‹ Histoire de l'antiquité [microform]Chapitre 77 sur 172 · L ETAT · texte numérisé non relu

L ETAT

ROYAUTÉ ET ADMiNISTRATION S 219

^ , mKIp^ ot des cassettes a bijoux eu ivoiie,

'•; de r o V .ses en pier.o cla.e e. eu all.Al.e, d une t me veilleuse On comu.ence déju à façonne.- auss.

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n le pre. .iers essais d'employer la pierre dure pour 1. sont p ,.^^„,.,le la statuette en gra.nt noir d un

statues : citons, par ( xe.np.» ,

fonctionnaire agenouiUcV.ui po.-.e -• ^-l';: '^' '' ^ """^ trois premiers rois de la 11» dynastie (^ il.î n.).

(CAPA..T, p. ^24,). Ab„Jos 14 satisfaisante el p.-èlo, à

Ca-abt, p.l..4(la.epioauu ,„n.ièrc factices, comme

des jugements erronés a cau.c delel. ^^ ^^^ ^^

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Rev. archeol '^^ »' ^''^ -''^ ''; ,,^p, , ^ix, une lèle de roi, probable- Ihe anihrop. InsUlule, XXXN 1' •"«' P ; ' ,; ,e..K est saisissant.

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citées, celles de Metea (début de la IV'^ dynastie; et d'autres trahissent la môme maladresse.

UEiat. — Royauté et administration.

219. La royauté est le cœur de la vie de l'Egypte. Les titres protocolaires, le double nom du roi, celui d' « Horus » et celui de « roi des deux pays », le costume royal et le cérémonial de la cour sont déjà complètement développés chez les Thinites, et prolongent sans doute, en les élargissant, les formes en usage dans le royaume de Haute- Egypte. Le roi, incarnation d'Horus et de Sêth (§ 199) est allaité par Sechmet, déesse à tête de lionne, et il est luimême un lion ^sphinx ou grifibn: qui renverse les peuples d'un coup de ses grilles ; sous une forme humaine, c'est un dieu vivant, qui agit de pair avec les dieux. Comme ceuxci, il est le maître de la vie et de la mort, et il dispose de ses sujets avec une liberté sans limites qu'exprime bien une des formules magiques de la pyramide d'Ounas ; il s'agit de rendre au souverain défunt Tusage de tous ses organes, et Tondit : « qu'il prend les femmes où il veut, les enlevant à leurs époux, lorsque son cœur s'émeut de désir » (1. 629). Ainsi faisait le roi de son vivant, à peine retenu en réalité par les barrières que certaines obligations persistantes, surtout envers les grands, opposaient à son plaisir. On s'approche de lui en tremblant, avec l'effroi mystérieux qu'inspire une image divine ; on baise la poussière à ses pieds, — et seuls quelques élus, qui se vantent ensuite, dans les inscriptions funéraires de l'Ancien Empire, de cette faveur insigne, sont dispensés de baiser la poussière et eml)rassent ses genoux; — on lui apporte des présents, on cherche à se concilier sa bienveillance, on l'appelle toujours « le dieu » et on évite de proférer son nom véritable; de bonne heure on a remplacé ce nom par la péi'iphrase : « la grande maison » (par'o, Pharao).

I6rt

l/ÉGYPTE SOUS LES TIIINITES

l'État.

HOVAUTK ET ADMINISTRATION

Le roi allaité par Secliniet, le roi dans la ecnipaKuii' des dieux, le lion royal, etc., nous sont représentés dans les reliefs de Newoserrt^' (V« dynastie., mais ces idées ont une oii-ine beaueoui) plus anciein»e. Ainsi, par exemple, les tabh's-annales de la 1"" dynastie nous donnent déjà, sous forine ahréufée, une représenlalion de la lele Set, et les tableaux du Su. aï coiumémoralifs de victoires nous luontreni le roi écrasant les peuples étrangers.

