L'ARCHITECTURE DE LA HAUTE VOLGA : LE KHEML DE ROSTOV ET LES
églises D' iarosl AVI.. — Malgré sa prépondérance croissante, Moscou
n'absorbe pas toute la vie artistique de la Russie.
Dans la seconde moitié du xviic siècle, un centre d’activité provinciale très important se développe dans le bassin de la haute Volga. Le Kreml grandiose de Rostov, métropole ecclésiastique de cette région, et les magnifiques églises peintes d’Iaroslavl témoignent éloquemment de cette prospérité.
La grandeur de Rostov, petite ville aujourd'hui déchue, sorte de Bruges russe, qui mire ses innombrables coupoles dans les eaux calmes du lac Nero, coïncide avec l'épiscopat du métropolite .louas Sysoevitch, le plus grand bâtisseur russe du xvne siècle 1 652-1060).
(Lest de cette époque que date le prodigieux Kreml de Rostov, avec son palais archiépiscopal, ses cinq églises tapissées de fresques, ses hautes murailles hérissées de tours : I ensemble le plus grandiose que nous ait laissé 1 architecture russe du xmT siècle et le seul Kreml de Russie qui puisse se comparer. pour l'énormité de sa masse et l intégrité de son décor, au Kreml (h* Moscou.
Ouelques-unes de ces églises présentent des dispositions très originales, Vu lieu d’ètre groupées, comme a Moscou, à l'intérieur de la forteresse, elles sont réparties, pour la plupart, tout autour de 1 enceinte, à
l ie.. 205. — Église de la Transfiguration, à Ostrovo, près Moscou. Vers 1550.
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cheval sur les portes (nadvratnya), coincées entre deux grosses tours rondes, qui leur donnent un aspect puissamment défensif. La petite église du Sauveur, qui communique avec l'ancien palais épiscopal et les térems, présente à I intérieur, au-dessus de la solea, une magnifique arcature de colonnes peintes qui séparent le sanctuaire de la nef à la façon d’un jubé.
Les églises de la ville voisine d’iaroslavl, sur la Volga, qui profita, au xvue siècle, de la ruine de Novgorod pour devenir le grand emporium de la Russie du Nord, se distinguent par leur ampleur. Les principales d’entre elles :
Y Eglise du prophète Elie (1647-1650), Sa i nt-Jea n - Clirysoslome de Korovniki (1649-1654) et surtout Sain t-Jea n-Bapt isle de Toltehkovo (1671 - 1687), sont deux fois plus vastes que les églises moscovites. Elles sont entourées, sur trois côtés, de larges galeries (paperty) avec des porches pittoresques (kryltsa). Leurs nombreuses coupoles imbriquées s’élèvent directement sur de cauts tambours sans interposition de kokochniks.
Les pyramides, proscrites pour la construction des églises proprement dites, prennent leur revanche au-dessus des porches et dans les clochers, qui sont généralement isolés. La décoration extérieure et intérieure est d’une extrême richesse : elle est caractérisée par des revêtements en carreaux émaillés1, qui encadrent les portails ou les fenêtres des absides, et par l'emploi de la fresque, qui couvre les murs et les voûtes d'un tapis bariolé.
La magnifique Cathédrale de la Résurrection Yoskressenski sobor) à Romanov-Borisoglêbsk, le Monastère de la Résurrection à Ouglitch, sur la
Église de Basile le Bienheureux, à Moscou. 1500.
1. Moscou a conservé un curieux spécimen de ces revêtements en carreaux émaillés dans la porte Kroutitski.
Volga, qui (‘si la plus ancienne construction du métropolite de Kostov, .louas Sysoevitch, rivalisent avec les églises d laroslavl par l'ampleur de leurs dimensions el le luxe de leur décor.
