APPAREIL DE MARSH
L’appareil de Marsh est une des plus heureuses découvertes faites en toxologie. Sa sensibilité, qui permet de reconnaître jusqu’à des millionièmes d’arsenic, le place bien au-dessus de tous les procédés que possédaient les anciens pour la recherche de ce corps. Mais, outre que son emploi exige les soins les plus minutieux et la prudence la plus grande, il peut encore exposer aux conséquences les plus funestes, en laissant perdre des quantités assez notables de cette substance. Dans les analyses où il s’agit de quantités infinitésimales, on a besoin de chaque partie, et on doit autant que possible chercher les moyens propres à éviter les plus petites pertes. Plusieurs savants ont, dans ce but, fait subir à l’appareil de Marsh de nombreuses modifications. Nous ne discuterons pas leur valeur relative : nous nous contenterons de décrire la petite annexe que nous y avons ajoutée nous-même. Elle nous a semblé réunir les qualités désirables pour éloigner toute cause d’erreur.
Voici en quoi elle consiste : On fait brûler le gaz hydrogène arsénié dans un globe; en face du tube se trouve une large ouverture sur laquelle vient s’appliquer une espèce de soufflet en caoutchouc
portant à son extrémité un double cadre dans lequel s’engage à frottement dur un carré en bois. Au milieu de c.e carré se trouve 'fixée la soucoupe destinée à recueillir les taches arsenicales. On peut à volonté changer ce carré. Pour cela on applique sur sa «urface externe supérieure la surface inférieure d’une autre pièce de ce genre, et>ou pousse de manière à substituer le second au premier, sans ouvrir l’appareil. Sur la partie supérieure du globe se trouvent deux ouvertures. Ces ouvertures, qu’on peut ouvrir ou fermer à volonté, servent de passage à l’air extérieur. On trouve à la partie inférieure une nouvelle ouverture communiquant avec un appareil à boules de Liebig. Cet appareil est rempli d’une solution neutre d’azotate d’argent. L’une de ces extrémités correspond avec un grand vase rempli d’eau et muni d’un robinet.
Il est très-dacile de faire usage de l’appareil de Marsh ainsi modifié. On commence par faire marcher l’appareil à blanc, et •lorsqu’on s’est assuré de la pureté des réactifs qu’on emploie, on a recours à l’annexe que nous venons de décrire. La soucoupe -est placée en face de la flamme produite par la combustion de l’hydrogène arsénié. Les ouvertures destinées à -laisser pénétrer l’arsenic sont ouvertes ainsi que le robinet du vase à eau. L’écoulement ayant lieu, l’air pénètre dans le globe et entraîne avec lui des produits de la combustion qui ne sont pas restés fixés sur la soucoupe, et les dépose dans;l’appareil à boules en traversant le liquide qu’il contient. Lorsque l’opération est terminée, on démonte l’appareil et on exécute alors les réactions propres à faire connaître l’arsenic, d’une part, dans le liquide de l’appareil à boules, et de l'autre sur les taches qu'on a recueillies.
Nous ne dirons rien des avantages nombreux que présente ce mode d’opération. Nous laissons à chacun le soin de s’en con¬
vaincre.