‹ Histoire de l'antiquité [microform]Chapitre 76 sur 172 · L EGYPTE SOUS LES TIIIMTES · texte numérisé non relu

L EGYPTE SOUS LES TIIIMTES

LA CIVUJSATION DE l'ÉPOQUE THINITE. l'aRT — î; 210 loi»

les dociiiiiciils actuels lie pciiiicllcnt crairiver à auciiiic solution assurée. Une seule chose seuibh' claire, c'est qu'il y eut alors autour du troue maintes coiupelilions et (|uerelles. Zoser a peut-être, le premier, restauré l'unité de l'empire et rompu en même tem|)S, d'une manière définitive, avec les anciennes tiaditions des Thiuites vers 2t)00 av. Ji-G).

Monuments de Cha'sechemoui (son nom personnel s'écrit à peu près « Neter<»ui (?) wonet'-l.iotep » ce qui à la rigueur, pourrait être idculiné avec Nz/^ic.^zi;): li., T. 11, î), :>;^ sq. ; llirrakoiipolis, pi. ^2, "l'A ; 59, 8; \/>v- (los, ni, 9-8: forteresse rovale de Shoiuiet ez-Zel)îb : Pktiui:, \/>v(/os, II, [>. i{ : Xema'athapi s'appelle sous ce nn : u mère des enTanls royaux ». H. 7\, II, 'il, tilO ; sous Zoser, u mère du roi », (Ivustvnc;, /«V/. KkaUdf, 10, 7 ; ellejouil d'un culte funéraire près de Meinpliis; sur les biens de ce culte, Snofrou attribua une renie à Meten, /-. />., 11, (i. D'autres sceaux de ('lia'sc.'cheiuoui, de Xerna'alliapi et de /oser, provenant du uionumeut d'Abydos, ont ('té publiés par Ni:>\m;iuo, \iiiuils of Arriuu'ol. tuitl \tilliropol. IJvrrpool, 11, pi. "22-^io. Le roi Ncbka (pii nous est connu par les nionuuK'rds est [uohaldenient \r roi de la I 11** dynastie (î:^ 231). La i)ierre de Païenne attribue aux lij»nes4-r>- 11*^ dynasti»' (y compris peut-être le conunenceinent delà III*" dynastie), environ i2iO ans; le papyrus de l'urin attribue aux 18 premiers rois jusqu'à Zoser (exclus;, environ 420 ans(=environ de 3.315 à 2.895 av. J.-C), au lieu de 565 ans donnés par Manéthon. Pour la liste des rois, voir le tableau.

La rini!is(ttion de répofjiir Ihinite. ISavl,

216. Les maisons rovales de Thinis ont siéi»:é sur le Irone d'ilorus j)endant plus de 400 ans lenvircui de ii300 à 2900). Si nous ne pouvons saisir de leur bisloirt^ que des. moments isolés len particulier, la deuxième dynastii' nous reste encore très obscure;, du moins la culture et Tétat de la moiuirchie prennent pour nous \\\\ relief assez sensible. Les monuments nous ont révélé cette chose surprenante que c est en grande partie sous les premiers rois de cette

