^^e sur ces a adoi-ateurs d'ilorus, Srini^on llùr )>. Les textes t'unéraires en parlent souvent comme de morts bienheureux, c'est-à-dire comme les esprits des rois défunts, (jui réijfnèrent aux origines, mais dont le caractère histoi'ique est tout à l'ait relégué à Tarrière-iilan ; d'où la traduction vi/.u£; Ti>xi()io>. doiuiée par Mnuf'dhon. Les noms conserv(*s sur la pierre de t^alerme peuvent difficilement se transci'ire (A peu |)r('s : SUa, Tjou, Zes, Ouaz'anz, etc.i ; les années des règnes ne sont pas indiipiées.
Le roijaumv le plus ancien de Basse-Eyyple. Le développement de la religion. Le calendrier.
193. Qiudles étaient les limites exactes de la souveraiiieté des anciens l'ois de Basse-I^]gy pte ? Aucune hyj)othèsene |)eut rétablir à l'heure actuelle; mais il est très probable (|ue (Tautres royaumes ont existé en même temj)s dans la vallée du Nil. La j)rédominanco de la Basse-Egypte, aux commeii- ( cmejits de Thistoire égyptienue, est nettement reconnaissable pai- la i-eligion. C'est ici le lieu d'origine de la plupart des cultes (|ui ont |)ris un caractère universel et se sont étendus à tout(^ ri]gy|)te; c'est ici (jifon a fondé la* théologie, or(l<)nn('; le svstème des dieux et de l'histoire sacrée, sur la base de conceptions originaires de la ville d'On (IJéliopolis) et de Busiris, à l'entrée et au centre du delta. Nous avons déjà vu qu'à Héliopolis, on identifia le dieu local Atoumou avec le roi desdi(Hix, Rê' (!:i 188i. Bè' fut engendré par l'océan
LES ÉTATS PRIMITIFS DE l'ÉGYPTE
pii.uilif Nounou ; son fils esl le dieu delair So^v(lui a diessé on lair la vaclie céleste, eu la souteuanl de ses bras. A ee cycle de dieux se rattache celui de Busii is: Osiiis est le tils du dieu de la terre Cxêb et de la déesse du ciel Nout, qui deviennent les enfants de Sony et de Telénet, et Osiiis a pour frère Sôth et pour sœurs Isis, laère du jeune Horus qui vengea son père, et Nephthys. Nounou n'est pas compté ici et Atoumou, n'ayant point (réponse, engendre ses descendants parauto-générittion: aussi llorus, le (ils dlsis, ne fait-il plus, dans ce système, partie des grands dieux primitifs. Ainsi se forme un cycle de neuf dieux, a la tète duquel est Atoumou (lîé'j; c'est la « grande neuvaine d'On » que toute l'Egypte adopte et i\u\ leprésente le cycle des grands dieux cos^uiques; plus tard les grandes ca|)itales de lempire essayeront d'v introduire de force leurs propres dieiix : Ptah à Memphis, Amon a Thèhes.
Taiulis (pic KuMVN, Wijyplen. 3^2, s., que j'ai suivi dans mon ///.s/o//v ciKgypte, tient les villes et les ciilles de liasse Kgyple pour plus réceiils que eeux de la Ilaut(-Kgyple, MaspkiuX^ 178 n.) a démonlré que le culte d'Osiris est au eoulraire issu de liusiiis, et il a aualys(' en détail la siqnilication et l'iniportance de riùinéade d'Héliopolis. Voici comment elle se compose, d'apiès la pyram. de MerennV, ^205 r= Neferkerr' 665, et d'autres sources: Atouiuou, Sow, Telènet, (icd), Nout. Osiris. Isis, S('th, Nephthys. Si ou a pu relier et concilier des éléments à l'origin*^ dissemblables, c'est parce que Nounou, le père du dieu du soleil, et Nout, la mc're d'Osiris, ne sont que des variantes de la même idée l'ondamentale et ((ue par conséquent Nout est aussi la mère de Rft'(^ 187), de même qu'lsis est aussi la déesse du ciel. De plus, la terre et le ciel sont les enl'anls du dieu de l'air, i)arce que celui-ci, daus la Icgende où il dresse dans les airs la vache céleste, était déjà le fils de \W\ la progression naturelle pour le mythe de Géb et de Nout eût été, au contraire, que Sow, qui vient rompre leur réunion priiuitive, fût leur fils. Un fait qui est aussi très caractéristique, c'esl que llorus n'appartient pas à l'Knuéade, de méuu' qu'il ne prend pas place auprès d'Atoumou-Ré' comme dieu du s(d«Ml; il est clair que lui aussi est un intrus admis plus tard. Pour les autres détails, cf. maintenant
Skthk, A. Z., 44, ^26,1.)
I.K HOYAUME LF PLUS ANCIEN DK LA HASSE-É(iYPTl-: — % iSiV) \\:\
\\)\. Parmi les sanctuaires de la Haute! ]gy[)te, il iTv en eut que deux aux temps anci(îns (jui prirent iuk* im[)orlance générale, et tous deux appartiennent a ce secteur nord (|ui forme environ un tiers de la longue vallée du Nil, et qui était ON idemmenl en relation elroile avec la Rasse-Egypte : c'étaieni llenensou (Abiiàs, Uerakleopolis), en amoni du b'aycmm, et plus baut encore, dans le nome du Lièvre, (ibmounou (Esmounein, llermoj)olis . Dans ces deux villes, on disait (pie lie' y avait surgi de l océan primilif j^ 187j ; c'était |)rès du temple d'Ilerakb^opolis qu'llorus avait vaincu Sétli et ses compagnons (cf. 5:5 \\)\) . Sètbestle (li(Mi du nome du Sc(q>tre (fui confine au sud avec celui d'Oxyiyncbe. La cosmogonie (rileiinopolis et son dieu Llionl sont complètement indépendants de celle d'Héliopolis^ comme nous Tavons déjà vu (^ 187; ; cette doctrine a toujours garde un caractère local; mnis |)our tout le reste les deux systèmes de conceptions se sont s(uivent [)énétrés. C'est ainsi (jue llermopolis a(Joj)te le
mytlie de Sow élevant le lirmament, tandis (jue rbout, par l'intermédiaire diKjuel s'établit l'ordi'e, s'introduit partout dans les légendes qui racontent les combats des dieux. Il est le vi/ir de Hé'; il réconcilie les frères llorus et Sètb, gm'rit leurs blessures parla salive de sa bouclie, il [)arlage la terre et assiirnc à cbacun son rovaiime: il se fait l'avocat d Hoi'us lils d'Osiris, et d'Osiris lui-même contre .Sétb lors i\y\ procès pour l'béritage de Gèb, cpii est débattu devant le tribunal de la grande Ennéade (Lfléliopolis, et il aide la par(de d'Horus, « à établir son bt)n droil » [S/ju/'r/ c/u'oif/') :. après (jmu Horus devient roi, mais c'est l'Iiout (jui lui succède sur le tr('>ne, et, après lui, son épouse Maat.
IMT). La plus importante coiujuète de la civilisation dont on soit redevable à rancien royaume de Basse-l^gypte, et qui, en (jutre, ((Uillrme et fixe cbi(mologiquement les résultats bist( niques ac(juis jus(|u'ici, c'est le calendrier. Il est hors de doute qu'à l'origine, les Egyptiens ont calculé le temps
LES ÉTATS PHIMITIFS DE l'ÉGYFTE