LIÈGE
L’église de Ste. -Croix (pl. 52); abside ronde à petites galeries; clocher octogone à frontons; arcades partie plein cintre, partie ogivales.
TOCRÏVAY.
La cathédrale; travées terminées en absides demicirculaires; voûte demi-circulaire et à nervures, formant le toit, et supportée par une colonnade; les porches du nord et du sud ornés d’arcs ogivaux en fer à cheval , surmontés par un autre rang d’arcs plein cintre, appuyés sur des colonnes torses.
Plus à l’est , le long du Danube , il existe d’autres églises lombardes. Ce style perce même dans les petits clochers qui flanquent le frontispice occidental de la cathédrale de Vienne. On le retrouve au nord jusqu’à Upsalen Suède. Il se montre dans les arcs plein cintre de l’église paroissiale luthérienne, autrefois l’église
St.-Laurent, bâtie en 1118, par saint Éric, sur les ruines du plus fameux temple d’Odin.
L’architecture du continent , aussi bien que les autres arts de la civilisation, fut importée en Angleterre par les missionnaires de Rome et par les francs-maçons de tous les pays; on prétend qu’on en trouve des traces dès le règne d’Alfred. Ce qui est certain, c’est que les travaux des francs-maçons précédèrent la conquête; il est probable même qu’ils suivirent immédiatement la longue interruption que l’invasion des Danois produisit dans les entreprises architectoniques.
A ce style appartiennent l’église abbatiale de Romsey dans le Huntingdonshire, la première grande église entreprise après l’invasion danoise, à peu près au milieu du Xe siècle; les cryptes de la cathédrale de Winchester commencée en 980, et les parties les plus anciennes de Canterbury, Tewkesbury, Durham, Peterborough, Ely, et d’autres encore. Il est constant qu’Édouard le Confesseur, qui avait été élevé en France, introduisit dans son église de Westminster, bâtie vers 1050, les innovations récemment adoptées par les Français; mais lorsque Guillaume, duc de Normandie, devint roi d’Angleterre, lorsque tous les grands bénéfices ecclésiastiques de ce royaume furent occupés par des prélats normands, élevés dans les séminaires du Bec ou de Caen, on remplaça presque toutes les cathédrales et les autres édifices sacrés par de nouvelles constructions établies sur une plus grande échelle ; cependant on employa toujours le style lombard ; aussi retrouve-t-on des traces manifestes de ce style, et même de celui de Byzance, dans les travées intérieures et extérieures de la cathédrale d’Ely, commencée en 1088,
et dans la partie du frontispice occidental qui n'a point disparu sous les maladroites réparations des modernes ; on en trouve dans les plus anciennes parties des cathédrales de Canterbury , de Winchester, et même de Durham , construite depuis la conquête. On peut supposer , sans crainte de se tromper , que le style byzantin a été conservé à dessein dans certaines églises. On le voit partout où l’édifice n’a pas été trop dégradé ou trop endommagé par des altérations subséquentes; par exemple, dans l’église du vieux Temple à Londres, consacrée en 1183 par Héraclius, patriarche de Jérusalem , et détruite en 1240; et dans le porche de la cathédrale d’Ely, érigé par l’évêque Eustathe en 1200, et appelé la Galilée, ainsi que celui de l’église de Durham. Les parties les plus anciennes de la cathédrale de Glocester, construite par l’évêque Alfred en 1046, et de celle de Norwich, fondée en 1096 par Lozinga , sont des échantillons du style lombard en Angleterre.
Il faut le reconnaître cependant, dans la Grande- Bretagne aussi bien que dans les parties septentrionales de la France, le style lombard a un aspect plus triste que dans les pays situés à l’est et au sud. Il est rare de trouver en Angleterre ou en Normandie les modifications les plus élégantes de ce style , ces hémicycles qui terminent les travées et la partie orientale , ces coupoles octogones au centre, ces tours nombreuses, ces longues ceintures de petites galeries courant sous la corniche, qui donnent tant de grâce aux édifices du même genre sur les bords du Rhin. On y rencontre plus rarement encore ces autres galeries qui grimpent le long des frontons, et presque jamais enfin, ces riches et somp-
so*
tueuses sculptures, ces figures innombrables, ces basreliefs, ces arabesques, ces feuillages qui, à mesure que l’on approche de la source du style lombard, se multiplient davantage sur les linteaux, sur les impostes, sur les archivoltes des portiques, autour des fenêtres, des couronnements et des corniches, et souvent sur les surfaces des portails et des frontons. En fait d’ornements, les peuples du Nord se sont presque toujours bornés aux plus insignifiants et aux plus lourds de tous ceux qui appartiennent à ce style. Je ne donnerai donc point l’énumération des échantillons lombards que possède l’Angleterre, d’autant mieux qu’ils sont généralement connus; je me contenterai de désigner parmi les plus remarquables, quelques parties delà cathédrale, delà tour de St.-Éthelbert, et particulièrement l’escalier de la Chancellerie, à Canterbury ; certains morceaux des cathédrales de Winchester, de Peterborough et de Norwich; la petite église de Barfreston, dans le comté de Kent, et celle deCastle Rising, dans celui d’York; la grand’porte de l’abbaye de Malmesbury; le château de Norwich, etc.