BOVI
Belle cathédrale (pl. 61); bâtie, dit-on, par l’impératrice Hélène ; du moins on peut attribuer à son siècle la crypte sur laquelle s’élève le chœur. Ce chœur et les travées sont terminées par trois absides demi-circulaires, couronnées à l’extérieur, sous la corniche, par d’élégantes galeries de petits arcs et de piliers élevés sur des balustrades à compartiments ; les angles qui séparent ces absides sont remplis par deux tours carrées; au-dessus du centre s’élève un clocher à plusieurs rangs d’arcades.
Je ferai observer ici que toutes les églises lombardes des bords du Rhin qui n’ont que deux clochers , les ont tous deux à l’extrémité orientale entre les deux absides des travées et celle du chœur; ces églises de ce côté ressemblent à des églises grecques , ou aux mosquées de Constantinople.
Bonn possédait deux vieilles églises circulaires , fort curieuses; l’une a été détruite par le temps, l’autre par les Français.
COLOGSE.
Patrie d’Agrippine , son nom vient d’une colonie romaine que cette princesse y envoya; au moyen âge les richesses, le pouvoir et les fondations considérables de ses évêques l’ont fait souvent appeler la Rome du Nord.
L’église des Apôtres (pl. 21 , 22 et 23) commencée par Herbert, trente-troisième évêque de Cologne, mort
en 1021 , et terminée par son successeur Pélégrinus , qui mourut en 1036. Trois absides ou coupoles demicirculaires, séparées par des clochers octogones fort minces, qui gardent les mêmes dimensions jusqu'au faîte. Le centre est couronné par une coupole octogone, environnée, aussi bien que les absides, d'une galerie de petites arcades posant sur de petites colonnes jumelles. Ces colonnes, pratiquées dans l'épaisseur de l'arc, s’appuient sur une balustrade à panneaux, comme on en voit dans toutes les églises de la même époque, à Bonn, à Andernach, à Coblentz, à Boppart , à Cologne et dans les autres villes situées sur le Rhin. Le tout est couvert d’un toit de plomb à côtes et en arc surbaissé, qui offre une ressemblance frappante avec quelques vieilles églises grecques des parties les plus reculées de l’Asie Mineure ; les proportions dégagées et élégantes de ce toit sont calculées pour en augmenter le diamètre apparent, tandis que le toit anglais ou saxon , lourd et gauchement placé , produit un effet tout contraire. La partie orientale se compose d’une nef terminée par une tour carrée audessous de laquelle est l’entrée principale. La tour et les flèches octogones ont un fronton au-dessus de chaque face. 4
L’église St.-Géréon (pl. 18, 19, 20) doit son nom à un capitaine d'une légion romaine en quartier dans le prétoire militaire voisin , martyrisé avec ses soldats sur ce lieu même pendant la persécution de Dioclétien et de Maximien. Cet édiflce fut fondé, dit-on, en 337 par l’impératrice Hélène, rebâti par Charlemagne et terminé par Hannon, 36e évêque de Cologne, mort en 1075. Les additions successives qui y furent faites
donnent à toute la distribution un aspect singulier et théâtral. Le corps principal du bâtiment est un vaste octogone couronné par une coupole ; les piliers des angles intérieurs de l’octogone se prolongent en nervures qui convergent au sommet et s’y réunissent en un point; à l’extrémité et en face de la porte d’entrée, est une longue suite de vastes degrés qui conduisent à un autel et à un chœur oblong placé derrière l’autel ; viennent ensuite d’autres degrés qui mènent à la plateforme entre les deux hautes tours carrées; le tout se termine à l’orient par un hémicycle entouré, aussi bien que la coupole, d’une galerie de petites arcades et de petits piliers appuyés sur une balustrade à panneaux, dans le style de l’église des Apôtres. La grand’ porte avec son linteau carré , son fronton bas et son arc ogive , est élégante ; les cryptes présentent quelques restes de belles mosaïques; mais les Français ont enlevé les colonnes de porphyre. Quelques détails appartiennent au style ogival, et les décorations intérieures sont encore plus modernes.
Ste. -Ursule fut terminée par Clinatus en 922, selon le Sacrarium Agrippinœ d’Erard de Winheim, Cologne, 1736, et le Catalogus Episcoporum Coloniœ, deux ouvrages auxquels j'ai emprunté la plupart de ces dates. Elle appartient au même style que les églises précédentes, sauf quelques parties ajoutées plus tard.
Ste. -Marie du Capitole (pl. 74). On la regarde comme la plus ancienne église de Cologne ; elle a été bâtie par Plectrude, femme de Pépin, sur l’emplacement du Prœtorium Prœfecti et du Capitole. A l’extérieur, même style que l’église des Apôtres; à l’intérieur, c’est une église grecque; on la prendrait pour le pendant d’une
chapelle qui subsiste encore parmi les ruines de Séleucie. Autour de son extrémité orientale et de ses absides demi-circulaires, courent, dans l'intérieur, des colonnades également demi-circulaires supportant des arcs plein cintre.
L’intérieur de l'église de St. -Martin présente aussi une distribution toute grecque ; elle a un beau et grand clocher carré , avec quatre petites tourelles aux angles, dont plusieurs sont encore inachevées , et un cercle de petites arcades et de piliers sur des balustrades à panneaux.
St.-Cunibert (pl. 48). Entrée occidentale, ornée de sculptures et d'autres embellissements , d’une élégance singulière et tout à fait lombards, quoique l’arc qui surmonte le linteau carré et le fronton soit ogival ; en dehors des impostes saillent des lions ; des roses, au lieu de fenêtres, le long des ailes ; l'abside ronde avec la galerie ordinaire sous la corniche.
k St.- André. Fondée en 934, par St. Bruno, 28èmc évê-
que de Cologne et frère d’Othon le Grand , cette église semble avoir été construite originellement dans le même style que les précédentes. Elle a encore le centre octogone, le clocher au-dessus avec la flèche à côtes et à fronton; mais les autres parties sont d’un gothique plus moderne.
St.-Pantaléon. — Fondée par le même St. Bruno, et richement dotée par Théophanie, femme d’Othon II, qui y fut enterrée.
Au Rheinhof, beau portique avec linteau carré, fronton bas et arc lombard (pl. 64).
Comme il y avait hors de la ville un grand nombre d’églises et de monastères, Philippe d’Heinsborch , ar-
chevêque de Cologne en 1187, construisit, pour leur servir d’enceinte, et en même temps de boulevard à la ville , de belles murailles avec quatre-vingt-trois tours carrées. En même temps, dit la chronique, on bâtit ou l’on répara un grand nombre d’églises, dans le style milanais de cette époque, en conséquence de la translation des reliques des Rois-Mages de Milan à Cologne.