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I. Prononcer Roubliof

'2. Le Musée russe de P.élersbourg, qui s’est enrichi de la collection Likhatchev, la Galerie Tretiakov, les collections Ostrooukhov et Riabouchinski et les églises des Vieux Croyants à Moscou possèdent les meilleurs spécimens de cet art exquis.

celles de l'école de Novgorod. Dès l’époque d'Ivan le Terrible, les gravures allemandes ou italiennes dont s’inspirent les peintres corrompent la tradition byzantine : le style et l'iconographie se transforment. Pour la première lois on voit apparaître dans la peinture russe des sujets profanes. La Chambre dorée et le Calais à facéties du Kreml s'ornent de fresques allégoriques ou môme de sujets empruntés à l'histoire de Russie.

Pendant un certain temps les traditions de l'école de Novgorod se maintiennent dans les œuvres qu’on a groupées à tort sous le titre d' Croie Stroganov, parce que le revers d’un grand nombre d’icônes peintes

entre 1580 et 1620 porte le nom d’un des membres de la famille Stroganov. En réalité les peintres (pii travaillaient pour ces riches Mécènes d’origine novgorodienne, établis à Oustioug et à Solvytchegodsk dans la Russie du Nord, travaillaient aussi pour les tsars de Moscou. On retrouve les noms des Savine, d Emilien Moskvitine, de Procope Tehirinc sur les listes des peintres des tsars. Il n'y a donc pas lieu, malgré les qualités d'exécution précieuse et comme miniaturée des icônes dites Stroganov.

de les rattacher à une école à part, distincte des écoles de Novgorod et de Moscou.

C'est à partir du milieu du xviT siècle que s'affirme l'orientation nouvelle de la peinture russe. Ce changement est si marqué que la limite séparant la peinture russe ancienne iUonopis de la peinture russe moderne jivopis devrait être reportée sous le règne d'Alexis Mikhaïlovitch. un demi-siècle avant la fondation de Pétersbourg. Dès celte époque on voit affiner à Moscou de nombreux peintres étrangers qui envahissent et transforment VOroujeïnaïa Palala , la première Académie russe dos Beaux-Arts.

Rien que les œuvres de ces étrangers établis à la cour des tsars de Moscou soient désignées sous le nom générique d œuvres franques fri n j skia , aucun d'eux n était Français ou Italien : ils se recrutent parmi les Allemands, les Hollandais, Es Polonais. Le premier qui soit mentionné daim 1ms documents, Jan Rcttcrson 1645-1005}, fut remplacé par un aventurier polonais, Stanislas Loputski, auquel succéda le Hollandais Daniel Wuchters, à qui on attribue le vigoureux portrait du Patriarche

L’ART EN RUSSIE

Nicon entouré de ses acolytes. C’est à ces étrangers qu’est due l’introduction en Russie de la peinture de portrait ( parsouna )

Ces nouveautés soulevèrent naturellement l’indignation des orthodoxes intransigeants. Mais le tsar Alexis Mikhaïlovitch et son favori Khitrovo, qu'il avait mis à la tête de l’Oroujeïnaïa Palata, inclinaient tous les deux vers la « manière franque » (friajskoe dèlo ; de sorte <pie l’opposition dut s’incliner.

Le triomphe des nouvelles tendances fut assuré par le célèbre « isographe » du tsar Simon Üuchakov (1626-1686) qui est, avec André Roublev, le seul maître universellement connu de la peinture russe ancienne. A vingt-deux ans, en 1648, il avait déjà le titre de peintre du tsar tsarski ikonopisets . Sa première œuvre datée, l icône de la Vierge de Vladimir , est de 1652. Ses deux icônes du Sauveur , à la lavra de la Trinité Saint-Serge, sont d’un style assez académique, et on a beaucoup exagéré le mérite de la fameuse icône de V Annonciation, dans l’église de la Vierge de Géorgie à Moscou, qui passait pour son chef-d’œuvre. Ouchakov est le premier peintre russe qui ait pratiqué la gravure; mais la plus intéressante de ses eaux-fortes : les Sept Véclies capitaux (1673), est visiblement calquée sur un modèle étranger. En somme, ce « Raphaël de l’art russe » s’est montré incapable d’enrayer la décadence. Il n’est plus peintre d’icônes à la manière grecque, et il n’est pas encore un peintre moderne à la manière franque : aussi, malgré des dons réels, n'a-t-il rien produit qui donne une véritable jouissance artistique.

Comme presque toutes les fresques moscovites ont disparu, c’est dans les villes de la haute Volga, à Kostroma, à Rostov et surtout à Iaroslavl, qu’il faut aller chercher les cycles les plus importants de fresques russes du xvne siècle. A Saint-Elie ou à Saint-Jean-Baptiste * d’Iaroslavl, des peintures illustrant les scènes des Evangiles ou les visions eschatologiques de l’Apocalypse tapissent entièrement les voûtes, les piliers, les murs des églises et de leurs larges galeries. Un se demande où ces petites villes provinciales ont pu recruter les équipes de peintres nécessaires pour couvrir ces centaines de mètres carrés. Dans aucun pays, sans en excepter l’Italie, on ne trouverait une quantité aussi fantastique de fresques peintes en si peu de temps.

Il va sans dire que la valeur artistique et l’originalité de ces peintures à la grosse sont médiocres. Les menus tableautins qui se superposent parfois sur sept ou huit rangées du sol jusqu’à la voûte présentent un intérêt purement narratif et sont dépourvus de tout caractère monumental. Les peintres se contentent de calquer ou plutôt d’adapter en les simplifiant les gravures des éditions illustrées de la Bible, qui avaient

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