première dynastie tbinite que les formes essentielles de la civilisation et de la monarchie égyptiennes, ont revêtu Taspect ((ue nous leur connaissons plus tard et qui est resté immuable à travers les transformations de l'histoire. Nous avons déjà vu ([ue sous le i-oi (]hent (^ 21 Ij le costumer archaï([ue et ce style ancien qui, à première vue, nous semble à peine égyptien, font place à des formes nouvelles qui s'imposèrent désormais. Ce changement est très perceptible dans un bracelet qu'on a trouvé sur le cadavre de l'épouse du roi Client : il y a là des ligures d'Horus en turquoise i.faites avant l'introduction du u(miveau style et qu'oji ne pouvait remplacei* à cause de la matière), où l'on a représenté d'après l'ancien style un faucon accroupi ; d'autres Horus en or, montrent, au contraire, un faucon dressé et stylisé. De même nous vovons toutes les figures s'amincir et des règles s'établir p(uir le dessin des contours : il faut, par (exemple, (pie la tête et les jambes soient de profil tandis (jne le buste et les yeux sont de face ; une ligui'e dessinée correctement doit regarder à droite ; un bras on une jambe qu'on tend en avant doit s'opposer au ])ras ou à la jambe du spectateur, etc. Ousapbais, sur sa tablette d'ivoire, annonce déjà tout à fait, malgré son caractère archanjue indiscutable, les efligies royales qm^ nous verrons par la suite. On abandonne aussi l'ancienne mode de porter les cheveux et la barbe ; on se rase la tête complètemejit. Le roi et les personnes distinguées portent désormais wwv [)erruque on a trouvé dans le tombeau de Cbenl des mèches de cheveux postiches) et une barbe pointues au menton, (pii parait également être postiche") (§ 167) ; [)ar contre, les paysans ont gardé longtemps encore l'ancien costume. (^)uant à cette variété des formes, constaté(i dans les vases de pierre et d'argile archaï(jues, elle disparaît et fait [)lace à un petit nombre de modèles simples ; les [)alettes à fard sont aussi abandonnées, ([uoique Ton continue à se farder les yeux.

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L KGYPIK SOUS LES THIMTKS

LA CIVILISATION DE LÉPOQUE THINITE. L ART — i< 217

Parures trouvées dans la tombe de Chent : li. T., 11, 1. Mèche de cheveux : \hy(lif>i, I, i (en outre d'autres, par exemple à Berlin . Portiait de Chent sur un sceau : R. 7'., II, l.'i, i()H, dOusaphais, //. 7'., 1, 10, i:^, fi el sur la tahlette de victoire î^ '1\^1. — Il > a eu, comme il est naturel, un développement ultérieur dans tous les domaines, nutis, il'une fa<:on i>énérale, il apparaît «pie nous av(ms fait autrefois l)caucoup ti'0|) de théories et d'hypot lusses sur ce sujet; ncunhre de choses, «pie Ion croyait, il y a |)eu d'années, provenir de l'épcxpu' la plus récente, s'avèrent aujourd'hui comme tout à t'ait anciennes.

217. F^es règles adoptét^s ii'oiitraiiiont aucune raideur dans l'ait ; au eniitiaire les morceaux (jui restent de celte vieille é|j()(|ue sont pleins de niouvenieul et de vie : ils disent la joie (ju'éprouvait l'artiste à travailler et à ei*eei-. Tandis (jue les auciennes formes se surviv(viit encore daus la iuasse du |>eu[)l<', et que les ol)j(Ms que l'on trouve dans les lombes ordiuaii-es gardent longtemps encoi'e le caractère des objets (( préhistori([ues », à la cour, il y a un progrès couliuii. H s'étend d'abord du roi aux grands cjui l'eut«mreul, puis \a pénétrant lentement daus les couches intérieures 5^ \1'A . Ainsi s'expli(|ueut les bruscpies à-coups (jui dans les fouilles semblent int<'rr(Mupi'e la continuité j)arl*ail<'ment discernable du pi'ogrès : un roi puissant intioduit nue nouxeaulé; ses successeurs mau([U(»nt de moveiis poui* la maintenir, ou s'en désintéressent : plus tard survient un autre roi (jui reprend le vieux modèle, juscju'à ce (pie le goût en soit épuisé. Les tombeaux illustrent clairement cette ('^V(duti<Mi Sous les premières dynasties, la prescpie totalité des l'^gvj)tiens se fait encore entcMrer dans des fosses de terre, à Taii- (îienne et simple mode ; ou bien on les cache sous le couvercle de grands vases d argile ; dans les tombes plus riclies on mure le puits avec des briques crues. Quant aux fonctionnaires de la cour, leurs corps sont rangés dans des cellules murées, autour de leur maître «[ui possède déjà une vaste chambre funéraire. Dès le début s'érigea nos yeux la tombe imposante de Menés à Negacb' : c'est une construc-