LE BAROQUE MOSCOVITE. — L'annexion de la Petite-Hussie, événement capital de 1 histoire de la Russie au xvn" siècle, eul. sur le développement de l’architecture moscovite, les conséquences les plus importantes. C’esl par l'intermédiaire de l'Ukraine ou Petite-Russie, qui avait été longtemps
rattachée à la Pologne, que l'architecture baroque de l Occident pénétra à Moscou. L’architecture baroque d'U k i •aine atteint son apogée à l'époque de l'hetman Mazépa, qui lit restaurera Kiev la vieille cathédrale délabrée de Sainte-Sophie el la grande église du monastère Petcherski, et édifier plusieurs églises neuves : Y Eglise île l' Epiphanie, Saint-.\icoIas, la gracieuse Eglise de Tous les Saints 1090- 1008 . Toutesces églises sont conçues sur le type polonais : elles affectent le plan basilical. avecdeux tours symétriques de chaque côté de la façade et une haute coupole à la croisée du transept. L'inlluence occidentale se révèle également dans la riche décoration des frontons à volules et des cartouches. A l'intérieur, de hauts iconostases en bois sculpté, dont les ornements rappellent les slucages des façades, montent jusqu'à la voûte.
Moscou emprunte à 1 1 kraine, en même temps que ces éléments de décoration baroque, le système de construction à étages iarousnost , qui s affirme dans les églises en bois de la région du Dnèpr et des Carpathes et pénètre jusque dans la Itussie du Nord. Les églises à étages remplacèrent les églises à pyramide proscrites par IHglise orthodoxe. Le type le plus parfait <1 architecture ukrainienne à étages est Y Eglise (le T Intercession. à Fili. près Moscou, construite en 1595 aux frais du hoïar Lev Kirillo-
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vitcli Narychkine, oncle de Pierre le Grand. Plie se dresse sur une large terrasse à laquelle on accède par trois escaliers monumentaux. Sa silhouette polychrome est si harmonieuse qu'on ne saurait la comparer, dans l'histoire de l'architecture russe antépétrovienne, qu'à l’exquise chapelle de l'Intercession, sur la Nerl, près de Vladimir.
A la même époque (1690-1704), le prince Yasili Golitsyne faisait construire, dans son fief de Doubrovitsy, au Sud de Moscou, la curieuse lù/l ise de ï Apparition de la Vierge, exceptionnelle par la prodigieuse exubérance de sa décoration sculptée.
Les formes décoratives de la prétendue Renaissance allemande, qui n’est qu'une variété du baroque, introduites par l'intermédiaire des recueils d’ornements gravés ou des artels d’artisans allemands, alourdissent la plupart des édifices qui s’élèvent à Moscou dans les dernières années du xvn° siècle : les pompeux réfectoires monastiques du couvent Siino-
nov, du couvent des Vierges, de la lavra de la Trinité Saint-Serge, et la fameuse Tour Soukliarev, érigée par Pierre le Grand en l’honneur du régiment Soukliarev (1692-1695).
Bien (pie le baroque moscovite emprunte ses éléments au baroque ukrainien et allemand, il n'en constitue pas moins un style original, dont la seule église de Fili suffirait à montrer la haute valeur et les possibilités de développement. Malheureusement, l'oukaze promulgué par Pierre le Grand, le 9 octobre 1714, pour accélérer la construction de Pétersbourg, arrêta net les travaux de maçonnerie dans tout le reste de la Russie. Quand l’architecture se ranima à Moscou, dans la seconde moitié du xvme siècle, le style baroque avait vécu.
Sculpture. — De la sculpture russe avant Pierre le Grand il n'y a
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pres<jue rien à dire. L'Eglise orthodoxe, fidèle aux objurgations de la loi mosaïque el craignant de ranimer par une coupable tolérance le dangereux prestige «les idoles païennes de Peroun et de Yeles qu elle avait eu tant de peine à abattre, exila de ses sanctuaires toute image taillée. En Occident le vieil anthropomorphisme gréco-romain triompha des protestations des Pères de l’Eglise, et à partir du xne siècle on assiste à un magnifique épanouissement de la sculpture religieuse et funéraire. Il n'en fut pas de même en Russie, <>ù la tradition orientale, «jui substitue au
1 a.. ‘200. Ksjliso <l(‘ l’Inlom'ssion <l<‘ la \ ierjz<\ à I ili. pivs Moscou. ItiOâ.
re lier plastic] ue 1 ornementation méplate el le décor polychrome, loin de contrecarrer h's prohibitions de l'Eglise, venait au contraire h's renforcer.
