‹ Histoire de l'antiquité [microform]Chapitre 98 sur 172 · HUITIÈME DYNASTIE · texte numérisé non relu

HUITIÈME DYNASTIE

ont donc été les héritiers légitimes de la M dynastie ; mais comment leur longue liste peut-elle s'accorder avec les huit rois du papyrus de Turin, c'est là un problème qui reste encore tout à fait obscur ^cf. vj 268 n.). Après ces Imit rois se place la plus grande division qui existe dans le papyrus, et la somme des années écoulées depuis Menés, au total, 955 ans ; l'Ancien Empire est fini, et l'époque que nous appelons le Moyen Empire va commencer.

Pour la lislo des rois, cf. mon \ey. Cliroiiolotjie, p. 162, 171 sq. (trnJ., p. 219 sq.) et les rectifications dans les suppléments ( \/)/j. Herl. Ak. 4907, p. 21 sq., trad., p. 224 sq.). Le papyrus de Turin ne nous a conservé pour la \I« dynastie que des chilîres el de la VHP que les chiffres des quatre derniers règnes. Il faut rattacher là peut-être le fragment 4!^ qui porte le nom de Nitokris et de trois autres rois. L'Epitomé de Manéthon omet les nomsdes rois de la VII^ à la XP dynastics Eratosthène nonmie 5 rois de la VI^ dynastie, dont Nitokris, qui clôt la dynastie. Cette Nitokris est-elle la même que celle de la légende» rapportée par Hérodote, II, 100, cela est douteux. (Voir plus loin la liste des rois).

L'aulre liste, fournie par la table d'Vbydos, comprend : 40, Neterkerè' ; il, Menkeré' ; 42, Neferkerê' IV; 4:i Neferkeré' V Nebi;44 Tetkerè' II, Sema ; 45 Neferkerè' VI Chentou ; 46, Merenhor ;47, Sneferka 1 i peutêtre identique avec le Sneferkerê'de la tablede Karnak,n" 30) ; 48, Nekerè': 49,Neferkerè' VlITererou ; riO, Neferkehor: rd, Neferkeré' VIII Pepiseneb ; 52, Sneferka II '\nou ; 58,... keourè' ; 54, Neferkeourè' ; 55, .Neferkeouhor ; 50, Neferei'kerè' II. — Monumentsde IHorus Irnztaoui roi Ouazkeré' ((^f. i^ 268 n.; et de rilorus Heounouter roi Neferkeouh<>r (— n» 55 de la table d'Abydos) à Kopios, i\[).WiuLLjJécreis royaux. — Le n° 49, Neferkerè' Tererou, se trouve peut-être dans le texte de basse époque publié par Khman, A.Z.,32, 127. \AA'.i\\iy){Auii. du serv., IV, 220, ri'. V, 144) croit reconnaître le nom d'un roi Neterkeré' (— no40)Hotep, à SatterHigâl, dans un nom donné par Pktuik, A .^cnson in KçiypJ, 430. Il faut ajouter ici un roi Sechemkerê' qui paraît dans un fragment de (•onq)te datant de cette épocpie à Éléphantine //tV/v//. />r//>. des Mua. in licrlin, fasc. 9, pi. 5), et peut-être aussi les rois Ati et Imhotep à Hamnianuit (J^ 2()2 n.); au coidraire, le roi Men(h('|)erou à El Kab (Stkun, A.Z., 13, 72, pi. II) porte un nom qui n'est probablement pas de cette époque. Les scarabées attribués par Pktkik, Hisl.,\, llii. à cette époque soid d'origine plus récente, cf. Nkwbkhuy, Scarnbs, 66 sq.