tion isolée, dont les chambres sont entourées d'un mur de briques massif, qui, à l'extérieur, se décore de saillants et de rentrants comme la porte du palais du roi. O'autn^ part, les tombes d'Abydos montrent des formes beaucouj) plus simples ; elles ne sont d'abord que des grandes chambres funéraires, murées dans la terre et creusées de nich(îs : le pavement est en bois, la toiture faite de grosi>es poutres, sur lesquelles on a élevé, avec le sable du dés(4-t, nii Icitre funéraire. Chez Ousaphaïs, nous trouvons pour la première fois un pavement de granit et, pour descendre à la chambre funéraire, un escalier; celui-ci s'est conservé chez ses successeurs de la I""»^ dynastie qui, cependant, n'eniploientplusla pierre pendant des siècles. Puis, Perjebsen ade nouveau une tombe très simple. Par contre, Ghasechemoui marque un progrès essentiel : il s'est fait bâtir une chambre funéraire en pierre, entourée de couloirs, avec des niches en briques pour les gens de sa cour. A cette innovation correspondent les portes de pierre à Hierakonpolis (^ 215, ; la chronique de Païenne signale aussi à cette époque la constructioji d'un monument en pierre i^lignes 5-2). Mais c'est seulement à partir du règne de Zoser que commence une nouvelle époque; alors on réunit le tombeau en briques de Menés, qui est une construction isolée, avec la chambre souterraine d'Abydos au moyen d'un grand escalier ; cette architecture devient, sous la IIP dynastie, le type qu'adoptent pour leurs tombes les riches particuliers, tandis que le roi se fait ériger maintenant un tombeau de pierre, massif comme une tour, d'où se dégagera la forme de la pyramide (§ 230 . — Nous pouvons suivre, à travers ce développement des tombeaux, les pro grès de l'architecture. A l'époque ancienne dominent encore complètement les matériaux tels que la i)rique et le bois, et notre admiration s'émeut à la vue de ces puissantes solives de bois, peut-être déjà importées de Syrie, ([ui, soutenues par des piliers, s'étendaient au-dessus des grandeschambres funéraires et portaient le poids du sable entassé par dessus^

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l'Egypte sous Lts thinites

LA CIVILISATION DE l'ÉFOQUE THINITE. l'aRT — § 218

Sous la fil' dynastie, on commence à employer la voiUe pour les escaliers et les couloirs. L'arcliilecture de pierre qui. dans notre imagination, paraît inséparable des monumeiils égyptiens, ne s'est développée (|ue très lentement et même avec timidité. Ce qui hâta son progrès, c'est la rareté du l)oiset le peu de solidité que |)résente l'argile en général ; elle exio-e tm ed'ort Ixuiucoup plus considérable en hommes et en trava'il, et témoigne |)ar consécpuMil du progivs croissant de l'organisation adminisiralive.