Ainsi, du xieau xviif siècle, la Russie a presque complètement ignoré la statuaire monumentale en ronde-bosse. C'est en vain qu'on cherche «les statues de saints aux pieds-droits des portails des églises de Vladimir ou de Moscou. La sculpture funéraire elle-même, «pii a suscité en Occident tant «le chefs-d’œuvre, n’existe pas. Les tombeaux des tsars dans la cathédrale de l’Archange, au Kreml «l«v Moscou, sont de simples cercueils en cuivre sans la moindre ornementation.
A défaut de statues, l’Eglise orthodoxe tolérait cependant les basreliefs : c’est ainsi qu'au xne et au xm’ siècle les églises de la région de
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Vladimir (Saint-Dmitri de Vladimir, Iouriev-Polski se couvrent de loute une floraison de sculptures décoratives, en faible relief, dont les motifs, grossièrement traités, sont empruntés à des tissus ou à des ivoires byzantins.
Le même caractère décoratif se retrouve dans les iconostases ou baldaquins en bois sculpté et doré, qui ornent les églises d Iaroslavl. Mais, au xvue siècle, les motifs de cette exubérante décoration sont empruntés
de préférence au répertoire des formes de l’Occident.
Sous l’influence du catholicisme qui, au xvi° siècle, s’infiltre en Russie par l’intermédiaire de la Pologne, on voit apparaître au xvne siècle, en dépit des interdictions du haut clergé, des crucifix et des figures de saints en bois sculpté. Le Musée Russe de Pétersbourg possède quelques-unes de ces statues en bois peint, d’une raideur hiératique. Mais cette sculpture de contrebande, favorisée par le voisinage de la Pologne catholique, n'a jamais pris un grand développement. Au reste l’oukaze prohibitif promulgué en 1724 par
Pierre le Grand, qui inter- ..... Fig. 210. — Eglise de Doubrovitsy, près Moscou. 1704.
disait rigoureusement toutes les images sculptées, sauf les croix en métal, mit fin brutalement à ces rares et médiocres essais d’art plastique religieux.
Peinture. — La peinture russe ancienne, que les Russes appellent ikonopis, pour la distinguer de la peinture d’après le modèle vivant ( jivopis ), qui emprunte à l’Occident ses procédés et son répertoire, est loin d’être appréciée comme elle le mérite. Jusqu’à ces dernières années on l’étudiait presque exclusivement du point de vue iconographique en lui déniant toute valeur artistique. Aucun musée de l’Europe occidentale ne lui réserve une place dans ses collections.
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Le temps est proclie cependant où les fresques russes seront étudiées avec autant de soin que celles de Mistra ou des couvents athonites et où les icônes russes de la l»elle époque seront recherchées à l'égal des miniatures persanes et des estampes japonaises.
Les causes de ce déni de justice sont multiples. Les fresques russes sont peu nombreuses et mal conservées : la plupart ont été grossièrement repeintes, beaucoup dorment encore sous leur linceul de chaux ; les plus belles n’ont été mises au jour que tout récemment. Quant aux icônes
peintes sur bois, elles sont au contraire extrêmement nombreuses : mais il est presque impossible de les étudier dans les églises ou trésors d'églises à cause des garnitures en métal l'iza .
ne laissant à découvert que les visages et les mains, dont on prit l'habitude de les revêtir a la fin du xvn' siècle. Au surplus, même débarrassées de ce caparaçon, les icônes sont encore masquées par une épaisse couche de vernis olifa qui a noirci avec le temps et qu’on ne peut enlever que par un travail patient et délicat : ces voiles une fois tombés, c’est une véritable révélation.