220. Si le roi est un dieu, il ebt a son tour lie, comme les ^ (lieux, par le cérémonial (jui rèjjjle ses ra|)i>orls avec les sujets, et la consécration divine qui s'incarne en lui. Sa Uche est de pourvoir à la gloire et a la puissance de l'I^al, àla sécurité et à la prospérité des habitants, et de maintenir Tordre et la justice institués par Ma'at. Si TKlat est fait pour lui, il est fait pour PKtat. Certes, l'Hgyple, elle aussi, a connu des oublis périodicjues de la tradition, el elle a eu recours à des expédients comme 1 usurpation et la rébellion, (cf. iî 28, mais cette divinité même, ([ui assure au roi une consécration suprême, constitue U^ frein solide de la royauté. Si le souverain se dérobait à l'observanci^ ponctuelle des règlements établis, il ne serait plus un dieu ; les dieux ne voudraient plus le reconnaître, ni les hommes lui obéir. Ainsi le roi, dans son apparence extérieure comme dans toutes ses actions, est lié à un rituel immuable. Dès son avènemenl au tiône, il accoin|)lit la « réunion des deux pays », figurée par un enlacement des plantes syiobolnpies des deux régions, et la « course autour de la muraille ». A des années déterminées, il c< apparaît » comme les dieux, dans une procession, soit en roi du sud, soit en roi du nord, soit avec les deux couronnes. Il célèbre avec une pompe particulière la fête Sel, un jubile trentenair(^ mais cpii ne prend |)as forcément comme point de départ raveiienK^nl au trône; aussi tombe-t-il souvent avant la trentième année du règne (cf. § 212 n.) ; après cette fête, le roi commençait pour ainsi dire un second règne. Il semble donc résulter do cette iete très ancienne qu'à lorigine la royauté n\Uait diu.iiec

que pour un temps déterminé, coutume qui se letrouve aussi chez d'autres peuples. Les sources grecques nous apprennent que cette limitation existait aussi pour le taureau Apis, ipie les prêtres devaient tuer lorsqu'il dépassait la \ ingtciiKjuième année après son intronisation. Lors de la fête Set, on dresse une haute estrade à laquelle conduisent dinix escaliers; deux troues, surmontes de dais, sont [)lac(»s sur l'estrade ; le roi siège sur l'un avec la couionne blanche, sur l'autre, avec la couronne roug(\ tenant à la main la houlettt» des j)asleurs et le fléau, et vêtu d'un maillot |)arliculier. Les prêtres condiiiscnl la cérémonie, en présence de la cour, des enseignes des dieux, et des enfants royaux portés dans des litières. Il y a un grand nombre d'autres fêtes, les grandes fêtes des dieux, que le roi est tenu de célébrer. Au premier rang se place toujours la fête du dieu royal llorus, u l'adoration d'Horus ». Sous les Thinites, elle a lieu régulièrement tous les deux ans ; cep(Midajit, il y a un roi de la L^lviiastie, peut-être .Miebis ^pierre de Lalerme, 1. 'A, sous lecpiel, chose étrange, elle n a jamais été célébrée (cL aussi ,^21:L à propos de Perjebsen). Ensuite viennent les fêtes des dieux principaux des deux pays, qui, de plus en ï)lus, deviennent dieux de toute ri:gyj)te; en conséquence, on leur bâtit parfois de nouveaux sanctuaires; mais ceux-ci, conmie le palais royal, ne sont ([ue des édifices légers en claycmnage, où se mêlent le bois et les bricpies crues. On cite les fêtes de Neit à Sais, de Sokar a Memphis, l'anniversaire de naissance de Minou, d'Anubis,de Ouj)aout et des dieux-loups de la même famille, de la déesse-chatte {?) Maftet et d'autres divinités en i^artie inconnues; puis encore la « course circ^ulaire du taureau A[)is »>, « le tiré de l'hippopotame », la fête Zet, d'autres encore. Heaucouj) de ces fêtes se renouvellent sous le même règne. Nous avons déjà parlé d'autres cérémonies, cojnme l'ancienne fête agraire du labourage des champs, la fête de « piocher le sol » (^ 207), et « l'érection du pilier d'Osiris » (§ 178). Le roj fait souvent des visites aux pi'inci-

l/KftYPTR SOUS LES THIMTES

|,aux sanctuaires du pays ; la chronique de la pierre de 1 aierme mentionne^ à diverses reprises sa présence dans diverses villes, snns doute à l'occasion des grandes fêtes.