Sur Nei^^Ad»', V. : noin.HAFtDT uinl Druu'FKi.D, À./.,'M'),H1 sq. ; sur Ahydos: l^KTHiK, /iof/al Tonihs ; sur la III' dynastio, Cahstang, Ma- /lasna ami lU'l Khalhtf. c\ surloul (iAHSTAXi, Tinnhs <>/ Ihr Uiird dijnasUj. Pour les toniheaiix «le la classe moyenne el <les classes i)auviTs, ilt'aiil cilciaiijonnnuii.el avant louf, les nécropoles de Toura (§:i07 n.) et «le \a<ra (»d-r>er (i^ 169 n. i; nous ne i)Oss«''(lons encore que des brèves notices snr 1«'S fouilles «ie lleisner «lans le cimetière de Gizeli;. Nous constatons ici encore, sur tous l«'s points, la s«ission caractéristi<iue qui se iM«)<luil ave«- les conunencemeids «le la !'*■ dynastie: les i»alettes à lard «lisparaissent, les poteries dargile dégénèrent, tandis «|ue le travail snr pierr«' atteiid son apoiirée et que l;i variété «le Cormes des an«-iens vas«'s lait place à un petit nomlnv de modèles simples. Au lien des fosses de sahle et des p«'tites tondies en luM(|ues, on comni«Mn«' à construire «l«'s londn's plus trrandes, eidouré«'s de chand)res pour les offran«les, el, avec la 111 dynastie environ, apparaisseid les «diambres voiMées et les l«)mbes en foini«' de i)uits auquel on acc('Mle par un escalier. En Hasse-Nubie, au contraire, rancienn«' civilisation sesl «onservée stable (J:? 165 n.), de sorte qu«' rette réi^non se sépare lentennud de l'Égypt»', et reste en arrière pour \',\ civilisation.

218. Dans les lombes «le l'ancien style et dans les cimetières du commun, on ne trouve aucune inscription. A la cour, au contraire, ou a pris l'habitude, de|)uis Menés, de 0 faire revivre le nom du «lefuut », et de l'inscrire sur une tablette dc^ pierre, afin ([ue le défunt soit assuré de continuer son existence individuelle au delà de la mort. Cet usage s'applique d'abord au roi, (|ui désigne eu même lem[)s pour

le service de son esprit (te un grand nom])re de serviteurs diarges de lui rendre un culte régulier et lui appoiter des onran<Ies. Alais il veut aussi dans l'au-delà jouir de son entouragcs et c'est pourquoi les personnes de sa cour sont enterrées pfès de lui et b«MHdicient en même temps de la survivance de leurs noms. A leurs funérailles, il est donc probable qu'«)n exécute désormais les rites réservés d'ab«>rd auro,, et cjue les textes magiques inséparables de ces rites ft iOo) sont lus à leur intention parmi «< récitant » {chriheb) spécialement chargé de ce soin. Les stélos funéraires des i-oissont travaillées avec art, celles du roi Zet en particulier (comme celles de la reine Merilneit) offrent d'admirables exemplaires de la technique ancienne des tailleurs de pierre et du «bassin d«^s hiér«>glvphes ; mais, pour les fonctionnaires et les femmes du harem, on n'exécute que de petites tablettes de calcaire fort grossières, où les hiéroglyphes sont mal dessinés, tracés à la hâte, souvent même» Pe.ue lisibles; la (bfférence des situations se mauifest«^d«mc de façon caractéristicpic dans l'au-delà «ojume sur terre Le portrait en petit, quaiulou on fait un, n'est pas moins s«unniairement dessiné ; ce nest que pour les nainset les chiens car on les admet eux aussi à rimm«>rtalité, (,u'on soigne ij ressemblance des silhouettes. La façon 1res différente dont on exécute les inscriptions et les dessius sur b^s vases de pH'iMe, les cylindres pour les sceaux, les plaquettes d'ivoire et d'ébène, prouve (,ue l'art et l'artiste étaient (Mjcore chose rare et précieuse, dont on n'usait pas à la légère. Nous avons <ie p«'lites figures, ciselées en ivoire, qui témoign«uit d'un don très vif pour l'observation de la nature, et (|ui n«,us nq,p(dlent les productions de l'art pale«>lithique, à l'époque magdaléenne {^ 597). Ainsi, une petite statuette royale représente un roi vieilli avec un réalisme et une fidélité que ne déparent point quelques fautes, comme par exemple loreiUe beaucoup trop grande, et que nous ne retrouverons pas plus tard, (juand on sculptera ce dieu qui a pris Vem^le

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L'ÉGYl>TE SOUS LES THINITES

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