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l ie.. 225. — Louis Caravaque : Portrait d’enfant.
L RUSSIE . Le projet que (Académie (1rs Sciences, Pétersbourg.)
Pierre le Grand avait conçu
de fonder dans la capitale de son Empire un centre d’enseignement artistique ne fut réalisé que sous le règne de sa tille Elisabeth Petrovna. L Académie du Nord, créée en 1758 par Ivan Chouvalov, fut dès le début un foyer d’influence française. Les premiers professeurs de peinture, Le Lorrain, Lagrenée l’aîné, inculquèrent les recettes de l académisme à toute une génération d’élèves russes, tels que Losenko et Sokolov.
Mais, à côté de res pédagogues officiels, de nombreux peintres français, attirés par l'appât de riches commandes, se succédaient à la cour
1. Caravaque, qui fut très eu faveur sous Anna Ivanovna, ue mourut qu’en 1754, sous le règne d’Élisabeth.
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de Russie, « ] u i était pour eux un Eldorado. Les plus illustres de ces nomades, qui propageaient au loin le renom de l’école française, sont Tocqué, qui vint peindre en 1757 le portrait de la Tsarine Elisabeth, Jean- Raptiste Le Prince, qui importa en France à son retour de Russie (1705 un nouveau genre d’exotisme : la russerie, le Suédois parisianisé Roslin 1775-1777 , le grand pastelliste Perronneau 1781 . Enfin la Révolution française dispersa à travers l'Europe toute une volée d’artistes fidèles à l’ancien régime, dont quelques-uns, comme Doyen 1701-1806 , Mme Vigée Le Brun I 705-1 «SOI ), Jean-Laurent Mosnier I 7!t5- 1 SUS . trouvèrent un refuge à Pélersbourg.
les portraitistes russes. — Dans tous les genres : histoire, allégorie, paysage, la peinture russe est à la remorque de l’art français, dépendant le portrait prend un développement plus original. La Russie a possédé à la fin du xvin1' siècle une véritable école de portraitistes de grand mérite.
Le plus ancien de tous, Antropov 1 716-1705), est d une sincérité* un peu rustique. Le talent plus délicat de Rokotov subit passagèrement linlluence de Tocqué. Ni l’un ni l'autre n égalent les deux maîtres du choeur: Levitski et Borovikovski.
Dmilri ( Irigoriovitch Levitski ( 1 755-1822) était un Petil-Russien. liL d un pop<* du gouvernement de Poltava. Il suivit à I Xcadémie de Pétersbourg les cours de Lagrenée qui lui lit connaître les œuvres de Tocqué et de Michel van Loo. Cet enseignement et ces modèles expliquent l’allure française (b* ses portraits. Le brillant portrait de Yarchilerle hokorinoe , son morceau de réception à l’Académie, montre que dès 1770 il n avait plus rien à apprendre de ses maîtres. Il lit en 1775 le portrait (b* Diderot de trois quarts, nu tète, le col déboutonné : vivante élude (b* l'encyclopédiste débraillé et beau parleur (Genève). Il faut admirer surtout au Musée russe sa suite de sept portraits délèves de l'Institut Sinolny, créé par Catherine à l imitation de Saint-Cyr. Rien de plus gracieux et de plus spirituel que ces portraits de jeunes pensionnaires vêtues de la robe de taffetas qui était l'uniforme de la maison, relevant d'un geste mutin le coin (b* leur tablier de mousseline pour exécuter des pas de danse. Ses portraits officiels : Catherine II en robe de satin jaune et manteau de brocart d’or doublé d’hermine (1785), la suite (b* portraits des yrands-croi.r de Tordre de Saint-\ ladiinir (Gatchina), sont d'un moindre intérêt. Sur la (in de sa vio, il se lit imitateur de Lampi et perdit tout accent personnel.
Vladimir Loukileh Borovikovski (1757-1825), Petit-Russien comme Levitski, subit encore plus fortement l'influence de l' Austro-Italien .Jean- Bnptisle Lampi «pii resta six ans à Pélersbourg, de 1702 à 1708. Son portrait d apparat de Paul Ier en grand maître de l'ordre de Malle (1800) est tout à fait conçu dans la formule de Lampi. Il est plus original dans ses
LEVITSK1.. DEUX PENSIONNAIRES DU COUVENT SMOLNY (1775)
( Musée russe Pétersbourg I
Histoire de l Art VII.P1.V
Librairie Armand Colin Paris
L'ART UN RUSSIE
portraits de femmes dont 1 air languissant et rêveur est aussi caractéristique du romantisme russe que les marbres éplorés de Martos. Le double portrait des Princesses Gagarine (Galerie Tretiakov) assises sur une terrasse à balustres, l une chantant une romance, l’autre l’accompagnant avec une guitare, est un bon exemple de sa grâce un peu mièvre. Cette sentimentalité dégénéra en mysticisme. De 1804 à 1808 il se voua à la décoration de l’iconostase de Notre-Dame de Kazan, et. à la fin de sa vie. il songeait ;i se faire moine au couvent des Catacombes de Kiev.
Gravure. La gravure russe ne présente au xvme siècle qu'un intérèl secondaire. Alexis Zoubov, élève du Hollandais Adrien Schonebeck, nous a laissé une grande l ue panoramique de Pétersbourg. Le célèbre aquafor liste berlinois Schmidt, le Français Radigues el plus tard Ignace Klauber d’Aug.sbourg formèrent quelques lions élèves dont les plus connus sont Tchemesov et Outkine. Après les maîtres français et allemands, ce sont les Anglais qui oïd le plus contribué au développement de la gravure en Russie. Skorodoumov apprit à Londres, de Bartolozzi, le procédé de la gravure au pointillé. James Walker, qui séjourna à Pétersbourg de 1780 à 1801, y grava à la manière noire près de trente portraits d’après les originaux de Chibanov et de Lampi.
On trouvera plus de couleur locale dans les estampes populaires ( loubotchnya kartinki : gravures sur bois grossièrement coloriées que les colporteurs répandent à travers toute la Russie et qui sont, pour ainsi dire, les icônes du pauvre. Par le sens instinctif de la couleur, ces images populaires russes approchent parfois des estampes japonaises.
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