‹ Histoire de l'art (volume 3)Chapitre 16 sur 84 · PEINTRES D’HISTOIRE · texte numérisé non relu

PEINTRES D’HISTOIRE

Charles de La Fosse (1656-1 716), le plus h ri liant des élèves de Le Brun, peut être considéré comme appartenant encore à l’école de Versailles1. Mais il annonce déjà les tendances nouvelles. Sur cinq années qu'il passa en Italie, il en consacra trois à Venise, et son tableau du Louvre : Moïse sauvé des eaux, trahit par son coloris argenté une étude attentive de Véronèse. D’autre part nous savons par les contemporains qu'il était ami particulier de M. de Piles, le porte-parole des Buhenistes, et qu’il admirait les grands Flamands plus encore que les Vénitiens. « M. de Lafosse était très prévenu en faveur de Rubens et de Van Dyck, trouvant que ces peintres avaient même surpassé les Vénitiens dans certaines parties de la couleur. »

Cette double influence des maîtres de Venise et d’Anvers, de Véronèse et de Rubens, que nous allons retrouver chez tous les peintres de cette génération, est donc déjà très apparente chez de La Fosse, qui mit à profil leurs leçons dans trois grands ensembles décoratifs qu'il fut appelé à exécuter : à Londres dans l’hôtel Montagu, à Paris dans la chapelle des Invalides et l'hôtel Crozal.

C'est en 1600 qu il passa à Londres pour collaborer avec une équipe d'artistes français à la décoration du magnifique palais que lord Montagu, ambassadeur d’Angleterre en France, venait de se faire construire et qui, transformé depuis en style pseudo-grec, est devenu le British Muséum. Ses plafonds du grand escalier, du vestibule où il peignit la Chute de Phaélon, du salon où il représenta la Maissance de Minerve enchantèrent le roi Guillaume III, qui lui proposa de rester en Angleterre pour décorer sa résidence de Ilampton Court. Mais de La

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