Sur ces INHes qui se sent ronsorvée., avec des Iranslo.n.ations variées, jusqu'à la plus basse époque et sont reproduites dans les temples, et sur le rôle du roiàcette occasion, voir A. Moukt, I>u mniclèn' religieux de la royauté pharaonique, Wm ; Kkks, Der i>nfertan: de, aeg. Konigs, 1912. Bien entendu, ni les Ptolémées ni les Césars fel peut- Atre même bien des Pharnons des époques aniérieuresi n ont eu 1 idée de célébrer ces rites en personne. L'explication que nous venons de donner des pratiques de la lète Set a été aussi exposée par P.: .un:, Researches in SinaX, 190(;, p. ISI sq., mais il croit h tort (ju il s ai.at la d'une léte cyclique.

221. Chaque roi se construit une nouvelle capitale-résidence, une ville entourée d\in mur à créneaux, où est son palais. Le nom de cette ville et ceux de ses fonctionnaires sont très souvent mentionnés sur les tables-annales et sur les vases. On délimite l'emplacement, on se prépare à la construction, etc., par des cérémonies particulières. C'était une règle, semble-t-il, de ne commencer la construction d'une nouvelle résidence que dans la quatriènuî année du règne, et d'en édifier une autre également dans la quatrième année après la fête Set; c'est pourquoi mention nous est faite, pour les rois qui eurent un long règne, de u deux maisons », c'està-dire deux résidences ou palais. Sur la stèle funéraire deZet (§ 211 n.) est gravée une porte qui représente clairement la forme du palais; il a deux portes placées l'une à côté de l'autre, et encadrées de poutres de cèdre ; elles correspondent aux deux royaumes que gouverne le roi. Sous les premières dynasties, la plupart de ces résidences étaient probablement situées dans le nome thinite, près d'Abydos, mais il y en avait sûrement d'autres dans la région de Memphis (cf. §210). Peut-être l'existence simultanée de deux tombes pour le même roi (§ 210)est-elle liée à cette double résidence, puisque la tombe royale est toujours à côté de la ville royale.

l'état.

ROYAUTÉ ET ADMINISTRATION — >j 222

La coutume pour chaque roi d'avoir sa « ville » propre s'est conservée jusqu'à la fin de l'Ancien Empire et n'a pas encore lout à fait disparu sous le Moyen Empire ; ces nouvelles constructions n'entraînaient pas grands frais, puisque maisons, palais, murailles d'enceinte étaient construits en matériaux légers, briques crues et clayonnages. Des domaines du roi, nous ne connaissons que les vignobles, d'où viennent les cruches de vin qu'on dépose dans sa tombe; mais il possédait aussi, à n'en pas douter, de grandes terres dont les produits nourrissaient sa cour, ses nombreux fonclionnaires et serviteurs.

La résidence du roi est représentée tanlof comme une forteresse, tantôt comme une maison, et foujours désignée dun nom qui a un caraclère éphénièie icependaid la ■ maison (Jelholep >• apparaît aussi biensiuisChenl H. 7'., il, 1-2, ;^, (pie sous Miehis 1, <», 8); cette résidence nous est connue pour la plupart des rois dont nous savons quelque chose : Narmer, IL 7\, II, ^2, 4 ; Menés, 11, 11,1; Chent II, 5, 2 ; 1^2, 3 ; Zet, 1, 18,4 ; Miebis, 1, 0, 8 (mentions d'une autre résidence, peut-être encore dans Abydos 1,5,1); Oa'Sen,!, 8, 11 sq.; 9, l,sq., 11,8,7 ; Hotepsechemoui, 11,8, 8-10 ; Zoser, Bel Khallaf, 8, 2. LTautres renseignements, encore dans la pierre de Païenne, recto, 2, 7, 3, 0-8, ^,2, 11. H, 4. Sur la double j)orle, v. BiuvsTin, \nr. Records, 1, 148 n. Plusieurs de ces vieilles résidences nous sont conservées dans les « forts » exhumes l)ar Pkthii:, W^j^/o.s. 111. — Su ries vignobles des ditïérents rois, v.Wkm.k, Rcc. XXIX, 20 s. et Mon. des II"" et II h dynasties. •