\ mesure que nous voyons ressusciter ainsi dans leur beauté première les monuments de cet art, bien des préjugés se dissipent. On parle de la tristesse des icônes russes : rien n'égale au contraire la gaieté et la fraîcheur de leur coloris, une fois qu’elles sont débarrassées de la taie d’huile noircie qui les enténèbre. On leur reproche leur uniformité : en réa I i té- l'iconographie de la peinture russe ancienne est très riche, et les artistes étaient moins asservis qu’on ne le croit à la tradition religieuse. On insiste sur les procédés de division du travail et de fabrication collective qui excluent toute originalité et tout progrès. Lu fait, ces pratiques, devenues courantes dans la peinture d’icônes moderne, qui est tombée au rang d’une industrie, ne semblent pas remonter au delà du xvnc siècle, et d’ailleurs ce reproche atteindrait également l’art médiéval
Fig. 211. — Déisis. Intercession de la Vierge et de saint Jean-Baptiste.
(Collection Ostrooukliof, Moscou.)
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(1 Occident, dont les manuscrits à miniatures et les retables peints cl sculptés sont également des œuvres collectives.
ECOLE DE NOVGOROD'. — Du xic' au XVIe siècle, Novgorod a été la véritable capitale artistique de la Russie, et les plus admirables clielsd œuvre de la peinture russe se rattachent plus ou moins directement à cette école.
Dès la période prémongolr, Novgorod tient le premier rang. De l’ensemble des fresques ipii décoraient Sainte-Sophie, il ne reste malheureusement qu’un seul fragment bien conservé de la première moitié du xne siècle, représentant saint Constantin et sainte Hélène. Cette peinture est avec les fragments de fresques retrouvés sous la chaux dans l’église Saint- Georges à Staraïa Ladoga le chef-d’œuvre de la peinture byzantino-russe du xue siècle. Les fresques plus populaires et mieux conservées de l’église du Sauveur de Aereditsa, qui datent de 1 190, sont loin d’avoir la même valeur artistique.
Après la ruine de Kiev et de Vladimir, Novgorod, que sa situation mettait à l’abri de l’invasion tatare, devient l’unique refuge de la civilisation russe. Les fresques de l’église de l’Assomption à Yolotovo (1365) et de Saint-Théodore- Stratilate à Novgorod (vers 1470) rivalisent avec les plus beaux monuments de l’art byzantin sous les Paléologues.
C’est à cette époque que se développe la peinture d’icônes, dont l'évolution est intimement liée à la création de l'iconostase.
Nous sommes si habitués à voir se dresser dans les églises ort hodoxes.
Fin. ‘212. — Lamentation. Icône de Novgorod. xve siècle.
(Collection Oslrooukhof, Moscou.)
1. Nous devons remonter ici de quelques siècles en arrière pour faire saisir l’évolution de la peinture d’icônes russe,
T. VII
entre la nef et le sanctuaire, une cloison en bois ornée de rangées d'icônes, que nous avons peine à concevoir une église russe sans iconostase. Cependant, durant de longs siècles, une simple grille ou une arcade basse suffit à marquer cette séparation : une cloison plus haute aurait masqué lus mosaïques ou les peintures des absides.
L'iconostase n'apparaît en Russie qu’à la fin du xive siècle. Les icônes su multipliaient tellement dans les églises qu’on ne savait plus où les
placer. On commença par tapisser le chancel d une rangée d'icônes ; puis on les superposa en plusieurs registres, de sorti' que peu à peu la barrière du sanctuaire devint un gigantesque écran à cinq étages (piatiiarousni), montant, comme les retables allemands du xvu siècle, jusqu’à la voûte.