.fl "1 M M

rî

CD

es

^ t^ sj ^ çq

•e- ::r e pî ;^.

ri ?-: v-r lc *-^

tBHMM

mmmm

m^mà

ce

fl

es

c/3 73 C/2 ce

fl fl fl C

C3 CO CO es

0) 0) . Vî

"ce 'ï^ o ~

■St^§ Cl-

- rt ;r r:

••^ XmC •■■^

^ Cl- I

r* '^ fl I

S 73 fl

i^ N^ un X)

— I es -^ - , ÎJ

^.-^ es ■■" ^

es

'P es

fl

VMri

te

fl

es

es

fl

• '^ , "~^ fl

fl fl -^

^•j ^ es ÎM

-1:^ vrf vt — X

.-^ tH •- ^ t- r. -

■ QJ b— ^-^ ta- .tl O O -

fl

es

es

es

es

es

vt

mm^

-^ '^i H viî >o '>o r^ X o o — 'M r^ ^"^

HUITIKME DYNASTIE

268. Si les monuments sont presque muets sur les rois de ce temps, ce n'est pas faute d'inscriptions; nous possédons au contraire un assez orrand nombre de tombeaux appartenant à cette époque de transition, notamment à Memphis, dans le nome du Mont-Serpent ^12«^ et à Tentyra Dendera^ ville de Hathôr, dausle 6« nome. Mais les inscriptions des tombeaux ne font plus guère allusion au souverain régnant que dans des phrases vagues telles que : « l'homme pieux vis-à-vis de son maître » \pius ergn regem, on bien « celui qui est aimé du roi »; cela signifie que les autorités locales, les intérêts locaux, sont passés peu à peu au premier rang, tandis que la royauté perdait sa puissance, ('omment s'est organisé le pouvoir des princes de nomes, nous le voyons clairement par l'insciiption funéraire du nomarque du Mont-Serpent, Henqou. Il a gouverné son nome d'abord avec son frère Ilemre, puis tout seul 1\ Maintenant, voici en (juels termes il s'adresse à o tous les habitants du nome du Mont-Serpent, et à tous les grands chefs des autres nomes, qui viennent à passer devant ce tombeau » : « j'étais un homme pieux, aimé de vos pères, loué par vos mères, je donnais la sépulture à vos vieillards, je prenais soin de vos orphelins... je protégeais votre vieillesse dans la Cour des j)ropriétaires fonciers ("§242 . Je n'ai jamais fait mon esclave d'aucune lille de l'un de vous... j'ai donné du pain à tout afTamé dans le nome du Mont-Serpent, j'ai habillé tout homme nu dans mon nome ». T.e sont là formules usuelles dans les iuscriptions des princes de nomes, bien qu'elles ne revêtent pas toujours une forme aussi typique. Viennent ensuite^ quelques traits plus précis: « j'ai peuple les pâturages du nom(^ avec des br^uifs, les bergeries avec des chèvres, et même, j'ai rassasié b;s loups de la montagne et les vautours du ciel avec les charognes des chèvres». « J'ai

(1) « J'ai apparu pour gouverner le nome du Mont-Serpent en même lemps que mon frère. > Sous Pepi H encore, il se serait exprimé ainsi : « Alors la Majestf^ (lu Roi m'a placé comme nomarrfne... »

FIN DE i/aNCIEN KMF'IRE, ÉPOQUE DE TRANSITION

peuplé les bourgades ruinées de ce nome avec le bétail et les habitants d'autres nomes » — est-ce à la suite d'une o-uerre, ou en favorisant l'immigraliou dans son nome, il ne le dit pas — « en sorte que ceux ([ui, auparavant, étaient des serfs, se sont élevés au rang de propriétaires fonciers {seroii ». «J'ai l'ait installer dans le nome des abris pour les bœufs, des filets pour les pécheurs et les oiseleurs, et, dans chaque localité habitée, j'ai fondé une « maisonde Henqou » pourvue en hommes (serfs^, enbœufs et eu chèvres. » Les anciens fermiers du domaine pharaonique se sont transformés en propriétaires héréditaires, à Texemple delà noblesse des nomes, devenue elle aussi héréditaire, et le mot rhontise ne se rencontre plus, après la \ b' dynastie, avec son ancienne signification de a fermier », qu'à Tétat tout à fait sporadique J^ 284 n.) : ces pro|)riétaires du sol, passés sous le o-ouvernement paternel du prince du nome, le soutiennent de leurs conseils et de leur aide effective. Un princecpii a su se créer une situation si indéj)endante, n'a |)ius besoin de s'inquiéter de sa Majesté Pharaonique, (jui résidi» si loin, à Memphis.