222. Nous n'avons que peu de renseignements sur l'administration de l'Egypte à cette époque ; notre source principale, ce sont les sceaux des fonctionnaires (|ui ont laissé leurs empreintes sur les bouchons des cruches d'argile, contenant du vin ou des vivres, dans les tombes royales. Nous lisons déjà sur ces empreintes les mômes titres dont nous retrouverons une multitude d'exemples à la belle époque de l'ancien empire memphite ; ils fournissent la preuve que déjà la monarchie de Menés n'était pas une oligarchie de famille nobles, mais un état composé de fonctionnaires. Les fonc-

l'Egypte sous t.es thinites

tionnaires ont beau \)ouv la |)ln|)arl être issus des grandes familles et leurs charges être transniissiJ)les de père en fils (ce qui se voit encore souvent par Ja suite , il n'en est pas moins vrai ((ue le facteur décisif dans la vie de ri']gvptien, ce n'est pas son origine, c'est la faveur (|ue lui témoigne le roj, c'est-à-dire son rang dans la hiérarchie de la cour. Une preuve caractéristique, c'est ([ue sur ces sceaux d'offices le nom du fonctionnaire n'est jamais indi(jué, mais seulement le nom de sa fonction et celui du roi. A ces fonctionnaires a[)[)arlient d'abord la grande classe des semer (\uo nous j)ouvons rendre à [)eu près par « chambellans)), titre qui s'associe souvent avec celui de « conseiller privé » ///•/ sesta ; ensuite \ iennenl les « connus du roi », ceux qui « sont proches de son cœur », ceux qui i' louent chac[ue jour le dieu (c'est-à-dire le roi) », etc. Le plus haut titre de la hicharchie semble avoir- été heli'o, « le graml commandant en chef » ; c'est celui c\\w porte par* exemple le « chef crariuée » de Semempses (S 2\2) ; d'après la signilication (ju<' j)rend ce litri» à partir de la \V dynastie, la meill(Mrre fa^on de traduire serait « comte ». Par*mi les fonctionnaires de Tadministration, irons trouvons notamm(Mrt les chefs de l'administi'ation du noine Çanez, «bailli »,s:;242 (jiMcor'res|)onderrt à peu près aux préfets d'rrn départemerrt ; ensuite les directeurs des « maisons du roi », c'est-à-dire des magasins et bureaux, les « scribes royaux », etc. Sous l'empire memphite, l'administration est encore dualiste, à cause des deux royaumes, (|ui, dans Tadministralion comme dans les titres royaux, ne trorrvent leur rrnité (|ue dans la personne du roi ; cet état de choses remonte à Menés, et c'est à cette épo([ue (jrre s'organisent déjà les deirx trésoreries j!i225), les doubh^s maofasins et ar'senarrx, etc. A la tète de ces adniirristrations séparées des deux royarrmes se placent probablement les deux hauts fonctionnaires que l'on appelle, d\après les ancieiines villes royales, « celui de Necherr » et «celui de Pe ». 11 n'est pas rareque ces deux fonttions soient

l'état.

ROYAUTri ET ADMrNlSTRATlON — 5^ 22.S

confiées à un même personnage, car cette survivance de la vieille tradition dualiste recule en fait devant les ])rogrès de l'unité monarchicpre. Le grand chef de l'administi-ation centralisée, Itî vizir zati , se tient dès les temps les plus anciens, aux côtés du roi, et, sirr les monuments de Narmer-, nous le voyons représenté à côté du porterrr- de sandales (§208n.\ Après lui viennent deux chanceliers, (pri portent le sceau royal et admirristrent le trésor, le a chancelier' du Dieu », c'est-à-dire drr roi de Haute-l]gyj)te, vX le i^ chancelier du Biti », c'est-à-dire du sorrverain du Nord.