Gomme l’iconostase dérobait complètement la vue du sanctuaire, on reporta sur cette cloison verticale la décoration traditionnelle des coupoles et des absides.
L’ordonnance des thèmes iconographiques est partout la même. Au-dessus d'une première rangée d'icônes se place le thème de la Déisis, symbole du Jugement dernier: le Christ trône au-dessus de la porte royale entre la Vierge et le Prodrome, auxquels se joint, à droite et à gauche, une longue théorie d intercesseurs : les archanges Gabriel et Michel, les apôtres Pierre et Paul, dos saints et des martyrs qui forment ce qu'on appelle le « tchine ». Au-dessus de la rangée capitale de la Déisis se superposent la rangée des grandes fêtes prazdnitchny iarous), qui comprend douze petits panneaux à multiples personnages, la rangée des prophètes (prorotcheski), et enfin, entourant Dieu Sabbaoth, la rangée des patriarches (praotetcheski).
Si la peinture d'icônes a gardé longtemps en Russie un caractère monumental, c’est grâce à ce développement de l’iconostase. Chaque
Fig. 215. — André Roublev : La Sainte Trinité. Vers 1408.
(Lavra île la Trinité Saint-Serge, près Moscou.)
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panneau faisant partie intégrante d'un grand ensemble décoratif, il en résultait pour les peintres la nécessité de rechercher avant tout la clarté de la composition, la lisibilité.
Le plus célèbre des peintres d'icônes russes est André Roublev 1 qui, bien qu'il ait travaillé à Moscou, se rattache étroitement par ses origines et son style à l'école de Novgorod. Nous ne savons presque rien de sa vie, sinon qu’il naquit vers 1570 et mourut vers 1450, qu'il fut l’élève et le collaborateur du Grec Théophane. Ses fresques de la cathédrale de l’Assomption à Vladimir (1408) ont été si fâcheusement restaurées que seules subsistent les grandes lignes de la composition. Nous ne pouvons plus juger de son talent que par la célèbre icône de la Sainte Trinité , à la lavra de la Trinité Saint-Serge, près de Moscou. Cette magnifique icône, récemment restaurée, qui représente, suivant la tradition iconographique russe, la Trinité sous le symbole des trois anges à la table <T Abraham, est un pur chef-d’œuvre (pii, par la spiritualisation délicate des figures, l’eurythmie de la composition, fait pensera un Fra Angelico byzantin *.
A l'Est du gouvernement de Novgorod, à quelques verstes de la ville de Kirillov (Saint-Cyrille), près du lac Blanc, s’élève au milieu des bois le monastère fondé par h' bienheureux Théraponte. La petite église de ce couvent renferme le plus remarquable ensemble connu d'ancienne peinture russe : ce sont les fresques exécutées en 1500, comme l’atteste une inscription, par « I ikonnik Dionisii et ses fils ». Ce maître Denis est un artiste de génie, comparable aux grands Italiens du Quattrocento. Le monastère <le Théraponte a pour la Russie la même signification (pie dans l'art italien YArena de Padoue.
Une question se pose à propos de ces chefs-d'œuvre de l'art novgorodien du xivc et du xv" siècle. Faut-il admettre, comme le veulent Kondakov et Likhatchev, une influence de la peinture italienne du Trecento et du Quattrocento, qui se serait frayé une voie jusqu’en Russie par l’intermédiaire des Slaves balkaniques : Dalmates et Serbes? Suffit-il au contraire, comme le prétend Mouratov, pour expliquer cette magnifique floraison, de la rattacher au renouvellement de l'art byzantin sous les Paléologues, à l’art réaliste, pittoresque et humain qu'illustrent les fresques de Mistra et les mosaïques de Kahrié-Djami ? La thèse des origines italiennes est spécieuse, mais la thèse byzantine nous paraît plus solidement fondée.
ÉCOLE de MOSCOU. — Au xvie siècle, le centre artistique passe de Novgorod à Moscou. Les œuvres de cette dernière période sont loin d’égaler