‹ Histoire de l'art (volume 2)Chapitre 3 sur 79 · Par M. André Pératé. Voir Toine IV, pages 245 à · texte numérisé non relu

Par M. André Pératé. Voir Toine IV, pages 245 à

haute idée de son talent; c’est un honnête et consciencieux disciple de Foppa. Il n’eut point la révélation du nouvel évangile de Venise; ce fut un autre artiste de Brescia, Savoldo, qui l'alla chercher et revint l’enseigner, sans toujours le bien comprendre lui-même.

Savoldo. — Girolamo Savoldo, né à Brescia vers 1480, mort vers

1550, subit successivement l’influence des grands maîtres

de Venise. Sage dans son

dessin et simple dans sa composition, il demeura en somme jusqu’à sa mort un des meilleurs élèves de Giovanni Bcllini ; mais, avec Giorgione, Palma et Lotto, il chercha aussi le chatoiement des étoffes et l’éclat des paysages somptueux et colorés.

Les sujets de ses peintures sont peu variés : des Adorations des Bergers (à Venise, à Turin, à Brescia), des Nativités (à Turin, à Hampton- Gourt), des Repos en Égypte (à Urbin, à Munich), deux belles Transfigurations (aux Oflices de Florence et à la Bibliothèque Ambrosiennc de Milan), des images de saint Jérôme et de sainte Madeleine (à Fermo, à Florence, à Berlin, à Londres), enfin et surtout des Madones entourées de saints. La plus majestueuse de ces Madones, celle du Musée Brera de Milan (fig. 297), semble avoir été reproduite parle peintre, en 1555, pour 1 église de Santa Maria in Organo de Vérone. Les quatre figures debout sur le sol, et qui regardent vers les cieux, où apparaît la Vierge sur un trône de nuages parsemés de têtes de chérubins, ont l’ampleur et la robustesse des créations de Raphaël; elles font songer aux saints héroïques qui entourent la Sainte Cécile de Bologne ; mais l’esprit, la souplesse, la lumière de Corrègc n’ont pas encore passé par là; et c’est à la même date (pie Gorrège peignait sa Madone de saint Georges (voir Tome IV, p. 401).

Phot. Alinari.

Fig. 297. — Vierge et Saints, par Savoldo. (Musée Brera, Milan.)

LA PEINTURE ITALIENNE

Les portraits de Savoldo ne brillent point par une beauté de style ou par une recherche de caractère qui leur méritent ^immortalité ; à michemin entre Bellini et Moretto, il est aussi inférieur à son maître qu’à son disciple; mais il faut mettre à part, surtout poursa valeur historique, la curieuse image de G as! on de Foiæ , en cuirasse, entre des miroirs où se reflète son visage (au Musée du Louvre). Cette peinture, qui a fait partie des collections de François I'1', esl signée tout au long ; Opéra di Iovanni leronimo di Brescia, di Sauoldi .

Romanino. — Girolamo Romanino, né à Brescia en 1 1S5, mort en 1556, est un artiste beaucoup plus personnel (pie Savoldo, et qui sur plus d’un point se rapproche de son contemporain et voisin Lorenzo Lotto.

Comme Lotto, il a laissé de grands décors à fresque : ce sont, dans le chœur de la cathédrale de Crémone, les quatre belles scènes de la Passion peintes en 1519, le Christ devant Pilate, la Flagellation, le Couronnement d'épines, YEcce llomo ; puis, à Brescia, transportés au Musée Municipal, une Madeleine lavant les pieds du Christ et des Pèlerins d' Emmaüs, et surtout, dans la chapelle Corpus Do-

mini de San Giovanni Evangelista, des compositions (d des figures où il travailla auprès de son jeune rival Moretto, un Saint Luc, un Saint Apollonius, le Festin chez- Lévi et la Résurrection de Lazare. D’autres fresques décoratives, de 1540, des cavaliers et des dames, un Couronnement de Charlemagne, sont conservées au château épiscopal de Trente. Dans ses retables d’autel, Romanino garde l’ordonnance savante et pure de Bellini, en donnant aux figures un coloris parfois profond (d chaud comme celui de Giorgione ou de Sebastiano dcl Piombo, mais b* plus souvent clair et chatoyant, dans les gammes argentées dont Moretto saura jouer avec tant de grâce. Le plus ancien de ces retables, celui de

Phol. Al mari.

Fig. 298. — Vierge et Saints, par Romanino.

(San Francesco, Brescia.)

T. V. — titi

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