Nos niatériaux actuels ne pernielteiit pas d'esquisser, riièine en ses ti'aits généi'aiix, l'histoire de l'administration sous les preiuièr'es dynasties, (''est j)ar pur liasai'd que telle ou telle foncticm se rencontre sous nos yeux, et il est hor'S de doute qu'il faut attribuer à Tépocjuc Ihiiiile beaucoup plus que nous ne i)OUVons déuiontrei'. Les textes des l^yrainides l'ont conslanuneid allusion à la dualité de la nionai"-

chic. ~ Sous Sechemjeb, on trouve, HuyiO Toinhfi, 11, 21, H>i. le liti-(^ ^ n

(Wkiij., lier. X\l\, 20), qui coiTespond évidennuent au litre employé

plus tard : | /^ ; — ''/' Xn-ltcii se r'encoutre sous Ousapliaïs. H<fynl

Toinhs, I, i;, 11, et réuni avecc// /V, sous Zoser, Liei khallaf, 24, 7. Le mAmej)ersonnage s'appelle inissi heli'o^rherlu'h ei semer, lelilveJiriroasi déjà por-té par le génér'al de Semempses. Par* conti'C je ne relève avant la IV'^' dynastie aucune trace du titre //>'//, quoicpic son (origine doive être ti'ès ancienne, car c'est le titre courant doinié au dieu Geb. Ce qu'il signifie, nous l'ignorons. Une seule chose est certaine, c'est qu'à l'origine, ni he'IVo, ni /7>7/ n'avaient pas le moindre i*apport ni avec l'aduiinistr'ation du nome, ni avec la noblesse ( les égyptologues les plus savants ont conunissur ce point une eri'eur qui semble irréduclil)le). CÀ^s deux titrvs sont au contraire des titres de cour, très élevés, et loi'sqn'on appelle (iêb «* rpti des dieux », cela veut dire que lor-sque le i*oi des dieux tient sa cour, (ièb est placé au premier rang. La stèle funéi-aire de Sabef, sous le l'ègne de Sen, U. T., 1, 30, 3(1, 18, contient de nond>iM,^u\ titres de la 1'' dynastie. Sirm; a l'éuni les litres connirs sous la lll^'dynastie, ap. Gausta.ng, Tontbs of Ifte lldrd f'^(jyi>i,dyn<tsfy, p. 03.

223. Un droit civil bien établi, accompagné d'une procédurt» régulière, la lixation par écrit des prirrcipales ordon-

l'Egypte sous les thinites

nances et des arrêts rendus par radiniuistration et la juridiction, telles sont les marques d'un état civilisé : cette organisation et celte juridiction existent sous Tempire thinite, A vrai dire, rien n'est j)arvenu jusqu'à nous de ces règles du droit civil et du droit pénal que la tradition faisait remonter jusqu'aux dieux, mais il est hors de doute (pie dès cette époque, ces règlements étaient codifiés dans des livres de lois. Dans chaque ville siège un tribunal £<:/£«/, composé des plus hauts fonctionnaires: c'est lui qui dans le mythe osirieu connaît du procès intenté contre Sèth à propos de l'héritage de Gèb, et (|ui prononce l'arrêt; c'est lui aussi qui diriM l'administration du district. Sous les Thinites, ont existé aussi certainement ces grands tribunaux de TAncien Kmpiredont les jtiges étaient en même temps les prêtres de la déesse de la justice, Ma'al. Toutes les questions administratives se traitaient par écrit ; preuve en est le registre tenu année par année de la hauteur qu'atteignait Tinondation mesurée au nilomètre, installé en des temps très anciens dans l'ile de Roda, au-dessous de Memphis : la pierre de Palerme nous a conservé ces cotes annuc^lles. On comptait les années par années royales, et celles-ci recevaient un nom officiel d'après certainsévénements, tels (jue la fêtede l'avènement au trône, celle du culte d Horus, de la naissance d'Anubis, de la fête Set, etc., soit d'après la construction d'édifices, i>arfois d'après les guerres (§ 160). Sous la I"' dvnastie, on a compté les années à partir du jour de Tavènementau trône; sous la l^au contraire, on a fait commencer à la nouvelle année civile une nouvelle année royale, procédé très prati({ue, mais qui ira pas été maintenu sous les rois suivants. De ces registres officiels sont sorties ces annales de la monarchie dont la pierre dr Païenne est un extrait. Dans les sanctuaires importants, il est probable qu'on a tenu aussi des annales de ce genre.