Inscriptions de cette époque à ^Mcnipliis (Salikara) notamment au Musée de l^erlin [Aeyypf. Insclir. de>i hfjl. Mus., iV.) sq.), à Deiniera, aj). l^KTiuK, Dendevoh. Il faut y ajouter prol>al>lement plnsieurs des pins anciens tombeaux de Berse (ap. Fuasku, El Hersheh, II, p. o7) et aussi les tombeaux les plus récents de Desase. L'inscription de llenqou,ap. Daviks, Der el Gebrawi, II, 24 s, traduite par (liui Krrii. a été éditée d'une façon excellente par Sethe, Vvk. des A. li., 76 sq., mais il lui attribue, comme Bukastkd, 1, IKO, une dntetrop ancieiuïe (.^201 n.).

268 a. En apparence, l unité du royaume se mainticMit (mcore ; le roi envoie ses décrets à tous h^s t'ouclionnaires, à tous les temples du royaume, il lève des redevances, des impôts et descorvées, il envoie des fouetionnaii-es en tournées d'inspection, à l'exemple de ses ancêtres dont le cultes est d'ailleurs maintenu avec ferv<Mir. On a trouve récem-

HUITIÈME DYNASTIE — § 268 a.

ment à l\0[)tos ti'ois édits d(^ rois qui appartiennent à cette époque vj 267 n. . Deux d'entre eux ont été promulgués par le roi Ouazkeré' ; l'un renouvelle les privilèges d'une fondation de Pepi II, à Koptos ; l'autre, adressée au vizir pour tous les habitants de ce pays en leur totalité », menace des plus sévères punitions toute personne qui ose faire quel- (|ue dommage aux u statues, autels, chapelles funéraires, inscriptions, monuments », et ces punitions sont : conliscation de l'héritage [)aternel, perte de la sépulture parmi les morts glorieux, rejet de la société des vivants ; par la même occasion, le roi émet de nouvelles prescriptions pour que tout le personnel qui relève des temples soit protégé contre des violences illégales. Voilà qui nous donne quebjues a[)erçus sur cette désorganisation où s'écroulent les forces si bien assises de l'Ancien Empire. Le troisième décret est du roi Xeferkeonhor; il loue un toncti(^nnair(» qui vient d'inspecter, avec le Directeur du Sud, une fondation du roi à Koptos. (]e fonctionnaire est un « scribe des champs « ou j)lutôt des cultivateurs pour cinc] nomes de la Mante-Egypte, (jui maintenant sont réunis dans une seule division administrative, du 5^ au î> ; on voit par là combien les domaines du roi ont fondu. Si Neferkeouhor est cité correctement à sa place sur la table d'Abydos, où sou nom vient Tavantdernier d'une liste de 17 lois, cela prouve que tons ces souverains ont encore régné sur la liaute-Egypte tout entière, et ([ue c'est après eux seulement que leurs succ(»sseurs, les llérakléopolitains, ont cou([uis le |»ouvoir; mais comment accorder ces données avec celles du papyrus de Turin? Nous ne le savons pas. Un l'ait seulement ressort avec certitude: à mesure ([ue s'accroît la puissance des ])rineesd(MH)mes, et, eu même temps, les domaines de mainmorte avec tous les j)rivilèges (|ue le roi y attache, l'autorité l'oyale s'ail'aiblit et les nomes se rendent toujours plus indépendants. L'Egypte a fini réellement par se désagréger en autant de principautés indépendantes (|ue l'Ejupire

Page 1