Dans les actes de procédure du Nouvel Knipire (LuMAiN, \r<jyplfii. I,

l'État. — royauté et administration — § 224

^204) se trouve la formule : « Ces grandes peines de mort dont les dieux disent : applique-les à lui. »- - D'après la liste des législateurs égyptiens donnée par Diodore, I, 94, le premier législateur humain venant après les dieux et les héros, c'est Mv-jr,;, c'est-à-dire évidemment Menés, qjii attribue l'invention de ses lois a Hermès (Thout).— Sur les nilomètres, cf. Bouciiahdt, Mlmesser uitd Xilstandsmftrhru , \bh. BerlAk., IDOli, Si:Tm:, Beitràge zur altesten Gesdiichte, i03 sq. ; sur les désignations tl'annéeset leur développement, v. Skthk, BeUrage (^ IGO).

224. A partir de la H dynastie, nous remarquons ((ue chaque deuxième année de règne, on procède à des « recensements » ; souvent on spécifie ([u'il s'agit de u recensement de l'or et des champs », par des « scribes royaux » qui vont de maison en maison, évidemment pour évaluer le montant des fortunes, en vue d'établir l'assiette de Timpôt. Donc, sous cette dynastie, on n*a pas connu seulement l'impôt foncier, mais aussi un impôt sur la fortune consistant en la possession du métal noble, car, sans doute, on entend aussi par « or », toute espèce d'objets précieux. Ce recensement, renouvelé à de courts intervalles, témoigne d'une techni(iue très développée dans l'organisation de l'impôt, et, en outre, du souci qu'on avait d'adapter Timpôt, de la façon la plus juste, aux oscillations de la propriété; il démontre aussi, qu'à cette époque, une grande partie du sol était propriété libre aux mains de la population ; aussi est-il probable que la plupart des grandes tombes particulièies, qui n'ont pas d'inscriptions, auront appartenu à ces propriétaires fonciers. Les pauvres trens, ouvriers et habitants de cabanes, étaient probablement des serfs, au service du roi, des sanctuaires ou des grands; mais il est hors de doute qu'il y a eu aussi, dans les villes, des artisans et des commerçants libres, dont la fortune est précisément soumise à Timpôt parle recensement de r « or ». Un fait qui nous frappe, c'est que sous la \W et la V*" dynasties, la formule ancienne fait phce à une nouvelle: « le recensement des bœufs et du bétail » ; c'est plutôt l'inverse que nous aurions attendu, mais ceci s'ex-

l'ÉGYFTË sous les THINITES

pliqiie si, sur ces entrefaites, la prescjue totalité de la propriété foncière est [)asséc aux uiains du roi, des dieux et de (|uel(iues grands privilégiés î^ 244 . D^aillcurs, il va de soi que ces im[)ots ne furent jamais les seuls existants ; dès ces teuips auciens, comme plus tard, on a payé d'autres redevances, par exemple sur le trafic des marchés, sur 1 in<lustrie, sur les puits et les arbres, ou les impots par tète d'habitants, etc. : mais nous ne possédons aucun document écrit qui confirme ces probabilités.

I.es reconseinents nous sont corjnus aussi sons la \'' dynastie, par les (laies inscrites sur la pierie de I^deiine. v.Si/nii:, HcUnuie, 'i:\sq. La pierre de l^alerme énumère ces recensenienis à lasnile l'un de l'antre sous chaque rèj^ne ; ils servent à dater Tannée, tous l<'s deux ans, sous Binothris, ligne i, et, sous le premier règne, à partir de la liii:ne5; mais ils ne sont pas mentionnés sous son successseur, nous ne savons pourquoi. Le fait qu'ils ne désii^nieid plus l'année ne jii'ouve en rien qu'ils n'aieid pas ru lieu.

La ( iiuUsdlian indb'ricllc. Lillèrdlm-r cl science.

22r). Nous avons déjà constaté le progrès matériel de la civilisation thinitedans le développement de l'arl, la première apparition (Tun cdific(i en pierre, le raffinement du costume et des mœurs. La lechnicpie des vases de pierre atteint maintenant son apogée, mais, pour cette même raison, les |)roduits à bon marché, les vases d'argile, se simplifient, se dépouillent d'oinements, et leur techni(|ue iU'^y^énère. Peu à peu, à coté de ces matières connues, le métal commence à prendre rang. Le cuivre, rarement en usage jusqu'ici, pre/id plus d'extension surtout depuis ({u'on exploite les mines du Sinaï) ; à côté des armes cl des vases fabriqués en pierre comnu* autiefois, en voici d'autres en cuivre A la belle épocjue de l'ancien Empire, ce métal est d'un emploi généralisé. L'or, que l'on retire principaleujent

CIVILISATION MATEHIELLE. LITTERATURE, SCIENCIE — ^ 225 175

des niines du plateau gréseux nubien, est très répandu, comme nous l'apprend la perce[)tion de l'impôt, dans les mains des particuliers, sous forme de parures, et c'est la matière la [)lus précieuse que l'on connaisse. A côté de l'or, l'article de luxe le plus demandé c'est la sthie des pierres précieuses ; pai- contre, l'argent est encore très rare, et quant au fer (cf. n^258 n. , il ne semble pas encore être connu. Le commerce est purement un trafic d'échanges ; au marché, on apprécie les marchandises en les com[)arant rune à l'autre et on fait le troc ; de même, se payent en nature les redevances que les fonctionnaires de l'administration et de la cour ont charge de recueillir, et leurs salaires (|ui consistent surtout eu vivres « de la table du roi >>, et aussi en vêtements, parures, bétail, esclaves ou terres. Déjà cependant, on commence à évaluer la l'orlune d'après un ceitain poids de métal noble ; rim[)ôt prc^evé» sur l'oi* en est la |)reuv(^ Déjà aussi, pour les trafics courants, on a du calculer les marchandises d'après leur poids en or (Ui eu cuivr(»; s(uis Lancien L^mpirt», on fond le mêlai dans ce but, ou en fait des anneaux dor que l'on j)èse ensuite au moyen de pierres assez grossièrement (aillées j)our servir de poids, lescpiels valent \\, 4, (i, 50 u anneaux ». L'unité pour un « anneau » semble avoir été un poids d'(Mivii-on 15 grammes.

Ce leni proiriès dans Tadopliou du cuivre, nous est rendu sensihle [lar l(^s louilles de Toura {^'■M) n.» : v. Jijnkku , p. 51 sq. Sur le trafic par (''Changes an marché, v. par ex., I^kmw, Aaiyptcn, (uVi s(|. Sur les poids j)Our peser les anneaux d'or, v. Scn\i:ii:H, \./., 43, 70s.; Guii mn, PSIi \, li, iL2 sq. ; i:;,3():^s. ; \Vi;i(;\M., ih. ^23, 'MH^q. ; Uo\uM\ui)T,(',rah- (h'iihtiKil des Mrfcrcriirrè', p. 79. D'apiès ni; M(>m(;\\, on mélanine déjà rétain avec le cuivre dès l'Ancien Kmpire ; d'oi'i vieid l'élain, nous l'ignorons complètement. Les signes qui servent à <'cnre « artrent » sont gravés au-tlessus d'une harcpie, sur une coupe ùm piei'i'c de l'époque Ihinile : \hy<hfs, II, i% 27 g. — Sktiik, ficitr. :ur aliesien GesrU., L2G s., remarcpie avec raison que si les maisons du trésor sont appelées « maisons blanches » (li. T., 1, 22, 85 s., et souvent ailleurs) cel\ï ne signifie pas « maisons de l'argc^nl », car ce nom fait allusion à la rn\^

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